Patrimoine canadien

L'ENTRÉE DANS LE MONDE DU BÉNÉVOLAT

Les bénévoles ne restent pas toujours pour les raisons qui les ont attirés

Il y a presque autant de raisons de commencer à faire du bénévolat qu'il y a de bénévoles. Ce qui attire un bénévole au départ n'est pas non plus nécessairement ce qui le retient. Souvent, les gens constatent que leurs satisfactions les plus profondes ne sont pas du tout celles qu'ils s'attendaient d'éprouver lorsqu'ils ont commencé à faire du bénévolat.

Les participants ont commencé à donner de leur temps après avoir lu une annonce dans le journal ou des articles de revue ou encore, à l'invitation d'amis. Soit qu'ils voulaient jouer un rôle dans une nouvelle communauté, soit qu'ils avaient entendu par hasard parler d'un besoin, soit qu'ils voulaient seulement être actifs.

Certains voulaient simplement s'acquitter d'une dette qu'ils croyaient avoir envers la société et d'autres ont choisi le bénévolat parce qu'ils avaient décidé de modifier complètement leur style de vie et leurs priorités.

Beaucoup étaient directement intéressés dans l'organisme à laquelle ils prêtaient main-forte parce qu'ils avaient un parent ou un ami handicapé ou malade ou parce qu'ils s'attendaient à avoir un jour besoin eux-mêmes de ses services.

Craintes et appréhensions

Lorsqu'ils commencent, les bénévoles ne sont pas sûrs d'eux- mêmes ni de leurs compétences et ne savent pas trop ce que l'organisme attend d'eux.

Les gens avec qui j'en discute pensent souvent à tort que le bénévolat exige des heures d'engage ment par semaine. Pourtant, pour moi cela se résume à rencontrer ma protégée une heure et demie par semaine, puis à lui parler au téléphone environ cinq minutes tous les deux jours. Ce n'est vraiment pas la mer à boire.»

Certains, particulièrement les chauffeurs, tiennent à être assurés qu'ils n'auront pas à trop délier les cordons de la bourse :

Je me demande si le fait que le groupe n'accorde aucune aide financière retient certaines personnes de faire du bénévolat. Elles adoreraient en faire, mais ont peur d'avoir à débourser de leur poche.

Certains bénévoles ont dû frapper à la porte plusieurs fois

Souvent, les bénévoles ont dû faire preuve d'une extraordinaire persistance avant de pouvoir offrir leurs services à un organisme. Ainsi, une bénévole qui donne des cours d'alphabétisation a dû s'y reprendre par trois fois avant de finalement joindre le groupe.

Les recruteurs devraient savoir comment un bénévole se sent lorsqu'après avoir fait sa demande, il tombe dans l'oubli pendant des semaines ou des mois, le temps que l'organisme vérifie ses antécédents ou lui trouve une affectation ou un travail approprié.

Beaucoup ne reçoivent aucune nouvelle de l'organisme pendant ce temps et certains ont mentionné avoir eu l'impression qu'on ne voulait pas d'eux, ou pire encore :

Je croyais qu'ils avaient découvert quelque chose de terrible à mon sujet.

Même si la plupart des participants à ces discussions ont patienté jusqu'au bout, ils ont dit craindre que ces délais n'en découragent d'autres. Selon eux, un représentant du groupe devrait téléphoner aux candidats ou se mettre en rapport avec eux pour les rassurer pendant que se déroulent les formalités administratives.

Dans les cas où la présélection a été faite avec particulièrement de tact, les bénévoles se sont montrés très sensibles au soin que l'organisme mettait à choisir la bonne personne. Nous pensons particulièrement aux postes très stressants : ayant à faire face à des «questions de vie ou de mort», leurs titulaires ont dit que la rigueur du processus de sélection avait ajouté à leur fierté d'avoir été choisis.

En fait, le bénévole porte un jugement sur un organisme dès ses premiers contacts avec elle, pour se rendre compte si elle répondra à ses besoins. Voici les facteurs jugés importants par un bénévole enthousiaste que nous avons interrogé :

Ils sont très bien organisés, très efficaces, et les gens sont très aimables… Ils font en sorte que chacun ait l'impression de faire partie de la famille… ils ont un réseau d'entraide.

PLACER LA BONNE PERSONNE AU BON ENDROIT

Trouver au bénévole la tâche qui lui convient

Lorsqu'un bénévole s'apprête à faire ses premières armes, il est important de lui fournir des conseils et de la formation, voire des possibilités de faire des expériences, pour qu'il trouve quel genre de travail lui convient le mieux. Certains des participants ont réussi à se tailler une place dans une organisation pratiquement sans aide, mais la plupart ont dit apprécier et souhaiter que l'organisation les encadre davantage à leurs débuts et fasse le point avec eux après quelque temps.

Formation et orientation

La formation et l'orientation semblent dissiper les craintes qu'entretiennent la plupart des bénévoles au moment d'entre prendre une tâche. Certains des participants auraient aimé qu'on les aide davantage à leurs débuts, même s'ils ont réussi pratique ment d'eux-mêmes à se tailler une place dans l'organisme.

Je suis heureux du travail que je fais. Simplement, je crois qu'un peu plus de formation m'aurait aidé.

Parfois, plus la formation est exigeante, plus les participants semblent l'apprécier.

Deux pleines journées de préparation au travail d'urgence… tout à fait épuisantes… excellente formation.

Bien choisir : un gage de satisfaction

Savoir placer un bénévole au bon endroit est extrêmement profitable, aussi bien pour le groupe que pour le bénévole. Lorsqu'un bénévole aux soins palliatifs affirme ne pas vouloir rentrer chez lui à la fin de son poste, c'est que tout va bien. Les bénévoles empressés sont ceux qui ont obtenu ce à quoi ils s'attendaient en signant leur contrat, et même peut-être un peu plus. On peut toujours compter sur les bénévoles qui font des commentaires du genre de celui qui suit :

Souvent, je suis fatigué — je crois que c'est tout simplement le stress que je ressens à l'idée de rentrer au travail.

Une fois que j'y suis, toute ma fatigue s'évanouit, et je ressors reposé, beaucoup plus en forme qu'avant d'arriver…

L'IMAGE DU BÉNÉVOLE

Il est apparu clairement pendant les interviews de groupe qu'il y aurait peut-être lieu d'améliorer l'image du bénévolat, même parmi les bénévoles.

Bien que les participants se rendent pleinement compte de l'utilité et de la valeur de ce qu'ils font pour la société, beaucoup éprouvent une sorte de gêne à parler de leur contribution. Certains ont tendance à se faire des reproches et à se juger égoïstes parce qu'ils tirent une satisfaction personnelle du bénévolat.

Certains aussi hésitent à parler de leur travail bénévole, de crainte d'être traités de «bons samaritains» ou qu'on croit qu'ils cherchent les éloges.

Peut-être pourrait-on trouver plus facilement de nouvelles recrues si les bénévoles avaient une place mieux définie dans la hiérarchie des «bienfaiteurs de la société».

Moi, un bénévole?

Certains des participants qui font du bénévolat depuis des années n'ont jamais songé à s'apposer l'étiquette de bénévole. D'autres détestent tout simplement ce terme. Certains stéréotypes subsistent. Par exemple, on croit encore que les bénévoles sont tous des personnes de plus de 55 ans, qui ont beaucoup d'argent et de temps libre.

Je ne considère pas vraiment que je fais du bénévolat. Ce sont mes amis. J'essaie, à ma manière, de leur procurer du bien-être.

· · ·

Je le faisais bien plus pour moi-même, que pour qui que ce soit d'autre. Je voulais que mes compétences servent à quelque chose.

Même parmi les bénévoles, le stéréotype de la dame qui occupe ses loisirs, ou du retraité qui vient au secours des personnes moins chanceuses que lui, a toujours cours.

On s'imagine que les gens décident de faire du bénévolat parce qu'ils ne savent pas comment occuper leurs loisirs. En réalité, j'ai parfois beaucoup de mal à trouver de la place pour le bénévolat dans mon emploi du temps…

Certains participants ont affirmé qu'ils discutaient rarement de leur travail bénévole avec leurs amis ou leurs connaissances, parce qu'ils craignent qu'on les prend pour un petit saint.

Au travail, les gens sont au courant, mais j'en parle avec beaucoup de désinvolture. Je considère que cela fait partie de ma vie privée, et je souhaite que cela le demeure. Tout ce que j'ai fait comme bénévole a influé sur ma vie d'une façon ou d'une autre.

Ceux qui parlent de leur bénévolat se heurtent souvent à l'incompréhension :

Il y a des gens qui me demandent pourquoi je ne profite pas tout simplement de la vie. C'est étrange l'opinion que certains se font du bénévolat. Je profite de la vie beaucoup plus que si je restais assis chez moi.

D'après certains commentaires, c'est la société dans son ensemble qui sous-estime la contribution des bénévoles :

Dans notre société, on estime que ceux qui font beaucoup de profits.

· · ·

Ma femme m'a dit que lorsqu'elle a commencé à travailler à temps plein à l'extérieur de la maison, elle a acquis un certain respect qu'on ne lui avait jamais accordé pendant toutes les années où elle avait consacré tout autant d'énergie au bénévolat.

Une femme a laissé entendre que si elle parlait beaucoup de ses expériences, les autres se sentiraient peut-être coupables de ne pas faire de bénévolat. D'autres ont rétorqué qu'il ne serait peut- être pas mauvais que les non-bénévoles éprouvent un peu de culpabilité…

Une bonne affaire pour la société

En leur fort intérieur, les bénévoles connaissent la valeur de leur contribution :

La société fait une bonne affaire. S'il fallait payer tout ce qu'accomplissent les bénévoles, la facture serait élevée, et le gouvernement devrait remercier sa bonne étoile.

Ils se reconnaissent certaines qualités : généreux, disponibles, ouverts, travailleurs, aimants. Certains, par contre, se trouvent égoïstes du fait qu'ils éprouvent du plaisir à faire du bénévolat. On a l'impression qu'ils voient le bénévolat comme un sacrifice, que pour eux, il faut faire le bien pour l'amour de faire le bien.

…d'un point de vue tout à fait égoïste, j'en retire beaucoup plus que ceux que j'aide.

En ce qui concerne l'image qu'ils ont d'eux-mêmes, bien des bénévoles partagent le monde en deux camps : celui des bénévoles et celui des non-bénévoles. On a l'âme d'un bénévole ou on ne l'a pas.

La remarque de l'un des participants à ce sujet a d'ailleurs recueilli l'assentiment général :

Je me demande s'il y a des gens qui s'intéressent aux gens et d'autres, comment dire, qui s'intéressent aux choses…

Dans d'autres groupes, la même opinion a été exprimée en termes différents :

Selon moi, il y a dans le monde deux catégories de gens : ceux qui donnent et ceux qui prennent. Les bénévoles appartiennent certainement à la première catégorie, et les autres à la deuxième.

COMITÉS ET CONSEILS D'ADMINISTRATION

Dans l'ensemble, les participants et participantes à notre étude ont montré peu d'enthousiasme à l'égard de tout ce qui touche la gestion de l'organisme comme les objectifs, l'efficacité, les stratégies, les structures et les installations.

La plupart se satisfont du travail qu'on leur confie et sont heureux de laisser à d'autres les questions d'organisation. La sensation de liberté que leur procure le service direct n'est sans doute pas étrangère à cette attitude.

Les horaires sont établis une semaine à l'avance; alors, si nous devons nous absenter, nous n'avons pas à trouver un remplaçant. C'est vraiment un travail idéal.

Bien sûr, tous ne l'entendent pas ainsi. Pour certains, le manque de pression équivaut au manque d'engagement, alors que d'autres ne font aucune différence entre le travail bénévole et le travail rémunéré.

Le point de vue des membres des comités et conseils d'administration

Seul le groupe constitué de membres de comités et de conseils d'administration a manifesté suffisamment d'intérêt à l'égard des grands dossiers organisationnels pour formuler des observations à ce sujet.

Ces participants ont eu tendance à situer leur organisme dans une perspective élargie. Ce groupe a parlé boutique plus que les autres au sujet de la façon dont les différents organismes traitent divers problèmes, du manque d'argent pour mener à bien tout le travail à accomplir, des objectifs de participation des bénévoles et de l'équilibre entre l'âge et le sexe.

La vie dans les hautes sphères — une pointe de nostalgie

Un facteur mérite qu'on s'y arrête. Lorsqu'on leur a demandé ce qui leur apportait le plus de satisfaction dans le bénévolat, la plupart des membres de ce groupe ont parlé de l'époque où ils travaillaient encore directement auprès de la clientèle.

La participation aux travaux de comités et de conseils d'administration procure habituellement une satisfaction intellectuelle, mais pas la satisfaction plus intense qu'on retire du fait d'aider directement quelqu'un. Plus l'organisme est vaste, moins son conseil d'administration a de contacts avec ceux qui travaillent pour elle. Aussi, certains participants ont-ils continué à faire un peu de bénévolat, au sein de cette organisme ou ailleurs.

Naturellement, le fait d'appartenir à un conseil d'administration est agréable. Les participants aiment bien sentir que le personnel les appuie et participer à des mondanités, comme les «galas du mérite» ou les soirées de reconnaissance des bénévoles. Ils retirent aussi une certaine satisfaction du fait qu'ils aident à régler les problèmes de l'organisation.

L'une des participantes a eu l'occasion de parler de l'organisme pour lequel elle travaille à un groupe de 300 personnes.

On n'a pas souvent l'occasion de renseigner un aussi grand nombre de personnes sur le travail important qu'accomplit l'organisme et sur les répercussions qu'il a sur la communauté.



CONCLUSIONS

Deux découvertes particulièrement intéressantes ressortent de cette étude. La première est que les bénévoles font de bons recruteurs. Beaucoup nous ont raconté comment ils avaient recruté sans façon des amis, des membres de leur famille et même des inconnus.

Peu de bénévoles nous ont cependant signalé avoir été priés de prendre part à des campagnes de recrutement en bonne et due forme, ce qui nous paraît un peu honteux. Personne ne connaît mieux ce travail que ceux et celles qui le font et la plupart aimeraient avoir l'occasion d'en parler. Certains éprouvent cependant une certaine gêne à le faire. Ils craignent de passer pour vantards auprès des gens. Ils ont l'impression de déconcerter un peu la société et trouvent que cette dernière fait preuve d'une certaine condescendance à leur égard.

Ils sont cependant conscients de la valeur de ce qu'ils font et leurs anecdotes sont touchantes et méritent d'être entendues.

La deuxième découverte est que le bénévolat est une affaire de famille.

J'ai grandi dans une famille de bénévoles… On n'en attendait pas moins de moi comme être humain.

Recruter de nouveaux bénévoles ne fait pas que répondre à un besoin présent; c'est un investissement dans nos communautés futures.

Même si la plupart des bénévoles que nous avons interrogés se sont dits heureux de leur expérience, ils ont aussi été en mesure de pointer du doigt certaines sources de déception et de colère.

Ils ont affirmé que certaines organismes ne finançaient et n'appuyaient pas suffisamment les programmes de bénévoles. La récession et les restrictions budgétaires du gouvernement, qui entraînent la disparition de bons programmes, demeurent cependant leurs deux principaux irritants.

Les participants se sont dits conscients du fait que les organismes s'arrachent les bénévoles et leur appui. Ils accordent nettement la préférence aux programmes qui leur permettent de s'accomplir et de s'épanouir dans un cadre accueillant. Les organismes qui n'offrent pas ce type de programme devront tout simplement mettre les bouchées doubles.



Participants à l'étude

Groupe 1 Souscripteurs et solliciteurs

Ottawa Valley Autistic Homes

   

Walter Hill

Centraide d'Ottawa-Carleton

James Fydell

Fondation de l'Ontario des maladies du cœur

Tony Pollard

Société canadienne de la sclérose en plaques

Martha Costello

Groupe 2 Bénévoles offrant une aide individuelle

Association canadienne pour la santé mentale

   

Hans Koster

Jennifer Holley

Sue Clarke

Institut national canadien pour les aveugles

Gerry Brown

Philomena Park

Parrainage civique

Catherine Frey

Mary Castonguay

Kris Bhojwani

Glebe Centre

John W. Beveridge

ODAMR

John Fisher

Société Elizabeth-Fry

Laura Wood

Groupe 3 Bénévoles donnant des cours d'alphabétisation ou de dynamique de la vie

Centre catholique pour immigrants

   

Lyndell Hughes

Nan Doe

Conseil scolaire d'Ottawa

Till Heyde

Muriel Hansen

Phœnix House — Rochdale

Marjory N. Briggs

Nancy Schruder

Social Network for Youth

Ken McDonell

Don Harrel

Foster Farm Family Tutoring Program

Dion McGrath

Écoutants

Centre de détresse d'Ottawa

   

Alex McPhail

Conseil des aîné(e)s d'Ottawa-Carleton

Jane Breen

Kathleen Cosgrove

Women's Place

Terri Harper

Conducteurs et accompagnateurs

Société canadienne du cancer

   

Elizabeth Wheat

Jim Wheat

Mitch Horricks

Glebe Centre Inc

Marjorie Lang

Fred Warmer

Ken MacLymont

Société d'aide à l'enfance

Frank Bender

Mary Layton

Abbotsford House Senior Centre

Carmen Cumming

King's Daughters Dinner Wagon
(livraison de repas à domicile)

Gina Smart

Membres de comités et de conseils d'administration

Société canadienne du cancer

   

Marilyn Moffatt

Good Companions Seniors' Centre

Mady Evans

Charlotte Birchard

Odyssey Theatre

Barbara Dransch

Société Elizabeth-Fry

Susan McClelland

Centre d'action bénévole Ottawa-Carleton

Sue Rogers



Texte original en anglais

 

© Centre d'action bénévole Ottawa-Carleton
256, avenue King Edward
Ottawa (Ontario)
K1N 7M1

 

Texte français

 

© 1992 Sa Majesté la Reine
Édité et distribué par :
la direction du Soutien aux organismes volontaires
Multiculturalisme et Citoyenneté Canada
Ottawa (Ontario)
K1A 1K5
(819) 994-2255

 

Travail de recherche : Indra S. Ancans

 

Rédaction : Sue Pike

 

Dessin de la couverture :Douglas McKercher

 

Graphisme de la couverture : un poster de recrutement de volontaires qui représente le Lord Kitchener. Peint par Alfred Leete, 1914. (Musée impériale de la guerre)

 

Ce poster est parmi les posters de recrutement de volontaires les plus effectifs et les plus imités qui ont jamais été faits.

 

isbn 0-662-97914-1

 

This publication is available in English under the title Why People Volunteer.

 

isbn 0-662-97914-1

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    Dernière révision : 1998/10/16
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