4QUESTIONS, PRÉOCCUPATIONS ET DÉFISCritères touchant l'état de préparation des bénévolesLes programmes traditionnels de bénévolat insistent avant tout sur les avantages qu'apportent les bénévoles aux clients ou à l'organisme, mais les programmes d'appui élargissent l'horizon en ce sens qu'ils englobent les avantages que les bénévoles en tirent eux-mêmes. Il reste néanmoins que le concept du droit universel au bénévolat peut devoir être tempéré par le besoin pratique de personnes disponibles. Quand le niveau d'appui requis pour intégrer un bénévole ayant des besoins spéciaux est très élevé, l'organisme peut devoir examiner attentivement le cas. Selon le type de placement, les questions de sécurité et de responsabilité peuvent également entrer en ligne de compte. Si on accepte l'hypothèse de base selon laquelle tous ont droit de chercher à utiliser des moyens dignes en vue de devenir productifs et indépendants, les décisions en ce domaine sont très difficiles à prendre. Tout handicap ou autre besoin spécial se situe sur une échelle très étendue et l'incidence peut être tantôt minime, tantôt très grave pour des activités précises. Prenons par exemple le cas du nouvel arrivant au Canada qui n'a pratiquement aucune connaissance de la langue de travail de l'organisme et celui d'une autre personne qui a déjà terminé la formation linguistique de base. Dans le cas des centres d'action bénévole, l'aspect de service social du bénévolat appuyé peut être jugé élément justifiable de leur mandat. Leur mission consiste à recruter et à présenter les bénévoles de même qu'à promouvoir le bénévolat dans leur collectivité. Les centres peuvent même choisir de recruter leurs propres bénévoles et leur confier le soin d'apporter une aide personnelle à ceux qui ont des besoins spéciaux. Il reste toutefois que pour qu'un organisme ou une agence atteigne ses objectifs, la participation des bénévoles ayant des besoins spéciaux est susceptible d'être assimilée à un moyen en vue d'arriver à une fin, celle de la productivité en l'occurrence. Il y a forcément des limites à ce que l'organisme de bénévoles peut offrir dans les cas où il faut consacrer un surplus de temps et d'argent. En tout réalisme, l'analyse des coûts/avantages va probablement pencher en faveur du volume de travail qui peut être accompli plutôt que de la valeur de la participation des bénévoles à cet égard ainsi que de l'intervention en soi. Là où il faut assurer un soutien considérable continu, il n'est probablement pas possible qu'un organisme de bénévoles continue à l'offrir sans financement spécial ou partenariat avec un organisme capable d'apporter une contribution au maintien d'un tel niveau d'appui. Au cur de toute affectation de bénévoles se situe le travail à accomplir. Si les bénévoles ont besoin de beaucoup de temps et d'efforts supplémentaires de façon continue, il est possible de soutenir qu'ils sont davantage des clients que des bénévoles. En certaines occasions, il peut être prématuré d'envisager la possibilité d'offrir un poste de bénévole à l'individu qui a des besoins spéciaux. Pensons au fléau de la balance : on a le soutien nécessaire pour faire participer des bénévoles ayant des besoins spéciaux à une extrémité et le rendement (ou le niveau de productivité) de l'individu en question à l'autre extrémité. De façon à pouvoir atteindre son propre point d'équilibre, chaque organisme va devoir élaborer ses critères de préparation directe des bénévoles. Concept de l'aménagement raisonnableL'idée même de la nécessité de procéder à des aménagements spéciaux, ou d'offrir un soutien supplémentaire, peut empêcher certains organismes d'envisager la possibilité de retenir les services d'un bénévole ayant des besoins spéciaux. Le manque de connaissances dans ce domaine peut l'amener à présumer que les aménagements vont exiger des dépenses excessives en argent aussi bien qu'en temps. Mais tel n'est pas forcément le cas. Quels sont les aménagements qu'il est raisonnable de s'attendre de voir offrir par un organisme de bénévoles? Vraisemblablement, l'aménagement devient un obstacle, et conséquemment il devient déraisonnable, s'il exige une somme considérable de temps et d'argent. Il semble également logique de présumer que la nature ainsi que les coûts des aménagements doivent tenir compte de la taille globale de l'organisme, de ses ressources financières et de la disponibilité des ressources humaines (qu'il s'agisse de membres du personnel ou de bénévoles). Les critères retenus pour déterminer si un aménagement particulier est raisonnable ou non ne sont pas absolus. Ce qui peut être jugé raisonnable pour un organisme donné peut créer des difficultés inutiles pour un autre. Ainsi, on peut soutenir qu'il est raisonnable de s'attendre à ce qu'un organisme de charité important et établi offre un soutien personnalisé à un bénévole ayant des besoins spéciaux, mais une telle mesure est susceptible de créer des difficultés excessives pour un très petit organisme. Voilà pourquoi chaque organisme devrait être en mesure d'élaborer ses propres lignes directrices à l'égard de ce qui constitue des aménagements raisonnables. Il semble approprié qu'un organisme procède à un examen afin de déterminer si des aménagements particuliers sont raisonnables, mais les bénévoles possibles ne devraient jamais être rejetés automatiquement du seul fait que leurs besoins spéciaux nécessitent des aménagements en cours d'emploi. Chaque situation doit être évaluée séparément. Les aménagements doivent être perçus comme des investissements, au profit tant de l'individu ayant des besoins spéciaux que de l'organisme lui-même. Dans le cas des aménagements matériels et des dispositifs techniques, les bénévoles qui viendront plus tard pourront en tirer profit. Et à condition de faire preuve d'imagination et de créativité, les aménagements n'ont pas forcément besoin d'être coûteux. Heureusement, il existe maintenant des services qui peuvent aider les
organismes, à but lucratif ou non, à trouver des façons de
procéder à des aménagements au profit de personnes qui ont
des handicaps particuliers et à déterminer les coûts. Voir
à l'annexe D.
5ORIENTATIONS FUTURESLa demande de bénévoles augmente à mesure que s'accroissent nos besoins sociaux. De plus, il serait nettement avantageux pour le secteur bénévole si un effort concerté était fait en vue de créer un effectif de bénévoles qui correspondrait plus fidèlement à la composition de la société canadienne. Afin de pouvoir satisfaire ces besoins, il faut pouvoir puiser à même de nouvelles sources de bénévoles. Les organismes vont devoir trouver des moyens d'assurer un meilleur accès au secteur bénévole pour les individus de la collectivité auxquels on a refusé cette chance par le passé. Les programmes d'appui aux bénévoles constituent un moyen efficace d'intégrer les bénévoles ayant des besoins spéciaux ou ceux qui ont éprouvé des circonstances particulières. Pourtant, le succès des programmes en question dépend de l'engagement pris aux paliers les plus élevés de l'organisme afin de s'assurer que la philosophie soit bien intégrée dans les opérations. Même si le désir se manifeste, l'obtention des fonds demeure l'obstacle majeur au développement du bénévolat appuyé. Dans le climat actuel marqué par la lutte féroce en vue d'obtenir des fonds publics et des dons des entreprises, ce ne sera pas une mince tâche que d'accroître le nombre d'occasions offertes aux bénévoles ayant des besoins spéciaux. De toute évidence, les efforts d'envergure en ce sens vont exiger un engagement inébranlable et un enthousiasme soutenu. Le changement peut néanmoins prendre bien des formes. Il est parfois complet, parfois graduel. Tout effort fait en vue d'offrir davantage d'occasions aux bénévoles qui ont des besoins spéciaux aura une grande incidence et contribuera à susciter au sein de l'organisme la compétence, la sensibilisation et l'engagement nécessaires. Le désir d'accepter les bénévoles ayant des besoins spéciaux, avant même la mise en place d'un programme officiel, constitue un premier pas important. Sur le plan idéal, l'accès au bénévolat de la part de tous les individus qui ont des besoins spéciaux doit faire l'objet d'une promotion active. Les considérations pratiques peuvent cependant militer contre une telle initiative. Le programme établi à l'intention de personnes qui ont tous les genres de besoins spéciaux peut être trop ambitieux pour qu'un organisme envisage de l'adopter au début. La formule graduelle peut devenir le seul moyen pratique. Un groupe particulier d'individus ayant des besoins spéciaux pourrait être ciblé à la fois de façon à pouvoir élargir le champ d'action graduellement. Peu importe la nature des besoins spéciaux, l'expérience acquise du fait de la réalisation d'un programme spécialisé de moindre envergure pourra être appliquée à des programmes destinés à des gens qui ont d'autres besoins. Au fur et à mesure de l'addition des nouveaux groupes, le processus devient moins intimidant et moins long. Heureusement, les efforts en vue d'offrir de nouvelles occasions de bénévolat dans toute la collectivité vont être faits d'une manière plus active dans un avenir rapproché. On ne peut s'attendre à ce que les centres d'action bénévole et autres organismes de bénévoles compensent les années de conditionnement négatif de la société, mais ils peuvent contribuer à rétablir l'équilibre en encourageant la participation des bénévoles dont les circonstances ou les besoins sont particuliers. Les programmes d'appui aux bénévoles peuvent avoir un effet très positif sur les individus ayant des besoins spéciaux. Il est également vraisemblable que les organismes au profit desquels se fera le travail de bénévolat seront renforcés. C'est de cette façon que les programmes en question constituent des ponts débouchant sur l'avenir. ANNEXE ACas de programmes d'appui
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| Dernière révision : 1998/10/16 | ||||