Patrimoine canadien

Partie deux

1 «Vendre» l’idée à l’entreprise

Comment pouvez-vous, en tant que représentant d’un centre d’action ou d’un organisme bénévoles, obtenir l’adhésion des entreprises de votre milieu au principe du bénévolat en milieu de travail? Comment allez-vous défendre votre cause?

Vous n’arriverez sans doute pas à grand-chose à balbutier vaguement que le bénévolat est «bon pour» la communauté. Vous devez insister sur les retombées et les avantages que le bénévolat peut procurer à l’entreprise et à ses employés, en plus de ceux qu’il procure à la communauté.

En principe, aucune entreprise n’est insensible à la santé de la communauté où elle fait des affaires. Après tout, c’est là que vivent ses actionnaires, ses employés et, ne l’oublions pas, ses clients. Les entreprises ne peuvent prospérer ni même parfois survivre dans une communauté mal en point. La santé de la communauté dépend en partie de la vigueur et du dynamisme de secteur bénévole, et d’un bassin suffisant de bénévoles.

Aujourd’hui, l’image de l’entreprise revêt une importance capitale. Tout indique que la population canadienne croit que les entreprises ont des obligations envers la société et qu’elles doivent être réceptives aux besoins et aux enjeux locaux. La population s’attend à ce que les entreprises s’intéressent aux grandes questions sociales et qu’elles participent à la vie de la communauté où elles font des affaires.

Certains segments de la population canadienne considèrent maintenant que l’activité commerciale comporte une part de responsabilité sociale, ce dont ils tiennent compte dans leurs décisions d’achat. Selon un sondage réalisé récemment à l’échelle nationale (l’étude Market Vision 2000), bon nombre de Canadiens et de Canadiennes s’interrogent sur le sens civique d’une entreprise avant d’acheter ses produits ou ses services. Un sondage antérieur avait conduit aux mêmes conclusions (sondage Decima réalisé à l’échelle nationale sur les attitudes à l’égard de la philanthropie).

Dites clairement que l’engagement de l’entreprise dans la communauté a toutes les chances de tourner à l’avantage de celle-ci. L’entreprise qui s’engage socialement montre qu’elle se soucie de la communauté dans laquelle elle opère.

Soulignez aux entreprises ciblées que le bénévolat en milieu de travail constitue un moyen efficace de manifester son engagement et de faire preuve de leadership face aux préoccupations de la communauté. S’il y a lieu, faites valoir à l’entreprise les occasions qui lui sont ainsi offertes d’accroître sa visibilité et de soigner son image tout en apportant une aide précieuse à la communauté.

En un sens, les employés qui font du bénévolat sont les ambassadeurs de l’entreprise dans la communauté. Et comme ils travaillent près de la population, ils peuvent en connaître les vues et ainsi aider l’entreprise à mieux comprendre le milieu qu’elle veut servir. Par exemple, l’employé qui œuvre avec des groupes ethnoculturels acquiert une meilleure connaissance de ce segment du marché de l’entreprise.

Insistez sur le fait que le bénévolat peut renforcer considérablement les compétences du personnel d’une entreprise, sa capacité d’adaptation, et son sens du dévouement. Utilisés de façon judicieuse, les programmes et les politiques d’encouragement au bénévolat peuvent quelquefois se révéler plus efficaces — et moins coûteux — que la formation et les cours de perfectionnement habituels.

Ces arguments devraient porter, car aujourd’hui, il est communément admis que les employés sont la première source de gains de productivité dans quelque entreprise que ce soit. Les employés sont maintenant considérés comme la ressource la plus précieuse d’une entreprise, comme un «capital humain» dans lequel les entreprises bien avisées voudront investir.

Formation permanente et recyclage, habilitation des employés et renforcement du travail d’équipe, voilà les grands principes de la Gestion de qualité, philosophie qui s’est imposée dans les années 90. Le perfectionnement professionnel et la croissance personnelle des employés sont jugés prioritaires. Les meilleures entreprises mettent tout en œuvre pour créer un environnement enrichissant qui permet d’exploiter les talents des employés et de libérer leur énergie créatrice.

Comme l’écrit John Naisbitt dans Coup d’état dans l’entreprise :

L’avantage concurrentiel d’une entreprise, ce sont ses employés — des employés instruits, compétents et soucieux de se réaliser tout en contribuant à la croissance de l’organisation. [Traduction]

Toute la littérature actuelle sur les théories de la gestion fait écho à ce grand principe. (Voir «Ouvrages renommés sur la gestion des entreprises» dans les lectures recommandées à la fin du document.) La notion de bénévolat en milieu de travail est tout à fait compatible avec ce principe puisque qu’elle donne aux employés la chance de parfaire des compétences qui pourront ensuite être exploitées au travail.

Vous devriez aussi faire valoir les sources de satisfaction personnelle qui peuvent découler du travail bénévole et que la plupart des gens recherchent : un travail intéressant, qui présente certains défis; l’occasion de vivre de nouvelles expériences; le sentiment de communiquer étroitement avec d’autres membres de la communauté; et le sentiment d’être nécessaire et de faire œuvre utile.

Mentionnez les études récentes selon lesquelles le bénévolat favorise l’estime de soi et fait naître un sentiment d’accomplissement qui contribue à atténuer l’effet des nombreuses sources de stress de la vie. Les recherches montrent aussi que l’activité bénévole pratiquée régulièrement peut avoir un effet très bénéfique pour le corps et pour l’esprit.

On sait maintenant qu’une personne heureuse et en santé est vraisemblablement une personne productive au travail. (Ce qui explique l’importance nouvelle accordée à la santé, à la forme physique et au bien-être psychologique des employés.) Les gens qui se sentent bien dans leur peau seront sans doute aussi des employés motivés. Il arrive d’ailleurs que dans les périodes difficiles, certaines personnes aient davantage besoin des bienfaits que procure le bénévolat.

Les demandes auxquelles toutes les entreprises doivent faire face dans le climat toujours plus concurrentiel des années 90 limitent leur capacité de faire des dons en argent, ce qui peut rendre le bénévolat en milieu de travail encore plus attrayant. Le bénévolat permet en effet à l’entreprise de contribuer au bien-être de la communauté autrement que par des dons en argent, et il peut avoir pour elle de nombreuses retombées.

Selon des études récentes menées aux États-Unis, où la formule du bénévolat en milieu de travail est bien implantée, beaucoup d’entreprises estiment que leurs programmes et politiques d’appui au bénévolat les aident à atteindre leurs objectifs d’affaires. Ces entreprises sont convaincues que les programmes de bénévolat les aident à attirer et à garder les personnes qu’il leur faut, et contribuent au développement des compétences et des attitudes qui favorisent la fidélité à l’entreprise et la satisfaction au travail. Aussi étonnant que cela puisse paraître, les programmes de bénévolat en milieu de travail ont même survécu à l’assaut des restructurations et des compressions budgétaires. (Voir Corporate Volunteer Programs: Benefits to Business, publié par le Conference Board des États-Unis en 1993.)

Pour demeurer compétitive, l’entreprise «dégraissée» d’aujourd’hui doit avoir un personnel de qualité, c’est-à-dire un personnel compétent, créatif, capable de travailler efficacement en équipe, dévoué à l’organisation et sain de corps et d’esprit. Le bénévolat en milieu de travail peut aider l’entreprise en ce sens.

2 Établir le contact

Pour être fructueuse, la relation établie entre un organisme bénévole et une entreprise doit être à l’avantage mutuel des parties, c’est-à-dire constituer un partenariat véritable. Elle suppose que l’un et l’autre y investissent quelque chose et en retirent quelque chose.

Avant de vous adresser à une entreprise, demandez-vous ce que vous avez à offrir en échange de l’accès qu’elle pourrait vous donner aux compétences et à l’expérience de ses employés. Vous pouvez faire valoir que :

  • le bénévolat permet à l’entreprise de s’associer à une cause qui touche son bassin de clients;
  • le bénévolat aidera l’entreprise à mieux connaître à la base la communauté dans laquelle elle fait affaire;
  • les bénévoles d’entreprise peuvent se voir offrir des défis stimulants et faire œuvre utile dans la communauté;
  • le bénévolat donne aux employés l’occasion d’acquérir des compétences et de prendre de l’expérience dans de nouveaux domaines;
  • le bénévolat contribue à améliorer le milieu de vie des employés;
  • le bénévolat rehausse le prestige de l’entreprise dans la communauté.

Dressez la liste des entreprises que vous voulez solliciter. Cherchez à savoir quels postes occupent les personnes qui vous appuient. Celles-ci peuvent devenir vos ambassadeurs et vous ouvrir des portes au sein de l’entreprise.

Renseignez-vous sur l’entreprise que vous voulez aborder, essayez de cerner ses besoins et demandez-vous ce qu’elle a à vous offrir. Quelle est sa mission? Son histoire? Réalise-t-elle actuellement des profits? S’agit-il d’une entreprise entièrement indépendante ou d’une filiale? Quelle est la composition de son personnel? Ses principaux dirigeants sont-ils actifs dans la communauté? Appuie-t-elle des organismes communautaires? A-t-elle un programme officiel sur les dons ou une caisse de bienfaisance?

Quelles entreprises disposent des compétences (par exemple, gestion administrative et financière, technologie et systèmes de communication, marketing, design graphique) que vous recherchez? Y a-t-il des raisons qui font que telle ou telle entreprise souhaite plus spécialement établir des liens avec la communauté ou soigner ses relations avec ses employés? Par exemple, est-elle contestée au niveau local? Est-elle engagée dans une réorganisation majeure (expansion ou compression)?

L’expérience montre qu’il vaut mieux cibler les entreprises :

  • dont les principaux dirigeants œuvrent dans la communauté;
  • qui font des dons en espèces ou en nature à votre organisme ou à d’autres organismes communautaires;
  • qui sont établies depuis un certain temps dans la communauté;
  • dont le secteur d’activité s’approche du vôtre;
  • qui n’ont pas engagé toutes leurs énergies dans une lutte pour la survie pure et simple.

De plus, dans certains types d’entreprises, il existe une tradition de bénévolat plus forte qu’ailleurs. Les sociétés d’assurances et les institutions financières, les entreprises de services et les commerces de détail, par exemple, sont habituellement beaucoup plus actifs dans le milieu que ne le sont les industries de la fabrication et de la construction. Cette constatation renforce la théorie selon laquelle les entreprises qui traitent directement avec le public sont plus susceptibles d’appuyer le bénévolat en milieu de travail. Sans doute est-ce parce que les avantages qu’elles peuvent en retirer sont plus tangibles.

Il peut être intéressant de consulter la liste des entreprises associées à la campagne Imagine et reconnues comme des 'entreprises généreuses'. Elle comprend de grandes entreprises nationales et des entreprises de moindre taille de partout au Canada qui se sont engagées à donner à des organismes sans but lucratif et à des organismes de charité de leur choix l’équivalent de un pour cent de leurs profits avant impôt, et à encourager leurs employés actuels et retraités à faire eux aussi des dons de temps et d’argent.

Il ne faut pas oublier les bassins de bénévoles que constituent les petites et moyennes entreprises. Celles qui réussissent en affaires, qui sont dans le domaine de la consommation et dont le dirigeant est engagé dans la communauté sont les plus prometteuses.

Jusqu’à maintenant, le bénévolat en milieu de travail a été moins fréquent dans les petites et moyennes entreprises que dans les grandes sociétés. Pourtant, il peut valoir la peine de solliciter des entreprises, même petites, surtout si elles offrent des services spécialisés particulièrement utiles à votre organisme (par exemple, en comptabilité, publicité, évaluation, planification à long terme, etc.). En fait, la petite entreprise habituée à des budgets très serrés comprendra peut-être beaucoup facilement le fonctionnement au jour le jour d’un organisme communautaire que ne le pourrait une grande société.

Après avoir fixé votre choix sur certaines entreprises, cherchez à savoir qui peut vous y ouvrir des portes. Il peut s’agit du président ou du directeur général, du vice-président, du directeur des relations avec la communauté, des affaires générales, des relations publiques, des ressources humaines ou de la planification, du responsable de la formation et du perfectionnement, ou encore du chef d’une association professionnelle ou d’un syndicat local. En règle générale, essayez d’établir un premier contact au plus haut niveau possible.

Dès le premier contact, cherchez à savoir ce que l’entreprise aimerait retirer d’un éventuel partenariat avec votre organisme. Vous saurez ainsi quelles formes de bénévolat seraient les plus attrayantes pour cette entreprise. Vous constaterez parfois que vous ne pouvez lui offrir le genre d’avantages qu’elle recherche. Il faut alors le lui dire clairement, mais avec tact.

Pour piquer l’intérêt de l’entreprise, parlez-lui de ce que font d’autres entreprises, surtout dans la même communauté. Suggérez des activités bénévoles auxquelles les employés pourraient s’adonner, ayez des idées précises à soumettre. Montrez à l’entreprise comment son engagement communautaire pourrait être reconnu, et demandez-lui quelle forme de reconnaissance elle préférerait. N’oubliez pas que pour la plupart des entreprises, les relations publiques et les relations avec le milieu doivent produire un effet maximum pour un investissement minimum de temps et d’argent.

La meilleure argumentation comporte une touche personnelle. Cherchez à rencontrer des groupes d’employés, des cadres intermédiaires et supérieurs en personne.

Il y a fort à parier que votre organisme, comme la plupart des organismes de votre communauté, est secoué par les actuelles difficultés économiques. Quoi qu’il en soit, prenez le conseil des spécialistes : il n’est pas bon d’exposer tous vos problèmes à l’entreprise que vous sollicitez. Les entreprises sont habituellement plus réceptives à un besoin ou à une occasion clairement exposés qu’aux cris d’alarme et aux appels au secours. Ce n’est pas de sympathie que vous avez besoin, mais de gestes concrets.

Par exemple, il vaut mieux ne pas trop insister sur le fait que votre financement de base a fondu comme neige au soleil et que votre survie même est en jeu. Demandez plutôt à l’entreprise de vous fournir tel ou tel type d’assistance technique pour évaluer vos programmes et votre structure organisationnelle, pour monter une campagne de publicité qui vous fera mieux connaître dans la communauté ou pour concevoir et réaliser une campagne de financement.

Demandez-vous ce qui est susceptible d’intéresser telle entreprise en particulier, ce qui va de pair avec les priorités que vous lui connaissez, avec les produits ou les services qu’elle vend et avec ses principaux domaines de compétence.

Dans la plupart des entreprises, même grandes, le responsable du bénévolat remplit presque toujours de nombreuses autres fonctions. Cette responsabilité n’est peut-être même confiée à personne en particulier. N’en concluez pas trop vite à un manque d’intérêt : il s’agit peut-être uniquement d’un manque de temps.

Rappelez-vous toutefois que la facilité d’accès à l’information concernant les activités bénévoles et les occasions de bénévolat peut être un facteur déterminant de succès, surtout dans les petites entreprises. Une trousse d’information fin prête peut alors faire toute la différence.

Plus vous avez d’idées à proposer aux employés, plus vous avez de chances de succès. Si vous savez cerner les intérêts et les motivations de l’entreprise, vous pouvez vous préparer à répondre à ses besoins de la meilleure façon possible.

3 Préparer votre organisme à accueillir des bénévoles d’entreprise

Les programmes de bénévolat en milieu de travail offrent à votre organisme l’occasion de recruter des personnes que vos canaux habituels et vos stratégies de recrutement ne vous auraient peut-être pas permis de joindre. Ces programmes peuvent vous donner accès à des compétences et à des talents particulièrement utiles à votre organisme. Cependant, vous devez être bien préparé si vous voulez tirer pleinement parti des possibilités offertes par le bénévolat en milieu de travail. Vous devez toujours vous rappeler que vous êtes en concurrence directe avec d’innombrables autres activités pouvant meubler les loisirs des employés.

Vous devrez faire preuve de souplesse et de créativité si vous voulez utiliser efficacement les bénévoles d’entreprise. Commencez par vous demander ce qu’il y a à faire dans votre organisme et quelles tâches cela suppose. De quelles compétences avez-vous besoin? De combien de temps? Le travail doit-il être effectué sur place ou peut-il être accompli ailleurs? Peut-il être fait en dehors des heures habituelles (c’est-à-dire les soirs ou les fins de semaine)? Les bénévoles sont-ils appelés à travailler en autonomie ou à suivre des indications précises? Le travail doit-il être fait par une seule personne ou peut-il être fait en groupe ou en famille?

Définissez ou redéfinissez certaines des tâches à accomplir pour en faire des activités distinctes d’une durée limitée. Demandez-vous ensuite si ces différents projets présentent des avantages pour les bénévoles, par exemple, des occasions d’apprendre, d’améliorer des compétences, de créer un esprit d’équipe, etc. Veillez à ce que les descriptions de tâches comportent des responsabilités et des fonctions clairement définies ainsi qu’un plan d’orientation, de formation et de supervision, tout comme vous le feriez pour d’autres postes de bénévoles.

Le recrutement de bénévoles en milieu de travail donnera de meilleurs résultats si :

  • vous offrez des affectations ponctuelles ou à court terme (surtout pour permettre aux recrues de tâter le terrain);
  • le travail peut être effectué le soir ou la fin de semaine;
  • le travail peut être effectué avec des collègues;
  • la famille ou les amis peuvent participer aux activités bénévoles.

Cherchez à rendre le travail bénévole le plus intéressant possible en réduisant au minimum les obstacles pratiques et en maximisant les avantages possibles. Il est important de bien assortir les tâches bénévoles avec les motivations et les possibilités des personnes que vous voulez recruter. Pour cela, vous devez bien comprendre les motivations de l’entreprise et de ses employés. Les regroupements les plus judicieux procureront des avantages à toutes les parties.

Que peut offrir votre organisme à l’entreprise que vous voulez solliciter? Par exemple, si cette entreprise cherche à promouvoir l’esprit d’équipe, vous pourriez proposer à ses employés de réaliser un projet distinct dont ils assureraient la planification et la gestion. Vous pourriez leur proposer différents projets prêts à lancer qui leur fournissent des occasions d’exercer du leadership et de faire de la gestion.

Lorsque votre relation avec une entreprise donnée commence à s’affermir, encouragez les bénévoles de l’entreprise à recruter des collègues. Un bénévole d’entreprise satisfait devient un excellent intermédiaire pour recruter de nouveaux bénévoles, que ce soit parmi ses collègues, dans sa famille ou chez ses amis.

Avant d’aborder une entreprise, assurez-vous d’avoir une trousse d’information toute prête. La trousse doit fournir des renseignements sur la raison d’être de votre organisme, la date de sa fondation, ses objectifs actuels, les services et les programmes qu’il offre, le nombre de clients qu’il sert, la composition de son conseil d’administration, le nombre d’employés salariés, le nombre actuel de bénévoles, le budget dont il dispose (y compris les sources de financement ou de revenu, et un sommaire des postes de dépenses).

Vous pourriez aussi rédiger des textes pour publication dans le bulletin de l’entreprise ou qui seront affichés sur les babillards au sujet des possibilités qui s’offrent de faire du bénévolat auprès de divers organismes communautaires. Voilà un bon moyen de faire connaître vos programmes de bénévolat aux employés et de leur montrer que le bénévolat peut prendre de nombreuses formes. C’est également un bon moyen de faire connaître à un public des plus divers les nombreux services que les organismes bénévoles rendent à la communauté.

Vous pouvez installer des présentoirs et des stands d’information et veiller à ce que des membres de votre personnel ou des bénévoles soient sur place pour répondre aux questions. Vous pourriez organiser aussi une foire du bénévolat dans les locaux d’une entreprise donnée ou dans un endroit bien situé. (Voir l’annexe D pour plus de détails à ce sujet.)

Une fois la collaboration instaurée avec l’entreprise, procédez à des évaluations régulières afin que vos activités soient toujours le plus efficaces possible. Vous devez évaluer les progrès sur le plan qualitatif et sur le plan quantitatif. Il est important de connaître non seulement le nombre de bénévoles dont vous disposez et le nombre d’heures qu’ils consacrent au bénévolat, mais aussi de déterminer leur niveau de satisfaction et les possibilités de croissance personnelle et professionnelle qui s’offrent à eux. Veillez aussi à ce que l’entreprise elle-même voit son rôle reconnu.

4 Organes de promotion du bénévolat en milieu de travail

Pour que la promotion du bénévolat en milieu de travail soit efficace, il faut qu’elle soit bien orchestrée et que des liens soient établis entre les entreprises visées et les organismes communautaires. À ce chapitre, diverses formules ont été essayées.

L’une de ces formules consiste à créer un conseil du bénévolat d’entreprise (Cbe). Bien établie aux États-Unis, la formule a été adoptée, avec quelques variantes, dans certaines grandes villes du Canada.

Aux États-Unis, les Cbe servent d’intermédiaires entre un groupe d’entreprises données et le secteur communautaire. Les entreprises qui en font partie ont des programmes officiels d’appui au bénévolat en milieu de travail ou envisagent sérieusement d’en implanter. Par le truchement du Cbe, elles échangent de l’information sur leurs programmes respectifs, discutent de différentes questions et organisent des projets communs visant à répondre à un besoin particulier de la communauté.

Les Cbe américains sont dirigés par les entreprises. Les centres d’action bénévole jouent parfois un rôle de premier plan dans l’établissement d’un Cbe mais lorsque celui-ci est pleinement opérationnel, ils redeviennent généralement des intervenants d’arrière-plan.

Au Canada, les Cbe diffèrent parfois quelque peu du modèle américain. Dans certaines communautés, le milieu des affaires en est bel et bien l’instigateur et dans d’autres, ce sont les centres d’action bénévole. Certains Cbe regroupent uniquement des entreprises, alors que d’autres comprennent des gouvernements municipaux et des établissements d’enseignement; plusieurs encore donnent au centre local d’action bénévole un statut de membre à part entière.

L’un des rôles clés des Cbe est d’encourager les entreprises à faire des dons de temps et de ressources aux organismes communautaires et d’encourager l’adoption de politiques, de stratégies et de programmes qui favorisent le bénévolat en milieu de travail. Les Cbe servent également de tribune pour l’échange d’idées sur le bénévolat en milieu de travail et sur la promotion de ce concept dans la communauté en général.

L’autre formule permettant de créer des liens entre le milieu des affaires et le secteur bénévole de votre communauté est la création d’un comité de bénévolat d’entreprise. Il s’agit d’un comité permanent du centre d’action bénévole établi en collaboration avec les milieux d’affaires. Il est présidé par un membre du conseil du centre, et un des employés y remplit les fonctions de coordonnateur. Les membres du comité ne représentent pas nécessairement de manière officielle les organismes avec lesquels sont affiliés.

Les centres d’action bénévole sont les catalyseurs tout indiqués du bénévolat en milieu de travail dans leur communauté. Bon nombre d’entre eux collaborent déjà avec des entreprises, même si cette collaboration demeure informelle.

Les centres d’action bénévole ont pour mandat de promouvoir le bénévolat et de recruter des bénévoles pour le compte des organismes communautaires. Ils sont ainsi bien placés pour pressentir la Chambre de commerce locale et les entreprises. Comme leur rôle consiste également à fournir des conseils et de l’aide en matière de bénévolat, ils sont aussi bien placés pour offrir une aide concrète aux entreprises qui souhaitent se donner des politiques et des programmes de bénévolat en milieu de travail.

Comme ils servent de plaque tournante à un vaste réseau de groupes bénévoles, les centres d’action bénévole peuvent présenter aux entreprises une image très diversifiée du bénévolat. Ils peuvent jouer un rôle extrêmement utile de courtier, surtout auprès des petites et moyennes entreprises, et aider à jumeler ces entreprises avec des organismes communautaires. Une entreprise pourrait aussi passer un contrat avec le centre d’action bénévole afin qu’il s’occupe de placer les employés dans les postes bénévoles les plus appropriés.




En résumé

Le bénévolat en milieu de travail est une ressource précieuse pour toutes les parties :

  • aux organismes bénévoles, il procure les compétences et l’expérience dont elles ont grand besoin;
  • à l’entreprise, il offre un moyen efficace d’améliorer le moral des employés et de renforcer l’effectif tout en répondant aux attentes du public, qui souhaite voir les entreprises s’engager davantage dans la communauté;
  • aux bénévoles d’entreprise, il fournit des occasions de croissance personnelle et professionnelle.

Autrement dit, chacun a intérêt à promouvoir le bénévolat en milieu de travail : les bénévoles, les entreprises qui appuient cette formule, les organismes bénévoles qui ont ainsi accès aux compétences des employés, et la communauté dans son ensemble.

Le bénévolat en milieu de travail est un excellent moyen de mettre à contribution les ressources humaines diverses d’une communauté donnée. Il peut aussi contribuer à sensibiliser le public aux besoins et aux préoccupations de la communauté, et aider le secteur bénévole et les milieux d’affaires à mieux se comprendre.

Le milieu de travail peut constituer une source importante de bénévoles pour les organismes communautaires. Les entreprises sont capables de mobiliser de grandes énergies pour le bien commun. Presque toutes les mesures que prend un employeur pour appuyer les activités bénévoles de ses employés ou pour favoriser leur engagement communautaire contribuent à promouvoir le bénévolat et profite donc à toute la communauté.

Au chapitre du bénévolat en milieu de travail, il n’existe pas de formule immuable; au contraire, les entreprises peuvent s’inspirer de divers modèles. Les politiques et les programmes doivent être conçus de manière à répondre aux besoins et aux priorités de chacun, à la culture de l’entreprise, et aux intérêts des employés. Les centres d’action bénévole et autres organismes communautaires doivent connaître les différentes options possibles, de manière à pouvoir adapter leurs suggestions selon l’entreprise et, au besoin, à pouvoir les orienter et les conseiller judicieusement.

Au Canada, le bénévolat, considéré comme une force clairement définie, en est à ses débuts, surtout comparativement à ce qui se fait aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Ce mouvement, relativement nouveau ici, s’amplifie constamment. Des projets officiels ont été lancés dans un certain nombre de villes canadiennes. Beaucoup d’autres se réalisent de manière informelle, sans s’appuyer nécessairement sur des structures comme les conseils de bénévolat d’entreprise.

Il devient impérieux de renforcer les liens entre le milieu des affaires et le secteur bénévole dans les communautés canadiennes. Il faut concevoir des stratégies novatrices permettant de mettre en rapport les besoins des organismes volontaires et l’armée de bénévoles en puissance qui se trouve en milieu de travail. Il est à espérer que de nouveaux modèles de collaboration se feront également jour.


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      Dernière révision : 1998/10/16
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