Je croyais que ma vie était terminée... Au début, j’ai dit : « Qu’est-ce que je vais faire? » J’ai 53 ans, presque 54... plusieurs gens sont à la retraite à l’âge de 55 ans. Me voilà que je commençais seulement! Tout le monde pensait : « Quel est le but de faire ceci à ton âge? »... Quel était l’autre possibilité? Qu’est-ce que j’allais faire? Ils mettaient les gens au travail, par l’entremise du Programme des 50 ans et plus, à enlever les buissons des fossés... Je ne voulais pas m’y retrouver parmi les mouches... Je restais debout la nuit pour étudier. Mon époux en avait marre parfois, mais j’ai tenu le coup.

Annabelle ne pouvait jamais obtenir le travail qu’elle désirait en raison d’un manque d’éducation. Après 18 ans chez K-Mart, elle est devenue sans emploi lorsque l’entreprise ferma les portes en 1998. Ayant besoin de travailler afin d’ajouter à la pension d’invalidité de son époux, elle a essayé d’obtenir un emploi ou une formation convenable. À l’âge de 53 ans, elle s’est inscrite dans la classe de PCRS de Minto afin d’essayer d’obtenir son DEG, ce qui lui permettrait de développer ses aptitudes pour le travail de bureau. Elle a réussit et maintenant, elle aime son travail temporaire comme préposée aux travaux de classement pour Énergie NB.

Comme plusieurs jeunes gens, j’étais impatiente d’avoir des beaux vêtements à la mode. J’ai abandonné l’école en neuvième année. J’ai travaillé presque toute ma vie, depuis l’âge de 15 ans, dans des restaurants, des buanderies et des usines. J’ai obtenu un emploi dans un bureau de poste en Ontario et y a travaillé pour près d’un an avant de décider de retourner dans ma ville natale. Ici, j’ai retourné dans les usines. J’ai travaillé à l’usine de coton. C’était difficile.

Chez K-Mart, j’étais seulement une préposée à l’étage. Je n’avais pas l’éducation nécessaire afin de travailler comme préposée de bureau parce qu’ils voulaient des diplômés de l’école secondaire. Après 5 ans de ce travail, j’étais devenue découragée par la hauteur des étagères, car c’était difficile de ne pas perdre de vue la personne que je surveillais. À l’arrivée du programme des mises de côté, j’ai demandé la responsabilité de m’en occuper et le gérant m’a dit: «C’est ton bébé ». Ils ont fait venir des gens de Montréal afin de me donner la formation nécessaire. J’ai fait ce travail pendant le reste de mon temps chez K-Mart. Ensuite, nous avons appris que KMart avait été vendu et je croyais que ma vie était terminée. La plupart de nous avons pleuré. Nous ne savions pas ce qu’il allait nous arriver.



Page précédente Table de Matières Page suivante