le 26 septembre 2011
Cette semaine, nous avons un poème écrit par Jérémie Gravel, de La Tuque, au Québec. Jérémie est inscrit en premier cycle à l’École forestière de La Tuque. Il a été récompensé pour la qualité de son texte qui a été choisi parmi 440 histoires pour la publication du recueil Ma plus belle histoire 2011. Passionné par l’écriture, Jérémie rêve un jour de publier son premier roman.
Il y a un temps pour aimer
Et un temps pour endurer
Il y a des amours qui durent toujours
D’autres qui ne durent qu’un jour
En peu de temps l’amour se dissout
Pour le prix d’un dix sous
Oui, le voir interminable
Ou minable déterminable
Se dire adieu au terminal
Il y a des amours de confiance
D’autres que de finances
Il y a des malhonnêtes
Qui n’ont pas de tête
Mais des personnes suffisamment nettes
Qui devant la repentance
Se repentent ou se pendent
Si cela est leur sentence
L’amour a fait des jaloux
Cela peut rendre fou
Nous voir supplier à genoux
Jusqu’au chant du hibou
Mais quand elle frappe à la porte
C’est le coeur qui s’emporte
Une visite inespérée
L’espoir est ressuscité
De mon côté, mon coeur est en deuil
Condamné dans un grand cercueil
Mes souvenirs naguère
Resteront à jamais ma guerre
L’amour a fait des cons vaincus
J’en suis convaincu
Il peut être coordonné
Pour deux corps donnés
Ou une terre minée
Devant l’espoir terminé
L’amour se voit comme un loup blanc
Il est chassé dans un immense champ
Il est en voie d’extinction
Mais on lui donne une distinction
Ils sont les survivants
D’un amour glissant
Ils sont les gagnants
De la victoire triomphante
Il y a des « femmes éclair »
Et des femmes de lumière
Certaines sont parfumées
Ou condamnées, armées, usées
Emmurées par des travaux forcés
Par l’homme, enchaînées
De mon côté, mon coeur est en deuil
Condamné dans un grand cercueil
Mes souvenirs naguère
Resteront à jamais ma guerre
Qui sait comment écrire,
Comme le grand Shakespeare ?
De faire l’amour, un empire
Qu’il nous faut conquérir
Quitte à goûter la mort
Ou le froid du Nord
Savoir se dire adieu
Quand le temps est capricieux
Il y a des amours brisés
Ou des coeurs ridés
D’autres remplis d’intensité
Oui, intense dans une grande cité
Là où l’amour devient lourd
Si lourd le jour… si lourd toujours…
C’est la fin des troubadours
C’est à ce jour que nos mères savent nous cajoler
Elles seules savent rassurer
Ces mères sont merveilleuses
Oui, la nuit elles sont des mères veilleuses
Il y a des histoires d’argile
Les lire serait trop fragile
Ce n’est que l’amour qui compte
C’est ce que les contes racontent
L’amour est éternel
C’est la conquête du ciel
Merci aux femmes,
Qui pour nous s’enflamment
Malgré ce que nous sommes
Nous ne sommes que des hommes
De mon côté, mon coeur est en deuil
Condamné dans un grand cercueil
Mes souvenirs naguère
Resteront à jamais ma guerre
De mon côté, mon coeur est en deuil
Condamné dans un grand cercueil
Le trou est creusé
Il ne reste qu’à m’enterrer
Mes souvenirs naguère
Seront mon cimetière
Ma guerre de l’amour est finie
Pour ça, je lui dis merci !
Il est temps de conclure
Mettre fin à ces murmures
[Ce poème a été tiré avec permission, du recueil de textes écrits par des étudiantes et étudiants inscrits à des programmes de formation au Québec. Ce recueil, intitulé Ma plus belle histoire 2011, est produit à chaque année dans le cadre de la Semaine québécoise des adultes en formation. Il a été édité par la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE) et la Centrale des syndicats du Québec (CSQ).]