4. Le bon momentLes six secrets d'une sollicitation fructueuse Le bénévole bien choisisollicite, auprès du donateur bien choisi, la bonne somme au bon moment afin d'appuyer le bon projet en utilisant la bonne méthode. Quel est le bon moment, en matière de sollicitation?La collecte de fonds a ceci de commun avec le théâtre qu'il importe de faire son entrée au bon moment. La générosité des donateurs fluctue au gré des saisons. Les changements qui surviennent dans leur vie déterminent leur aptitude à donner, ou à s'intéresser à votre cause. L'évolution de votre organisme influence également leurs décisions. Même s'ils souhaitent vous offrir une contribution substantielle, bien des donateurs ne peuvent y parvenir en un seul versement. Leur budget ne le leur permet pas. S'ils possèdent une maison et une voiture luxueuses, leur revenu est peut-être entièrement consacré à rembourser l'hypothèque et leurs emprunts. Il se peut également que leur avoir soit investi et gelé pendant un certain temps. Ou que des dépenses importantes soient prévues sous peu. Les raisons que nous venons d'énumérer et bien d'autres encore peuvent empêcher les gens de se montrer aussi généreux qu'ils le voudraient sincèrement. Force vous est donc, au moment de la planification, de composer avec ces limites. Il s'agit là d'une partie essentielle de la préparation préalable à la campagne. Choisissez le moment opportun pour effectuer la sollicitation. Bien qu'il s'agisse sans doute du moins important des six secrets conduisant à l'obtention d'un don substantiel, le principe du «bon moment» a tout de même sa valeur. Sollicitez avant Noël et Pâques La plupart des gens se montrent plus généreux au cours de la période précédant Noël. Il ne s'agit pas là d'une vérité absolue, mais tout de même d'une habitude étonnamment répandue. Cette pratique s'explique peut-être par le fait qu'en cette période de l'année, Juifs et Chrétiens baignent dans une atmosphère de fête. Mais au Canada, la constatation demeure, qu'on soit athée ou croyant, et toutes religions confondues. Peut-être est-ce aussi parce qu'il s'agit de la dernière occasion de réduire ses impôts en versant des contributions... Quels que soient les motifs profonds, la période allant de septembre à novembre est la plus propice à la sollicitation. En décembre, les gens semblent plus occupés, et nombreux sont ceux et celles qui ont déjà épuisé le budget réservé aux contributions charitables. Le printemps constitue la deuxième période la plus opportune. Seraient-ce les effets combinés du Carême, de la Pâque juive, du Ramadan, des fleurs nouvelles, du début de l'exercice financier, de la déclaration d'impôt et des exemptions? C'est par ailleurs en été qu'il est le plus difficile de recruter des bénévoles, de joindre les donateurs potentiels et d'aborder sérieusement la question des contributions. Quelle est la date anniversaire de la dernière contribution? Comme nous le signalions plus haut, certains donateurs versent une contribution chaque année à la même époque. Il arrive qu'on ne sache jamais pourquoi. Ce geste est parfois lié au souvenir d'un événement marquant (naissance, mariage, anniversaire de la mort d'un être cher). Ou à la planification financière du donateur, l'obtention d'une rente ou de dividendes. Si vous constatez que le donateur verse sa contribution systématiquement à un moment précis de l'année, sollicitez-le à cette date particulière. Lancez votre campagne au moment où l'organisme est en plein essor Il arrive trop souvent que les organismes attendent de se trouver en situation précaire avant de lancer à la hâte une campagne pour recueillir des dons importants. Choisir le bon moment offre de meilleures garanties de succès. Profitez d'une publicité favorable pour entreprendre la sollicitation Si les donateurs potentiels viennent d'entendre des propos élogieux à votre égard, ils sont plus susceptibles de vous verser une contribution. Même si vous mettez en branle une machine publicitaire bien rodée, il faut prévoir un certain délai avant que les médias relatent des anecdotes au sujet de votre organisme. Entreprenez la sollicitation lorsque vous venez de remporter une victoire Vous vous attirerez le respect du donateur si vous lui faites part d'une réalisation importante. Répandez les bonnes nouvelles. Soyez dynamique. Certains choisissent le moment de l'anniversaire de l'organisme pour lancer leur campagne, mais ce thème ne se révèle pas aussi efficace : lorsqu'on doit se contenter de dire que l'organisme a 10, 50, 100 ou 150 ans, l'absence d'autres réalisations constitue une subtile condamnation. Vous pourriez profiter de l'une des occasions suivantes :
Entreprenez la sollicitation au moment où votre conseil est solide Évitez de lancer une campagne à la suite d'une rupture fracassante au sein de l'organisme. Vous ne pourrez non plus fournir l'énergie nécessaire à une telle démarche si les personnes clés sont accaparées par une réorganisation ou la mise en Åuvre d'un nouveau projet. Toutefois, si les besoins financiers sont pressants, peut-être ne pourrez-vous pas vous permettre de choisir un moment plus propice. Mais sachez au moins que vous auriez obtenu de meilleurs résultats au cours d'une période plus favorable. Choisissez le moment où le donateur potentiel dispose ou est sur le point de disposer de liquidités On ne dispose pas toujours de liquidités, en particulier lorsqu'il s'agit de sommes importantes. Pour ceux et celles qui reçoivent une rétribution hebdomadaire, le moment de la sollicitation importe peu. Dans le cas des personnes qui touchent leur salaire mensuellement, il est beaucoup plus facile de faire preuve de générosité dans les jours suivant la réception du chèque de paie que trois ou quatre semaines plus tard. Pour celles dont la contribution est fonction du rendement des investissements, il y a lieu de planifier sur une période plus longue encore : peut-être touchent-elles des intérêts trimestriellement, annuellement si les dividendes sont déclarées à l'impôt, ou moins fréquemment si leurs investissements offrent un piètre rendement. [Traduction]
Les cultivateurs préfèrent pour leur part donner en automne, à la fin des récoltes, plutôt qu'au printemps, lorsqu'il leur faut acheter les semences, les engrais et le carburant. Au cours de la tribune sur les dons importants,73 les philanthropes Lyman Henderson et Nancy Jackman ont expliqué ce qui les avait motivés à offrir leur principale contribution. L'auditoire s'attendait à entendre parler de bonnes causes, de sollicitation convaincante, et de collecteurs de fonds influents, mais la réponse de Lyman Henderson l'a bien étonné : [Traduction]
Après avoir acquiescé, Nancy Jackman tente de voir comment un organisme peut s'y prendre pour déterminer le moment propice à la sollicitation. [Traduction]
Si vous êtes en mesure d'obtenir ce type de renseignements et de patienter le temps nécessaire, planifiez avec soin le moment de la sollicitation des donateurs potentiels. Le moment opportun serait par exemple celui où :
Mais rappelez-vous, l'essentiel n'est pas que le donateur potentiel possède une fortune. Ne cherchez pas à solliciter toutes les personnes qui gagnent à la loterie, ou vendent une maison ou une entreprise. Voyez d'abord si elles vous appuient, puis déterminez s'il s'agit du moment opportun pour effectuer la sollicitation. Quand ÉVITER la sollicitation? [Traduction]
Que faire si vous avez la chance de rencontrer une telle personne? Voici ce que suggère Joan Flanagan : [Traduction]
Vous faut-il vraiment tout l'argent tout de suite?La perspective d'une contribution immédiate est réjouissante. Qu'il s'agisse d'argent liquide, d'un chèque, d'un mandat, d'un paiement par carte de crédit, le fait de posséder un compte en banque bien garni constitue pour l'organisme un gage de sécurité. Mais chercher à obtenir un don sur-le-champ se révèle parfois inefficace. Suivant sa situation financière, le donateur potentiel sera peut-être en mesure d'offrir davantage plus tard. Il se peut aussi qu'il préfère répartir sa contribution sur plusieurs versements. Si vous faites preuve de souplesse, cette personne vous donnera peut-être une bien plus forte somme à long terme. Peut-être votre organisme n'a-t-il pas un besoin immédiat de cet argent. Si vous ne prévoyez pas entreprendre le programme donné avant quelques semaines, quelques mois, ou même quelques années, il peut s'avérer tout aussi utile de recevoir la contribution au moment précis où vous en avez besoin. Si le programme se déroule par étapes, recevoir les versements au rythme des dépenses vous conviendra sans doute. Si les fond recueillis sont affectés à la paie, des contributions mensuelles suffisent (pourvu qu'elles soient constantes). Les biens meubles ou immeubles nécessitent des paiements périodiques : il n'est donc pas essentiel de disposer de la somme entière dès le début. À bien des égards, il est de toute évidence nettement avantageux d'obtenir l'argent immédiatement. L'organisme peut ainsi l'investir et recevoir les intérêts. Sans compter la certitude que les donateurs ne changeront pas d'avis, qu'ils ne suspendront pas les contributions, ou au contraire, la crainte de les voir mourir sans laisser de testament. Il arrive par ailleurs que les problèmes surpassent de loin les avantages. D'abord, le fait de posséder un capital appréciable peut occasionner des problèmes de comptabilité. En ce qui touche les organismes de bienfaisance, Revenu Canada limite par exemple le cumul de fonds sur plusieurs années, sauf dans des circonstances particulières. Ensuite, les donateurs potentiels risquent de se trouver démotivés si l'organisme semble thésauriser. De plus, bien des organismes sont incapables de laisser le capital intact à la banque. S'il survient une urgence ou des changements quant aux priorités, ils risquent de céder à la tentation d'affecter leur avoir à un autre usage, à tout le moins temporairement. Cette attitude conduit parfois à un déficit, ou à un détournement de fonds, tant sur le plan moral que juridique. Qui faut-il solliciter d'abord?La personne sollicitée doit constituer la préoccupation primordiale. Le donateur bien choisi est prédisposé à donner. Quant au mauvais candidat, il faut beaucoup de préparation et d'efforts de persuasion pour l'amener à contribuer, et rien ne garantit qu'on y parvienne. Nous avons abordé ce sujet avec force détails au chapitre portant sur la façon de repérer les donateurs potentiels. Nous nous contenterons donc, dans la présente section, d'indiquer les personnes qu'il convient de solliciter d'abord. Pour limiter l'énergie déployée (du reste, l'énergie est toujours limitée), inutile de songer à solliciter tous azimuts. Par où commencer? Trois facteurs essentiels méritent d'être pris en compte :
Combien la personne sollicitée donnera-t-elle? L'idéal consiste à solliciter d'abord les personnes susceptibles de faire les dons les plus importants, puis à suivre l'ordre décroissant en allant vers les personnes dont les contributions sont moins élevées. Les principaux donateurs apprécient qu'on leur fasse l'honneur de la première sollicitation, à titre de personnes clés. De fait, ils influencent souvent les autres par leur don. Omettre d'en appeler d'abord à leur générosité risquerait de les insulter, ou de laisser des contributions de moindre importance «donner le ton». Sa décision influencera-t-elle d'autres personnes? Choisissez des personnes très respectées : leur décision influence celle des autres (qu'elle vous soit ou non favorable). Leur geste ne passera pas inaperçu, mais même un don anonyme produit un effet s'il est suffisamment important. Quelquefois, une contribution moyenne provenant d'une personne adulée porte davantage que le versement appréciable d'un donateur financièrement plus à l'aise. Imaginez la réaction des autres donateurs potentiels : «Le père Timothée a donné 1 500 $! Mais il est pauvre comme Job! Cette somme doit représenter une fortune pour lui, se disent-ils. Et ce vieux grippe-sou de Belzébuth a versé 5 000 $, n'est-ce pas? Il parie deux fois plus sur les chevaux. Quel radin!» Choisissez également des personnes disposées à solliciter les autres. Si vous manquez de bénévoles efficaces (comme bien d'autres organismes sans but lucratif), les premiers donateurs pourraient s'ajouter à l'équipe, comme on le fait dans le domaine de la vente pyramidale. Jusqu'à quel point sa contribution sera-t-elle facile à obtenir? Demandons-nous enfin si les contributions seront simples à obtenir. Mieux vaut commencer par les plus faciles, tant il est vrai que la victoire motive. Exercez-vous auprès des personnes qui se montrent vraiment sympathiques à votre cause et attendez que les bénévoles aient acquis suffisamment d'expérience pour aborder les cas les plus complexes. Pour déterminer plus aisément qui doit être sollicité d'abord, Kent Dove propose d'accorder à chaque donateur potentiel : [Traduction]
Le chapitre six du présent manuel vous fournit de plus amples renseignements sur l'assiduité auprès des donateurs potentiels. À la page suivante, nous vous indiquons une autre méthode d'évaluation fondée sur le profil des principaux donateurs, dont il a été question précédemment. Additionnez les résultats obtenus pour chacun des principaux donateurs. Les personnes dont le résultat est le plus élevé sont celles qu'il convient de solliciter d'abord. Établissez les priorités en fonction de la meilleure cote. copyright 1993 Ken Wyman Principaux donateurs potentiels Personnes à solliciter d'abord : Nom du donateur potentiel :
Vous trouverez à la page suivante un formulaire visant à faciliter votre planification. copyright 1993 Ken Wyman Fiche de renseignements sur le donateur potentiel6e partie - Classement et prévision
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| Recherche effectuée par (nom) : | Date : |
| Mise à jour par (nom) : | Date : |
| Mise à jour par (nom) : | Date : |
C O N F I D E N T I E L
Nom du donateur potentiel :
Système Dove d'attribution des points
| Cote relative à la capacité de donner : | Capacité approximative : $ |
| Cote relative à l'intérêt : | Quotient d'assiduité : |
Système Wyman d'attribution des points
| Total des résultats : | Classement des priorités : (en fonction des résultats obtenus par les autres donateurs potentiels) |
Facteurs à prendre en compte quant à la date de sollicitation
Période au cours de laquelle le donateur est le plus susceptible de disposer de liquidités :
Dates anniversaires dont il faut tenir compte :
Dates auxquelles le donateur se trouvera à l'extérieur :
Dates auxquelles notre organisme sera en plein essor :
Date suggérée pour la rencontre avec le donateur potentiel :
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| Dernière révision : 1998/10/16 | ||||