le 23 janvier 2012
Cette semaine, nous présentons le témoignage de Louisette Morin, de Gatineau, au Québec. Louisette a reçu des mains du premier ministre du Québec, Jean Charest, le Prix d’alphabétisation du Conseil de la Fédération. Elle s’est démarquée des autres candidats grâce à sa persévérance, démontrant que tout rêve est possible. Louisette a dû lâcher l’école hâtivement pour aider sa mère à s’occuper de ses frères et sœurs, à la suite de la mort de leur père. D’une mémoire phénoménale, elle a commencé à raconter son histoire. Encore aujourd’hui, elle se souvient des noms, des vêtements qu’elle portait et même de l’heure à laquelle l’événement s’était produit.
Elle est aussi présidente d’un club de l’âge d’or, le club Renaissance dans le secteur de Hull et elle s’implique aussi dans la vente de jonquilles pour combattre le cancer. Tout ceci, elle peut désormais le faire grâce au CÉBO, Centre d’éducation de base de l’Outaouais, où elle est inscrite à des ateliers de formation de base. Avec l’aide individuelle et personnalisée durant trois heures par semaine, elle maîtrise mieux le français.

Autant que ce soit pour aider mes frères et mes sœurs dans leurs apprentissages scolaires ou encore pour un nouvel emploi ou même prendre part à des activités dans la communauté, j’ai toujours éprouvé des difficultés en français.
Aujourd’hui, je demeure une femme occupée. Deux soirs par semaine, je suis dans les locaux du CÉBO. Une fois à titre d’apprenante, l’autre fois comme tutrice. J’ai aussi été bénévole pour les Jeux du Québec lors de leur venue à Gatineau, en plus de tenir un kiosque annuellement pour le Relais de la vie.
J’ai été accueillie à bras ouverts par Nicole Patenaude, la directrice des lieux, comme si j’étais un membre de la famille.
J’ai pris goût au français et à l’écriture. J’ai combattu mes craintes et aujourd’hui, j’écris un recueil sur ma famille. Je ne cherche pas du tout à le vendre, mais à le rendre disponible à mes frères et mes sœurs intéressés pour qu’ils puissent en connaître davantage sur la famille.
En 1977, j’ai acheté une maison pour ma mère. Ça répondait aux besoins familiaux et ceci, même si je ne gagnais pas un immense salaire. Chaque année, on devait déménager, à cause que la famille grandissait.
J’aurais pu continuer, malgré le cancer. J’en n’avais pas envie. Je voulais profiter des derniers instants après avoir vu deux de mes sœurs mourir d’un cancer en l’espace de quelques mois. Je ne voulais pas partir de ce monde sans m’amuser.
[Ce texte a été tiré avec permission, de l’article écrit par Antony Da Silva-Casimiro, paru le 10 novembre 2011 - Un prix d’alphabétisation pour une dame en or - http://www.info07.com/Societe/2011-11-30/article-2818346/Un-prix-d%26rsquoalphabetisation-pour-une-dame-en-or/1.]