| 3.
L'exemption de salaire
Conscient du fait
que la première année d'emploi est déterminante, car c'est alors qu'on
établit un lien durable avec le marché du travail, SFC a conçu le programme
d'exemption de salaire qui permet aux personnes de gagner un revenu pouvant
atteindre 200 $ par mois (pour une famille) ou 150 $ par mois (personne
seule) sans réduire leur chèque d'aide mensuelle. Tout revenu au-dessus
de cette limite est retranché de l'aide mensuelle. Un programme d'exemption
supplémentaire de salaire est offert aux clients qui répondent aux critères.
Le programme d'exemption de salaire est conçu pour encourager les gens
à travailler. Cependant, c'est souvent l'inverse qui se produit. Les gens
ne jugent pas que cela vaille la peine de travailler plus que le nombre
d'heures permis. La politique limite également les possibilités de travail
saisonnier, à temps partiel ou occasionnel sur demande. Par exemple, dans
les communautés rurales, des personnes pourraient être embauchées dans
une ferme locale pour aider à la récolte. Parfois, cette forme de travail
saisonnier pourrait être le seul emploi disponible pour la personne jusqu'à
la prochaine saison de récolte. Cependant, les personnes sont toujours
limitées par rapport au revenu qu'elles peuvent gagner avant que celui-ci
soit retranché de leur chèque mensuel. Même si le programme d'exemption
supplémentaire de salaire tient compte de certaines de ces préoccupations,
notre recherche a révélé qu'il est sous-utilisé, que peu de personnes
sont au courant de son existence ou en ont profité.
4.
Le logement restreint pour jeunes célibataires
Comme dans le cas
de nombreux programmes sociaux, le financement destiné au logement social
a fait l'objet de compressions radicales au cours des dernières années.
Au Nouveau-Brunswick, la priorité a été d'offrir un logement subventionné
aux familles ayant des enfants, aux aînés et aux personnes handicapées.
Sur le plan statistique, la moitié des dossiers de l'aide au revenu au
Nouveau-Brunswick est composée de personnes seules non âgées. Chez les
personnes seules 46 % sont dans le besoin et 56 % ont un logement inabordable.
Que la personne seule reçoive 486 $ ou 264 $ par mois, elle consacre la
majeure partie de son revenu au loyer. Elle se retrouve avec très peu
d'argent pour répondre à ses autres besoins de base. En 2001, 727 requérants
étaient inscrits sur la liste d'Habitation NB (Saint John), dont 147 étaient
des personnes seules non âgées. Des 20 unités de logement subventionné
qui se sont libérées au cours du premier semestre de 2000, seulement 2
% ont été allouées à des personnes seules non âgées. La recherche communautaire
a révélé des histoires tragiques de femmes seules retournant à des partenaires
violents, parce qu'elles ne pouvaient pas trouver de logement abordable
et qu'elles ne recevaient que 264 $ de l'aide au revenu. D'autres histoires
montraient comment des hommes seuls n'ayant virtuellement aucun accès
à un logement abordable et disposant d’un revenu mensuel limité se sentaient
poussés à prendre femme et enfant. Dans bien des cas, cela mène à des
relations transitoires trop souvent caractérisées par l'instabilité et
les mauvais traitements. Nous savons qu'un logement adéquat et abordable
peut avoir un impact positif sur la santé et le mieuxêtre. Chez nous,
les personnes seules non âgées représentent un grand nombre de personnes
vivant dans la pauvreté, pourtant elles passent très souvent à travers
les mailles de nos filets.
De
l'extérieur : Certains effets des quatre principales politiques du gouvernement
animé
par Brenda Murphy et des membres de l'UCSN
VOIX
Dès que les participants ont pris place, des «voix» ad hoc qui semblaient
spontanées se sont fait entendre des participants assis autour des tables
qui, comme tous l'avaient découvert par la suite, avaient été invités
à ‘vocaliser’ les citations directes de personnes vivant dans la pauvreté
et d'autres qui travaillent dans la prestation de services. Cette ouverture
puissante et imprévue a immédiatement renforcé dans chaque personne le
but commun et important de sa présence. Plus important encore, peut-être,
cela a permis de focaliser et de renforcer l'énergie collective de tous
les participants dans la salle. Les voix, sous la forme de tons variés
de résignation et d'espoir disaient :
Ce serait peut-être
plus facile pour moi de survivre et de sortir du système si je pouvais
vivre avec ma soeur. On pourrait partager les dépenses; je n’aurais
pas à aller au comptoir alimentaire; on pourrait garder les enfants
chacun notre tour. Mais si je le fais, l'Aide au revenu va m’enlever
un gros montant et je ne serai pas mieux. Mon logement prend 75 % de
mon chèque… ça fait trois ans que je suis sur la liste d'attente pour
un logement subventionné.
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