4. Former les personnes chargées de la sollicitationIl importe d'apprendre à chaque bénévole chargé de la sollicitation la meilleure façon de procéder. La méthode de formation que je vous propose fait l'objet de l'annexe B. Parcourez-la tout de suite, mais n'entreprenez pas la formation avant d'avoir terminé la lecture du présent manuel. Les pages qui suivent comportent des renseignements supplémentaires dont vous aurez besoin au cours de la séance. Des années d'expérience acquises dans le domaine de la formation suivant la présente technique et d'autres méthodes également m'amènent à conclure que la meilleure façon de procéder consiste à amener les gens à s'engageravant de leur apprendre la meilleure formule de sollicitation.91 En invitant les gens à participer au Jeu du Jour J (annexe B), vous les amenez à se montrer plus réceptifs aux réponses, et pour diverses raisons : ils apprennent ainsi les limites de leurs connaissances; exploitent leurs forces; découvrent que la sollicitation n'est pas aussi rigide et complexe qu'ils le croyaient, et constatent qu'ils peuvent même y prendre plaisir. Pour toutes ces raisons, je ne saurais trop vous recommander d'inviter les bénévoles à participer d'abord au Jeu du Jour J. Que dire au cours d'une visite?À la fin du Jeu du Jour J, les participants vous auront probablement fait part de bien des découvertes intéressantes. J'anime ce jeu depuis des années et j'ai eu l'occasion de constater que les gens trouvent spontanément la plupart des principes de base quant à ce qu'il convient de dire et de faire. Ces principes relèvent après tout du bon sens. Les points qui suivent devraient constituer un complément utile à ce processus de découverte empirique. À la fin du jeu, discutez de chacun de ces points avec les personnes qui reçoivent la formation. Écouter Savoir écouter le donateur potentiel constitue l'élément primordial d'une sollicitation fructueuse. Ce que vous dit ce dernier et la façon dont vous lui répondez sont déterminants. Consacrez environ la moitié de la visite à écouter plutôt que de prendre la parole. Recourez à l'écoute active pour amener le donateur potentiel à s'exprimer sur les aspects de votre cause qui pour l'instant l'intéressent le plus. Lorsque la personne vous fait part de ses préoccupations, adaptez vos paroles à ses propos. Même si vous la connaissez bien, ou si vous avez fait à son sujet des recherches approfondies, il se peut qu'un événement de dernière minute ait tout changé. Donna Hunter relate le déroulement d'une visite effectuée alors qu'elle assurait la direction générale du Conseil Åcuménique des chrétiennes. L'organisme avait repéré plusieurs femmes dont la fortune et la foi permettaient d'espérer qu'elles contribueraient à la constitution d'un fonds de dotation. L'une des ces personnes, dont nous tairons le nom, comptait parmi les amis de longue date de Mme Hunter.
D'autres se sont trouvés dans des situations semblables. Il s'agissait tantôt d'heureuses nouvelles - la naissance d'un petit-fils ou d'une petite-fille, l'obtention d'un diplôme ou un événement marquant - tantôt de tragédies imprévisibles. Parfois, c'était la vision du monde du donateur potentiel qui se trouvait bouleversée. Prenez soin d'écouter ce que votre interlocuteur souhaite vous dire avant de lui parler. Interrogez-le sur lui-même et sur ses intérêts. Au besoin, laissez de côté tout ce que vous aviez préparé afin de mieux lui répondre. Accordez toujours la primauté à l'amitié. Dans le pire des cas, consacrer quelques minutes à bavarder de tout et de rien avant d'exposer l'objet de sa visite est mis au compte de la politesse. Dans le meilleur des cas, cette façon de procéder améliore considérablement les choses. Après avoir écouté, agissez en fonction de ce que vous avez entendu. Ne traitez pas les commentaires de votre interlocuteur à la légère. Voici une leçon qui vaut son pesant d'or : [Traduction]
N'essayez pas de «vendre» Évitez d'exercer des pressions et de jouer sur la culpabilité. Ne quémandez pas. Ne poussez pas le donateur potentiel à agir contre sa propre volonté. Offrez-lui plutôt l'occasion de satisfaire son besoin de générosité. Au lieu de mettre en relief les besoins de l'organisme, insistez sur le fait que sa contribution servira à aider des gens. Faites en sorte que les deux parties aient l'impression de gagner. Si le donateur potentiel ne semble pas vraiment heureux de contribuer, son appui risque de ne pas faire long feu. Songez aussi à consolider votre relation avec le donateur potentiel à titre de bénévole chargé de le solliciter : peut-être donne-t-il parce que c'est vous qui le lui demandez, et non par conviction envers votre cause. La générosité des donateurs tient parfois à la confiance qu'ils vous témoignent, à l'intérêt qu'ils vous portent, ou au désir de compter parmi vos relations d'affaires. Préservez le lien établi de longue date entre le donateur potentiel et l'organisme - et votre amitié avec lui également - plutôt que d'accorder la préséance au besoin de recueillir des fonds à court terme. Faites preuve d'enthousiasme Il se peut que votre propre enthousiasme se communique à la personne sollicitée et l'amène à faire un don. «Nous sommes sensibles à l'enthousiasme, affirme Lyman Henderson. J'aime voir qu'une personne a le feu sacré.»93 Proposez des choix positifs au donateur potentiel Invitez la personne à vous faire part des aspects de votre travail qu'elle préfère. Le processus que nous allons vous décrire s'appelle l'arbre de prise de décision. N'offrez que de deux possibilités à la fois, jamais davantage. Il est trop compliqué de prendre une décision rapide si l'on nous propose trois options ou plus. N'adressez jamais une question à laquelle il est possible de répondre par oui ou par non. Évitez surtout de demander : «Voulez-vous donner pour ce projet?» Offrez plutôt le choix entre deux aspects aussi intéressants l'un que l'autre. Chaque possibilité doit vous convenir. Il s'agit d'une décision dite à choix positif. Prenons l'exemple d'un organisme sans but lucratif donnant des concerts devant le public en général et dans les écoles. Ruth, la bénévole chargée de la collecte de fonds, s'entretient avec Richard, le donateur potentiel. Elle espère lui voir verser environ 2 500 $.
Pour chacune de ces questions, Richard aurait pu choisir l'autre option qu'on lui proposait sans que ses réponses entraînent la moindre difficulté. Les décisions se révélaient aussi judicieuses les unes que les autres, tant pour les musiciens que pour le public. Assurez-vous de solliciter le don Soyez prêt à solliciter le don directement. Pour bien des gens, il s'agit là de l'étape la plus difficile. Ne vous contentez pas de laisser entendre au donateur potentiel que vous comptez sur sa générosité. Évitez aussi de lui présenter une liste interminable et de lui présenter des choix à tous les paliers. «Bon sang, dit Lyman Henderson, si vous ne demandez rien, vous n'aurez rien. Certaines personnes nous expliquent longuement leur projet, mais ne nous demandent rien.»94 Jerry Panas relate à ce propos une excellente anecdote : [Traduction]
Sollicitez un montant précis Sur le plan stratégique, il importe de demander à la personne sollicitée de verser un montant précis ou se situant du moins à l'intérieur d'une certaine fourchette. Cette somme est établie en fonction des dons précédents, de la capacité de contribuer et des intérêts de la personne. En cas de doute, optez pour une forte somme. Proposez au donateur potentiel un montant auquel il pourra réfléchir. Les phrases qui suivent ne sont pas destinées à être apprises par cÅur, mais servent simplement à vous guider. Formulez-les en vos propres mots. Vous pourriez dire :
Une fois la sollicitation faite, gardez le silence Après avoir fait part au donateur potentiel du montant escompté, gardez le silence jusqu'à ce qu'il prenne la parole. Même si le silence se prolonge, attendez patiemment. Laissez à la personne le temps de réfléchir. Un collecteur de fonds a appris ce dur principe à ses dépens : [Traduction]
Tenez-vous prêt à solliciter à plusieurs reprises Il se peut que vous ayez à revenir plusieurs fois à la charge avant que la personne ne se décide. Les donateurs potentiels ne tiennent pas toujours compte de la demande lorsqu'ils ne sont pas prêts à verser leur contribution. Ils vous adresseront peut-être de nouvelles questions. Ou détourneront la conversation. À moins qu'ils n'affirment avoir besoin de temps pour réfléchir. Certains spécialistes proposent de solliciter une même personne jusqu'à sept fois. Ne vous souciez pas du compte. Efforcez-vous plutôt d'être à l'écoute de la situation. Les bénévoles insistent parfois trop lourdement pour amener les donateurs potentiels à se décider plus rapidement qu'ils le souhaitent. D'autres, également dans l'erreur, se sentent tellement nerveux qu'ils s'empressent de prendre congé dès qu'on leur laisse entrevoir la possibilité d'une réponse négative. Il vous faudra trouver un équilibre entre ces deux attitudes.
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