SOUTIEN ORGANISATIONNEL
NÉCESSAIRE POUR
LES PROGRAMMES D'APPUI AUX
BÉNÉVOLES
Conditions préalables au succès
L'extension efficace de la prospection de nouveaux secteurs de la
collectivité exige qu'on y consacre du temps, de l'énergie et
probablement aussi de l'argent. À défaut d'un milieu qui peut les
supporter, les bénévoles ayant des besoins spéciaux sont
voués à l'échec. Quand un organisme donné
établit un programme d'appui aux bénévoles ou accepte des
bénévoles qui ont des besoins spéciaux, il doit être
disposé à satisfaire à certaines conditions.
En plus de l'élargissement de la vision de la société
et de l'engagement envers l'égalité au sein de la
société, les conditions préalables sont les suivantes :
- culture organisationnelle disposée à explorer de nouveaux
sentiers, qui encourage la créativité et qui est suffisamment
souple pour réorienter ses politiques, ses procédures et ses
pratiques avec assez de facilité;
- désir de procéder à l'auto-examen et de jeter un
regard critique sur les pratiques en vigueur, quitte à supprimer celles
qui sont discriminatoires; consentement donné à la remise en
question des jugements de valeur de l'organisme aussi bien que des personnes;
volonté de faire face aux préjugés de façon ouverte
et directe;
- détermination de supprimer, ou à tout le moins de minimiser,
les obstacles qui empêchent la participation des bénévoles
ayant des besoins spéciaux;
- désir d'appuyer les personnes ayant des besoins spéciaux en
créant de nouveaux postes de bénévoles qui reconnaissent
les besoins individuels et en tiennent compte; désir également de
procéder à des aménagements raisonnables de façon
à leur permettre de faire le travail dans les postes actuels;
- détermination à susciter des attitudes positives à
l'égard des personnes ayant des besoins spéciaux et à
veiller à ce que le comportement à leur égard soit
approprié à tous les paliers de l'organisme;
- reconnaissance du fait que le programme d'appui exige du gestionnaire des
bénévoles qu'il joue un rôle élargi, et du fait que
le titulaire du poste en question est la clé du succès des
interventions de la part des bénévoles qui ont des besoins
spéciaux;
- désir d'accroître les efforts en vue de consacrer davantage
de ressources aux individus ayant des besoins spéciaux et de constituer
une base de bénévoles qui reflète plus fidèlement
la diversité de la collectivité.
Finalement, pour que le programme parvienne avec succès à
favoriser la participation des bénévoles ayant des besoins
spéciaux, il est essentiel de privilégier le concept de
l'entraide.Il s'agit là d'une philosophie qui consiste à
aider les gens à s'aider eux-mêmes.
Les individus dont les circonstances et dont les besoins sont particuliers
doivent être perçus comme s'ils s'avançaient sur la voie de
l'autosuffisance et de la responsabilisation personnelle. Ils doivent
être encouragés à jouer un rôle actif dans la
planification de leur carrière de bénévole. Si l'objectif
inavoué consiste à faire quelque chose pour eux, le
programme a de bonnes chances d'être perçu comme condescendant, ce
qui contribuera à aliéner les bénévoles potentiels.
Façon d'organiser les programmes d'appui aux
bénévoles
Il existe diverses formes d'organisation des programmes d'appui aux
bénévoles. Chacune d'elles présente ses propres avantages.
Jusqu'à présent, les programmes d'appui aux
bénévoles ont été établis par des organismes
qui jouaient un rôle de «courtier» en aidant les
bénévoles à trouver des placements appropriés dans
une agence ou dans un organisme communautaire. De façon
caractéristique, c'est ce que faisaient les centres d'action
bénévole.
À Winnipeg, cependant, l'Independent Living Resource Centre, groupe
trans-handicaps dirigé par des personnes handicapées
elles-mêmes, a établi un programme d'appui aux
bénévoles.
La promotion du bénévolat et le recrutement de
bénévoles constituent des éléments essentiels du
mandat des centres d'action bénévole. Les centres en question ont
également établi des liens avec divers organismes de la
collectivité à l'égard desquels ils deviennent des sources
de renseignements et d'appui. Un centre d'action bénévole peut
donc être jugé comme foyer logique d'un programme d'appui.
Une autre formule applicable est celle de l'organisme qui consacre ses
efforts aux droits des personnes ayant un handicap particulier, comme par
exemple l'Independent Living Centre de Winnipeg qui a été
mentionné plus haut. Cette formule offre l'avantage de la connaissance
approfondie des besoins spéciaux et de la centralisation de
l'intérêt sur l'épanouissement global et la
responsabilisation de l'individu.
Elle offre également la possibilité d'établissement
d'un réseau d'appui aux bénévoles qui ont des besoins
spéciaux. (La situation idéale serait probablement celle d'un
organisme du genre qui réaliserait un programme suivant la formule du
partenariat avec le centre local d'action bénévole, ce qui
permettrait de tirer le meilleur profit des deux types d'organismes.)
Par ailleurs, un gros organisme d'action bénévole
possédant un programme bien structuré de gestion des
bénévoles pourrait choisir de mettre en uvre par
lui-même un programme d'appui aux bénévoles.
Un programme donné d'appui pourrait soit cibler un groupe particulier
soit encourager la participation d'individus représentant un large
éventail de groupes dont les besoins sont particuliers. Quand on aborde
la question du soutien gouvernemental, on constate toutefois en
réalité que les sources de financement tendent à
être très fragmentées. (À titre d'exemple, les
questions de santé mentale peuvent relever d'un ministère de la
santé, mais les questions qui se rapportent aux handicaps physiques
peuvent relever d'un ministère des services sociaux.)
Cela signifie que le financement gouvernemental sera vraisemblablement
lié à des groupes-cibles précis. L'accès à
un programme ciblé d'une manière plus précise est
limité, mais il permet de recruter un gestionnaire de programme dont
l'expérience est spécialisée.
Le succès du processus d'intégration des
bénévoles qui ont des besoins spéciaux exige davantage de
temps et d'efforts. Le programme d'appui aux bénévoles est donc
susceptible d'absorber davantage de ressources financières et humaines.
Voilà pourquoi le petit nombre de programmes créés au
Canada ont bénéficié généralement de
subventions spéciales, en provenance du gouvernement dans la plupart des
cas.
En ce qui concerne les centres de bénévoles, on s'entend
généralement pour dire que le gestionnaire d'un programme d'appui
aux bénévoles doit faire partie du personnel régulier afin
d'assurer l'uniformité. (Dans bien des cas, la responsabilité de
la tenue des entrevues et de la présentation est confiée à
un groupe de bénévoles qui travaillent à temps partiel.)
La formation et des connaissances spéciales sont également
jugées nécessaires pour le titulaire d'un poste de ce genre.
Mentionnons entre autres choses la compréhension de certaines
invalidités précises et des besoins spéciaux (selon le
groupe-cible retenu pour le programme), la capacité d'offrir le soutien
approprié aux différents bénévoles, la connaissance
du réseau des services sociaux dans la collectivité, des
aptitudes particulières en ce qui concerne les relations publiques et
les présentations. En somme, il ne s'agit vraisemblablement pas d'un
poste du niveau de l'entrée au sein d'un centre d'action
bénévole.
De la même façon, l'agence ou l'organisme qui accueille les
bénévoles doit être conscient du fait que le gestionnaire
des bénévoles va avoir besoin d'encouragement et d'appui, surtout
que ses tâches régulières exigeront probablement de lui le
maximum de ses énergies. Le gestionnaire va devoir consacrer plus de
temps et d'énergie à intégrer les bénévoles
ayant des besoins spéciaux, de sorte qu'il faut donc lui laisser la
liberté de passer outre aux formules et méthodes traditionnelles
de recrutement, de placement, d'orientation, de formation et d'appui aux
bénévoles en question.
Une formation spéciale pourrait bien s'imposer en matière de
sensibilisation et de conscientisation pour le gestionnaire des
bénévoles, de même que pour le personnel et les autres
bénévoles. Idéalement, le conseil d'administration devrait
aussi bénéficier d'une orientation spéciale au sujet du
concept d'appui aux bénévoles afin de pouvoir susciter son
engagement envers la cause.
À titre d'exemple, une formation spéciale peut s'imposer afin
:
- de dissiper les stéréotypes et de faire ressortir la valeur
des différences individuelles afin de s'assurer que chaque
bénévole qui a des besoins spéciaux soit perçu
comme un individu productif aux aptitudes et aux talents nombreux;
- d'accroître la compréhension de genres particuliers de
besoins spéciaux et de leurs répercussions dans le milieu de
travail des bénévoles;
- d'accroître la sensibilisation aux différences culturelles et
d'éliminer les préjugés raciaux.
Des changements de politiques pourraient également s'imposer. C'est
ainsi, par exemple, qu'il faudra rembourser les dépenses personnelles
dans les cas où cela constitue un obstacle au plan économique
pour l'intervention bénévole des individus qui ont des besoins
spéciaux. Certains organismes agissent déjà ainsi
d'après une politique générale applicable à
l'ensemble des bénévoles.
Il se présente évidemment un grand nombre de contraintes
possibles au changement. Un gestionnaire des bénévoles ou un
membre du personnel supérieur peut souhaiter entreprendre des
changements, mais juger la chose impossible étant donné la
diminution des ressources ou les blocages perçus en certains points
critiques du processus décisionnel.
D'autre part, la culture interne d'un organisme donné
(spécialement sous l'impulsion d'un membre du conseil ou d'un directeur
général persuasif) peut contribuer elle-même grandement au
changement. Il peut aussi s'exercer des pressions externes en ce sens de la
part de groupes communautaires ou de bailleurs de fonds.
La création d'une base de bénévoles plus
représentative signifie qu'on a procédé à des
changements, et le changement est souvent difficile à réaliser
tant pour les organismes que pour les individus. Les questions de
diversité et de changement peuvent susciter de la confusion, des
sentiments de vulnérabilité, un comportement d'évitement
et peut-être même la crainte. L'accomplissement de la tâche
en dépit de tels sentiments doit être jugée
élément essentiel du processus du changement.
Création de liens avec d'autres organismes
Dans le cas d'un programme d'appui aux bénévoles, l'attitude
positive à l'égard des services d'extension est un facteur
déterminant. Le gestionnaire du programme doit établir des
relations et favoriser des liens avec des organismes ainsi que des agences qui
sont en mesure soit d'assurer le placement des bénévoles soit de
les présenter. L'expérience a démontré que le
processus en question exige beaucoup de temps.
En guise de première étape, il faut aborder les organismes
communautaires afin de déterminer la nature de l'accueil qu'ils
pourraient offrir aux bénévoles qui ont des besoins
spéciaux et le niveau d'appui qu'il leur faudrait. Ce premier contact
offre également l'occasion de sensibiliser d'autres organismes aux
questions qui se posent dans l'appui aux bénévoles.
Des organismes comme l'Independent Living Resource Centre, l'Association
canadienne pour la santé mentale et l'Association canadienne pour
l'intégration communautaire peuvent être très utiles et
offrir des renseignements au sujet des besoins précis ainsi que des
façons de les satisfaire. Il faut consulter les organismes ethniques au
besoin. Tous les organismes en question peuvent devenir d'excellentes sources
tant de bénévoles que de formateurs qui possèdent les
aptitudes et l'expérience voulues pour sensibiliser le personnel de
même que les autres bénévoles aux besoins de leurs membres
ou de leurs clients.
Avant d'élaborer un programme d'appui aux bénévoles, il
importe de consulter certains des groupes de «consommateurs»
dirigés par des gens qui ont des besoins spéciaux. Il serait
également bon de constituer un comité directeur ou un
comité consultatif qui compterait dans ses membres des individus ayant
des besoins spéciaux.
GESTION DES BÉNÉVOLES
QUI ONT DES BESOINS SPÉCIAUX
Atouts essentiels pour le gestionnaire des bénévoles
Afin de pouvoir diriger avec succès la réalisation d'un
programme de bénévoles, le gestionnaire doit posséder les
habiletés du conseiller en matière de relations humaines et la
perspicacité du directeur de la commercialisation et adopter l'approche
stratégique du planificateur. Dans la réalisation d'un programme
d'appui aux bénévoles, ces atouts sont encore plus importants,
mais la créativité et la souplesse sont également
essentielles.
En vue d'offrir des occasions d'expériences valorisantes aux
bénévoles dont les circonstances ou les besoins sont
particuliers, le gestionnaire des bénévoles doit avoir un solide
bagage de connaissances fondamentales. Comme dans toute autre entreprise, les
connaissances précèdent la compréhension.
À titre d'exemple, il est essentiel d'apprendre des choses au sujet
des diverses formes d'invalidité et de l'incidence qu'elles ont sur
l'individu. Dans certains cas, il pourrait même être
nécessaire de connaître les détails précis des
besoins spéciaux des bénévoles (d'une façon qui
n'enfreint pas les droits qu'ils ont à leur vie personnelle). L'emploi
de médicaments, par exemple, peut devenir un point à examiner si
le bénévole a de la difficulté à s'y adapter.
L'évaluation des besoins spéciaux d'une personne en
particulier ainsi que des types de placement qui conviendraient le mieux
à ses aptitudes et à ses intérêts s'impose pour
s'assurer que l'expérience de bénévolat soit positive.
La présélection (y compris la méthode retenue pour
l'entrevue), le placement, l'orientation et la formation, la supervision et le
suivi peuvent devoir être adaptés aux besoins de l'individu.
L'aptitude à témoigner de l'empathie est également
importante. Le gestionnaire des bénévoles doit avoir une
idée de ce que signifie pour une personne la réduction de sa
mobilité, ses déficiences sur le plan visuel ou auditif, ses
difficultés d'apprentissage, son arrivée dans un nouveau pays et
son incapacité à parler la langue de ceux qui l'entourent, son
analphabétisme structurel, son incapacité à trouver un
emploi ou son confinement dans le cycle de la pauvreté. Le gestionnaire
doit être sensible aux besoins spéciaux des individus ou aux
circonstances dans lesquelles ils se trouvent, ainsi qu'aux façons dont
ils font face à la situation.
En ce qui touche les bénévoles qui ont des besoins
spéciaux, le gestionnaire peut devoir réfléchir
sérieusement au sujet de facteurs qui n'entreraient même pas en
ligne de compte s'il s'agissait d'autres bénévoles. Dans
l'évaluation pondérée des choix, il importe de se rappeler
que les personnes qui ont des besoins spéciaux ont les mêmes
espoirs et les mêmes émotions que n'importe qui d'autre. Dans le
même ordre d'idées, elles vont progresser ou stagner selon les
occasions et le milieu auxquels elles auront accès.
Règle générale, le poste confié au
bénévole doit convenir le mieux possible aux aptitudes et aux
intérêts de l'individu et tenir compte des besoins
spéciaux. Cela peut exiger le réagencement d'un poste existant.
Il faut donc examiner les possibilités dans ce domaine et analyser
soigneusement les tâches et les compétences particulières
requises. Au besoin, des modifications sont apportées au poste et les
structures appropriées de soutien sont mises en place.
Afin de s'assurer que les bénévoles qui ont des besoins
spéciaux sont acceptés de plein droit dans l'organisme et
traités avec dignité ainsi que respect, il importe de s'assurer
de relever le niveau de sensibilisation des autres membres de l'organisme. De
plus, les membres du personnel de même que les autres
bénévoles peuvent se préoccuper de la possibilité
que leurs horaires de travail déjà chargés soient rendus
encore plus difficiles par de nouveaux bénévoles qui ont des
besoins spéciaux.
Au-delà de la formation officielle de sensibilisation, il importe que
le gestionnaire des bénévoles encourage les autres membres de
l'organisme à s'exprimer au sujet de leurs préoccupations et de
leurs craintes, et qu'il soit disposé à y répondre d'une
manière honnête et précise. S'il parvient à obtenir
l'engagement de ceux qui vont travailler avec le bénévole, le
gestionnaire les prépare à aider le bénévole
à obtenir du succès. Ainsi, le membre du personnel ou le
bénévole chargé de superviser directement le
bénévole appuyé pourrait être invité à
participer à la planification du placement et aux séances de
formation.
Finalement, il se pose la question de la confidentialité. Quels
renseignements doivent être transmis aux autres membres de l'organisme?
À qui et par qui? Il n'est certainement ni nécessaire ni
souhaitable de divulguer tous les détails personnels, mais il y a
certains avantages à transmettre suffisamment de renseignements à
ceux qui travaillent directement en compagnie des bénévoles ayant
des besoins spéciaux pour qu'ils puissent prendre conscience des
difficultés que pourra rencontrer au travail le nouveau
bénévole.
Il est cependant essentiel d'examiner avec le bénévole la
nature précise des renseignements qu'il désire communiquer et la
façon dont il va le faire.
Essentiellement, le programme d'appui aux bénévoles fait
intervenir les mêmes principes fondamentaux de gestion des
bénévoles que ceux qui sont appliqués dans les autres
programmes, sauf que les principes en question doivent être
poussés un peu plus loin.
Placement des bénévoles ayant des
besoins spéciaux
Comme la reconnaissance des possibilités qu'offre le placement
représente la première étape de l'établissement de
la bonne correspondance emploi-bénévole, il faut analyser
soigneusement les postes existants. Les tâches sont-elles
orientées vers les aptitudes techniques ou vers les aptitudes sociales?
Quelles sont les aptitudes qui peuvent être acquises et quels sont les
autres avantages possibles du poste de bénévole? Toutes les
exigences du poste sont-elles absolument essentielles ou créent-elles
des obstacles artificiels aux bénévoles possibles? La description
des fonctions peut-elle être modifiée de façon à
réduire les exigences? Quelles structures de soutien peuvent être
organisées pour assurer le succès?
L'autre moitié du processus implique l'acquisition de la
compréhension des aptitudes, des compétences et des
intérêts du bénévole. Cela est d'autant plus
important si l'individu n'a pas d'expérience antérieure ou
récente de travail rémunéré ou
bénévole.
Une fois l'identification faite tant des postes possibles (qu'ils existent
ou aient été réaménagés) que des
compétences ainsi que des intérêts du
bénévole, l'étape suivante consiste à
établir la correspondance entre les deux éléments. La
question soulève des défis, mais la solution relève du bon
sens plutôt que de la magie. La réflexion poussée et
créatrice, associée à la consultation étroite entre
le gestionnaire, les collègues de travail et le bénévole
sont des éléments essentiels qui déterminent la convenance
de la correspondance.
Un plan personnel est ensuite élaboré à l'intention de
chaque bénévole. Il couvre les exigences du travail, les besoins
de formation, les contacts personnels ainsi que les aménagements ou le
soutien spécial.
Il est essentiel d'établir des buts et des objectifs qui non
seulement conviennent aux aptitudes et aux compétences des
bénévoles ayant des besoins spéciaux, mais qui sont
également compatibles avec les intérêts et les buts
personnels.
Les bénévoles devraient participer activement au processus
d'élaboration du plan. Au lieu de supposer ce qu'ils peuvent faire ou
non, il vaut mieux leur laisser plutôt le soin de préciser les
tâches qui leur semblent difficiles, le cas échéant.
L'individu est également la personne la plus en mesure d'indiquer le
type de soutien et d'aménagement qui pourraient s'imposer. Si le
bénévole a des carences graves en ce qui concerne l'estime de soi
ou l'expérience de vie, il se peut toutefois qu'il faille le guider dans
le choix de l'affectation.
Il est crucial que les tâches confiées donnent aux
bénévoles un sentiment réel d'utilité et que la
valeur de leur travail aille au delà de leur gain personnel. Le conseil
de ceux qui ont de l'expérience dans ce domaine est le suivant : il faut
éviter à tout prix des projets de travail qui n'ont aucune
utilité. Si les personnes qui ont des besoins spéciaux sentent
qu'on leur confie des tâches symboliques, elles n'occuperont probablement
pas longtemps leur poste de bénévole.
Maintien en place des bénévoles ayant
des besoins spéciaux
Comme dans le cas de tous les programmes de bénévolat, le but
du programme d'appui est double : recruter et garder les
bénévoles. Donc, une fois le placement décidé, la
tâche du gestionnaire des bénévoles n'est accomplie
qu'à moitié.
Si l'on veut qu'il se maintienne à long terme, l'engagement doit
être cultivé. En ce qui concerne les bénévoles qui
ont des besoins spéciaux, cela signifie faire en sorte de s'assurer que
l'orientation appropriée soit offerte et que le soutien
nécessaire soit disponible. Il est également essentiel que les
bénévoles se sentent pleinement acceptés par l'organisme
et que leurs contributions soient appréciées.
Les expériences nouvelles peuvent susciter chez nous des
inquiétudes, peu importe notre degré d'indépendance. Dans
le cas de ceux dont l'expérience est limitée à cause de
leurs besoins spéciaux ou des circonstances, le premier emploi de
bénévole peut entraîner l'apparition de sentiments
d'insécurité et d'angoisse.
Dans les situations du genre, il peut devenir d'une importance critique pour
leur succès de préparer les bénévoles en s'assurant
qu'ils comprennent parfaitement la nature, la portée et l'importance de
l'emploi qu'ils vont occuper, ainsi que la façon dont ils
s'insèrent dans l'organisme. Une visite du lieu de travail afin de
rencontrer les nouveaux collègues et de se familiariser avec le cadre
matériel où ils vont travailler peut également contribuer
à rassurer les bénévoles.
Il est tout aussi important d'accorder de l'attention aux besoins personnels
des bénévoles une fois qu'ils ont commencé leur travail.
Comme cela se produit pour tous, certains bénévoles ayant des
besoins spéciaux seront heureux de continuer à occuper un emploi
qu'ils aiment, mais d'autres vont s'efforcer de changer d'emploi et d'avoir le
sentiment de progresser. Certains d'entre eux vont préférer
n'assumer que des tâches relativement routinières, ou encore ne
seront en mesure d'assumer que celles-là, mais d'autres vont être
heureux de relever des défis. Certains bénévoles vont se
sentir beaucoup plus à l'aise s'ils sont sécurisés par un
encadrement assez rigoureux. D'autres par ailleurs vont préférer
assumer davantage de responsabilités et avoir l'occasion de prendre
l'initiative. En cela ils ne diffèrent d'aucun autre groupe de
bénévoles.
Néanmoins, il faut offrir à tous la chance de poursuivre
l'autoperfectionnement. Comme l'apprentissage et l'épanouissement
personnel sont étroitement reliés à l'engagement et
à la durée du service, ces facteurs peuvent devenir un atout
puissant pour conserver les bénévoles.
Si le bénévole adore relever des défis, le gestionnaire
et le bénévole lui-même vont devoir déterminer
quelles sont les tâches qui peuvent être ajoutées afin
d'offrir des occasions d'épanouissement et de perfectionnement
personnel. Le poste devrait également offrir aux bénévoles
l'occasion d'assumer de plus en plus de responsabilités. Cela va les
aider à voir les progrès qu'ils font.
Comme c'est le cas pour tous, les styles d'apprentissage des individus qui
ont des besoins spéciaux varient. Certains vont tirer le meilleur parti
d'un programme de formation officiel assorti d'instructions
systématiques, mais pour d'autres le meilleur apprentissage
découlera de l'expérience de travail elle-même. Certains
vont désirer parler à d'autres personnes qui ont une
expérience pertinente, mais d'autres vont préférer
réfléchir dans le calme et consulter seuls la documentation
écrite.
Afin d'assurer la gestion efficace des bénévoles, il importe
de communiquer clairement ce à quoi on s'attend et d'encourager les
échanges avec les bénévoles de façon
régulière. La formule atteint une importance encore plus grande
dans le cas des bénévoles qui ont des besoins spéciaux car
il est nécessaire de s'assurer que l'emploi lui-même convient et
que les aménagements donnent de bons résultats. Si tel n'est pas
le cas, il faut procéder à des changements.
En ce qui concerne l'individu dont les handicaps se situent au niveau
psychiatrique, à celui du développement ou de l'apprentissage, il
peut être particulièrement important d'imprimer une direction
concordante et d'appui. (La souplesse de la structure et de la direction,
à condition que soient établies clairement les limites et les
possibilités, peut en réalité donner davantage de
liberté aux gens.)
Il peut être très motivant d'entendre des commentaires positifs
au sujet du travail accompli et de faire reconnaître sa contribution. Il
importe néanmoins d'éviter de se montrer indûment
protecteur à l'égard des bénévoles ayant des
besoins spéciaux. La rétroaction doit toujours être
honnête, ce qui signifie éloges mérités et
propositions présentées avec tact en cas de carence.
Dans certains cas, la probabilité de succès sera grandement
accrue si on confie à un bénévole
expérimenté ou à un membre du personnel la tâche de
travailler main dans la main avec un bénévole qui a des besoins
spéciaux, à titre de compagnon ou de conseiller. Ainsi, le
bénévole qui possède une connaissance limitée de la
langue de l'organisme pourrait être jumelé à un autre
bénévole bilingue.
La formule du partenariat ou du tuteurage peut donner des résultats
particulièrement bons à ceux qui ont besoin d'une direction
supplémentaire ou à ceux qui manquent grandement de confiance en
eux. (Dans certains cas, la personne handicapée peut être
accompagnée par un prestataire de soins ou par un travailleur en
dynamique de la vie qui appartient à un organisme de l'extérieur,
ou encore il peut être accompa gné par un bénévole
rattaché à un organisme comme Parrainage civique.)
Si la première personne désignée pour aider le
bénévole ne convient pas aussi bien qu'il le faudrait, il peut
devenir nécessaire d'en désigner une autre. Il peut
également être bénéfique de changer de personne
à mesure que les responsabilités du bénévole
augmentent afin de faire ressortir les progrès réalisés.
La durée et la nature d'un tel appui personnalisé varient
grandement. Il peut ne s'imposer qu'au début, ou il peut devoir
être maintenu pendant une durée beaucoup plus longue. Il peut
n'être nécessaire que dans certains domaines, ou il peut
être très intensif.
Fondamentalement, il faut que l'appui en cours d'emploi se donne avec aussi
peu d'intrusion que possible, et il faut l'éliminer progressivement
dès que le bénévole est parfaitement formé et se
sent à son aise au travail.
Aménagements et appui spéciaux
L'aménagement du poste ou du milieu de travail prend la forme d'une
modification du milieu de travail qui rend possible le succès à
ceux qui ont des besoins spéciaux. Le concept s'applique aussi bien aux
postes rémunérés qu'à ceux qui sont
bénévoles.
L'objectif consiste à s'assurer qu'un handicap ou un besoin
spécial n'empêche pas l'individu d'accomplir la tâche
à l'égard de laquelle il possède la compétence
voulue. L'objet consiste à contrer l'incidence des besoins
spéciaux et à maximiser l'efficacité des
compétences et des aptitudes.
Les aménagements peuvent être déterminés selon
les besoins d'une personne en particulier pour autant qu'ils se rapportent
à un travail précis. Il est essentiel de consulter les
bénévoles afin de s'assurer que les aménagements
proposés soient à la fois nécessaires et convenables.
Certains bénévoles possèdent parfois leur propre
matériel spécial, ce qui peut faciliter d'autant le placement.
Il faut envisager dans quelle mesure un aménagement possible pourrait
augmenter la capacité des bénévoles d'occuper le poste et
déterminer s'il existe d'autres façons d'atteindre le même
but. S'il s'agit d'une aide sur le plan technologique, la possibilité
que d'autres bénévoles ou membres du personnel profitent
également des aménagements peut devenir une incitation à
les faire.
Toute une gamme d'aménagements des lieux de travail sont possibles.
Ils appartiennent à quatre grandes catégories :
- accès matériel (personnes ayant des handicaps au plan de
la mobilité)
Parmi les exemples mentionnons : plans inclinés, mains courantes, portes
mécanisées, poignées de porte à manette, bandes
antidérapantes au sol, toilettes adaptées pour les personnes en
fauteuil roulant, pupitres et chaises réglables, lieux de travail
aménagés pour accueillir convenablement un chien guide.
- aides techniques (en vue de permettre aux gens qui ont des handicaps
particuliers de «lire l'information»)
Imprimantes en braille, magnétophones, dispositifs qui permettent de
grossir le caractère imprimé, dispositifs d'agrandissement des
écrans d'ordinateur, calculatrices parlantes et synthétiseurs de
la voix (capables d'indiquer verbalement ce qui apparaît à
l'écran de l'ordinateur). Il s'agit là de moyens possibles
d'aider les personnes aveugles ou ayant un handicap visuel.
Des amplificateurs branchés au téléphone et des appareils
de télécommunication pour personnes malentendantes peuvent aider
les personnes sourdes ou ayant un handicap auditif.
Des logiciels qui permettent de vérifier l'orthographe et les erreurs
grammaticales peuvent servir aux gens handicapés au plan de
l'apprentissage, faiblement alphabétisés ou qui ne connaissent
pas suffisamment bien la langue de travail de l'organisme.
- services d'appui et assistance individualisée
Parmi les exemples mentionnons : formation spéciale et moniteurs, aide
spéciale et contrôle direct; système de jumelage des
bénévoles qui ont des besoins spéciaux avec d'autres
personnes; interprètes gestuels afin d'aider les personnes qui ont des
handicaps auditifs; interprètes afin d'aider ceux qui ne connaissent pas
parfaitement la langue primaire de l'organisme; lecteurs pour ceux qui ont des
handicaps visuels ou qui sont atteints de dyslexie grave.
- modifications des politiques ou des pratiques de façon à
permettre des aménagements spéciaux du cadre de travail
Parmi les exemples mentionnons : restructuration d'un poste de façon
à éliminer les tâches que le bénévole
pourrait accomplir difficilement et addition d'autres tâches qui
correspondent mieux aux points forts du bénévole, partage de
poste, horaires de travail souples ou abrégés, périodes de
repos plus fréquentes ou aires de travail ne comportant pas de
distraction.
En résumé, l'aménagement correspond à tout ce
qui est approprié pour permettre à une personne qui a un handicap
particulier ou qui se trouve dans des circonstances particulières de
s'adapter avec succès aux exigences d'un poste. En ce qui concerne les
individus en question, les aménagements sont les clés qui ouvrent
les portes de nouvelles occasions.

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