Gaétan Haché réside à Maltempec. En mai 1999, il perd son emploi, suite à la fermeture de l’usine de textile dans laquelle il travaillait depuis dix ans. Comme le travail se fait rare dans la région de la Péninsule acadienne, il se pose plein de questions. Où se trouver un emploi avec une neuvième année? À 45 ans, il n’est pas facile de tout recommencer. Depuis qu’il a été un étudiant au «Partenariat Maltempec II», il s’est tout simplement transformé. Il a un travail qu’il aime et une vie de famille heureuse, car il a un jour défié ses peurs et il a osé prendre le risque de retourner aux études.

J’apportais avec moi mes peurs d’enfance et surtout celles qui me hantaient le plus, mes peurs d’école: peur du professeur, peur de l’échec, etc..Je ne réalise pas encore où je suis rendu. Au travers les personnes âgées que je soigne, je revois mes peurs d’enfance. Eux ils n’ont pas eu la chance de s’en débarasser, alors je les écoute et je les comprends, car je sais ce que c’est que d’avoir peur. En les cotoyant, je reçois toute une leçon de vie: On finit sa vie comme on la vécue.

Encouragé de sa conjointe et de ses enfants, il décide de faire un retour sur les bancs d’école. Ce premier pas ne s’est pas fait sans efforts et ce ne fut pas facile.

« J’avais un énorme manque de confiance qui entraînait des rages, car j’avais peur de l’échec et d’être jugé. Je me sentais piégé et je savais que si je voulais un emploi descend, je n’avais pas d’autres choix que de retourner à l’école. C’est finalement en janvier 2000 que je décide de m’inscrire dans une classe PCRS. Je me suis senti bien accueilli, cela m’a mis en confiance dès le départ. Pour moi l’accueil dans une classe c’est très important. L’encouragement des autres apprenants m’a beaucoup aidé à me faire confiance et j’ai réalisé que j’étais capable. L’enseignante qui était ma conjointe n’a pas eu la chose facile, elle devait être l’enseignante dans la classe et conjointe à la maison.

Dès le début, j’ai constaté que je lisais, mais que je ne savais pas lire. Je ne comprenais pas ce que je lisais étant donné que mon vocabulaire était très pauvre. (Et maintenant je réalise que ce manque de vocabulaire m’a aussi nuit dans mes relations avec les autres. On a beau parler le français, mais encore faut-il le comprendre.) J’ai travaillé très fort. Je suis inscrit au testing du DEG, lequel j’appréhendais beaucoup. En avril 2000, je fit les tests et au mois de mai je reçu mon diplôme. J’ai ensuite entrepris les démarches pour aller au collège pour prendre le cours d’aide en santé. En septembre je commençai mon cours avec cette fois plus de confiance. Comme il y avait des étudiants de mon âge, cela me sécurisait et je me suis dit que j’étais aussi capable que les autres. J’ai terminé mon cours avec une moyenne de 94%, moi qui disait que je n’etais pas bon. En février 2001, j’ai reçu mon diplôme un vendredi et le dimanche je commençais à travailler dans un résidence pour personne âgées: La Villa Beauséjour de Caraquet.



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