Patrimoine canadien


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De par le monde

Aider les pays en voie de développement

C'EST IMMÉDIATEMENT APRÈS LA SECONDE GUERRE MONDIALE QUE LE CANADA A COMMENCÉ à reconnaître l'obligation qu'il avait en qualité de pays riche d'aider les pays pauvres ou sinistrés. Dès la période de reconstruction d'après-guerre en Europe, le Canada a élaboré des programmes d'aide internationale et de développement social qui sont respectés partout dans le monde.

Cependant, les organismes bénévoles canadiens étaient déjà actifs dans les pays en voie de développement bien avant que le gouvernement du Canada n'y fasse son apparition. Les organisations ethnoculturelles ont souvent été les premières à intervenir en cas de crise dans leurs pays d'origine. Mais, l'appui des Canadiens en pareilles circonstances n'est en aucune façon limité à ceux qui partagent une même origine ethnique.

Le YMCA, par exemple, s'intéressait au développement international depuis 1889, et des missionnaires canadiens de diverses confessions travaillaient déjà à l'étranger avant le début du siècle.

Dans les années qui suivirent immédiatement la Seconde Guerre mondiale, un certain nombre d'organismes de secours et d'aide aux réfugiés furent créés au Canada. Beaucoup d'entre eux étaient surtout des sections de collecte de fonds d'organisations charitables étrangères, habituellement britanniques ou américaines : CARE (anciennement la Committee for American Relief in Europe), Plan de parrainage du Canada et Vision mondiale Canada, pour n'en nommer que quelques-unes.

C'est au cours des années soixante que les organisations bénévoles de développement ont vu le jour. Des organismes canadiens tels que CUSO/SUCO furent créés et commencèrent à envoyer des bénévoles dans les pays en voie de développement.

Au même moment, bon nombre d'agences canadiennes d'organisations étrangères relâchèrent leurs liens ou coupèrent même les ponts avec la société mère (ce fut notamment le cas d'OXFAM Canada, anciennement l'Oxford University Committee for Famine Relief, et d'Aide à l'enfance - Canada). La création du Conseil canadien pour la coopération internationale fut la première étape devant aboutir à un effort de coopération officiel.

L'intérêt des Canadiens ordinaires pour le développement international et leur contribution à ce chapitre au cours des années soixante tiennent au fait que le Canada fut l'un des premiers pays occidentaux à verser une aide financière directe aux organismes de développement bénévole sous forme de subventions correspondant au total des dons privés.

Cette période de croissance des organismes canadiens se poursuivit au cours des années soixante-dix lorsque ceux-ci se démarquèrent définitivement de leurs homologues étrangers. D'autres organismes d'aide canadiens furent créés au cours des années quatre-vingt, bon nombre en réponse aux famines qui sévissaient en Afrique.

Outre les grands organismes de développement au Canada, il existe beaucoup d'organismes locaux et régionaux, particulièrement au Québec et dans les Prairies (par exemple, le Comité de Solidarité tiers-monde et la Christian Farmers' Federation of Alberta).

Alors que l'aide canadienne aux pays en voie de développement s'est éloignée de ses origines missionnaires, des organisations religieuses telles que le Mennonite Central Committee demeurent très actives, et il existe de nombreux comités inter-confessionnels.

Même si les agences de développement diffèrent beaucoup de par leur taille et leurs objectifs, la plupart sont nées d'une vive préoccupation pour le bien des peuples de la terre œ nourrir les affamés, secourir les malades, aider les réfugiés et les autres personnes en détresse, assurer un enseignement de base, aider une collectivité à résoudre ses problèmes ou fournir des secours à la suite d'un désastre naturel ou d'une famine.

Les agences de développement peuvent poursuivre l'un des buts suivants : répondre aux besoins des populations des pays pauvres, sensibiliser les Canadiens au développement international et obtenir leur aide à ce chapitre, et favoriser les politiques gouvernementales qui conduisent à l'établissement d'un ordre mondial juste et pacifique.

Répondant à des besoins pressants de la base, ces agences traitent directement avec les collectivités et les habitants des pays en voie de développement au lieu de suivre la filière du gouvernement et des institutions officielles. Elles peuvent ainsi atteindre les groupes dans le besoin qu'il leur serait peut-être impossible de rejoindre autrement.

Ces dernières années, par exemple, les réactions du peuple canadien aux famines qu'ont connues le Biafra, le Bangladesh, l'éthiopie et le Soudan, à la situation difficile des réfugiés de la mer et aux grands tremblements de terre au Mexique, en Italie et en Chine ont montré que les Canadiens savaient faire preuve de compassion pour les victimes de tragédie. Nos organismes bénévoles furent parmi les premiers à réagir et à envoyer argent, nourriture, matériel et bénévoles.

Les agences canadiennes et leurs bénévoles occupent une place importante sur la scène internationale et leurs réalisations sont notoires. Des organismes tels que l'Organisation canadienne pour l'éducation au service du développement (OCED) font figure de chefs de file et de concepteurs de méthodes pédagogiques novatrices dans les pays en voie de développement.




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Lorsque frappe la catastrophe

Le rôle crucial des bénévoles à l'occasion d'un désastre et en situation d'urgence

EN 1945, UNE COMBUSTION SPONTANÉE PROVOQUA UNE VIOLENTE EXPLOSION qui détruisit un énorme élévateur à grains de Port Arthur en Ontario, tuant 20 personnes et emprisonnant de nombreux travailleurs blessés.

Des pluies incessantes et inhabituellement abondantes au printemps de 1949 ont fait déborder le fleuve Fraser en Colombie-Britannique, qui inonda ainsi une bonne partie du territoire et menaça des vies et des foyers.

À Springhill (Nouvelle-écosse), en 1956, une explosion dans une mine de charbon tua cinq mineurs et en blessa 118 autres qui restèrent emprisonnés sous terre. Dans la même mine, deux ans plus tard, un effondrement emprisonna 174 ouvriers.

Plus près de nous, en 1979, un train chargé de produits chimiques a déraillé en banlieue de Mississauga dans le sud de l'Ontario, provoquant des fuites de chlore gazeux dont la nature létale a nécessité l'évacuation immédiate de la population de cette grande ville.

En 1987, une violente tornade a balayé la ville d'Edmonton, semant la destruction sur son passage et laissant un grand nombre de personnes sans abri.

Lorsqu'une collectivité au Canada est frappée par une catastrophe, une foule de bénévoles se rendent sur place, prêts à fournir une aide précieuse aux victimes et à rétablir l'ordre.

Qu'il s'agisse de désastres d'envergure qui retiennent l'attention des médias du pays ou de milliers de situations d'urgence de moindre ampleur qui se produisent chaque année au Canada, des bénévoles dévoués et bien entraînés d'organismes tels que la Société canadienne de la Croix-Rouge, de l'Ambulance Saint-Jean, de l'Armée du Salut et du Mennonite Disaster Service sont toujours sur place. Ces bénévoles sont le pivot du système d'aide en cas de désastres au Canada.

Les bénévoles s'occupent avant tout de répondre aux besoins essentielles à la survie des victimes : recherche et sauvetage, aide médicale d'urgence, nourriture, abri temporaire et vêtements. D'autres services d'aide sont également offerts : assistance psychologique aux victimes ou aux familles et amis des victimes, transport des personnes évacuées vers des abris temporaires, distribution de literie dans les abris d'urgence, localisation des personnes disparues et services de garderie temporaires.

Un excellent exemple du travail inestimable de ces bénévoles qualifiés nous a été donné en 1942 dans la ville d'Almonte (Ontario) où s'est produit l'un des pires accidents ferroviaires de l'histoire du Canada. Trois voitures de passagers furent démolies, tuant 27 personnes et en blessant 150 autres. Des bénévoles de l'Ambulance Saint-Jean et de la Croix-Rouge furent dépêchés sur les lieux pour prendre soin des blessés et s'occuper des cadavres. à l'aide de civières et de lits de fortune, ces bénévoles ont aménagé un hôpital d'urgence et ont accompagné les blessés graves aux hôpitaux d'Ottawa à 40 milles de là.

Fondée en 1896, la Société canadienne de la Croix-Rouge compte sur un réseau de bénévoles à la grandeur du pays qui sont prêts à se mobiliser en cas d'urgence. Ils assurent des soins médicaux d'urgence, offrent des abris temporaires et répondent à d'autres besoins élémentaires; les familles qui s'inquiètent de la sécurité d'un des leurs et qui ignorent où il se trouve s'adressent également à ces bénévoles.

De même, les membres en uniforme de l'Ambulance Saint-Jean, qui a été fondée au Canada en 1897 et qui se compose exclusivement de bénévoles, sont toujours prêts à répondre aux situations d'urgence et à venir en aide aux victimes de désastres.

Depuis leur première prestation publique en 1881, les membres de l'Ambulance Saint-Jean (qui sont maintenant près de 11 000 au pays), ont donné bénévolement de leur temps pour assurer des soins médicaux d'urgence dans les villes et villages du Canada.

À l'occasion de grands rassemblements œ qu'il s'agisse d'importants événements annuels comme le Stampede de Calgary, la Canadian National Exhibition de Toronto ou Expo Québec, ou de foires, d'événements sportifs ou autres événements spéciaux de moindre envergure partout au Canada œ on peut voir l'uniforme noir et blanc caractéristique de l'Ambulance Saint- Jean. Ces bénévoles sont toujours prêts à agir en cas de blessures ou de maladies soudaines.

Depuis 1956, le Mennonite Disaster Service of Canada s'occupe de sauvetage et de reconstruction au Canada à la suite d'un désastre. Ce service repose sur un réseau unique de bénévoles des provinces de l'Ouest et de l'Ontario qui viennent, sans préavis et souvent de loin, prêter main-forte à des étrangers.

Ces bénévoles se chargent de tâches peu enviables comme nettoyer les maisons remplies de boue et fouiller les décombres. Ils fournissent également de la nourriture et des vêtements aux victimes et une aide affective au besoin. Une fois le travail de nettoyage terminé, il arrive souvent que des bénévoles de ce service passent des mois au sein d'une collectivité à réparer les maisons des victimes handicapées, âgées ou pauvres.

Les pompiers volontaires sont une réalité de bon nombre de petites villes et villages (ce qui peut surprendre ceux qui ont toujours vécu dans des grandes villes). Au Canada aujourd'hui, on compte environ 94 000 pompiers volontaires entraînés, soit 80 p. 100 des forces de lutte contre les incendies du pays. Un grand nombre de ces pompiers volontaires participent également aux opérations de recherche et sauvetage.

Lorsqu'un désastre se produit, les victimes reçoivent aussi de l'aide et de l'encouragement d'un bon nombre d'autres bénévoles de l'endroit et des groupes religieux. Des pilotes privés se chargent des opérations de recherche et de sauvetage; des opérateurs de radio amateur assurent une liaison vitale, et certains demeurent continuellement à l'affût de changements météorologiques imprévisibles et soudains. Il y a aussi beaucoup de personnes qui n'ont jamais fait partie de groupes de bénévoles et qui, en situation d'urgence, désirent apporter leur aide.




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Le bénévolat, source de changement

à la défense des droits des personnes handicapées

JUSQU'À TOUT RÉCEMMENT, LES PRÉJUGÉS ET LA DISCRIMINATION à l'égard des personnes souffrant de handicaps étaient chose courante dans notre société. On s'apitoyait sur les personnes handicapées et on les considérait uniquement en fonction de leurs incapacités. L'exclusion sociale était la règle et non l'exception.

Les personnes ayant une déficience physique et celles ayant d'autres handicaps n'avaient pas le droit d'adopter d'enfant. Les parents handicapés par un retard de développement se voyaient retirer la garde de leurs enfants sans qu'on tienne compte de la mesure dans laquelle le handicap affectait leur capacité d'élever leurs enfants. Les femmes et les filles ayant un handicap intellectuel étaient automatiquement stérilisées.

Bon nombre de personnes handicapées étaient confinées dans des institutions et avaient peu de contact avec le monde extérieur. D'autres passaient leur vie entière cantonnés dans des ateliers protégés, gagnant une maigre pitance et n'ayant aucune perspective d'emploi. Si les enfants handicapés étaient acceptés dans les systèmes d'éducation publique, ils fréquentaient habituellement des écoles spéciales. Quelles que fussent leurs compétences, les personnes souffrant d'épilepsie pouvaient se voir refuser un emploi et un cheminement de carrière dans l'enseignement et en médecine.

Au début des années soixante-dix, des groupes œuvrant à la défense des droits des personnes handicapées se sont réunis pour dénoncer l'attitude d'exclusion sociale dont ces personnes souffraient depuis toujours. Des bénévoles engagés ont travaillé sans relâche à l'avancement de politiques qui permettraient aux enfants et aux adultes handicapés de vivre, d'apprendre, de travailler et de jouer dans un milieu &#!&!normal» et de s'intégrer dans la vie courante au même titre que les Canadiens non- handicapés.

L'Association canadienne pour l'intégration communautaire, par exemple, a été formée dans les années 1950 par un groupe de parents d'enfants handicapés par un retard de développement. Comme l'indique le retrait de l'expression «éficients mentaux» de son appellation officielle en 1985, cette association a considérablement modifié son champ d'action. Aujourd'hui, grâce à ses nombreux bénévoles à travers le pays, elle travaille avec des familles, le gouvernement, des éducateurs, l'industrie et le public en général pour changer des systèmes qui ont toujours exclus les personnes handicapées par un retard de développement.

L'engagement et la détermination de groupes de bénévoles comme l'Association canadienne pour l'intégration communautaire et la Coalition des organisations provinciales des handicapés (organisation nationale regroupant différents types de handicap), ont permis de faire reconnaître légalement les droits des personnes handicapées grâce à l'adoption, en 1982, de la Charte des droits et libertés.

Aujourd'hui, la société accepte de plus en plus la présence des personnes handicapées dans des domaines de la vie courante tels que l'éducation, le logement et l'emploi. Les personnes handicapées quittent les institutions et retournent dans leur foyer et leur collectivité. Les enfants handicapés sont intégrés dans les écoles publiques et, dans certains cas, fréquentent même les classes régulières.

Avec l'établissement de foyers de groupe, de centres locaux de formation et de services sociaux dans les collectivités, notamment dans les régions plus populeuses, les adultes handicapés sont maintenant encouragés à demeurer dans leur collectivité.

L'accessibilité au soutien technique et à d'autres types d'aide permet à plus de personnes handicapées d'entrer sur le marché du travail. Il est de plus en plus reconnu que les édifices publics doivent offrir une facilité d'accès aux personnes à mobilité réduite. Les systèmes de transport adaptés dans les grandes villes offrent à ces personnes une plus grande liberté de déplace- ment.

La situation des Canadiens handicapés s'est améliorée ces dernières années, mais bon nombre de barrières sociales et économiques restent encore à abattre. Les mythes disparaissent lentement, mais la situation de nombreuses personnes handicapées est encore synonyme de pauvreté et de marginalité par rapport à la structure économique de nos collectivités.

De nombreuses organisations dirigées par des bénévoles et représentant les personnes handicapées à l'échelle nationale, régionale et communautaire font des pressions afin que leurs membres aient des chances égales d'emploi et que les enfants handicapés bénéficiant de l'intégration et d'une éducation de qualité deviennent des membres à part entière de la société.




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L'action bénévole

Travailler ensemble pour améliorer la qualité de vie des Canadiens

CHERCHANT À RÉPONDRE AUX BESOINS DES AUTRES, LES BÉNÉVOLES ET LES ORGANISMES pour qui ils travaillent incarnent le principe de la responsabilité collective et traduisent l'idéal du pluralisme. Enracinés dans la collectivité, les bénévoles ont toujours su reconnaître les besoins des autres et y répondre. Bon nombre des programmes et des services qu'ils ont mis sur pied dans les domaines de la santé et des services sociaux étaient si essentiels au bien-être de la nation que le gouvernement en a assumé la responsabilité avec le temps.

Dans toute l'histoire du Canada, les mouvements dirigés par des bénévoles ont eu une incidence considérable sur les attitudes des citoyens et la politique de l'état. En raison de leur travail acharné et de leur engagement envers leur cause, les groupes qui s'occupent par exemple de l'aide à l'enfance, de l'égalité des femmes et des droits des personnes handicapées ont réussi à convaincre une partie importante de l'opinion publique que des changements s'imposaient. La justice et l'égalité sont aujourd'hui des valeurs solidement implantées dans notre société.

Les Canadiens acceptent maintenant qu'à titre de citoyen, chacun peut s'attendre à recevoir l'aide de la société en périodes de besoin, qu'il s'agisse d'une aide venant du gouvernement ou d'un organisme bénévole.

Les 125 années d'existence du Canada ont été marquées par des changements radicaux de la société et de ses institutions. Toutefois, les bénévoles canadiens n'ont jamais cessé, depuis le début, de se dévouer pour améliorer la vie des citoyens.

Les qualités qui ont toujours caractérisé les Canadiens, c'est-à-dire le souci constant de l'autre et l'engagement dans diverses causes, se traduisent différemment face aux défis qui se posent aujourd'hui et dans notre cheminement vers le 21e siècle. En fait, le désir de faire de l'action bénévole a toujours été une valeur fondamentale des Canadiens -- le sceau d'une société démocratique et humanitaire.




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The Canadian Encyclopedia. Deuxième édition. Edmonton : Hurtig Publishers, 1988.Nous avons tiré les illustrations de diverses sources, mais la majorité proviennent du catalogue du Boston Type and Stereotype Foundry pour l'année 1832. Cet atelier est la source de bon nombre des illustrations et des déco- rations qu'on trouve dans les journaux canadiens du 19e siècle. Une réimpression moderne du catalogue a été émise par la compagnie Dover Publications sous le titre Old-Time Advertising Cuts and Typography, ISBN 0-486-26023-2.




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    Dernière révision : 1998/11/22
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