Patrimoine canadien


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La crise économique

Répondre à un urgent besoin

AVEC LE KRACH DE 1929 ET L'EFFONDREMENT DE L'ÉCONOMIE QUI S'ENSUIVIT, nombre d'usines fermèrent leurs portes. Beaucoup de personnes partout au pays se trouvèrent sans emploi. La situation fut aggravée par une sécheresse sans précédent dans les Prairies qui dura sept ans et qui causa de graves pénuries alimentaires et une migration massive des fermes vers les villes où l'on espérait trouver du travail.

Pendant cette décennie de temps durs, de nombreux Canadiens se trouvèrent sans le sou et sans nourriture, abri ni vêtements. Pour un grand nombre, l'économie chancelante fut une source de désespoir. Les quelques organismes publics œuvrant à soulager les démunis furent rapidement débordés, et de nombreuses administration municipales (à qui cette responsabilité avait été dévolue) manquèrent pratiquement de fonds pour répondre à la demande. Le gouvernement fédéral réagit en créant des projets spéciaux et des camps de travail pour les chômeurs, mais cela ne suffit pas à répondre à un besoin criant.

Il incomba donc aux personnes bienveillantes, aux groupes religieux et aux organismes bénévoles tels que la Société canadienne de la Croix-Rouge de soulager les affamés et de secourir les sans- abri dans les années trente. Des groupes de bénévoles se formèrent spontanément d'un bout à l'autre du pays pour répondre aux besoins. Des soupes populaires et un système de bons permettant de se procurer du pain furent mis sur pied; des vêtements furent recueillis et distribués aux gens dans le besoin; diverses missions assurèrent le gîte aux hommes sans-abri. Toutes ces activités se concrétisèrent grâce à l'énergie de milliers de bénévoles.

Dans le domaine de la santé, le cancer était la maladie qui retenait l'attention du public au cours de cette période. En 1938, la Société canadienne du cancer fut créée pour sensibiliser le public à l'importance vitale de dépister et de traiter tôt la maladie.

Avec les années, la Société s'implanta dans de nombreuses collectivités du pays et elle commença à assurer des services directs aux personnes atteintes de cancer. Des bénévoles offraient une aide pratique et un soutien affectif aux personnes souffrant de cette maladie et à leur famille. Ils se rendaient dans les hôpitaux et les foyers, et accordaient une attention particulière aux personnes âgées et aux personnes seules.




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Les deux guerres mondiales

Le rôle essentiel des bénévoles dans le soutien de l'effort de guerre

LES DEUX GUERRES MONDIALES ONT TÉMOIGNÉ DE FAÇON ÉVIDENTE DE LA CAPACITÉ DES CANADIENS, tant à titre de membres d'organismes bénévoles qu'à titre personnel, de se mobiliser en temps de crise.

La Première Guerre mondiale a donné lieu à une coopération sans précédent chez les principaux organismes de santé (particulièrement la Société canadienne de la Croix-Rouge et l'Ambulance Saint-Jean) pour soutenir l'effort de guerre au pays et en Europe. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la contribution de ces organismes bénévoles a été encore plus impressionnante.

Pendant les deux guerres, les bénévoles de l'Ambulance Saint-Jean ont activement soutenu l'effort de guerre au pays. Ce sont eux qui ont initié aux premiers soins tout le personnel militaire et les préposés à la défense civile de même que les civils. Ils ont préparé les civils engagés à la défense passive à des situations d'urgence possibles.

Ces bénévoles ont consacré de longues heures d'un service ardu aux soldats malades et blessés qui revenaient au pays en convalescence ou réformés, les raccompagnant même jusque chez eux. Ils ont également montré comment donner des soins à la maison et ils ont secondé le personnel infirmier dans les hôpitaux militaires et publiques à travers le pays.

Les bénévoles de l'Ambulance Saint-Jean ont aussi participé au mouvement de défense civile en temps de guerre. Des programmes importants visant à maintenir des systèmes civils d'avertissement et à initier les citoyens aux techniques de survie furent organisés et dirigés exclusivement par des bénévoles.

Plus tard, au début de la guerre froide qui suivit la Seconde Guerre mondiale, tandis que les Canadiens avaient encore frais en mémoire les mesures d'urgence et la défense civile, les bénévoles de l'Ambulance Saint-Jean s'efforcèrent de préparer les citoyens aux horreurs d'un holocauste nucléaire.

En Europe, les bénévoles travaillèrent avec la Croix-Rouge canadienne pour soulager les victimes civiles des pays déchirés par la guerre. L'Ambulance Saint-Jean organisa et forma des détachements d'aide volontaire dont les membres venaient de brigades bénévoles de l'ensemble du Canada. Les bénévoles des détachements servaient dans les abris antiaériens, les camps de prisonniers de guerre et les ambulances chirurgicales, ainsi que dans les hôpitaux tant militaires que civils de l'Europe et de l'Asie de l'est.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la plupart des bénévoles étaient des femmes, les hommes étant de plus en plus appelés sous les drapeaux. Dans les grandes villes comme Montréal, Toronto, Winnipeg et Vancouver, des services bénévoles de femmes furent mis sur pied pour soutenir l'effort de guerre. Les bénévoles dirigeaient les garderies réservées aux enfants des femmes employées dans les industries militaires, et recueillaient des vêtements pour les civils victimes de la guerre en Europe. Ils secondaient également le personnel des bureaux du service de guerre et travaillaient dans les cliniques d'urgence de donneurs de sang dirigées par la Société canadienne de la Croix-Rouge.

Les deux guerres mondiales et la crise économique qui s'est produite dans l'intervalle ont montré de façon spectaculaire que l'homme était vulnérable et qu'il fallait s'entraider. Au cours de ces trois décennies, des milliers de Canadiens auparavant autonomes, particulièrement des anciens combattants devenus malades ou handicapés ou incapables de trouver du travail, et des fermiers qui avaient perdu leur terre, se trouvèrent dans l'incapacité de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles.

Cette prise de conscience finit par conduire à la création de notre système contemporain de soins de la santé et de services sociaux où un vaste réseau d'organismes bénévoles complètent et améliorent considérablement les programmes et les services offerts par l'état.




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Les années d'après-guerre

Nouvelles attentes face au rôle du gouvernement et création de nouveaux organismes bénévoles

APRÈS LA SECONDE GUERRE MONDIALE, L'INDUSTRIE ET L'ÉCONOMIE CONNURENT UNE CROISSANCE DYNAMIQUE. Le niveau de vie augmenta de façon spectaculaire et notre société s'urbanisa davantage. Pendant cette période, l'explosion démographique et une forte vague d'immigration firent augmenter considérablement la population canadienne.

Malgré cette ère de prospérité, les Canadiens restèrent marqués par la privation et l'anxiété qu'ils avaient connues pendant la crise. Ils aspiraient à la sécurité et voulaient avoir l'assurance qu'une catastrophe de cette envergure ne se reproduirait jamais. Il s'ensuivit un engagement sans précédent du gouvernement dans les domaines du bien-être, de la santé et de l'éducation.

La crise avait donné une nouvelle orientation aux luttes politiques et économiques du pays et était dans une large mesure à l'origine de la demande d'une plus grande intervention de l'état dans les soins de la santé et le bien-être social. On reconnaissait aussi de plus en plus l'ampleur et les conséquences de la maladie et de la pauvreté.

Des changements énormes se produisirent dans les années d'après-guerre lorsque les gouvernements commencèrent à réagir aux pressions des groupes de défense bénévoles en assumant un rôle plus important dans les domaines de la santé et du bien- être social au Canada.

Après la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement commença à se charger d'un large éventail de services qui étaient auparavant assurés par des organismes privés et rendus par des bénévoles.

Ce fut le commencement de la politique moderne du Canada en matière de bien-être social. En 1940, le gouvernement fédéral avait établi un système d'assurance-chômage; en 1945, il introduisit le programme universel d'allocations familiales qui garantissait aux familles un supplément mensuel de revenu selon le nombre d'enfants. à la fin des années quarante, la Saskatchewan et la Colombie-Britannique commencèrent à offrir des régimes limités d'assurance-santé.

Puis, au cours des années cinquante, le gouvernement fédéral instaura le programme universel de sécurité du revenu pour les personnes âgées et élargit son programme d'aide aux personnes frappées d'incapacité ou d'handicaps.

Cependant, malgré la nouvelle législation en matière de bien-être social tant au fédéral qu'au provincial, on continua d'avoir grand besoin de bénévoles après la guerre. Les organismes proliférèrent encore et offrirent de nouveaux types de services.

Avec les nombreuses demandes de dons de charité en temps de guerre, la Fédération des œuvres (Centraide) se fit de plus en plus présente dans les centres urbains au cours de la décennie qui suivit la Seconde Guerre mondiale, traduisant ainsi les besoins grandissants des organismes de service social.

Les bénévoles poursuivirent leur rôle de défenseurs des causes sociales, incitant les gouvernements à mettre en place de nouvelles mesures qui amélioreraient le bien-être social des Canadiens.

Ayant vu le jour à Vancouver en 1931, la Société John Howard prit de l'ampleur après la Seconde Guerre mondiale avec la création de sections locales dans chaque région. Les bénévoles de cette société œuvraient auprès des ex- détenus, répondant à leurs besoins élémentaires et leur offrant même une assistance socio-psychologique et une orientation professionnelle. Ils s'occupaient également de la prévention du crime et exerçaient des pressions pour que des réformes soient apportées au système judiciaire.

Au cours des années quarante et au début des années cinquante, des sections de la Société Elizabeth Fry virent le jour en Colombie-Britannique et en Ontario pour aider les filles et les femmes se trouvant en contravention de la loi. Les bénévoles offraient aux femmes en prison, en libération conditionnelle, en probation ou en phase de réinsertion sociale une aide affective individuelle, leur transmettaient des connaissances pratiques et leur assuraient un enseignement élémentaire.

Les membres de cette société réclamaient également des changements au système judiciaire, notamment en ce qui portait atteinte à la vie des femmes.

En 1947, la Société canadienne de la Croix- Rouge, appuyée par les bénévoles de la Brigade de l'Ambulance St-Jean, mit sur pied ses cliniques de donneurs de sang afin de fournir gratuitement du sang et ses composantes aux patients de tous les hôpitaux canadiens.

Ce système propre au Canada repose toujours sur les bénévoles qui donnent du sang et qui dirigent les cliniques dans les villes du pays.

Vers la fin des années quarante et au cours des années cinquante, d'importants organismes nationaux bénévoles oeuvrant dans le domaine de la santé ont été créés : la Société d'Arthrite (1948), la Société canadienne de la sclérose en plaques (1948), la Société canadienne de l'hémophilie (1953), l'Association canadienne du diabète (1953), la Fondation des maladies du cœur du Canada (1957) et la Fondation canadienne de la fibrose kystique (1959).

L'objectif premier de ces organismes était d'appuyer et d'encourager la recherche médicale dans leur champ d'action respectif, de sensibiliser davantage le public à l'importance de diagnostiquer et de traiter tôt la maladie en question et d'offrir une aide affective ainsi que des services essentiels aux personnes touchées. Des sections de ces organismes ayant vu le jour partout au pays, les bénévoles sont demeurés particulièrement actifs auprès des patients et dans les collectes de fonds pour la recherche.




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Des années soixante aux années quatre-vingt

Mobilisation en vue d'un changement social et création de nouveaux types d'organismes bénévoles

LA VAGUE DE PROSPÉRITÉ ÉCONOMIQUE SE POURSUIVIT AU COURS DES ANNÉES SOIXANTE. Conformément aux nouvelles priorités de la société, la participation du gouvernement aux services sociaux et aux soins de la santé évolua rapidement.

Pendant cette période, le Québec se lança dans une réorganisation complète des services de santé et des services sociaux afin d'en assurer l'égalité d'accès à tous les citoyens, sans égard à leur statut social, à leur lieu de résidence ou à leur religion.

Ce nouveau modèle prévoyait des services subventionnés par l'état et administrés par des organismes locaux régis par des conseils d'administration dont les membres étaient choisis par la collectivité. Ce système remplaça les structures paroissiales traditionnelles où l'on s'occupait des problèmes de pauvreté et de santé des travailleurs.

Les années soixante ont également vu le gouvernement fédéral prendre des mesures plus importantes dans les domaines des soins de la santé et du bien-être social.

Le Régime de pension du Canada, système d'assurance sociale à l'intention des personnes à la retraite, des veufs et veuves et des personnes souffrant d'incapacité permanente, a été introduit en 1966 (le Régime de rentes du Québec, instauré en même temps, assurait une couverture similaire aux Québécois).

Le Régime d'assistance publique du Canada appliquait le système fédéral de frais partagés aux programmes provinciaux de bien- être social.

Enfin, l'amélioration du bien-être social amorcée au cours des années quarante a culminé avec l'adoption d'un programme d'assurance médicale subventionné par le fédéral en 1968.

La fin des années soixante et le début des années soixante-dix ont été marqués par les mouvements de citoyens qui s'intéressaient aux questions sociales essentielles de l'époque. Il est évident que ce bénévolat axé sur le changement a modelé le milieu socio-culturel que nous connaissons aujourd'hui.

Les défenseurs des questions sociales n'ont rien ménagé pour gagner l'appui du public à la cause des personnes désavantagées. Des groupes de femmes partout au pays ont mobilisé leurs membres pour obtenir une reconnaissance, qui tardait depuis longtemps selon eux, des droits légaux des femmes et une redéfinition du statut des femmes dans la société canadienne. Des groupes de bénévoles ont fait des pressions pour qu'au nom de la justice sociale les personnes handicapées puissent participer plus activement au courant dominant de la vie canadienne et faire valoir leurs points de vue en ce qui touche les services et les politiques qui les concernent.

Parallèlement, Greenpeace, né à Vancouver en 1970 d'un petit groupe de citoyens conscientisés, commença à s'opposer aux essais nucléaires menés dans le Pacifique.

Dans les années soixante-dix et quatre-vingt, les organisations autochtones ont connu une croissance phénoménale au Canada. Nombre de groupes locaux furent revitalisés, tandis que de nouvelles organisations de bénévoles virent le jour dans les territoires et les provinces ainsi qu'au niveau national pour faire face aux problèmes communs. Des pressions s'exercèrent sur le gouvernement afin qu'il améliore les droits fondamentaux et les chances des autochtones.

D'autres bénévoles s'employèrent à assurer la survie des langues et de la culture autochtones partout au pays. Par exemple, pour aider à préserver l'identité et la culture autochtones et pour joindre les habitants des régions éloignées, les organisations autochtones commencèrent à publier leurs propres journaux et à diffuser leurs propres émissions de radio et de télévision par satellite.

Des centres d'accueil furent créés à l'intention des personnes d'origine autochtone dans de nombreuses villes afin qu'elles puissent se rencontrer et s'aider mutuellement à affronter l'aliénation, la discrimination raciale et la pauvreté qui étaient le lot de bon nombre en milieu urbain. Certains bénévoles offraient des services de counselling et dispensaient de l'informa- tion sur les cours de formation et la recherche d'un emploi; d'autres organisaient des manifestations culturelles, de même que des activités sportives et récréatives.

Cette époque a connu un accroissement de l'activité bénévole partout au Canada. Des centres d'action bénévole furent créés dans bon nombre de villes. (Le premier centre ouvrit ses portes à Montréal en 1937.) Leur mandat était de soutenir le secteur bénévole et de consolider la base du bénévolat dans leur collectivité en recrutant, formant et présentant des bénévoles et en faisant connaître le concept de l'action bénévole.

Dans les années quatre-vingt, on a assisté à une diminution du rôle du gouvernement dans la prestation des services sociaux en raison d'importantes restrictions financières. En même temps, la demande de services sociaux s'est multipliée.

Les bénévoles ont répondu aux besoins insatisfaits venus d'un peu partout et, des préoccupations particulières se transformant en priorités, de nouveaux types d'organismes bénévoles ont vu le jour œ banques alimentaires, soupes populaires, refuges d'urgence, maisons d'hébergement pour les femmes battues et leurs enfants, centres détresse-secours, lignes directes et maisons d'accueil en plein centre-ville pour venir en aide aux « de la rue».

Un mouvement innovateur appelé Chantiers jeunesse a vu le jour à Québec en 1982. Des bénévoles âgés de 17 à 25 ans consacrent plus de 30 heures par semaine à des projets spéciaux d'une durée d'un à douze mois. œuvrant ensemble dans une collectivité, ces jeunes adultes planifient et réalisent des projets comme l'aménagement d'un parc ou la restauration d'un édifice patrimonial. En plus de renforcer leur esprit de service, ces projets bénévoles enrichissent l'expérience de vie de ces jeunes adultes, leur donnent une plus grande confiance en eux et leur permettent d'acquérir de nouvelles compétences.

Le sida constitue une importante crise dans le monde médical de la fin des années quatre-vingt et du début des années quatre-vingt-dix. De nouveaux groupes et réseaux de bénévoles se sont constitués dans chaque région du pays pour faire des pressions afin qu'on lance des campagnes d'éducation du public et qu'on recueille des fonds pour la recherche, pour organiser des groupes de soutien à l'intention des personnes atteintes du SIDA et pour défendre les droits des personnes séropositives.

Comme les personnes atteintes d'hémophilie s'inquiétaient particulièrement de la qualité des produits transfusés et de la menace que représentait pour eux le sida, la Société canadienne de l'hémophilie s'intéressa rapidement à cette question. Appuyée par un important noyau de bénévoles, la Société encourage la recherche sur le SIDA, a mis au point du matériel éducatif et offre des services conseils à ses membres qui ont contracté le SIDA.




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La diversité culturelle

Assurer la pleine et entière participation des nouveaux venus à la vie canadienne

CE N'EST QUE DANS LES ANNéES SOIXANTE QUE LE GOUVERNEMENT COMMENÇA à S'OCCUPER de façon importante des besoins des immigrants arrivant dans les villes canadiennes.

Avant cela, c'était des groupes de bénévoles qui pourvoyaient aux besoins des immigrants, charge très difficile en périodes de forte immigration. Ces bénévoles, dont un bon nombre étaient affiliés à des organismes religieux, s'occupaient d'enseigner la langue du pays, d'assurer des services de traduction, de renseigner les immigrants sur les programmes offerts par le gouvernement et de fournir d'autres services aux nouveaux Canadiens.

Aujourd'hui, le secteur bénévole demeure actif auprès des immigrants. Une multitude de groupes bénévoles partout au pays aident les immigrants à s'adapter à leur patrie d'adoption en répondant à leurs besoins immédiats et à long terme afin qu'ils puissent bien s'intégrer dans notre société.

Ces groupes aident les nouveaux Canadiens à comprendre bon nombre d'aspects de la vie canadienne, de la déclaration de revenu aux responsabilités civiques. Ils enseignent l'anglais ou le français, résolvent les problèmes d'immigration, montrent aux immigrants comment trouver du travail. Ils s'efforcent également d'améliorer la compréhension interculturelle et d'éliminer le racisme de notre société.

Les organismes religieux continuent d'assurer des services aux nouveaux Canadiens, particulièrement aux membres de leur confession. à titre d'exemple, citons les Services canadiens d'assistance aux immigrants juifs, la Société catholique d'aide aux immigrants et les Services d'accueil aux voyageurs et aux immigrants (savi) à Montréal.

Les associations ethno-culturelles viennent aussi souvent en aide aux nouveaux membres de leurs collectivités. Un exemple bien connu est le costi qui aide les immigrants italiens dans le sud de l'Ontario.

Un excellent exemple d'une organisation communautaire dans ce domaine est celui de la Multilingual Orientation Services Association for Immigrant Communities. Depuis plus de 20 ans, mosaic assure un large éventail de services aux immigrants et aux réfugiés de la région de Vancouver pour les aider à maîtriser la langue et à éliminer les barrières culturelles, et leur permettre ainsi de mieux s'intégrer.

Mosaic repose depuis bon nombre d'années sur ses 400 bénévoles qui assurent des services d'interprétation dans 70 langues et qui offrent même un service d'urgence 24 heures sur 24. Ses interprètes accompagnent leurs clients aux bureaux du gouvernement, dans les écoles, les hôpitaux ou les postes de police, selon les besoins de chacun.

En outre, des bénévoles appartenant à diverses organisations œuvrant pour les groupes ethnoculturels, les minorités visibles, les relations raciales et la justice sociale travaillent main dans la main pour donner à des gens de tous les milieux la possibilité de s'occuper de préoccupations sociales, culturelles et économiques communes. Bien que certaines activités soient admissibles à un financement public, c'est surtout grâce au dévouement de leurs bénévoles que ces organisations peuvent répondre à de réels besoins.

L'organisation multiculturelle la mieux connue est le Conseil ethnoculturel du Canada. Fondé en 1980, il encadre quelque 37 organisations ethnoculturelles nationales. Ses objectifs consistent à dégager un consensus autour de questions qui touchent particulièrement les communautés ethnoculturelles, à se faire le porte-parole des milieux ethnoculturels et à prôner des changements sociaux afin que les Canadiens bénéficient tous des mêmes droits et possibilités, sans égard à leur origine.

Font partie du Conseil ethnoculturel du Canada des communautés bien implantées au pays et représentées par des groupes tels le Congrès juif canadien et le Conseil national des Canadiens chinois, mais aussi des groupes plus récents comme la Federation of Lao Associations of Canada et l'United Council of Filipino Associations of Canada.

Tous ces organismes cherchent à promouvoir la compréhension interculturelle. Ils peuvent aussi s'intéresser à des questions particulières, comme les besoins des personnes âgées dans leurs communautés, l'éducation des jeunes et l'isolement des immigrantes.

Les personnes qui sont victimes de discrimination dans la société canadienne connaissent mieux que quiconque les différents types d'obstacles systémiques. C'est pourquoi elles sont les mieux placées pour proposer des façons d'éliminer ces obstacles. Les bénévoles au service des coalitions pour les relations raciales, des organisations de minorités visibles et d'associations pluriconfessionnelles s'aident mutuellement à assurer chez tous les Canadiens l'éclosion d'un véritable sentiment d'appartenance.

Il existe au Canada de nombreux organismes bénévoles qui se sont donné pour mission d'œuvrer à l'harmonie raciale et d'assurer la pleine égalité à tous les Canadiens, quelle que soit leur origine. C'est dans les grandes villes qu'ils sont le mieux enracinés dans le milieu.

À Vancouver, la Society for Racial Justice a été fondée en 1981 pour combattre le racisme, préserver la dignité humaine, promouvoir la compréhension et faire valoir auprès des gouvernements les préoccupations de ses membres.

À Toronto, l'Urban Alliance on Race Relations s'efforce depuis 1975 d'améliorer les relations interraciales au moyen d'activités de sensibilisation publique, de recherche et de représentation.

De même, le Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR), qui a ouvert ses portes en 1983 à Montréal, est voué à la promotion de l'harmonie raciale et de l'égalité des chances pour les minorités visibles dans toutes les sphères d'activité au Canada. Ses bénévoles œuvrent activement dans des domaines tels que les relations entre la police et les communautés, l'accès aux services, l'équité en matière d'emploi et la représentation des minorités visibles dans les médias.

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      Dernière révision : 1998/11/22
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