Passer au contenu

Base de données en alphabétisation des adultes

Histoire de la semaine

Le 16 mars 1998

Cette semaine, nous présentons un témoignage d'Adeline d'Entremont, de Bas Pubnico- Ouest, en Nouvelle-Écosse. Adeline a perdu sa mère lorsqu'elle était très jeune, et sa tante l'a pris à élever, puisqu'elle était la cadette de la famille. Lorsqu'elle a eu 14 ans, Adeline est retournée avec son père, et elle a appris à s'occuper d'une maison - le ménage, la cuisson, etc. Cette dame de 77 ans a commencé à faire de la peinture une douzaine d'années passées. Depuis trois ans, elle suit des ateliers en alphabétisation une fois par semaine, avec l'Équipe de travail en alphabétisation, pour se rattraper en grammaire.

Souvenir d'une petite fille

par Adeline d'Entremont

Me voici, une petite fille très fière, enrobée dans mon manteau rouge. Je vais aller passer quelques jours chez ma tante Irma. Mes petites cousines seront là, nous allons nous amuser. Je me réjouis, mon grand-père Mathurin va venir me chercher avec son gros boeuf et sa grande charette pour y mettre mes besoins personnels y inclus mon lit et ma poupée. Je vais m'asseoir près de grand-père toute en sécurité. Au coup sec du fouet, le gros boeuf va se donner l'air sur la route. Il me semble d'avoir regardé en arrière où sont mon père et mes cinq frères. Silencieusement, je me demande. «Petit frère Adelbert, pourquoi ne viens tu pas t'amuser toi aussi avec tes petits cousins?»

Dans mon innocence, je ne comprends pas que lui aussi s'en va pour demeurer avec une autre tante; tante Thérèse. Je me rendais pas compte que j'allais chez ma tante Irma non pas pour quelques jours mais plutôt pour longtemps. Il me paraît que je suis perdue dans ces soucis. Peut-être l'aventure de mon départ, la grande charette, le gros boeuf, mes petites cousines ont effacé de moi le chagrin que j'ai ressenti à la mort de ma mère Christine, car je venais de perdre ma mère chérie.

Notre voyage se continue, grand-père Mathurin aperçoit les yeux mouillés de sa petite fille, alors il fait des folies avec son fouet pour faire grouiller le boeuf un peu plus vite. Ses petites chansons servent à me divertir le reste de la route. Sans doute, ma tante Irma m'a reçu comme un membre de sa famille. Je me rappelle qu'elle me consolait en me berçant lorsque je pleurais d'ennui. Par un beau jour, l'image de ma mère ne revient, un peu brouillée, mais à travers la brume son beau sourire apparaît et pour la première fois je suis consciente que je pleure pour ma mère. Les jours avec ma tante Irma se passent bien et je me rappelle que j'étais heureuse dans ma nouvelle famille. Mon vrai chez-nous n'était qu'un souvenir.

Grand-mère Stéphanie et grand-père Mathurin demeuraient dans la maison voisine avec leurs fils Edmond et sa famille. J'y allais souvent voir ma grand-mère. Un jour, ils me disent que mon petit frère Adelbert allait venir demeurer avec eux; pauvre petit, il n'était pas heureux là-bas chez tante Thérèse. J'étais si fière de le revoir mais j'était étonnée de sa grandeur. Moi, j'étais encore petite; comment allait-t-il agir envers moi? Par ses petits geste d'affection, je savais qu'il aimait encore sa petite soeur.

Je continuais d'aller voir ma grand-mère. Je la trouvais habituellement dans sa chaise berceuse. Grand-mère était toujours prête à écouter à mes petites histoires d'école et elle savait combien j'aimais entendre ses beaux contes. Quand elle me parlait de ma mère, ça me faisait grand plaisir et à mon tour, j'ai eu beaucoup de questions à lui demander. Je me sentais si proche de grand-mère et j'étais triste lorsqu'elle devint malade. Puis un jour, grand-mère Stéphanie meurt. Pourquoi elle aussi? Je me consolais car à travers d'elle, j'ai connu ma mère.

Enfin, mon père Jérémie est revenu dans sa maison. Après l'école, j'étais souvent tenté d'aller le visiter. À chaque visite, j'allais regarder dans ce qu'était ma petite chambre à coucher, j'allais ensuite dans la chambre de mon père ouvrir les tiroirs où étaient les souvenirs qu'il gardait de ma mère. Dans mon coeur je savais que j'allais revenir demeurer avec mon père chez-nous.

Base de données en alphabétisation des adultes
© 2013 Base de données en alphabétisation des adultes
Optimisé par Drupal
Ce projet a reçu l’appui financier du gouvernement
du Canada, par le biais du Bureau de l’alphabétisation
et des compétences essentielles
.
Canada