Le bénévolat,
source d'expérience
de travail
Lorraine Street
Directrice exécutive,
Volunteer Ontario
Direction du Soutien aux organismes volontaires
Patrimoine canadien
1994
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Table des matières
Introduction
- En quoi consiste le bénévolat?
Pourquoi fait-on du
bénévolat?
Le bénévolat : un véritable travail
- Le bénévolat et la santé
Le sentiment dêtre utile
Connaissances spécialisées
Contrôle et discipline personnelle
L«euphorie du bénévole»
Santé physique
- Le bénévolat, source du
développement et du maintien des compétences
Lautogestion
Le contenu professionnel
Compétences utilitaires
Quelques compétences qui se transposent du
travail rémunéré au
travail bénévole
Quelques compétences qui se transposent du
travail bénévole au
travail rémunéré
- Le bénévolat,
lexpérience professionnelle et la formation
Le bénévolat et la
réorientation professionnelle
Le bénévolat et
létablissement de réseaux
- Le rôle et les
responsabilités du secteur bénévole
Bureaux et centres de
bénévolat
Les organismes qui recrutent des
bénévoles
Que peuvent tirer du bénévolat les personnes qui sont à
la recherche d'un emploi rémunéré? Voilà la
question centrale à laquelle tente de répondre la présente
monographie, qui donne un bref aperçu des principaux liens existant
entre le bénévolat et l'emploi. Pour répondre à
cette question, il faut examiner les points suivants : ce en quoi consiste le
bénévolat, les avantages du bénévolat, les raisons
pour lesquelles les personnes à la recherche d'un emploi devraient
envisager le bénévolat, et les façons dont les centres de
bénévoles et les organismes qu'ils desservent peuvent mettre
à profit les services des personnes qui font du bénévolat
principalement pour accroître leurs chances de trouver un emploi.
1
En quoi consiste le bénévolat?
Au Canada, on définit habituellement un bénévole comme
une personne qui offre des services à la collectivité de son
propre gré, sans obtenir de rémunération en
échange. Chacun des deux éléments de cette
définition est important : le choix personnel et l'absence de
rémunération(1).
Pourquoi fait-on du bénévolat?
De nombreux articles et ouvrages traitent des raisons qui poussent les gens
à faire du bénévolat, et chacun fait état de la
diversité des raisons et de leur importance. Le pourquoi du
bénévolat est intimement et directement relié au type et
à la durée de l'activité en cause, aux circonstances,
ainsi qu'à l'engagement manifesté et au succès ou à
l'échec du placement.
Il était autrefois gênant, voire même inacceptable, de
discuter des nombreux motifs parfois complexes qui incitent les gens à
faire du bénévolat. Beaucoup croyaient et certains le
croient encore que le bénévolat
«véritable» ou «pur» était tout à fait
désintéressé et se fondait uniquement sur l'altruisme,
cette disposition qu'ont certains à s'intéresser et à se
dévouer à autrui.
Aujourd'hui, de plus en plus de gens reconnaissent que les
bénévoles ont différentes raisons d'agir, que ce qu'ils
accomplissent pour des raisons autres que l'altruisme peut être utile et
valable, et que toute action bénévole, même
altruiste, suppose une forme d'échange.
Beaucoup de Canadiens offrent leurs services parce qu'ils sont convaincus
que c'est la chose à faire. Leurs valeurs morales, leurs convictions
religieuses et leur esprit communautaire les incitent à aider les
autres. Ils en retirent la satisfaction d'avoir rempli leurs obligations
morales, religieuses ou civiques. Il s'agit là d'un effet tangible qu'on
ne doit ni négliger ni taire. Toutefois, un grand nombre de Canadiens se
livrent au bénévolat pour d'autres raisons. De fait, la plupart
des bénévoles sont motivés par une combinaison de raisons,
dont la conviction que c'est la chose à faire.
Les gens font du bénévolat parce qu'ils comprennent qu'il est
important que les citoyens participent à la vie de leur
collectivité et que le bénévolat profite à
tous, pas seulement «aux pauvres et aux
défavorisés». Beaucoup font du bénévolat en
guise de «reconnaissance» pour l'aide qu'eux-mêmes ou un
être cher a reçue. D'autres font du bénévolat pour
s'intégrer à une nouvelle collectivité ou pour surmonter
une tragédie personnelle en s'ouvrant à autrui. D'autres encore
font du bénévolat pour rencontrer des gens et bâtir de
nouvelles relations.
Toutefois, de plus en plus de Canadiens font du bénévolat pour
une toute autre raison : pour faciliter leur quête d'un emploi
rémunéré. Certains s'y livrent de leur propre initiative,
d'autres y sont poussés par des conseillers en emploi, des agences de
placement, des thérapeutes, des amis, des membres de la famille ou
d'autres bénévoles. Nous examinerons maintenant ce que le
bénévolat peut offrir à ceux qui cherchent un emploi et
comment les centres de bénévoles et les organismes qui font appel
aux services de bénévoles peuvent réagir à ce
phénomène.
Le bénévolat : un véritable travail
Quel rapport existe-t-il entre le bénévolat et l'emploi ? Si
bien peu de bénévoles se posent la question, d'autres se la
posent parfois. Essentiellement, on se demande ce que le
bénévolat a à voir avec le travail ? Le fait que la
question soit encore posée montre que certains connaissent mal la
véritable nature, portée et importance des activités des
bénévoles au Canada.
N'importe quel bénévole ou quiconque travaille avec un
bénévole sait très bien que le bénévolat est
véritablement un travail : les bénévoles exercent leurs
facultés et déploient des efforts pour accomplir ou produire
quelque chose. Il nous est parfois difficile de considérer cette
activité comme un «travail» parce que le terme travail
est devenu synonyme d'activité rémunérée.
Par ailleurs, les professionnels du secteur bénévole font
particulièrement attention à la façon dont ils utilisent
le terme «travail» dans le contexte d'une activité
bénévole, puisque la promotion du bénévolat ne doit
jamais être associée à une volonté de supplanter ou
de remplacer des travailleurs rémunérés.
L'inconvénient est que l'on perpétue ainsi la notion que le
travail bénévole est accessoire, superflu et sans
conséquence réelle pour les organismes, leurs clients ou
l'ensemble de la collectivité. Cette notion doit être
corrigée.
Par leurs efforts, les bénévoles accomplissent un
véritable travail. Parfois, leurs activités viennent appuyer et
compléter le travail du personnel rémunéré;
souvent, elles constituent la mission même des organismes en cause.
À titre d'exemple, les bénévoles qui travaillent en milieu
hospitalier viennent en aide au personnel rémunéré :
médecins, infirmiers et infirmières, techniciens; ils fournissent
des services auxiliaires et consacrent à des personnes du temps que les
employés rémunérés ne sont souvent pas en mesure de
leur consacrer. Par ailleurs, les bénévoles qui tiennent le
rôle de Grandes Soeurs et de Grands Frères ou qui font de
l'écoute téléphonique fournissent les services de base de
leurs organismes et ce sont eux qui sont appuyés par des employés
rémunérés.
En règle générale, le bénévolat est et
devrait être considéré comme du véritable travail,
c'est-à-dire comme une activité qui permet d'accomplir ou de
produire quelque chose; il ne devrait jamais être une activité
sans but ou un simple passe-temps. Le travail bénévole doit
être utile pour l'organisme et ses clients, et valable pour le
bénévole(2), qu'il soit
ou non à la recherche d'un emploi rémunéré.
2
Le bénévolat et la santé
Il y a dix ans environ, l'Organisation mondiale de la santé a convenu
d'une nouvelle définition de la santé, définition à
laquelle adhère de plus en plus notre société. La
santé ne désigne plus uniquement le bien-être physique et
l'absence de maladie. La nouvelle notion de santé englobe les aspects
physiques, sociaux, affectifs, mentaux, psychologiques et spirituels du
bien-être. Partout, on préconise de plus en plus des modes de vie
holistiques; on encourage notamment les gens à cesser toute
activité qui nuit à la santé et à rechercher les
activités et modes de vie qui amélioreront la santé sous
tous ses aspects.
Le bénévolat constitue l'une des activités
recommandées et il revêt une grande valeur pour les personnes qui
sont en quête d'un emploi.
Il existe un lien réel et tangible entre le bénévolat
et la santé. Les bénévoles et ceux qui travaillent avec
eux l'ont toujours su. Ce lien est maintenant reconnu dans des travaux de
recherche scientifique; il est documenté et analysé, et il se
révèle quotidiennement dans la vie et le travail des
bénévoles.
«Le bénévolat permet d'accroître l'estime
de soi et la confiance en soi, de ralentir le rythme cardiaque et d'abaisser la
pression artérielle, d'accroître la production d'endorphines, ce
qui induit une sensation accrue de bien-être et de calme, de stimuler le
système immunitaire et le fonctionnement du système nerveux,
d'atténuer le stress de la vie et de surmonter le sentiment d'isolement
social(3).»
La recherche d'un emploi peut se révéler une expérience
brutale dans la conjoncture actuelle. Elle pose des obstacles susceptibles
d'anéantir l'estime de soi et la confiance en soi. Les jeunes, quels que
soient leurs diplômes, mettent souvent beaucoup de temps à trouver
un emploi qui leur permettra de mettre en pratique et de développer
leurs compétences et connaissances nouvellement acquises. Ceux qui ont
perdu leur emploi et qui en cherchent un autre se retrouvent sur le même
marché du travail qu'eux, sauf qu'ils supportent un fardeau additionnel
: beaucoup ont été profondément blessés et
bouleversés par la perte de leur emploi. L'un des principaux bienfaits
du bénévolat, notamment pour ceux qui cherchent un emploi,
réside dans sa capacité inhérente d'améliorer
l'état de santé en permettant plus particulièrement de
bâtir ou de rebâtir l'estime de soi et la confiance en soi, de
ramener les choses à leur juste mesure et de changer d'attitude, ainsi
que d'atténuer le sentiment d'isolement en élargissant le cercle
de connaissances et d'amis.
Le sentiment d'être utile
Les personnes sans travail ont souvent l'impression qu'elles sont inutiles,
que leurs compétences n'intéressent personne et qu'elles n'ont
rien à contribuer. Le bénévolat peut changer tout cela.
Rendre visite à une personne qui est incapable de sortir, organiser une
activité spéciale ou même rédiger un article pour le
bulletin d'un organisme peut donner ou redonner l'impression qu'on a quelque
chose à offrir et qu'on peut faire du bien à des personnes,
à des organismes ou encore à soi-même.
Lorsque vous faites appel aux connaissances spécialisées d'une
personne, connaissances nouvellement acquises dans un cadre scolaire ou
développées au fil des ans, vous pouvez grandement renforcer sa
confiance et son estime de soi. En mettant ses compétences,
connaissances, talents et expérience au profit de votre organisme, vous
lui offrez l'occasion d'exploiter ses acquis, de sentir qu'ils sont
précieux et appréciés et peut-être même de les
utiliser de nouvelles façons. La confiance du bénévole
dans ses propres compétences et connaissances croîtra en
conséquence. Elle améliorera de façons évidentes
ses démarches de recherche d'emploi et pourra même l'inciter
à envisager d'autres voies.
Contrôle et discipline personnelle
L'un des aspects les plus difficiles et angoissants du chômage, et
plus particulièrement du chômage prolongé, réside
dans le sentiment d'avoir perdu la maîtrise de sa propre destinée.
Beaucoup de chômeurs ont l'impression d'avoir peu de choix
véritables et peu ou pas de contrôle. De plus, ils se retrouvent
soudainement sans le train-train et la discipline qu'impose un emploi stable,
le train-train et la discipline qui favorisent normalement la
réalisation d'objectifs et dont l'absence peut être effrayante et
débilitante.
Le bénévolat peut avoir plusieurs effets
bénéfiques. En règle générale, les gens sont
en mesure de déterminer ce qu'ils vont faire, à quelle
fréquence, où et dans quelles circonstances. L'existence de choix
donne un sentiment de contrôle, de liberté. Le fait d'être
chargé d'un travail, de devoir atteindre des buts et des objectifs et
d'avoir des échéances à respecter peut aider ces personnes
à rétablir une certaine routine et une discipline dans leurs
activités.
Il arrive souvent que les bénévoles acceptent des projets dont
ils sont chargés du début à la fin, depuis la
planification jusqu'à l'évaluation, en passant par
l'exécution. Ils en retirent un important sentiment de pouvoir et de
contrôle : «Il y a un travail à faire, et je suis capable de
le faire. Je peux décider de l'exécuter ou de ne pas
l'exécuter et choisir la façon de m'y prendre.»
L'idée de pouvoir choisir et de pouvoir exercer un certain
contrôle sur la planification, la stratégie et les
résultats a d'excellentes chances de renforcer l'estime de soi et le
sentiment d'accomplissement.
Les bénévoles disent toujours qu'ils «retirent davantage
de leurs activités bénévoles que ce qu'ils y
investissent». Ils affirment souvent que l'expérience leur a
procuré une immense satisfaction sur les plans physique, affectif et
intellectuel, tout en les redynamisant sur le plan social. Ceux qui font du
bénévolat dans le cadre de leur quête d'emploi ressentent
cette satisfaction tout aussi vivement. Cette euphorie, le «helper's
high(4)», découle
essentiellement du fait que l'activité est exécutée
librement, sans pression ni contrainte, et qu'elle permet de collaborer avec
d'autres au lieu de travailler seul.
Il convient de mentionner également les possibilités qu'offre
le bénévolat d'améliorer son état de santé
physique. Bon nombre d'activités bénévoles ont une
composante physique plus ou moins grande qu'il s'agisse
d'entraîner une équipe de baseball ou d'emmener des enfants se
baigner, ou encore de courir, de marcher, de faire de la bicyclette ou encore
de participer à des jeux en fauteuil roulant dans le cadre de campagnes
de collecte de fonds et elles aident ceux qui les exercent à
améliorer leur propre condition physique. Le lien entre le corps et
l'esprit est bien établi : les personnes qui sont physiquement en forme
sont plus susceptibles de se sentir bien dans leur peau et, inversement, les
personnes qui se sentent bien dans leur peau sont plus susceptibles de
s'adonner à des activités physiques.
L'euphorie que ressent le bénévole peut agir tout autant sur
sa santé physique que sur sa santé mentale. «Une analyse de
l'expérience de plus de 1 700 femmes qui se livraient
régulièrement à des activités
bénévoles, effectuée par l'Institute for the
Advancement of Health de la ville de New York, a
révélé que le bénévolat avait pour effet de
soulager des troubles physiques tels que maux de tête, extinctions de
voix, douleurs causées par le lupus et la sclérose en plaques,
ainsi que dépression(5).»
En somme, le bénévolat fournit des occasions de mettre le
corps, l'esprit et le coeur en forme et d'améliorer
considérablement l'état de santé, à tous les
niveaux.
Le bénévolat,
source de développement
et du maintien
des compétences
DANS SON OUVRAGE INTITULÉ THE THREE BOXES OF LIFE: AN INTRODUCTION
to Life/Work Planning, Richard Bolles classe les compétences dans
trois catégories : lautogestion, les compétences de contenu
professionnel, et les compétences utilitaires. Le
bénévolat aide à acquérir, à entretenir, et
à améliorer des compétences dans chacun de ces domaines.
Ils'agit des compétences liées à notre façon de
nous entendre avec autrui, de composer avec l'autorité, de régir
notre comportement et daccomplir des taches (p ex, la
débrouillardise, lingéniosité, linitiative, la
persévérance, la loyauté, la fiabilité).
Évidemment, le bénévolat offre loccasion
déprouver et de développer ces compétences. Le
travail auquel elles sappliquent exige fréquemment de moyens
ingénieux de résoudre des problèmes et la prise
dinitiative lorsque loccasion lexige. Les
bénévoles sont des membres intégrés de
leffectif dun organisme, et lon dépend deux pour
accomplir les tâches qui leur sont assignées.
Ce sont les compétences ayant un contenu professionnel ou
spécifique auxquelles nous faisons appel pour maîtriser un
vocabulaire, une marche à suivre ou un sujet donné(6)
(p ex, apprendre une langue, démonter et réparer un
ordinateur ou connaître les règles du baseball).
Bien des personnes bénévoles oeuvrent dans un organisme
où certaines taches ne leur sont pas familières. Pour
accomplir leur travail, ces personnes bénévoles doivent
développer de nouveaux outils de travail qui sapparentent au
travail de lorganisme. Un entraîneur de baseball
bénévole doit apprendre les règles du baseball; une
bénévole avec une ligne de détresse doit apprendre les
techniques et les compétences qui la permettra à écouter
effectivement pour aider une personne qui subit une crise. Un
bénévole dans un centre de données doit se familiariser
avec la base de données et le logiciel pour informer ses clients Ces
compétences sont particulières à la tâche
quentreprend le bénévole.
Ce sont les compétences quil nous faut et que nous utilisons
pour composer avec «les grands éléments de la vie de tous
les jours, nommément les données (ou linformation), les
personnes et les choses(7)». Les
compétences fonctionnelles font appel à des verbes daction,
pour décrire comment on agit à légard de
linformation, des personnes et des choses, nimporte la situation
où on travaille. Elles comprennent des compétences telles la
supervision, la négociation, lanalyse, le calcul, la consultation,
le montage et réglage des machines-outils, et le traitement de
linformation.(8) Par exemple, on
peut être un superviseur expérimenté. Cette
compétence, la supervision, peut sexercer dans beaucoup de
situations éventuelles. De même, les compétences en analyse
peuvent embrasser un vaste champ de diverses données.
Quelques compétences qui peuvent se
transférer
du travail rémunéré au travail bénévole
On peut donc considérer une compétence par elle-même, en
la faisant passer dun milieu de travail à un autre ou dun
domaine de travail à un autre. Ce type danalyse permet de cerner
quelles activités bénévoles font appel à des
compétences données et seraient une occasion de perfectionnement,
et il aide à cerner différents domaines demploi possibles.
Les organismes du secteur bénévole cherchent des
collaborateurs capables de les aider à devenir de plus en plus efficaces
et efficients, à répondre à une demande croissante et
à planifier lavenir. Les bénévoles ayant des
compétences particulières sont en mesure daccomplir ce
travail, de le compléter ou de le parfaire en offrant des services
à la clientèle de lorganisme, en même temps
quils mettent en pratique leurs compétences, quils les
développent et les maintiennent.
Si le secteur bénévole la tient pour acquise, bien des gens
par contre sétonnent de la diversité des tâches
bénévoles qui existent ainsi que des types et niveaux de
compétences requis pour accomplir ces tâches. En fait, les types
de compétences requis et prisés chez un employé
rémunéré et un bénévole sont souvent les
mêmes. Voici quelques exemples pour illustrer ce point.
Marketing
Les organismes du secteur bénévole cherchent à mieux
faire connaître leurs programmes et services à leurs clients, au
gouvernement et à lensemble de la population. Les personnes qui
possèdent des compétences dans le domaine du marketing,
quelles soient nouvellement acquises ou le fruit dune longue
expérience, peuvent aider les organismes à faire le bilan,
à définir leurs objectifs, à évaluer leurs
ressources, ainsi quà élaborer et exécuter un plan
de marketing.
Informatisation et échange électronique de
données
La plupart des organismes du secteur bénévole sont
déjà informatisés ou sur le point de le devenir, et la
multitude de choix et de décisions à laquelle ils font face est
souvent déroutante et accablante. Les personnes qui possèdent des
connaissances spécialisées en informatique peuvent aider les
organismes à déterminer quels sont leurs véritables
besoins, quel objectif elles aimeraient atteindre dans cinq ans et quelles
décisions sont les plus rentables. En outre, ces bénévoles
sont en mesure de mettre des systèmes sur pied, de former le personnel
et doffrir des conseils sur déventuelles expansions.
Administration, gestion, évaluation
Les organismes du secteur bénévole, de charité et
à but non lucratif, sont perçus comme étant
complètement différents des entreprises du secteur privé.
En fait, la plupart sont gérés à la manière des
entreprises et ils embauchent des gestionnaires qualifiés. Quoi
quil en soit, bon nombre dorganismes bénévoles
pourraient tirer profit des connaissances spécialisées de
personnes ayant une formation en gestion, en administration ou en
évaluation.
Bibliothèque et recherche
Linformation constitue une composante essentielle du travail de tout
organisme. Laccès à des données utiles,
complètes et compréhensibles peut considérablement
accroître la capacité de servir la clientèle.
Bibliothécaires et chercheurs qualifiés peuvent aider les
organismes à mettre au point des bases de données pertinentes qui
appuieront, aménageront et amélioreront leurs façons de
procéder.
Il sagit là de quatre exemples plutôt évidents de
façons dont les bénévoles peuvent perfectionner leurs
compétences tout en offrant leurs services à des organismes et
à leurs clients. En y réfléchissant un peu, on trouvera
dautres possibilités, moins évidentes, dont celle qui suit.
Le responsable des achats dune entreprise manufacturière est
licencié. Rares sont les organismes du secteur bénévole
qui requièrent les services dacheteurs; toutefois, un organisme
pourrait exploiter pareilles compétences pour rationaliser et regrouper
ses achats déquipement et de fournitures. Lacheteur
bénévole serait en mesure daider un certain nombre
dorganismes à mettre au point un mécanisme dachats
groupés, qui leur permette daccroître leur efficience et de
réduire leurs coûts. Ou encore. il pourrait aider les organismes
qui exploitent des entreprises à améliorer leurs décisions
relatives aux achats et leurs méthodes de contrôle des stocks. Une
autre façon totalement différente dexploiter les
compétences de ce responsable des achats serait de lui confier la
tâche daider des clients de lorganisme à
établir leur budget personnel ou familial.
La démarche consiste ici à cerner les diverses competences de
chacun et à trouver de nouvelles façons de les mettre à
profit. Lun des principaux avantages de cette démarche est que,
plus une personne découvre de nouvelles façons dutiliser
ses compétences, plus elle élargit léventail des
débouchés possibles et, du même coup, ses
possibilités demploi.
Quelques compétences qui peuvent se
transférer
du travail bénévole au travail rémunéré
On a réalisé aux États-Unis, en 1985, un projet de
recherche sur le perfectionnement des compétences professionnelles dans
le cadre du bénévolat et on a pu dégager une liste(9) de compétences polyvalentes que les
bénévoles avaient acquises ou perfectionnées dans le cadre
de leurs activités bénévoles :
- Arts et métiers
- Puériculture
- Travail de bureau/Secrétariat
- Éducation
- Finances
- Soins de santé
- Arts ménagers
- Gestion
- Mécanique
- Affaires publiques
- Relations publiques
- Recherche
- Domaines technique et professionnel
Les conclusions de lEnquête sur le bénévolat
qui a été menée en 1987 au Canada sont venues
confirmer ces résultats en précisant que «3,4 millions de
bénévoles (70 p 100) estiment que lapprentissage de
nouvelles compétences constitue une caractéristique importante de
leur travail. Ils acquièrent entre autres : des connaissances techniques
reliées au travail de bureau, des compétences en matière
de gestion, dorganisation, de communications, de relations
interpersonnelles, de collecte de fonds, ainsi que des connaissances
spécialisées dans divers domaines. De nombreux
bénévoles (353 000) ont pu transférer ces
compétences directement dans leur travail rémunéré.
De plus, pour 44 p. 100 des personnes interrogées, il importait que le
travail bénévole leur donne loccasion
daméliorer leurs perspectives demploi».(10)
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