3. La bonne somme
Les six secrets d'une sollicitation fructueuse
Le bénévole bien choisi
sollicite, auprès du donateur bien choisi,
la bonne somme
au bon moment
afin d'appuyer le bon projet
en utilisant la bonne méthode.
Vous devez maintenant posséder une longue liste de donateurs
potentiels soigneusement et rationnellement choisis, suivant les conseils
fournis aux chapitres précédents. Mais communiquer avec eux
serait prématuré. Le moment est venu d'en apprendre davantage sur
leur motivation, leur intérêt et leur aptitude à donner.
Il vous faut à présent vous attaquer à la question que
bien des collecteurs de fonds estiment être la plus complexe : quelle
somme convient-il de demander au donateur potentiel?
Est-il essentiel de se poser une telle question? Les néophytes
craignent parfois que le fait de spécifier une somme n'insulte le
donateur potentiel ou ne le mette en colère. Selon les sceptiques, il
s'agit d'une décision qui devrait être laissée
entièrement à chacun. Ceux-là se contentent de faire
valoir leur cause et comptent sur la générosité de la
personne sollicitée.
Bien entendu, la décision finale appartient aux donateurs
potentiels. Mais la plupart des gens apprécient les suggestions. Ils ne
veulent pas paraître mesquins en faisant un don trop modeste, mais ne
tiennent pas non plus à donner l'impression qu'ils se laissent exploiter
en versant de trop fortes sommes.
Vous recueillerez beaucoup plus d'argent en sachant combien le donateur
potentiel est en mesure de donner. Il est généralement
préférable (mais non dans tous les cas) de proposer le montant de
la contribution, pourvu qu'il s'agisse de la bonne somme.
Michael F. Luck défie encore une fois les idées reçues
à cet égard :59
[Traduction]
...Il n'est pas nécessaire de solliciter chaque fois une
somme précise. Lorsque vous rendez visite à un donateur
potentiel qui vous entretient des aspects de votre travail retenant son
attention, le montant de la contribution commence à se définir.
J'ai un jour sollicité un don auprès d'une famille très en
vue de la collectivité. Après plusieurs visites, nous en sommes
arrivés à la minute de vérité. Combien allais-je
demander?
Le donateur potentiel m'a demandé à combien j'avais
estimé sa contribution. Je lui ai répondu que je n'avais rien
«estimé» du tout. Je lui ai ensuite expliqué qu'il
pouvait verser la somme qu'il jugeait appropriée à
l'établissement d'un fonds de dotation qui porterait pour toujours le
nom de sa famille et contribuerait à soutenir les grands
brûlés et leur famille. J'ai obtenu une contribution
particulièrement importante, beaucoup plus élevée que
celle à laquelle je m'attendais.
Le donateur m'a confié par la suite qu'en 35 ans de sollicitations
trop nombreuses pour faire l'objet d'une énumération,
j'étais la première personne à ne pas demander une
somme précise. Il était à la fois ravi et
impressionné.
Qu'est-ce que cela signifie? Cela signifie que l'interminable tâche
qui consiste à «évaluer» le donateur potentiel ne
constitue pas forcément l'emploi du temps le plus judicieux. Dans le cas
dont je viens de faire état, j'avais en tête le montant de la
contribution et je crois que le donateur ne s'y est pas trompé. Mais il
importait que je lui laisse l'initiative, le soin d'exprimer ses idées,
son désir d'aider et, enfin, de fixer le montant de sa contribution.
Notre rôle à nous, collecteurs de fonds, se limite à semer
et à servir de catalyseurs : rien ne nous oblige à toujours
diriger.
Que répondent les philanthropes qui participent à la
tribune?60
Linda Bronfman : Je déteste qu'on m'impose un
montant. Je trouve cette façon de procéder très
présomptueuse... Je suis cependant intéressée
à connaître les besoins de l'organisme, combien il prévoit
consacrer à la réalisation du projet qui lui tient à
cÅur, l'enjeu de la campagne. Je veux savoir aussi combien de donateurs
importants apporteront leur contribution de manière à pouvoir
évaluer, si je tiens à ce que soit assurée la
réussite du projet et de l'organisme, la somme que je dois verser.
J'ai un jour été sollicitée par une personne qui m'a
suggéré un montant. Celui que j'avais en tête était
en fait supérieur à la somme qu'elle m'indiquait, mais
j'étais tellement ennuyée par cette façon de
procéder que j'ai dit : «D'accord, c'est ce que je vais vous
donner.» Elle était contente. Peut-être avait-elle atteint
son objectif, mais...
Lyman Henderson : J'aime que les gens soient précis. Si un ami se
présente et me dit : «Tu sais, nous construisons une clinique
d'ostéopathie ou je ne sais quoi et nous aimerions que tu
contribues», je préférerais qu'il me dise combien il veut.
Pourquoi? Pour connaître le prix de l'amitié. Je veux savoir
combien il m'en coûte pour garder cet ami. Ou du moins, je veux savoir
à quoi il s'attend et j'agis en conséquence. Certains trouvent
cette méthode plutôt grossière, alors je crois que tout
dépend de chacun.
Conclusion? Le fait de suggérer un montant ou un ordre de grandeur
spécifique permet en général de recueillir une
contribution plus importante. Il convient cependant d'effectuer suffisamment de
recherches pour établir la somme juste, et ne pas sous-estimer le
donateur.
La formulation de la demande importe également. Certaines
phrases se révèlent plus adéquates que d'autres en cette
minute délicate. Nous y reviendrons au chapitre portant sur la bonne
méthode.
Retenons pour l'instant qu'il est judicieux d'évaluer
approximativement le montant de la contribution, que vous en fassiez part ou
non au donateur potentiel. C'est d'ailleurs sur ce point que portera la suite
du présent chapitre.
Comment établir le montant à solliciter?
Six facteurs influent sur la réponse :
- Quelle somme vous faut-il?
- Le donateur potentiel a-t-il déjà appuyé votre
organisme?
- Le donateur potentiel a-t-il déjà versé des
contributions à d'autres organismes?
- Combien le donateur potentiel est-il en mesure d'offrir?
- Comment pourriez-vous encourager le donateur potentiel à la
générosité?
- Comment tenir compte de tous les renseignements pour arrêter la
décision?
Examinons un à un ces six facteurs.
1. Quelle somme vous faut-il?
L'importance de la contribution dépend en partie de la somme dont
vous avez besoin. Cela ne nous renseigne pas sur le montant que les donateurs
éventuels sont en mesure d'offrir.
On croit souvent que tous les donateurs potentiels doivent être mis au
courant des objectifs généraux et que chacun doit verser une
contribution équivalente à celle des autres. Mais certains ont
davantage à donner. Deux personnes disposant d'un revenu égal
n'offriront pas la même somme si leurs rythmes de vie diffèrent.
Bref, l'expérience indique qu'il existe des écarts importants
d'un donateur à un autre.
Combien pouvez-vous dépenser?
Dans les campagnes importantes, on fixe un objectif préliminaire en
s'appuyant sur l'utilité des dépenses qui seront faites.
N'affirmez pas trop rapidement qu'il vous est possible de dépenser
autant que bon vous semble. Un surplus se révèle parfois aussi
difficile à gérer qu'un manque.
Pour illustrer ce propos, tournons-nous vers le chanoine James Dugan,
directeur de l'intendance et du développement économique de
l'Église anglicane du Canada :
Une petite église des provinces de l'Atlantique (dont
nous tairons le nom) a reçu un legs de 600 000 $ qui a bien failli
entraîner sa perte. Certains paroissiens estimaient que l'église
devait placer cet argent et vivre des intérêts : ainsi, ils
n'auraient plus à verser de contributions. D'autres
préféraient élaborer des projets auxquels ils n'auraient
même osé songer auparavant. D'autres encore étaient d'avis
qu'il valait mieux donner tout cet argent, qui ne servait qu'à diviser
les fidèles. À quoi on leur répondait que telle n'avait
pas été l'intention du donateur.
Une année s'est écoulée avant que les paroissiens en
arrivent à une solution. Au prix, presque, de leur survie, ils sont
parvenus à établir une entente par laquelle ils s'engageaient
à effectuer régulièrement l'entretien des monuments
historiques (dont leur église), à étendre leur rayon
d'action et à contribuer au développement international.
D'autres organismes de bienfaisance éprouvent des difficultés
similaires. Il en va de même des personnes qui gagnent le gros lot
à la loterie : composer avec la richesse subite ne va pas de soi.
Si vous vous estimez à l'abri de ce genre de difficultés,
déterminez le nombre de personnes que vous êtes en mesure de vous
adjoindre rapidement. Qui assurerait la supervision et la formation? Combien de
temps nécessiterait un déménagement dans des bureaux plus
spacieux? Combien de temps devrait-on consacrer à l'acquisition du
matériel? Combien de temps faudrait-il prévoir avant que ces
personnes fournissent un rendement satisfaisant?
En tenant compte de ces facteurs, établissez une évaluation
réaliste des dépenses rentables que vous pouvez vous permettre au
cours des cinq années à venir.
Il est parfois utile d'étudier la question sous plusieurs angles :
- le budget limite : la dépense maximale pouvant être rentable;
- le budget établi en fonction de la croissance prévue;
- le budget fixe tenant compte de l'inflation;
- le budget minimal : la somme qui permettrait de survivre malgré les
coupures les plus radicales. Ce budget prévoit l'annulation de certains
programmes, les mises à pied (si vous aviez du personnel), et toutes les
mesures qui s'imposent, sauf la fermeture complète.
Comment répartir l'objectif entre chaque donateur
potentiel?
Une fois complétée l'évaluation précise de
l'objectif global, l'étape suivante consiste à répartir
celui-ci entre les donateurs potentiels. Selon le collecteur de fonds Kent
Dove, cette répartition ne doit pas être laissée au hasard
:
[Traduction]
L'une des erreurs les plus répandues en ce qui a
trait au mode de répartition des dons et à leur importance
consiste à croire qu'une campagne peut réussir si toutes les
personnes faisant l'objet d'une sollicitation versent un montant égal.
Suivant cette théorie, une campagne au cours de laquelle on
prévoit solliciter 1 000 personnes permettrait d'atteindre un objectif
d'un million de dollars si chaque donateur versait 1 000 $. Mais un tel calcul
ne fonctionne jamais. Pourquoi? Parce que cette méthode n'est pas juste
envers les donateurs. La richesse n'est pas distribuée de façon
démocratique dans notre société.61
Songez plutôt à diviser votre objectif global suivant une
formule mathématique établie et éprouvée depuis des
années. Kent Dove précise à ce sujet :
[Traduction]
La table de contributions se fonde
généralement sur les critères suivants : le premier don
important, celui qui comble le principal besoin, doit correspondre à
environ 10 % de l'objectif de la campagne : si celui-ci est fixé
à un million de dollars, le premier don important doit se chiffrer
à 100 000 $ pour assurer le succès de la campagne.
Puis, le montant des contributions suit un ordre décroissant,
chaque don représentant la moitié du précédent, et
nécessitant deux fois plus de donateurs...
Une table de contributions est une chose sérieuse, et à
juste titre. Car si l'ordre qu'elle indique n'est pas respecté, tous les
efforts investis risquent fort de ne pas porter fruit. La conscience de cet
état de fait suscite un sentiment d'urgence qui pousse les organisateurs
de la campagne à faire des suggestions plus précises aux
donateurs éventuels. Ainsi, les bénévoles sont mieux en
mesure de fonder chaque visite sur des normes précises qui conduiront
plus sûrement au succès.
Contributions nécessaires pour une campagne d'un million de
dollars
- Pourcentage de l'objectif
- Don approximatif
- Nombre de dons nécessaires
- Nombre de donateurs potentiels nécessaires
- Total
- Moins
- Beaucoup
- Beaucoup
2. Le donateur potentiel a-t-il déjà
appuyé votre organisme?
Il convient d'abord de déterminer si le donateur potentiel a
déjà versé une contribution à votre organisme. Dans
la négative, votre tâche est deux fois plus ardue : vous devez
convaincre la personne d'appuyer votre cause, et lui proposer d'offrir une
somme importante.
Si la personne a déjà fait un don a votre organisme, certaines
questions méritent encore une réponse :
- À combien se chiffrait la dernière contribution? Cette
donnée influence très certainement le montant du prochain don. Il
peut arriver qu'un donateur passe tout à coup d'un versement de 25 $
à un autre de 250 000 $. Mais en général, les organismes
communautaires sont satisfaits lorsque la personne double le montant de sa
contribution précédente.
- Le donateur a-t-il versé plus d'une contribution? Il est beaucoup
plus facile d'obtenir un don important d'une personne qui appuie l'organisme
depuis longtemps.
- Le montant des contributions a-t-il suivi une courbe ascendante,
descendante, ou est-il demeuré stable? Lorsque celui-ci suit une courbe
ascendante constante, la contribution substantielle est beaucoup plus simple
à obtenir que dans le cas contraire, ou lorsque les versements demeurent
les mêmes en dépit de l'inflation.
- La personne donne-t-elle selon un modèle établi? Verse-t-elle
toujours sa contribution au même moment de l'année? Si oui, c'est
à ce moment précis qu'il faut la solliciter : rendez-lui visite
vers la date anniversaire de sa dernière contribution, et demandez-lui
de renouveler son geste annuel. Si un donateur important qui vous appuie
régulièrement tous les ans semble laisser passer une
année, communiquez avec lui.
- Certains thèmes offrent-ils une meilleure garantie de succès?
- Une chorale découvrira peut-être que le donateur se montre
généreux lorsqu'il s'agit de l'Åuvre de Mozart, mais ne
contribue jamais lorsqu'il est question de Vaughn Williams ou de k. d. lang, ou
exactement l'inverse.
- Un donateur peut apporter son soutien aux membres d'une banque alimentaire
qui militent pour l'adoption de nouvelles mesures sociales, mais, pour des
raisons morales, n'offrira jamais d'aliments.
- Un organisme militant pour la défense de l'environnement constatera
que certains s'intéressent davantage à la lutte contre la
pollution qu'à la chasse aux phoques.
Inscrivez au dossier de chaque personne les dons versés
précédemment à votre organisme.
À ce sujet, vous trouverez plus bas un formulaire à adapter
selon vos besoins.
3. Le donateur potentiel a-t-il déjà
versé des contributions à d'autres organismes?
Les personnes que vous êtes sur le point de solliciter appuient-elles
d'autres organismes de bienfaisance? Dans l'affirmative, combien donnent-elles?
Vous vous demandez peut-être quelle importance cette question peut
avoir et comment parvenir à trouver la réponse? Examinons la
situation de plus près.
Quelle importance cette question peut-elle avoir?
Imaginons que vous vous proposez de solliciter une personne que nous
appellerons Jeanne Labelle. Vous découvrez qu'elle a versé 25 000
$ à un hôpital, 10 000 $ à un orchestre symphonique et 5
000 $ à la municipalité pour la construction d'une piscine.
Imaginez un autre donateur potentiel : Marc Hudson. Il n'a versé
aucune contribution appréciable ni à ces projets, ni à
aucun autre de votre connaissance.
Ces données influencent-elles votre décision quant à la
contribution à solliciter auprès de chacun? Évidemment, et
à juste titre.
Il va de soi que d'autres éléments entrent aussi en jeu. Nous
y reviendrons sous peu.
De la même façon, vous constaterez peut-être qu'un
donateur éventuel appuie de nombreux autres organismes semblables au
vôtre, alors qu'une autre personne n'encouragera que le vôtre.
Comment trouver la réponse?
Il est probablement plus facile que vous le croyez de trouver ce genre de
renseignement sans bousculer les gens ou s'immiscer dans leur vie
privée. Il existe des limites morales et juridiques qu'on doit se garder
de franchir. Voyons plutôt les solutions simples qui ne gênent
personne.
- Les membres du conseil et les bénévoles sont peut-être
en mesure de vous fournir les renseignements élémentaires,
surtout au sujet des donateurs potentiels qu'ils connaissent le mieux.
- Vous verrez peut-être le nom de ces personnes sur la liste des
principaux donateurs du programme d'un concert ou dans le rapport annuel
d'autres organismes sans but lucratif.
- Peut-être leur rend-on hommage sur la plaque murale d'un
hôpital, d'un centre communautaire, d'une église, d'une salle de
concert ou d'un autre édifice public.
copyright 1993 Ken Wyman
Fiche de renseignements sur le donateur potentiel
2e partie - Dossier du donateur
| Recherche effectuée par (nom) : |
Date : |
| Mise à jour par (nom) : |
Date : |
| Mise à jour par (nom) : |
Date : |
C O N F I D E N T I E L
Nom du donateur potentiel :
Le donateur nous a-t-il déjà versé des
contributions?
(Joindre tout renseignement supplémentaire.)
Cette personne a-t-elle déjà donné à notre
organisme? __ Oui __ Non
| Date du premier don : |
|
|
| |
|
|
| Contribution : Date |
$ |
Sollicité(e) par : |
| Cont. précédente : Date |
$ |
Sollicité(e) par : |
| Cont. précédente : Date |
$ |
Sollicité(e) par : |
| Cont. précédente : Date |
$ |
Sollicité(e) par : |
| Première cont. : Date |
$ |
Sollicité(e) Par : |
| |
|
|
| Total des cont. : |
$ |
Nombre : |
La personne donne-t-elle suivant un modèle précis et dans
l'affirmative, quel est-il?
Quels intérêts particuliers révèlent les
résultats?
La personne a-t-elle déjà refusé de donner à la
suite d'une sollicitation? ___Oui ___Non
Si oui, pour quelle raison?
À quel moment?
Qui a effectué la sollicitation?
Quel a été le thème de la sollicitation?
- La somme versée est parfois révélée en partie,
lorsque l'organisme a recours à la solution pratique des
catégories pour classer les donateurs : les bienfaiteurs donnent entre
10 000 et 24 999 $, les commanditaires, de 25 000 à 49 999 $ et ainsi de
suite.
- Dans les cas des personnes en vue, vous trouverez peut-être à
la bibliothèque des articles de journaux ou de magazines qui vous
renseigneront.
- [Traduction] «Si votre donateur potentiel appuie un candidat
politique, le montant de ses contributions appartient sans doute au domaine
public, souligne Joan Flanagan. Cherchez surtout les personnes ayant soutenu
financièrement un politicien dont la campagne était axée
sur des questions soulevées par votre organisme. Si le politicien
remporte l'élection, rappelez au donateur éventuel que sa
victoire est attribuable au fait que votre organisme a tranché la
question pour le public. (Une lettre dans laquelle la personne élue
confirme le fait pourrait se révéler utile.) Si le politicien est
défait, rappelez au donateur potentiel que la machine électorale
accorde, dans le meilleur des cas, une probabilité de victoire de
l'ordre de 50 % alors qu'un organisme aussi fantastique que le vôtre
mène un combat quotidien au profit des citoyens...»62
Vous n'arriverez jamais à retracer tous les dons d'une personne. Il
s'agit parfois de contributions anonymes. Il se peut aussi qu'un don soit trop
modeste pour qu'on en fasse mention quelque part... ou qu'il ait
été offert depuis trop longtemps, ou au contraire, trop
récemment.
Mais même sans connaître le montant exact d'une contribution,
vous pouvez généralement en évaluer l'importance. De la
même façon, bien que vous ne connaissiez pas la date exacte, vous
parvenez généralement à déterminer l'année.
Le moindre renseignement mérite cependant d'être porté
au dossier. Voici un formulaire à adapter selon vos besoins.
copyright 1993 Ken Wyman
Fiche de renseignements sur le donateur potentiel
3e partie - Soutien fourni à d'autres organismes
| Recherche effectuée par (nom) : |
Date : |
| Mise à jour par (nom) : |
Date : |
| Mise à jour par (nom) : |
Date : |
C O N F I D E N T I E L
Nom du donateur potentiel :
Le donateur a-t-il déjà versé des contributions
à d'autres organismes?
(Joindre tout renseignement supplémentaire.)
| Organisme |
Contribution approximative |
Date |
4. Combien le donateur potentiel est-il en mesure
d'offrir?
Même s'ils apprécient votre travail, les gens ne sont pas
toujours en mesure de donner généreusement. Si une mère
célibataire qui a trois jeunes enfants et un emploi peu
rémunérateur parvient à vous verser une contribution de
100 $, ce sera sans doute au prix de grands efforts.
Par ailleurs, on pourrait s'attendre à ce qu'une personne
célibataire ayant peu de responsabilités et disposant d'un
salaire annuel supérieur à 35 000 $ apporte une contribution
beaucoup plus généreuse que la précédente, qui se
chiffrait à 50 ou 100 $ (et l'inviter, d'ailleurs, à donner
davantage). Il en va de même d'un couple dont les deux conjoints gagnent
au total plus de 60 000 $ et dont les dépenses ne sont pas trop
élevées.
L'importance de la contribution est fonction :
- du revenu;
- de l'actif et des autres sources de revenus; et
- des obligations à remplir.
Kim Klein illustre l'importance de la recherche par les exemples que voici :
[Traduction]
L'une des erreurs les plus répandues parmi les
collecteurs de fonds consiste à croire que la contribution qu'un
donateur peut verser est directement reliée à ce qu'il
possède. Il va sans dire que la fortune constitue un facteur
important quant à la somme versée, tant il est vrai qu'on ne peut
donner que ce qu'on a. Toutefois, bien des gens possèdent beaucoup plus
d'argent qu'ils consentent à en donner, alors que de nombreuses
personnes qui ne disposent que d'un petit revenu en affectent une importante
proportion aux dons.
...Même si vous possédez le nom de personnes
«riches», nombre de facteurs déterminent la somme dont elles
disposent. Prenons l'exemple d'un donateur dont la famille possède
notoirement 100 millions de dollars. Cette personne fera-t-elle un don de 2 500
$? Dans le cas qui nous occupe, la situation du donateur rend la chose peu
probable. Cette personne est âgée de 22 ans. Son héritage
est réparti entre plusieurs fiducies, qui acquièrent de la valeur
avec les années. Elle a reçu 50 000 $ à 18 ans et 100 000
$ à 21 ans. Comme elle ne vit que des intérêts de ses
placements, ne travaille pas et vient d'effectuer un versement initial en vue
de l'achat d'une maison, elle ne possède pas beaucoup de
liquidités pour l'instant. La fortune réelle dont elle dispose,
sa compréhension de sa situation financière et l'accès
qu'on lui donne à son capital constituent trois éléments
bien distincts.
Dans un autre cas, un donateur potentiel possède de nombreux
immeubles. Dans sa collectivité, on se plaît à dire :
«Jack possède la moitié de la ville.» De fait, il
possède probablement plusieurs millions de dollars, mais il ne s'agit
pas d'argent liquide. La marge dont il dispose est sans doute plutôt
faible la plupart du temps, d'autant plus que Jack habite un secteur où
la vente d'immeubles est peu florissante.
On entend parfois les gens dire : «Elle a les moyens de verser une
contribution importante. Elle habite une très jolie maison, dirige son
entreprise, touche sans doute un salaire qui se situe dans les six chiffres,
part parfois en Grèce pour le week-end...» Mais du point de vue du
donateur potentiel, la situation est tout autre : «Je suis
complètement à sec. Les impôts et l'hypothèque me
coûtent tellement cher, sans compter les séjours que je fais
à Athènes pour m'occuper de ma mère qui se fait vieille.
Et comme je ne peux me permettre que des déplacements de quelques jours
à cause du travail, je dépense une fortune en voyages. Je
travaille 70 heures par semaine et mon mari vient de me quitter pour une autre
et demande le divorce. Au bureau, comme nous sommes vraiment coincés par
l'ouverture de nouvelles succursales, tous les membres de la haute direction
ont accepté de différer leur salaire de deux
mois.»63
Kim Klein poursuit, précisant la façon dont il convient
d'évaluer la capacité de donner de deux personnes fictives :
...Prenons l'exemple de Gene Reilly, 42 ans, conseiller
juridique pour le compte d'une grande entreprise depuis que vous le connaissez,
soit au moins douze ans. Il milite activement pour diverses causes et son nom
figure à l'endos de plusieurs bulletins sur la liste des donateurs. Il
s'intéresse à votre organisme en plus d'être votre voisin
et ami. Il vit seul, et assez modestement, à ce qu'il vous semble...
Vous estimez que son salaire se situe entre 40 000 et 50 000 $... En donnant 5
% de son revenu, il verserait entre 2 000 et 2 500 $ en contributions. Vous ne
croyez pas vous tromper en évaluant entre 800 et 2 000 $ le total des
dons qu'il distribue entre plusieurs organismes.
Demandez-vous jusqu'à quel point Gene s'intéresse au
travail que vous accomplissez. Mais rappelez-vous que s'il s'agit de sa
première contribution, celle-ci sera moins importante que les dons
subséquents. Évaluez donc à environ 250 $ le versement de
Gene.
Prenons un nouvel exemple. Sue Smythe, 36 ans, occupe le poste de
directrice de la création dans une agence de publicité de taille
moyenne. En parcourant les annonces classées des journaux, vous relevez
qu'on offre, pour ce type d'emploi, un salaire de 100 000 $ et plus. Sue vous a
confié que son travail lui plaisait, en ajoutant : «C'est amusant
de gagner autant d'argent.» Elle partage avec son ex-conjoint la garde de
leur fils de six ans. Son ex-conjoint travaille également dans le
domaine de la publicité, mais vous ne connaissez ni la nature de ses
fonctions, ni son salaire. Elle collabore activement aux Åuvres de son
église et assure même la présidence du conseil de fabrique.
Elle prend également part à la lutte contre l'apartheid et
travaille bénévolement à l'école Montessori que
fréquentent notamment son fils et votre fille. C'est d'ailleurs à
l'école que vous avez fait sa connaissance et chaque fois qu'elle vous
rencontre, elle vous demande des nouvelles de votre organisme. Elle a
participé à plusieurs manifestations spéciales auxquelles
vous l'avez invitée et croit de toute évidence aux objectifs que
vous défendez.
À en juger par son salaire et ses convictions religieuses, nous
avons tendance à croire que Sue donne plus que la moyenne des gens et
que ses contributions pourraient représenter jusqu'à 10 % de son
revenu. Nous pourrions supposer qu'elle verse entre 3 000 et 10 000 $
échelonnés sur cinq ans au fonds de la fabrique. Elle verse
peut-être de 500 à 1 000 $ à l'école, 500 $ à
l'organisme antiapartheid, ainsi que des contributions diverses à
certaines causes ou manifestations. L'ensemble de ses dons représente
annuellement entre 3 000 et 4 000 $. Elle a l'étoffe d'un
donateur. Vous la flatterez en lui demandant de faire partie des
personnes offrant 1 000 $.
Ces exemples vous donnent un aperçu de la marche à suivre.
Les gens ne s'offusquent pas de se voir demander plus qu'ils ne sont en mesure
de donner, à moins qu'il s'agisse d'une somme ridicule ou que la
sollicitation soit formulée de façon inadéquate. En
demandant gentiment mais directement à votre interlocuteur :
«Est-ce que $ vous conviendraient?» ou «Nous avons besoin de
quelques contributions de $. Seriez-vous en mesure de nous aider?», vous
lui fournissez l'occasion de refuser s'il le désire, ou lui faites
plaisir s'il peut se permettre de vous offrir la somme sollicitée.
Connaître la personne et ses convictions : voilà la
clé du succès.64
Voici une courte liste de certaines sources de renseignements permettant de
recruter aisément des donateurs potentiels :
- Les conversations (selon le cas) avec :
- les membres du conseil et vos amis;
- les autres connaissances;
- les amis du donateur potentiel;
- les associés du donateur potentiel;
- la famille du donateur potentiel;
- Le bottin mondain;
- Les numéros spéciaux du bottin mondain (sur les femmes, le
milieu pharmaceutique, etc.);
- Le Directory of Directors;
- Infoglobe (le service de référence du Globe and
Mail) ou les dossiers d'autres journaux;
- Les fiches-clients du Financial Post;
- Le rapport annuel des entreprises auxquelles le donateur potentiel
collabore activement.
- Le service des relations publiques des entreprises, qui possèdent
parfois la biographie des dirigeants.
- Les dossiers d'évaluation municipale, qui indiquent la valeur des
immeubles résidentiels et commerciaux, le nom des propriétaires
et le montant des taxes municipales.
- Les rubriques nécrologiques, puisque, comme le souligne Joan
Flanagan : «la nécrologie vous renseigne sur les relations
familiales, les préférences religieuses et les monuments
commémoratifs.»65
- Les statistiques fiscales publiées par Revenu Canada, qui indiquent
le revenu moyen par occupation. Le tableau qui suit fournit des données
choisies fondées sur la déclaration d'impôt de 1990 (et
publiées en 1992).66
| Occupation |
Évaluation du revenu moyen |
Nombre de contribuables par groupe |
Pourcentage de l'ensemble des contribuables |
| Médecins (TA) |
123 159 $ |
40 390 |
0.22 |
| Dentistes (TA) |
104 684 $ |
9 410 |
0.05 |
| Avocats et notaires (TA) |
97 075 $ |
24 050 |
0.13 |
| Comptables (TA) |
76 441 $ |
13 810 |
0.07 |
| Ingénieurs et architectes (TA) |
52 574 $ |
5 900 |
0.03 |
| Autres professionnels travailleurs autonomes |
34 685 $ |
89 960 |
0.48 |
| Investisseurs |
30 707 $ |
1 271 070 |
6.78 |
| Employés |
28 710 $ |
11 826 010 |
63.0 |
| Personnel des ventes (TA) |
24 028 $ |
49 270 |
0.26 |
| Propriétaires immobiliers |
21 854 $ |
152 220 |
0.81 |
| Pêcheurs |
20 784 $ |
34 020 |
0.18 |
| Cultivateurs |
18 012 $ |
239 230 |
1.28 |
| Propriétaires d'entreprise |
16 958 $ |
633 450 |
3.38 |
| Comédiens artistes etc. (TA) |
16 090 $ |
20 690 |
0.11 |
| Retraités |
15 672 $ |
2 358 040 |
12.57 |
| Non classés |
6 313 $ |
1 991 230 |
10.61 |
| Totaux |
24 259 $ |
18 758 730 |
100.00 |
TA : Travailleurs autonomes
copyright 1993 Ken Wyman
Fiche de renseignements sur le donateur potentiel
4e partie - Capacité de donner
| Recherche effectuée par (nom) : |
Date : |
| Mise à jour par (nom) : |
Date : |
| Mise à jour par (nom) : |
Date : |
C O N F I D E N T I E L
Nom du donateur potentiel :
Quelle semble être la capacité de donner de la
personne?
(Joindre tout renseignement supplémentaire.)
Revenu
Revenu annuel approximatif :
Primes :
Profits approximatifs de l'entreprise :
Autres sources de revenu :
Total du revenu net approximatif :
Autres preuves de richesse :
Obligations connues
Le donateur potentiel semble avoir :
- enfants à ___ la maison ___ l'école privée ___
l'université ___ autre :
- ___ un conjoint au foyer
- ___ ses parents
- ___ d'autres personnes à charge
- ___ une hypothèque élevée
- ___ des remboursements d'emprunt élevés
- ___ d'autres obligations
Modifications
Renseignements indiquant des modifications à la hausse ou à la
baisse du surplus de revenu consacré aux dépenses :
Les revenus commerciaux ou les investissements du donateur potentiel sont ___
à la hausse ___ à la baisse
Détails et source :
Le donateur potentiel a réalisé des achats importants
récemment :
___ maison ___ commerce ___ bateau ___ voiture ___ résidence secondaire
___ autres
Détails et source :
Le donateur potentiel a vendu récemment :
___ maison ___ commerce ___ bateau ___ voiture ___ résidence secondaire
___ autres
Détails et source :
Le donateur potentiel vient ___ de divorcer ___ de se marier ___ d'avoir un
enfant
Détails et source :
Le donateur vient de ___ recevoir un héritage ___ gagner à la
loterie
Détails et source :
Autres renseignements :
Adresses et numéros de téléphone
supplémentaires
(Indicateurs de la capacité de donner dont l'utilisation est
réservée à certaines personnes)
___ Fin de semaine :
___ Chalet d'été (dates):
___ Résidence secondaire (dates) :
___ Téléphone cellulaire portatif ou de la voiture :
___ Autres :
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