Patrimoine canadien

2. Les donateurs bien choisis

Les six secrets d'une sollicitation fructueuse

Le bénévole bien choisi
sollicite, auprès du donateur bien choisi,
la bonne somme
au bon moment
afin d'appuyer le bon projet
en utilisant la bonne méthode.


Qui donne le plus : les particuliers, ou les entreprises et les fondations?

Contrairement à ce qu'on croit généralement, les entreprises et les fondations ne constituent pas les principales sources de revenu des organismes sans but lucratif.

Au Canada, la contribution des entreprises ne représente que 7 % de tous les dons privés accordés aux organismes sans but lucratif. Celle des fondations se chiffre quant à elle à 5 %. Les particuliers donnent pour leur part 88 % des sommes recueillies, soit environ 3 milliards de dollars en 1990.31 Ces pourcentages restent presque exactement les mêmes aux États-Unis.

Les particuliers donnent davantage aux organismes de charité du Canada

que les fondations et les entreprises confondues - 730 % de plus!

Fondations : 5 % ou 170 millions $
Entreprises : 7 % ou 238 millions $
Particuliers : 88 % ou 3 milliards $

Comment trouver les personnes généreuses susceptibles de faire un don important?

Trouver des donateurs généreux n'est pas aussi difficile qu'on le croit généralement. Vous serez d'ailleurs étonné de découvrir parmi vos connaissances des donateurs éventuels capables de verser des sommes substantielles.

Les recherches ont permis d'établir le profil détaillé du donateur type important (vos propres donateurs peuvent toutefois posséder des traits caractéristiques différents). Le manuel Canada Gives dresse en fait deux profils.32

Profil du donateur type le plus généreux s'intéressant aux organismes non religieux :

  • Trente ans et plus;33
  • Marié, trois enfants ou dont les enfants ont quitté la maison;
  • Famille à double revenu;
  • Professionnel ou cadre;
  • Revenu du ménage atteignant 50 000 $
  • Formation universitaire;
  • Pratique sa religion;34
  • Donne également aux organismes religieux;35
  • Habitant des Prairies;
  • Actif au sein de la collectivité;
  • Membre de deux associations au moins;
  • Fait du bénévolat.
«La religion et l'action communautaire constituent les deux principaux facteurs.»

Profil du donateur type le plus généreux s'intéressant aux organismes religieux :

  • Soixante ans et plus;
  • Marié, entre 30 et 50 ans, a des enfants;
  • Marié, 40 ans et plus, sans enfant;
  • Célibataire, 50 ans et plus, sans enfant;
  • Famille à double revenu;
  • Professionnel ou cadre;
  • Salaire personnel atteignant au moins 40 000 $;
  • Formation universitaire;
  • Habitant des provinces de l'Atlantique;
  • Très religieux;36
  • Assiste régulièrement aux offices religieux;
  • Actif au sein de la collectivité;
  • Membre de deux associations au moins.

Un chercheur américain a ajouté quelques autres facteurs, et dressé le profil qui suit. Il ne diffère que très légèrement des modèles canadiens, mais met davantage l'accent sur les donateurs les plus importants. Le donateur type le plus important :37

  1. A déjà donné à votre organisme;
  2. Compte une relation parmi les membres de votre organisme;
  3. A les moyens de donner;
  4. Se montre notoirement généreux envers bien des causes;
  5. Manifeste de l'intérêt pour votre cause et pour les questions qui vous touchent;
  6. A été membre du conseil d'administration - de votre organisme ou d'un autre;
  7. A été récompensé pour les services fournis à la collectivité;
  8. A des enfants;
  9. Est âgé de plus de 55 ans;
  10. A des idées conservatrices (quel que soit le parti qu'il favorise aux élections);
  11. A des valeurs plutôt religieuses;
  12. Reste marié à son premier conjoint;
  13. Occupe l'avant-plan au sein de la collectivité;
  14. Est susceptible de laisser un legs à votre organisme.

Essentiellement, les personnes les plus généreuses allient «le désir, la capacité et l'intérêt», dans l'ordre, de dire John Thomas.38

Désir : Tout d'abord, le donateur éventuel doit avoir le désir d'apporter une contribution à un organisme donné. Bien des gens ont les moyens de faire un don important, mais ne sont pas généreux de nature. En fait, les personnes les plus à l'aise ne sont pas les plus susceptibles de donner à un organisme sans but lucratif. Outre vos donateurs, adressez-vous plutôt aux personnes qui versent déjà des dons à d'autres organismes sans but lucratif. Il est plus facile de leur faire valoir vos intérêts que d'obtenir une contribution des personnes qui admirent votre travail mais n'ont pas l'habitude de donner.

Capacité : La capacité de donner exige plus que de l'argent et une nature généreuse. Certains aimeraient donner mais n'y arrivent pas, à cause de leurs dépenses. Les personnes qui possèdent des demeures somptueuses et des voitures de luxe sont parfois si endettées qu'il leur est impossible de verser la moindre somme avant d'avoir assaini leurs finances.

Intérêt : Il existe au Canada plus de 67 000 organismes de charité enregistrés et d'innombrables organismes sans but lucratif non enregistrés. Même les donateurs les plus généreux se doivent de choisir ceux qu'ils appuieront.

Sollicitez d'abord les personnes qui appuient votre organisme

Il existe une dangereuse illusion sur les campagnes de sollicitation auprès d'importants donateurs.

Bien des gens pensent à tort qu'il convient d'entreprendre la campagne en trouvant une personne particulièrement riche (même si cette dernière n'a jamais entendu parler de votre organisme et ne vous a jamais versé de contribution à plus forte raison). Il s'agit ensuite de la persuader que votre cause mérite d'être appuyée.

Bien au contraire. Le secret du succès consiste à solliciter d'abord les personnes qui connaissent le mieux l'organisme et ont déjà affirmé leur engagement. Puis élargissez lentement le cercle des connaissances.

[Traduction]

...Le danger, c'est que les organisateurs enthousiastes d'une campagne investissent tellement pour obtenir de nouvelles contributions qu'il ne leur reste plus de ressources pour la gestion des affaires courantes. Conséquemment, leur croissance n'est pas celle qu'ils avaient prévue et la majeure partie des nouvelles sommes recueillies sert à remplacer les sommes précédentes, qui ont été dépensées. Pourquoi les sommes NOUVELLES ont-elles plus d'éclat que les PRÉCÉDENTES?

Songez donc à miser d'abord sur les acquis. Les personnes qui embrassent notre cause ne sont-elles pas les plus susceptibles de nous apporter une aide supplémentaire? Ceux et celles qui vous appuient depuis longtemps se laissent souvent convaincre de donner davantage, ne serait-ce que pour tenir compte de l'inflation. D'autres peuvent consentir à passer de la catégorie des AMIS à celle des PROTECTEURS en augmentant leur contribution et en jouissant des avantages reliés au niveau supérieur. D'autres encore seront peut-être sensibles au fait que l'organisme a besoin de leur appui dans le cadre d'un effort très particulier au cours de l'année et accepteront de se montrer généreux par conviction pour la cause.

Quoi qu'il en soit, le message est le suivant : «Surveillez d'abord vos acquis.»

«Un tiens vaut mieux que deux tu l'auras», à condition de le conserver!»39

Commencez par les personnes que vous connaissez le mieux. Certains seront stupéfaits d'apprendre que les membres du conseil devraient constituer les premiers donateurs.

Par ordre de priorité, les principaux donateurs potentiels sont :

  1. Les personnes qui sont ou ont été membres du conseil d'administration;
  2. Les personnes qui apportent ou ont apporté les principales contributions :
    a) Les dons individuels les plus substantiels;
    b) Les dons cumulatifs les plus importants;
    c) Les dons modestes les plus fréquents.
  3. Les personnes qui sont ou ont été bénévoles ou employées;
  4. Les participants et, dans certains cas, leur famille;
  5. Les relations des membres du conseil et des bénévoles;
  6. Les inconnus - choisis en fonction du résultat des recherches :
    a) Les personnes notoirement généreuses envers les autres organismes à but non lucratif
    b) Les personnes qui manifestent de l'intérêt pour la cause que vous défendez;
    c) Les personnes les moins susceptibles de donner : les personnes à l'aise qui ne s'intéressent pas à votre travail et n'ont pas d'antécédents philanthropiques.

Le principe des «cercles d'influence» illustre également cette idée. Visualisez une cible, ou le système solaire. Les personnes qui se trouvent au centre sont les plus susceptibles de se montrer généreuses. Plus elles s'éloignent du centre, plus la somme versée diminue. Les membres qui siègent ou ont siégé au conseil d'administration se trouvent au centre. Les personnes qui donnent ou ont donné se trouvent dans le cercle suivant. Les personnes qui sont ou ont été bénévoles ou employées s'éloignent encore un peu, suivies des participants, de leurs familles, et des relations des membres du conseil et des bénévoles. À l'extrême limite, les inconnus dont la générosité est notoire. Seuls les inconnus riches mais non généreux se situent encore plus loin du centre.


Pourquoi les membres du conseil doivent-ils donner les premiers, et de quelle façon?

Notre conseil d'administration, donner? Quelle bonne blague!
Il n'a rien d'autre à donner que du temps! Notre conseil,
ce n'est pas un groupe de riches, et tant mieux pour nous!

Les gens ne voient souvent pas l'intérêt d'amener les membres du conseil à verser une contribution financière et encore moins de leur demander d'être les premiers à le faire. Pourtant, ce geste a de l'importance et se justifie parfaitement. Et il existe des moyens de le faciliter énormément. Même dans les situations délicates, notamment lorsque le conseil se compose à dessein de personnes au revenu très modeste, la démarche reste possible.

Il importe que les membres du conseil apportent une contribution. Même s'ils versent une somme symbolique. Aux yeux du donateur éventuel, un geste symbolique de la part d'un des membres en vue peut éclipser complètement la somme d'argent véritable que ce dernier est en mesure de verser.

Examinons trois questions :

  • Est-il possible d'amener les membres du conseil à verser des contributions importantes?
  • Pourquoi le jeu en vaut-il la chandelle?
  • Comment s'y prendre pour inciter les membres du conseil à faire un don?

Est-il possible d'amener les membres du conseil à verser des contributions importantes?

Si vous avez la conviction que les membres de votre conseil ne peuvent ou ne veulent pas donner, vous n'êtes pas le seul à le croire. Dans bien des organismes, on partage cette certitude. À juste titre, peut-être. Cette perception doit toutefois être remise en cause et prévenue dès le début de la campagne.

Il n'est pas nécessaire que tous les membres du conseil soient riches. Il n'est même pas nécessaire que chacun d'entre eux offre une somme appréciable. Il est cependant absolument indispensable que CHACUN apporte une certaine contribution. Chaque membre du conseil doit donner autant que le lui permettent ses moyens.

Est-ce réaliste?

Voici à ce propos une anecdote très convaincante. Lucy Charron, alors coordonnatrice de l'Organisation nationale anti-pauvreté (ONAP), prenait part, en septembre 1989 à Grindstone Island (au nord de Kingston, en Ontario), à un séminaire sur la collecte de fonds destiné aux petits organismes. Alors que les autres participants exprimaient des doutes sur la pertinence de la contribution financière des membres du conseil d'administration des groupes communautaires, elle a répondu :

L'ONAP possède un règlement suivant lequel les deux-tiers des membres du conseil doivent vivre ou avoir vécu de l'aide sociale. Tous les membres du conseil contribuent financièrement.

Imaginez le pouvoir moral dont jouit l'organisme lorsqu'il sollicite un donateur potentiel.

Dans de nombreux organismes, on a constaté que les membres du conseil acceptent d'apporter une contribution financière en plus de donner de leur temps lorsqu'on les sollicite suivant les règles.

Pourquoi cela en vaut-il la peine?

Pourquoi importe-t-il tant que les membres du conseil fassent un don? Après tout, ils donnent déjà de leur temps. Leur présence aux réunions leur occasionne parfois des frais : certains paient cher leurs déplacements. Et puis, la somme qu'ils verseraient n'ajouterait pas tellement aux montants recueillis.

Pourtant, l'importance d'une contribution de la part des membres du conseil s'explique de plusieurs façons.

Les donateurs éventuels posent souvent la question directement : «Est-ce que tous les membres du conseil collaborent? Si non, revenez me voir lorsqu'ils contribueront.»

Les donateurs éventuels se méfient lorsque tous les membres du conseil d'administration d'un organisme ne semblent pas suffisamment convaincus pour engager leur propre argent. Si ces derniers eux-mêmes ne sont pas persuadés de la nécessité de donner, pourquoi le public, moins sensible à la cause, devrait-il se montrer plus généreux?

Il importe également qu'au moins quelques membres du conseil consentent à rencontrer les donateurs potentiels. Le personnel ne doit pas s'en charger seul. Si l'une des personnes sollicitées demande à un membre du conseil à combien s'élève sa contribution, comme cela se produit parfois, il ne suffit pas de répondre : «Je donne de mon temps.» Ce n'est pas avec du temps que l'on acquitte les factures. Il se pourrait dans ce cas que le donateur potentiel rétorque : «Alors je donnerai du temps, moi aussi, et je viens justement de vous accorder une heure. Au revoir.»

Même une somme modeste suffit, si les membres du conseil ne peuvent verser davantage. Si quelqu'un demande à combien s'élève la contribution de chacun, vous pouvez répondre : «Le montant de chaque contribution reste confidentiel, mais je puis vous assurer que je donne autant que mes moyens me le permettent.»

Certains membres du conseil accepteront peut-être de révéler le montant de leur don. Dans ce cas, ils peuvent préciser : «Je verse X dollars, ce qui représente un pourcentage appréciable de mon revenu et une part importante de l'argent que je consacre aux organismes de bienfaisance. Ce serait merveilleux si vous donniez dans les mêmes proportions.»

Le fait qu'un donateur potentiel interroge un membre du conseil sur le montant de sa propre contribution peut sembler déplacé. Mais ce genre de question survient le plus souvent lorsque les deux personnes en présence se connaissent bien, ce qui constitue aussi la situation la plus propice à la sollicitation.

Les dons des membres du conseil ne représentent peut-être pas un supplément appréciable relativement au revenu global de l'organisme, mais ils sont le symbole d'une forme d'engagement différent.

Dans certains cas, ils modifient également l'attitude des membres du conseil. Ceux et celles qui n'avaient jamais manifesté d'intérêt envers la collecte de fonds prennent tout à coup conscience de son importance lorsque leur propre argent se trouve en jeu.

Au début, peut-être n'offriront-ils qu'un don minime. Mais petit à petit, ils devront sans doute s'engager davantage et verser des sommes plus appréciables.

Dans le cadre d'une campagne classique, les membres du conseil sont tenus de verser des contributions personnelles qui totalisent globalement entre 10 et 30 % de l'objectif fixé.

Lorsqu'ils ne sont pas en mesure de verser une telle somme, on leur demande souvent de s'engager à recueillir la portion manquante.

Pour certains organismes, il peut se révéler difficile ou impossible d'établir de telles règles.

Il arrive par exemple, dans les organismes communautaires, que des personnes chargées de représenter les participants ou des minorités défavorisées siègent au conseil.

Les organismes cadres ainsi que les fédérations provinciales et nationales éprouvent également des difficultés. Lorsque les membres de leur conseil sont nommés à titre de représentants d'autres groupes, ils préfèrent parfois accorder d'abord leur soutien à leur propre organisme.

Dans certains cas aussi, le conseil est formé en partie, non pas de personnes appuyant l'organisme, mais de représentants chargés de défendre les intérêts du gouvernement.

Même lorsque tel est le cas, les membres du conseil devraient malgré tout offrir ne fût-ce qu'une contribution minime. Si ces derniers acquittent eux-mêmes leurs dépenses, il conviendrait à tout le moins que l'organisme les rembourse et que la somme remboursée soit remise sous forme de don. Bien qu'essentiellement symbolique, cette mesure peut se révéler utile. L'idéal est que chacun contribue généreusement, en fonction de ses moyens. Pour certains, la somme limite équivaut à 10 $; pour d'autres, elle est de 100 $. D'autres encore peuvent verser jusqu'à 1 000 $ ou bien davantage.

Joan Flanagan, auteur et consultante en collecte de fonds auprès d'organismes communautaires, adresse aux membres de conseils d'administration la recommandation suivante :

[Traduction]

Au besoin, revoyez la liste des dons que vous faites aux organismes de bienfaisance. Si vous décidez d'offrir cette année-là une contribution importante à votre organisme, évitez de verser 25 $, 50 $ ou 100 $ aux groupements qui ont à vos yeux une moindre importance et utilisez cet argent pour augmenter le montant consacré au soutien de votre cause.

Mieux encore : pratiquez ce que vous prêchez et modifiez vos habitudes pour accroître votre mieux-être. Puis versez la somme ainsi économisée à la campagne visant à recueillir des dons importants. Cessez de fumer et offrez 1 000 $ à un hôpital ou à une association pulmonaire. Portez un manteau de drap plutôt qu'une fourrure et versez 15 000 $ à la société protectrice des animaux ou au zoo. Prenez l'autobus au lieu de faire l'acquisition d'une voiture et remettez 40 000 $ aux Mothers Against Drunk Driving ou à un organisme qui travaille à faciliter l'accès du transport en commun de votre municipalité aux personnes handicapées. Peut-être aurez-vous d'autres idées...40

Comment amener les membres du conseil à faire un don?

Voici la pire façon de procéder : se présenter à une réunion du conseil et soumettre une résolution visant à obliger chaque membre du conseil à verser un minimum de 100 $ par année à l'organisme.

Cette méthode fera l'effet d'une bombe. De plus, elle ne correspond pas à l'attitude qui convient à la sollicitation des donateurs potentiels : leur rendre visite à domicile, se montrer attentif à leur centre d'intérêt, et solliciter un don qui tienne compte de leur situation particulière.

Mieux vaut plutôt aborder les membres du conseil avec le tact et les précautions qu'exige la sollicitation de tout donateur potentiel important. Toutes les techniques décrites dans le présent manuel valent également dans leur cas. De plus, il y a lieu d'utiliser des mesures spéciales à l'égard de ces personnes particulières.

Choisissez l'un des membres du conseil pour enclencher le processus. Désignez sans faire d'éclat la personne qui présidera la campagne. Évitez de vous présenter à une réunion du conseil pour proposer que quelqu'un se porte volontaire. Ne demandez pas non plus qu'on nomme quelqu'un. La personne de votre choix doit être respectée des autres membres du conseil. Elle doit avoir déjà donné, ou se montrer disposée à le faire. Elle devra probablement recevoir une formation, comme nous le préciserons plus loin.

La personne désignée choisit à son tour un autre donateur potentiel, de préférence une personne qui consentira facilement à apporter une contribution importante et qui incitera les autres à donner aussi. La personne qui assure la présidence de la campagne doit solliciter discrètement le second donateur éventuel. Si ce dernier est d'accord, ces deux personnes en solliciteront ensemble une troisième et ainsi de suite, jusqu'à ce que tous les membres aient été rencontrés. Toutes ces démarches doivent faire l'objet de rendez-vous. Organisez les rencontres dans les bureaux de l'organisme, au bureau de l'interlocuteur ou à domicile. Ne profitez pas d'une réunion du conseil ou d'un comité, ou encore d'une pause pour aborder la question à la sauvette.

Joindre tous les membres du conseil peut nécessiter un certain temps. Il s'agit cependant d'une étape cruciale, qui mérite qu'on y consacre les heures nécessaires. Toutes les contributions importantes futures dépendent concrètement de sa réussite.

Mais ces échanges discrets ne convaincront peut-être pas tous les membres du bien-fondé d'une contribution financière. En pareil cas, il se révèle parfois judicieux d'organiser une campagne d'allure plus formelle. Une fois tous les membres sollicités seulement, on pourra aborder le sujet au cours d'une réunion du conseil. La personne qui préside la campagne annoncera alors le niveau de réussite en calculant le pourcentage des membres ayant contribué et en faisant valoir la nécessité de parvenir à 100 %.

Un organisme national dont le siège se trouve à Ottawa a trouvé le moyen d'obtenir la contribution des membres en organisant un jeu. On a annoncé un tirage. Seuls les membres du conseil qui n'avaient jamais donné et versaient leur première contribution à l'organisme y étaient admissibles. Les gagnants avaient droit notamment à un repas au restaurant ou à un week-end à l'hôtel : tous les prix constituaient des dons. Il a fallu trois ans d'efforts pour amener tous les membres du conseil à contribuer. Mais au début, aucun d'entre eux ne donnait.

Enfin, la contribution aux collectes de fonds devrait compter parmi les critères conduisant à une nomination au conseil. Cela ne signifie pas que la capacité de donner ou de recueillir de l'argent soit le seul élément à prendre en compte. Mais bien des organismes communautaires ont laissé le pendule aller trop loin dans la direction opposée. Ils croient parfois, à tort, que les représentants qu'ils tiennent à nommer au conseil ne peuvent apporter aucune contribution financière, et que les personnes plus à l'aise n'ont rien à apporter sur le plan intellectuel ou émotif.

Une autre solution s'impose lorsque le choix des membres du conseil ne relève pas de l'organisme, ou lorsqu'on ne peut tenir compte du facteur de la contribution à la collecte de fonds dans le cas de certains ou de tous les membres, pour quelque raison que ce soit.

En pareille situation, il y a lieu de former un comité spécialement chargé de la collecte de fonds. Il peut s'agir d'un conseil consultatif ou honoraire à demi indépendant que vous baptiserez les Amis de _____ ou le Conseil des entreprises pour le _____ . Vous pourriez même mettre sur pied une fondation entièrement autonome, comme le font de nombreux hôpitaux.

Ce comité a donc pour mandat de recueillir des fonds. On en choisit les membres en fonction de leur aptitude à la sollicitation, de leurs relations et de leur motivation à donner personnellement.

Une telle équipe doit se montrer à la hauteur de la devise de plus en plus utilisée pour décrire le rôle du conseil. En effet, le mot d'ordre des trois «T» - temps, talent, trésor -, dépassé, a cédé la place à celui des trois «D» : donner, demander ou démissionner.

La formation d'une équipe distincte ayant pour mandat de recueillir des fonds laisse au conseil toute latitude en matière de gestion et de décision stratégique. En général, cette façon de procéder se révèle satisfaisante. Les personnes appartenant au groupe chargé de la sollicitation ne sont la plupart du temps nullement intéressées par la gestion ou l'élaboration de lignes directrices d'un organisme.

Des problèmes surgissent néanmoins à l'occasion lorsque les deux groupes cessent de s'accorder une confiance mutuelle.

Certains conseils consultatifs ont même dénoncé l'incompétence du conseil d'administration, refusant de lui verser de l'argent sur demande et décidant même d'accorder des fonds à d'autres organismes.

Les conseils d'administration, quant à eux, estiment parfois que le conseil consultatif n'est pas digne de foi et refusent de lui faire part de renseignements importants.

Dans la plupart des cas, cependant, la consultation régulière et le maintien attentif de l'équilibre du pouvoir permettent de prévenir d'éventuels problèmes.


Comment déceler, chez les donateurs actuels, l'aptitude à verser des sommes plus importantes?

Après avoir examiné la possibilité d'amener les membres du conseil d'administration à faire un don, songez à élargir le cercle. Tournez-vous d'abord vers le groupe des donateurs actuels. Dans presque tous les cas, un certain nombre d'entre eux pourraient offrir davantage si on leur en faisait la demande.

Si vous recueillez des fonds pour le compte d'un nouvel organisme qui n'a pas pour l'instant de donateur attitré, peut-être préférerez-vous passer à la section suivante, qui porte sur la recherche de nouveaux appuis. La présente section constitue toutefois une bonne préparation en vue de la planification à long terme de la collecte de fonds.

Ne passez pas trop rapidement à la sollicitation d'inconnus, laquelle nécessite beaucoup de temps. Une étude a permis d'observer qu'il existe en moyenne trois ans d'écart entre une première rencontre avec un donateur potentiel et le jour où ce dernier fait un don important.41 Heureusement, vous avez peut-être largement dépassé l'étape de la «première rencontre» avec bien des gens. À de rares exceptions près, mieux vaut solliciter d'abord les personnes qui donnent ou ont donné avant de s'intéresser aux inconnus, même si ces derniers vous semblent riches et généreux.

À ce propos, la même étude indique que les responsables de la collecte de fonds travaillent en moyenne 2,6 ans seulement pour le compte d'un organisme de bienfaisance. La rotation s'effectue peut-être encore plus rapidement chez les bénévoles. Ces données mettent en relief la nécessité d'une approche à long terme s'appuyant sur des dossiers bien tenus à l'intention des successeurs.

Mythe : Les organismes communautaires ne connaissent personne qui possède de l'argent.

Les donateurs sont-ils en mesure de verser des sommes vraiment plus importantes? Peut-être pas, mais si vous ne recourez pas à la sollicitation en personne, vous n'en aurez jamais la certitude. Le publipostage et les appels téléphoniques permettent habituellement de recueillir des dons relativement modestes, non des contributions substantielles. Et si un donateur fait preuve d'une générosité peu commune à la suite de ce type de sollicitation, imaginez combien il aurait pu donner si vous lui aviez rendu visite!

Une étude de cas illustre cet argument :

Décrivons d'abord l'organisme, qui demeure anonyme pour les besoins de la cause. Important, très connu, il existe depuis des décennies et prête à controverse. Les donateurs lui vouent une loyauté sans mélange, mais les personnes qui ne contribuent pas s'opposent souvent avec amertume à ses prises de position. Cet organisme n'est pas de ceux qui attirent les riches. En fait, il se targue d'attirer les gens ordinaires.

Une étude effectuée par la société conseil Ken Wyman and Associates Inc. révèle que la collecte de fonds par publipostage ou par téléphone s'avère très fructueuse dans ce cas-ci. De nombreux donateurs ont adhéré à un plan de versement mensuel. Toutefois, malgré leur nombre impressionnant, pratiquement aucun des donateurs ne verse jusqu'à 1 000 $ par année. La société conseil voit dans cet état de fait l'indice d'un problème.

L'organisme doute que les personnes se montrant généreuses à son égard veuillent bien ou puissent donner autant d'argent, mais il consent tout de même à faire un essai. On choisit cinquante personnes en fonction des dons faits précédemment. On offre ensuite à dix bénévoles une soirée de formation, puis on leur demande de rendre visite aux donateurs éventuels en utilisant les techniques apprises au cours de la séance.

Deux semaines plus tard, la campagne prend fin. On y a consacré un minimum d'efforts. La moyenne des dons s'élève à 1 000 $, et les bénévoles ont recueilli 40 000 $.

On a par la suite demandé aux donateurs la raison pour laquelle ils n'avaient jamais offert une telle somme à l'organisme auparavant. Réponse prévisible : «On ne nous l'a jamais demandé!»

Bien des organismes ont la conviction que parmi leurs appuis, personne n'a les moyens de donner. Ce n'est vrai que dans une faible proportion.

Dans bien des cas, il existe des exceptions. Même si de nombreux donateurs ne se trouvent pas en mesure d'accroître le montant de leur contribution, quelques-uns peuvent se le permettre. Il se peut que certaines des personnes appuyant votre organisme - une, deux ou même davantage - même si elles ne possèdent pas de fortune, puissent verser une somme plus importante.

Rappelez-vous que vous n'avez pas à repérer plusieurs donateurs particulièrement généreux : quelques-uns suffisent. Les uns préfèrent contribuer immédiatement, les autres lèguent de l'argent.

Examinons quelques exemples concrets de contributions :

Marion Fulton vit dans une ferme, à quatre milles de la petite agglomération manitobaine de Birtle, près de la frontière de la Saskatchewan. Le don le plus important qu'elle ait fait - 10 000 $ - provient, dit-elle «d'une dette que m'ont remboursée des amis. Je leur avais prêté de l'argent et m'attendais à ce qu'ils me le remettent petit à petit, mais ils m'ont tout rendu en un versement. Peut-être la manne leur est-elle tombée du ciel... Je me demandais ce que j'allais faire de ce pécule, et j'ai opté pour le fonds Mission and Service de l'église, qui se trouvait en déficit. Les gens ne donnent plus à l'église comme ils le faisaient autrefois.»

Ce don de 10 000 $ s'ajoutait à sa contribution dominicale habituelle. «Au total, précise Mme Fulton, je donne entre 16 et 17 % de mon revenu. J'aimerais faire davantage, mais ce n'est pas possible.» À 72 ans, elle vit de sa pension de retraite et du modeste revenu que lui rapporte sa part de la ferme familiale, qu'elle loue à l'un de ses trois fils.

«J'ai versé 500 $ au fonds de l'hôpital de Saint-Boniface, et 200 £ - soit environ 450 $ - à l'Union mondiale des femmes rurales», un organisme auquel elle appartient par l'intermédiaire de l'Institut féminin, et qui compte 9,5 millions de membres dans le monde. Les autres dons de Mme Fulton s'élèvent le plus souvent à une centaine de dollars. Il y a quelques années, elle a offert à l'église un piano neuf d'une valeur de 4 500 $ à la mémoire de son défunt mari Victor.

Que pense-t-elle de la reconnaissance? «C'est une chose affreuse. Je m'énerve un peu lorsqu'on tient à poser une plaque sur les choses. À titre de membre du conseil de l'hôpital, j'estime qu'il y a quelquefois lieu de le faire, mais pas dans tous les cas. Parfois, lorsque les donateurs s'attendent à ce qu'on installe une énorme plaque, je me demande si nous ne pourrions pas nous débrouiller sans leur argent. Mais figurez-vous que ma propre église n'a pas tenu compte de mon avis sur le sujet. On a cru bon de mettre sur le piano une plaque portant l'inscription «à la mémoire de Victor», sous prétexte qu'il fallait que les gens sachent.»

Mme Fulton se montre également très généreuse de son temps. En plus d'appartenir au conseil de l'hôpital, elle se rend à Londres quatre fois par année à ses frais afin de prendre part aux réunions de l'Union mondiale des femmes rurales. De plus, elle est membre du comité national des finances de l'Église Unie. «Je ne sais pas pourquoi on persiste à me nommer au comité des finances, mais je suis consciente du besoin et j'accomplis le travail.»

Pourquoi donne-t-elle avec autant de générosité?

«Comparativement aux attentes d'autrefois, bien des personnes âgées ont probablement beaucoup plus d'argent qu'elles ne l'auraient souhaité. Et nombreuses sont celles qui consentent à partager. Alors, lorsque je peux aider d'une manière ou d'une autre, je n'hésite pas.»42

Les exemples qui suivent constituent des faits réels : seuls les noms sont fictifs.

Ian Ferguson a milité pendant des années au sein du mouvement ouvrier. Il y a quelque temps, lorsqu'un nouveau parti a pris la direction du gouvernement provincial, il s'est vu attribuer un poste supérieur lié à l'élaboration de la politique. Dès lors, son salaire a quadruplé. Il travaille maintenant pendant de longues heures et n'a plus de temps à consacrer au service bénévole auprès des organismes qui lui étaient chers. Il se sent coupable d'avoir autant de chance alors que tant de ses vieux camarades continuent de lutter. De plus, il se sent gêné de gagner tout cet argent.

Il y a deux ans, en prenant leur retraite, Roy et Mary Peters ont décidé de vivre plus simplement. Roy était professeur à l'université jusqu'au moment où il a été victime d'une crise cardiaque. Mary enseignait pour sa part à l'école publique. Tous deux bénéficiaient donc de solides régimes de retraite, qui s'ajoutaient à leurs économies. Une fois les enfants partis, ils ont vendu leur vieille et vaste maison du centre-ville et fait l'acquisition d'un appartement qui ne nécessite pas d'entretien. À titre bénévole, ils collaborent activement à plusieurs organismes, et Mary siège au conseil d'un organisme local pour la promotion de l'art. Au moment de remplir leur déclaration d'impôt, l'an dernier, ils ont eu la surprise de constater qu'ils avaient versé plus de 12 000 $ en contributions.

Laura et Sam se sont mariés sur le tard. Ils possédaient donc les meubles et les appareils électroménagers en double. Au lieu de cadeaux de mariage, ils ont demandé à leurs amis de faire un don à leur organisme de bienfaisance préféré, recueillant ainsi plus de 7 000 $.

Rebecca et Irv Singer ont été bouleversés par l'attaque dirigée contre Israël au milieu des années 70. Sans être des sionistes convaincus, ils se sont tout à coup sentis terrorisés à l'idée des conséquences que risquait d'entraîner une défaite d'Israël dans cette guerre. Comme ils ne sont pas riches et ne disposaient pas d'une somme imposante au moment de la crise, ils ont hypothéqué leur maison et acheté pour des milliers de dollars d'obligations d'Israël. Ils ont mis des années à tout rembourser péniblement, mais demeurent convaincus d'avoir agi pour le mieux.

Mythe : Solliciter de plus fortes sommes risque de faire fuir les donateurs.

Nombreux sont les organismes qui hésitent malheureusement à solliciter leurs donateurs, de crainte que leur insistance n'éloigne ces derniers. Du reste, ils doutent que les personnes généreuses aient encore de fortes sommes à leur verser. Ne vaudrait-il pas mieux s'adresser à des inconnus?

Ces craintes sont parfaitement raisonnables; et les réponses, fondées sur des années d'expérience, tout à fait rassurantes.

Risquez-vous de faire fuir les donateurs en les sollicitant une nouvelle fois? Au contraire. Puisque vous déléguez un bénévole dûment formé pour les rencontrer en personne, ils se sentent plus près de l'organisme dans la plupart des cas, qu'ils consentent ou non à donner. Vous n'allez utiliser aucun moyen de pression. Ils ne seront pas importunés par un surplus de courrier ou un appel téléphonique au moment le plus inopportun. Ils auront plutôt l'occasion de converser tranquillement avec une personne aimable qui s'intéresse vraiment à leurs opinions.

Quelques-uns se montreront peut-être irrités. Mais s'ils adoptent une telle attitude, c'est probablement parce que vous étiez sur le point de perdre leur soutien de toute manière. Peut-être réussirez-vous à regagner leur confiance en vous excusant et en leur promettant de ne plus les offusquer. Dans le cas contraire, les profits amortissent la perte : vous avez augmenté les recettes et amélioré les rapports avec la majorité des principaux donateurs.

Il n'est pas plus facile de recruter de nouveaux donateurs. Il reste beaucoup plus simple de persuader ceux qui vous appuient déjà de donner davantage, que de convaincre une personne n'ayant jamais contribué d'offrir un don important.

Intervention : Repérer, parmi les donateurs actuels, ceux qui sont les plus susceptibles de contribuer.

À l'étape où vous en êtes, la démarche essentielle consiste à examiner la liste des donateurs. Il existe plusieurs façons de trouver les personnes qui pourraient consentir à augmenter leur contribution.

  • Observez les résultats antérieurs. Cherchez dans les catégories suivantes les donateurs formant le groupe des premiers 20 ou 30 %.
    • Les personnes qui ont offert un ou plusieurs dons hors du commun.
    • Les personnes dont les contributions versées au cours des années totalisent un montant étonnamment élevé.
    • Les personnes donnant beaucoup plus fréquemment que les autres.
    • Les personnes dont le total des dons avec les années est particulièrement élevé, même si la somme qu'ils représentent ne l'est pas.
    • Les personnes dont les contributions correspondent à des montants étranges, «comme 27 $ ou 358 $, de dire Joan Flanagan. De tels chiffres donnent à croire que le donateur répartit entre plusieurs organismes le budget qu'il consacre aux Åuvres de bienfaisance. On peut supposer qu'il planifie ses dons et que votre organisme figure déjà sur sa liste de causes à soutenir.»43
  • Intéressez-vous aux personnes qui possèdent des titres et des diplômes. Si votre liste de donateurs comporte des professionnels, notamment des médecins, des avocats, des dentistes, des professeurs d'université et des comptables, ces personnes peuvent sans doute se permettre de verser des sommes supérieures à celles que donnent les autres. Peut-être n'en auront-elles pas conscience au départ, mais il vaut la peine d'essayer. Retenez également les personnes qui occupent un poste clé au travail : présidents, vice-présidents, directeurs, etc.
  • Cherchez les personnes qui habitent les quartiers cossus. Si elles peuvent s'offrir une maison luxueuse, peut-être pourront-elles se permettre une contribution plus importante, à moins qu'elles se trouvent immobilisées par une hypothèque faramineuse. L'adresse de la résidence secondaire constitue également un indice prometteur.
  • Tentez de repérer, parmi vos appuis, les personnes notoirement influentes ou célèbres. Recherchez dans votre liste des noms connus. Avez-vous reçu des dons, même modestes, de la part de personnes en vue - gens d'affaires, auteurs, artistes, athlètes, politiciens ou autres? Le nom qui «vous dit quelque chose» est peut-être celui d'un comédien de réputation internationale, ou d'une personne très respectée au sein de la collectivité

Il se peut que vous ne reconnaissiez pas tous les noms importants. Mieux vaut alors demander à un ou deux amis avertis de vous aider à les passer en revue sous le couvert de la confidence. Point n'est besoin (pour l'instant) de vérifier les noms un à un afin de voir s'ils figurent dans le bottin mondain. Il s'agit simplement de trouver, parmi ceux qui ressortent, les personnes susceptibles de vous venir en aide.

Les personnes en vue peuvent vous aider à convaincre les autres. Si elles vous permettent d'utiliser leur nom, peut-être gagnerez-vous une crédibilité dont vous avez toujours besoin. La publicité crée souvent un effet d'entraînement : les gens veulent suivre ceux et celles qui ont du succès. Les indifférents sont plus susceptibles de donner en sachant que les personnes qu'ils admirent ont contribué.

Ne passez pas tout de suite à l'action. Ne communiquez pas avec les donateurs éventuels. Vous n'en êtes pour l'instant qu'à l'étape de la compilation.

Prenez soin de dresser la liste des principaux donateurs potentiels en indiquant leur nom, leur adresse, leur numéro de téléphone et le bilan complet des dons qu'ils ont offerts. Ajoutez tous les renseignements supplémentaires dont vous disposez.

Dans les pages qui suivent, nous reviendrons sur la recherche de donateurs éventuels.

Remarque : La section qui suit peut présenter un moindre intérêt pour les organismes qui ne sollicitent que leurs membres, notamment :

  • Les organismes religieux, qui préfèrent parfois limiter leur sollicitation aux membres de leur congrégation.
  • Les groupes d'entraide, qui tendent à croire que personne ne s'intéresse à eux hors de leur cercle immédiat.
  • Tous les organismes qui estiment que les personnes ayant déjà fait preuve de générosité à leur égard ne seront pas prêtes à contribuer une nouvelle fois.

Ne vous hâtez pas trop de limiter votre portée, cependant. Bien des organismes constatent que bon nombre de personnes ne collaborent pas activement, mais acceptent de verser une contribution.

  • Les organismes religieux observent par exemple que les personnes qui n'assistent pas aux offices - et même celles qui appartiennent à d'autres confessions - souhaitent parfois verser une contribution à la fabrique ou aux programmes sociaux. Une étude révèle que les personnes ne venant jamais prier donnent en fait presque le double de la somme versée par celles qui assistent aux offices de façon très occasionnelle.44
  • Les groupes d'entraide peuvent souvent compter sur le soutien de la famille, des amis, de professionnels et de simples sympathisants.
  • Les organismes dont certains membres ne jouent plus un rôle actif constatent que ces derniers s'empressent souvent de donner généreusement, même si, faute de temps ou d'intérêt, ils ne collaborent plus aussi étroitement qu'auparavant.

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      Dernière révision : 1998/10/16
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