Patrimoine canadien


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Les premiers organismes ethnoculturels

S'aider les uns les autres

S'IL EXISTAIT QUELQUES ORGANISMES DE SERVICE AUX MEMBRES DE GROUPES ETHNOCULTURELS précis au début de l'histoire du Canada, leur nombre commença à s'accroître rapidement avec l'arrivée massive d'immigrants à la fin du 19e siècle et le début du 20e.

Certains groupes ethnoculturels créèrent des organisations de bénévoles pour aider à préserver la langue et la culture de leur pays d'origine. Par exemple, avant la fin du 19e siècle, les immigrants en provenance d'Islande mirent sur pied un réseau de bibliothèques et de clubs de lecture. Les Canadiens d'ascendance ukrainienne s'équipèrent également d'une série de clubs de lecture.

La plupart des premiers organismes mis sur pied par différents groupes ethnoculturels l'ont été à des fins d'entraide, c'est- à-dire que les membres s'aidaient les uns les autres selon les besoins.

Dans le Nouveau Monde, de nombreux immigrants craignaient que, s'ils décédaient parmi des étrangers, ils ne soient enterrés sans avoir droit aux cérémonies religieuses qui leur paraissaient essentielles. Ils craignaient également qu'un accident, une maladie ou la perte de leur emploi ne les laissent complètement démunis. (Dans leur pays d'origine, il était souvent de tradition que la famille élargie prête son concours en cas de coup dur.)

Pour répondre à ces besoins, les Canadiens d'ascendance allemande formèrent la première société funéraire à Halifax en 1753. Les immigrants polonais fondèrent leur première société d'entraide à Berlin (l'actuelle ville de Kitchener), en Ontario, en 1872. Diverses sociétés d'entraide furent créées à l'intention des Italiens canadiens à Montréal et à Toronto vers la fin du 19e siècle. La Hungarian Sick-Benefit Society vit le jour à Lethbridge en 1901. Les Lithuaniens se dotèrent d'organismes de secours mutuel à Toronto, à Montréal et à Winnipeg dès le début du 20e siècle.

Cependant, après la Deuxième Guerre mondiale, avec l'instauration de programmes gouvernementaux prévoyant certaines protections en fait de bien- être social, ces organismes de secours mutuel eurent tendance à disparaître.

Une fois bien établies, nombre de communautés ethnoculturelles se munirent d'organismes pour venir en aide aux nouveaux immigrants en provenance de leur pays d'origine. Leurs bénévoles fournissaient des renseignements sur les aspects social et juridique de la vie au Canada, ainsi que des services de traduction. Ainsi, dans l'Ouest canadien, à la fin du 19e et au début du 20e siècles, des homesteaders hongrois et ukrainiens devinrent officieusement agents d'établissement et aidèrent les nouveaux venus à refaire leur vie dans les Prairies.

Certains groupes créèrent en outre des organismes de charité de plus grande envergure pour venir en aide à la fois aux immigrants récents et aux autres Canadiens de leur pays d'origine. Par exemple, les Juifs de Toronto et de Montréal étaient bien connus pour leurs organismes de charité dès les années 1920.

Les immigrants chinois avaient peut-être ceci d'exceptionnel qu'ils se dotaient généralement d'associations de bénévoles très tôt après leur arrivée au Canada. En Colombie-Britannique, dès le milieu du 19e siècle, ils créèrent des organismes locaux fondés sur les liens de parenté ou le district d'origine. Des bénévoles tenaient des auberges et des pensions coopératives à l'intention des mineurs et des cheminots migrants; d'autres s'occupaient d'assurer le contact entre les immigrants et leurs parents demeurés en Chine.

Dans les années 1880, le quartier chinois de Victoria était en plein développement. Les organismes chinois de l'endroit et d'ailleurs en Colombie-Britannique continuaient de croître en nombre et en taille. La Chinese Consolidated Benevolent Association (CCBA) de Victoria, première association visant la totalité de la communauté chinoise au Canada, fut créée en 1884. Appuyée par un réseau de bénévoles et de donateurs de l'ensemble de la province, cette organisation exerçaient des pressions afin que l'on apporte des modifications au système judiciaire pour prévenir la discrimination contre les Canadiens chinois et fournissait de nombreux services à ses membres.

Travaillant pour le compte de la CCBA, des bénévoles tenaient des foyers pour les malades et les pauvres d'origine chinoise. (Bon nombre des nécessiteux étaient des chômeurs qui avaient été congédiés par des entreprises de construction de chemin de fer et abandonnés sans argent dans diverses villes le long du chemin de fer.)

Les bénévoles recueillaient des fonds pour aider les hommes âgés qui n'avaient pas le moyen de se payer un billet de retour en Chine, pour couvrir les frais d'enterrement des Canadiens chinois sans parents qui étaient morts dans la pauvreté, et pour apporter une aide juridique aux membres de leur communauté qui étaient accusés de crime. Les bénévoles s'occupaient également de l'envoi en Chine de la dépouille mortelle des personnes décédées, pratique qui était devenue courante à cette époque.

La CCBA fonda la première école publique chinoise au Canada et l'hôpital Jubilee, tous les deux à Victoria.

Il ne fait aucun doute que les nombreux et divers organismes ethnoculturels mis sur pied au Canada jouèrent un rôle important dans la vie de ceux qui en étaient membres. Ils répondaient à des besoins auxquels la société en général ne satisfaisait pas ou ne pouvait pas satisfaire.

L'un des nombreux avantages apportés par ces organismes à leurs membres était de leur permettre de maintenir le contact avec d'autres personnes de la même origine et de la même langue maternelle. Ces organismes constituaient souvent les principaux représentants de leur groupe ethnoculturel auprès des divers ordres de gouvernement au Canada, de même qu'auprès du reste du monde.




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Les années 1890

Assurer des services essentiels et amorcer la réforme sociale

LA DERNIÈRE DÉCENNIE DU 19E SIÈCLE A VU NAÎTRE D'IMPORTANTS ORGANISMES bénévoles se préoccupant de santé et de bien-être social. Parmi les exemples notables dans le domaine des soins de la santé, citons l'Ambulance Saint-Jean fondée en 1887, la Société canadienne de la Croix-Rouge, en 1896, et les Infirmières de l'ordre de Victoria, en 1877.

Bon nombre d'autres organismes furent créés pour fournir des services sociaux essentiels. La Young Men's Christian Association (YMCA) vit le jour à Montréal en 1851 et ouvrit des centres dans d'autres grandes villes entre 1875 et 1900.

à cette époque, comme aujourd'hui, cette association comptait sur les bénévoles pour rassembler des fonds, aider à diriger les programmes et faire partie du conseil d'administration. Animés par un idéal de santé qui favorisait le développement physique, intellectuel et spirituel, les centres du YMCA offraient des programmes de conditionnement physique et de détente ainsi que des camps d'été pour les garçons de toutes les couches de la société. Leur but étant de développer le bien-être, la confiance en soi et la compétence, ces centres ont énormément contribué à l'époque au bien-être social des enfants.

La Young Women's Christian Association (YWCA) fut créée au Canada en 1870 à Saint-Jean (Nouveau-Brunswick). Dans les cinq années qui suivirent, des associations locales virent également le jour à Toronto, à Montréal, à Québec et à Halifax et, à la fin du siècle, à Kingston, à Hamilton, à London, à Ottawa, à Peterborough, à Vancouver et à Victoria.

L'objectif premier du YWCA était d'améliorer la condition des femmes canadiennes en développant chez elles leur aptitude au leadership et leur indépendance et en les aidant à accroître leurs compétences tout en assurant leur bien- être physique et spirituel.

Les associations locales du YWCA devinrent rapidement des intervenants importants dans leurs collectivités. Avec l'aide de bénévoles, elles tenaient des bureaux de placement et des registres de chambres pour les jeunes femmes, des foyers et des centres de formation pour les filles ayant maille à partir avec la justice, des 17 clubs sociaux et de conditionnement physique, des camps d'été et des bibliothèques. Bon nombre offraient en outre des cours de formation à l'intention des jeunes femmes sur le travail de bureau et l'art de faire la cuisine, cours qui étaient les premiers du genre dans leurs collectivités.

à partir des années 1890, les bénévoles canadiens ont joué un rôle important en suscitant un changement social grâce à leur participation active aux mouvements de réforme sociale et aux mouvements ouvriers. Ils se sont faits les défenseurs de normes contestées de la société à une période où l'on tendait à refuser aux citoyens des droits qu'un bon nombre de personnes à l'époque jugeaient fondamentaux (tels qu'un logement convenable, des soins de santé adéquats et la gratuité scolaire).

Par exemple, des groupes de travailleurs se firent les défenseurs des citoyens à la retraite qui n'étaient plus en mesure de subvenir adéquatement à leurs besoins. Des groupes féminins luttèrent pour faire reconnaître légalement l'égalité des femmes et obtenir le droit de vote. Des réformateurs sociaux défendirent la cause des enfants négligés et maltraités qui étaient de plus en plus nombreux dans les grands centres urbains.

En 1897, des organisations féminines de Vancouver, Winnipeg, Toronto, Montréal et Halifax formèrent une coalition connue sous le nom de Conseil national des femmes du Canada. Des bénévoles travaillaient à l'échelle locale et nationale pour améliorer le statut légal des femmes, notamment leurs droits à l'égard de leurs enfants. (Les pères avaient des droits exclusifs sur les enfants à cette époque.) Le Conseil et ses centres affiliés cherchaient également à réduire la mortalité infantile et à améliorer la santé et le bien-être des enfants canadiens.

Dans tout le Canada, les défenseurs des droits des enfants soutenaient avec fougue que tous les enfants devaient être protégés des mauvais traitements, que les orphelins ou les enfants négligés devaient être traités avec chaleur et que les enfants qui contrevenaient à la loi devaient avoir la chance d'acquérir de meilleures habitudes. Des bénévoles soutenaient que la qualité de la vie au foyer était cruciale pour prévenir la délinquance et y remédier.

Ils répandirent le concept des familles d'accueil en remplacement du foyer de l'enfant lorsque celui-ci était victime de négligence ou d'abus graves. (Avant cela, on croyait généralement que les enfants avaient besoin d'un traitement très strict pour devenir des adultes matures, et les enfants abandonnés étaient élevés en institution, souvent dans des conditions difficiles.)

Grâce au travail ardu de ces bénévoles engagés, la réforme sociale reçut l'appui d'une grande partie de la collectivité. Le tournant du siècle connut une révolution virtuelle des idées et des méthodes en matière d'aide à l'enfance.

La société reconnaissant de plus en plus qu'il lui incombait de s'occuper des enfants négligés et délinquants et d'agir dans leur intérêt, on créa la Société d'aide à l'enfance de Toronto en 1891.

Malgré la subvention que lui versait l'état et sa responsabilité statutaire en matière de soins des enfants, il s'agissait d'un organisme privé administré par un conseil de direction composé de bénévoles et dont les services étaient dirigés par des salariés et des bénévoles. Une nouvelle législation dont se dota l'Ontario confia à la Société la garde des enfants négligés.

Le concept des familles d'accueil (où des bénévoles consacrent leur temps et leurs aptitudes pour élever des enfants dans leur propre famille de façon temporaire) fut également introduit et subventionné par l'état.

Au cours des deux décennies qui ont suivi, les sociétés d'aide à l'enfance se sont étendues à d'autres villes de l'Ontario, de la Nouvelle-écosse, du Manitoba et de la Colombie- Britannique. Le Canada était ainsi au premier plan de la scène internationale en matière de bien-être des enfants.

Dans le domaine de l'alphabétisation et de la formation élémentaire des adultes, le Frontier College de Toronto apparut comme une figure de proue en 1899. Ses programmes novateurs répondaient aux besoins en matière d'éducation des ouvriers partout au Canada et, notamment, des immigrants qui étaient incapables de lire et d'écrire dans les langues de leur pays d'adoption, et des autres qui n'avaient pas eu la chance d'étudier.

Des professeurs bénévoles du Frontier College se rendaient dans les camps de bûcherons et de constructeurs de chemin de fer ainsi que dans les villes minières et les villages de pêcheurs en régions éloignées où les gens vivaient dans des conditions difficiles; ceux-ci pouvaient découvrir des horizons nouveaux grâce à l'alphabétisation et à l'étude. Les professeurs travaillaient de concert avec les ouvriers et, dans les temps libres, leur communiquaient bénévolement leur savoir. Au cours des vingt premières années d'existence du Frontier College, plus de 600 professeurs bénévoles formés au collège même ont œuvré dans pratiquement chaque province et territoire du Canada.

La croisade contre la tuberculose (principale cause de décès au Canada au tournant du siècle) a été à l'origine, en 1900, de la création du premier organisme bénévole d'envergure nationale au Canada dans le domaine de la santé à l'Association canadienne anti-tuberculeuse (qui devint plus tard l'Association pulmonaire du Canada). Son but premier était d'offrir aux personnes atteintes des installations telles des sanatoriums et centres de diagnostic et de traitement de la tuberculose.




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Le 20e siècle

Campagne pour le bien-être des enfants et amélioration des services aux citoyens

DANS LES PREMIÈRES DÉCENNIES DU 20E SIÈCLE, LES RÉFORMATEURS SOCIAUX continuèrent, par l'entremise d'organismes bénévoles, d'aiguillonner et de soutenir les efforts du gouvernement en vue d'améliorer la santé et le bien-être des jeunes Canadiens.

Les priorités de ces organismes étaient le taux élevé de mortalité infantile, le manque de soins prénatals, l'absence d'enseignement aux mères des soins à apporter à leurs bébés ainsi que la mauvaise qualité du lait et de l'eau. On se préoccupait également de l'éducation et du développement social des enfants défavorisés ainsi que de l'entassement des familles et des logements inadéquats dans les quartiers pauvres des villes.

Les tenants de la cause des enfants dans les petites villes et les régions rurales se rallièrent à cette croisade qui s'était jusqu'alors concentrée dans les grandes villes. Des associations locales du Conseil national des femmes du Canada virent le jour partout au Canada et des sections de l'Institut féminin ainsi que des groupes de fermières se rallièrent à cette cause.

Montréal, en particulier, vit des bénévoles consacrer un effort considérable à l'amélioration des conditions de vie des enfants. Le Conseil des femmes de Montréal, par exemple, lança une campagne pour réduire la mortalité infantile dans la ville. Des bénévoles entreprirent de renseigner le public sur l'importance de la pasteurisation du lait et mirent sur pied un dispensaire où l'on offrait du lait pasteurisé aux enfants des familles nécessiteuses.

En 1912, un grand nombre de groupes communautaires, chapeautés par le Conseil des femmes de Montréal, parrainèrent une exposition importante sur le thème de la santé et du bien-être des enfants afin de soulever l'intérêt du public pour ces questions importantes. Cette initiative fut reprise dans d'autres villes du Canada au cours des quelques années qui suivirent.

Entre 1900 et 1920, les principaux organismes bénévoles offrirent un plus grand nombre de services visant à favoriser le développement social des enfants. Les programmes existants furent élargis et de nouveaux organismes virent le jour.

Le mouvement Scout fut introduit au Canada en 1908 (année de sa création en Angleterre) et le Conseil général de l'Association des scouts fut incorporé en 1914. Reposant sur le principe du respect des autres et de soi-même, le mouvement scout voulait encourager les garçons à devenir des citoyens responsables et engagés. Les adultes donnaient de leur temps pour offrir aux garçons de toutes les couches de la société des programmes intéressants et stimulants leur permettant de développer leur potentiel mental, physique, social et spirituel.

Quelques années après l'introduction de l'Association de guides du Canada en 1910, on comptait des associations d'un océan à l'autre. Le Conseil canadien de l'Association des guides fut incorporé en 1917. Désireux de réaliser les idéaux de développement personnel, d'indépendance et de respect des autres du guidisme, des bénévoles créaient pour les filles des programmes visant à leur permettre de développer leur sens pratique et une aptitude au leadership tout en leur communiquant l'esprit de service communautaire et en développant également leur condition physique et affective.

Le YMCA et le YWCA prirent tous deux de l'ampleur au cours des premières décennies du 20e siècle. Par exemple, des camps d'été pour filles furent créés dans diverses régions.

En 1912, le programme des Grandes Soeurs, qui consistait à jumeler des femmes bénévoles à des filles de milieux pauvres dans le cadre d'une relation personnelle, fut lancé au Canada par le YWCA à Toronto. La même année, le YMCA créa son Conseil national canadien.

Le mouvement des Grands Frères fut introduit au Canada en 1913 avec la création d'un bureau à Toronto. Visant à assurer le bien-être et le développement social des garçons sans père, ce programme unique consistait à jumeler ces garçons avec des bénévoles masculins pour qu'ils établissent une relation d'amitié pouvant durer plusieurs années.

En 1918, on créa l'Institut national canadien pour les aveugles (INCA). à une époque où les services sociaux subventionnés par l'état étaient pratiquement inexistants, cet organisme bénévole répondait au besoin immensément grand de services pour les anciens combattants devenus aveugles pendant la Première Guerre mondiale et pour les autres Canadiens souffrant d'un handicap visuel.

Outre les programmes permettant à ces personnes de développer des moyens pratiques pour vivre, l'inca fournissait à bon nombre de ses premiers clients un soutien affectif essentiel et les aidait à trouver nourriture, vêtements et logement.

Un autre but important de l'inca était de faire en sorte que la lecture demeure pour les handicapés visuels un lien essentiel avec la société. Une bibliothèque devint partie intégrante de l'organisme en 1919. Des bénévoles commencèrent à transcrire dans le braille des ouvrages littéraires et du matériel pédagogique et à les envoyer aux clients de l'inca qui en faisaient la demande.

Le Centre de service familial de Toronto fut créé en 1914. Des organismes bénévoles du genre furent mis sur pied dans bon nombre de centres urbains du Canada au cours de la décennie suivante. Ces organismes avaient pour objectif de préserver l'entité familiale et d'offrir aux familles et à leurs membres des services d'orientation. Avec l'aide de bénévoles, des travailleurs sociaux dirigeaient des services qui fournissaient aide et orientation aux familles en situation de stress. Des services d'aides familiales et de garderie étaient également offerts un peu partout.

Au cours de la grande épidémie de grippe espagnole de 1918, des bénévoles de l'Ambulance Saint-Jean prirent soin des malades dans les hôpitaux et à la maison. Dans plusieurs petites villes, les bénévoles remplacèrent le personnel des hôpitaux frappé par la grippe.

Des bénévoles de l'Ambulance Saint-Jean se rendirent également dans un petit centre minier de l'Alberta où tous les mineurs souffraient de l'infection mortelle. En plus de soigner leurs patients, ces bénévoles coupaient du bois pour alimenter les feux et nettoyaient les baraques.




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Les années vingt

Développement des services sociaux

et des organismes de santé AVEC LES ANNÉES VINGT, LE CANADA EST PASSÉ D'UNE SOCIÉTÉ AGRICOLE à une société urbaine et industrialisée. Bien que cette décennie ait connu un progrès économique et une prospérité matérielle, certains Canadiens demeuraient toujours dans le besoin. C'est ainsi qu'on fit de plus en plus pression sur le gouvernement pour qu'il prenne une plus grande part de responsabilités dans les domaines de la santé et du bien-être social.

L'agitation sociale qu'a connue le Canada à cette époque, comme en témoigne la grève générale de Winnipeg, a incité le gouvernement fédéral à intervenir pour la première fois dans le domaine de la sécurité du revenu. Divers programmes d'aide financière furent mis sur pied à l'intention des anciens combattants incapables de se trouver du travail après leur retour de la Première Guerre mondiale et des veuves et orphelins des soldats morts au combat.

Un programme national d'allocations pour les personnes âgées, établies en fonction des besoins, vit également le jour. Ce fut là la première étape d'une politique fédérale en matière de bien-être social.

Le nombre d'organismes bénévoles œuvrant dans le domaine de la santé et du service social continua d'augmenter au cours des années vingt, leurs membres jouant un rôle actif dans l'administration, les campagnes de financement et la prestation des services. Un certain nombre d'organismes religieux dans les grandes villes créèrent des centres d'hébergement pour les itinérants et les sans-abri. Bon nombre d'organismes bénévoles continuèrent au cours de cette période à prôner la réforme sociale.

Le Conseil canadien pour la sauvegarde de l'enfance fut créé en 1920 avec l'aide des sections locales du Conseil national des femmes et d'un certain nombre de paroisses protestantes. Organisé et dirigé par des bénévoles, le Conseil était un solide défenseur des droits des enfants. Il se préoccupait particulièrement du sort des enfants immigrants qui, étant pauvres ou orphelins, avaient été envoyés en grand nombre au Canada par le gouvernement britannique depuis la Confédération.

En 1926, le mandat du Conseil s'étendit à toutes les personnes défavorisées comme en témoigne le nom qu'il prit alors : Conseil canadien du bien-être social.

La Fédération des œuvres et campagnes collectives (qui devint plus tard Centraide) vit le jour au Canada en 1918 avec la création de la Fédération des services communautaires de Toronto. Au cours des années vingt, ce concept d'effort centralisé de sollicitation adopté par les organismes bénévoles de service social de Toronto s'implanta dans d'autres villes. Montréal et Winnipeg, par exemple, adoptèrent cette forme coopérative de collecte bénévole de fonds comme solution pratique à la prolifération des organismes de bienfaisance locaux et des appels à l'état.

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      Dernière révision : 1998/11/22
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