Patrimoine canadien

Ce qu'il faut rechercher et comment obtenir les données dont on a besoin

Entrez en contact avec les entreprises que vous avez sélectionnées et renseignez-vous à leur sujet avant de leur présenter une demande.

Ce type de recherche est essentiel, car les sociétés se plaignent de plus en plus de ce qu'un grand nombre des demandes de subvention qu'elles reçoivent sont inappropriées et une perte de temps pour tout le monde.

«Les quelque 600 demandes de dons que nous recevons sont toutes examinées, et toutes bien accueillies, mais les deux tiers ne respectent pas nos lignes directrices», déclare M. J.D. (Jim) Rennie de Ressources Gulf Canada Limitée. Dans la brochure sur la politique d'aide de la société, les priorités sont énoncées très clairement. Les demandes de moins de 1 000 $ présentées par des collectivités à l'extérieur de Calgary sont traitées directement par les bureaux locaux. Voici ce qu'on peut lire dans le rapport annuel de la société : «En 1992, Gulf a investi 600 000 $ dans les collectivités canadiennes, dont environ 45 p. 100 dans la santé et le bien-être, près de 20 p. 100 dans l'éducation et le reste dans des causes défendant le civisme, la culture, l'environnement et d'autres domaines. Sur le plan international, par exemple en Russie, le soutien communautaire est fourni par l'intermédiaire d'un fonds de développement social qui est financé par la coentreprise KomiArcticOil».

À la société Nestlé Canada Inc., Mme Wendy Parke, spécialiste des affaires organisationnelles, affirme recevoir 3 000 demandes par année, mais souligne qu'il y a un «dédoublement incroyable entre les différents niveaux d'une même organisation, soit les niveaux de district, national, régional et autres».

Une bonne partie des demandes de subventions sont aussi rejetées à la sociétéGendis Inc. de Winnipeg, qui distribue les produits Sony à l'échelle nationale. Selon M. G. Allan MacKenzie, président-directeur général de la société : «Il s'agit d'idées de rêves, complètement farfelues». Toutefois, Gendis répond favorablement à 70 p. 100 des demandes qu'elle reçoit.

La situation est la même en ce qui a trait aux demandes présentées à l'Association de bienfaisance du Canadien Pacifique. L'Association reçoit 1 000 demandes par année. Selon Mme Hollie L. Zuorro, responsable des dons, «un grand nombre de ces demandes sont de très piètre qualité. On n'y trouve ni nom, ni adresse, numéro d'organisme, buts, objectifs, réalisations ou raisons de la sollicitation. Les clients ni le domaine de service n'y sont définis. N'y sont pas expliquées non plus les affiliations locales, régionales ou nationales».

Quels conseils le Canadien Pacifique donnerait-il aux organismes communautaires pour les aider à obtenir du financement? «Ayez une vision réaliste des besoins de la collectivité, et faites état de ces besoins ouvertement dans votre demande. Nous recevons trop de demandes pour des services qui se recoupent. Formez des alliances et des associations avec les organismes semblables aux vôtres».

Comment obtient-on l'information dont on a besoin? La meilleure chose à faire est de téléphoner. Si vous ne pouvez téléphoner, écrivez pour obtenir les renseignements requis. Voici les questions précises à poser.

À qui dois-je m'adresser? Ne supposez pas que c'est au président qu'il faille s'adresser (bien que cela puisse être le cas). S'il existe un programme géré par le personnel, les décisions sont déléguées et il est très peu probable que vous obtiendrez du financement sans le soutien du personnel responsable, sauf dans des circonstances particulières.

Ne supposez pas qu'il faut demander au Service des relations extérieures (bien que cela puisse être le cas). Les gens qui y travaillent ont l'habitude de dire non poliment, mais ils ne connaissent peut-être pas la voie à emprunter pour dire «oui».

Ne supposez pas que c'est au Service du marketing ou de la publicité (bien que cela puisse être le cas). Souvent ces services évaluent les demandes seulement en fonction des avantages pour l'entreprise. Ils vont comparer votre proposition aux annonces des magazines pour lesquelles ils dépenseraient les mêmes sommes afin de voir ce qui est le plus rentable.

Demandez à la téléphoniste ou à la réceptionniste de vous dire qui s'occupe des dons dans la société. Si elle ne le sait pas, demandez à parler à la secrétaire du président. Attendez-vous à voir votre appel transféré plus tôt que vous ne vous y attendez et à avoir soudainement le responsable des dons au bout du fil.

Qui est la personne responsable des dons? Selon une étude effectuée par le University of Toronto Career Centre en 1990, les équipes chargées d'administrer les dons dans les sociétés sont très restreintes, puisqu'elles comptent généralement une à trois personnes. À la Compagnie pétrolière impériale Ltée, qui figure parmi les entreprises les plus généreuses, trois employés du bureau de Toronto s'occupent de près de la moitié des dons. Toutefois, ils consacrent la moitié de leur temps à cette activité, l'autre moitié aux affaires publiques.

L'Association de bienfaisance de la Compagnie pétrolière impériale Ltée reçoit plus de 10 000 demandes de financement chaque année, soit environ une demande toutes les 10 minutes, chaque jour ouvrable. L'Association a répondu favorablement à quelque 800 demandes et distribué près de 5,2 millions de dollars en 1993. Cette somme correspond à peu près à la moitié des 10,5 millions de dollars donnés à l'échelle du Canada en 1990.

Alors que les entreprises avaient l'habitude de réserver la fonction de responsables des dons à des cadres supérieurs sur le point de prendre leur retraite, elles les confient aujourd'hui à des personnes plus jeunes, notamment des femmes. Les entreprises ont tendance à promouvoir des employés déjà en place à ces fonctions et le roulement de personnel est habituellement très lent.

Généralement parlant, les employés chargés de cette responsabilité appartiennent aux Services des ressources humaines, des relations extérieures ou des affaires publiques. La gestion des fonds réservés aux dons constitue en fait une partie minime du travail de ces personnes.

Quel est le nom exact de l'entreprise? Vérifiez l'orthographe. Demandez si le nom finit par «ltée» ou «inc.». Est-ce qu'il faut y ajouter «du Canada» ou toute autre précision? Le nom comprend-il un trait d'union, ou une apostrophe ou une autre particularité?

Comment les personnes clés épellent-elles leur nom? Quel est leur titre exact? Un cadre signale qu'un grand nombre de lettres sont adressées à son prédécesseur qui est mort il y a sept ans. Supposez que toute l'information figurant dans un guide ou un annuaire (y compris celui- ci) peut ne plus être à jour au moment où vous le consulterez.

Téléphonez pour vérifier les données pertinentes de nouveau à la dernière minute, juste avant de poster votre demande, parce qu'il y a des changements très fréquents de noms, même de noms d'entreprises. Demandez ce renseignement à une secrétaire, et non à un cadre qui pourra avoir l'impression que vous lui faites perdre son temps qui est précieux.

Les entreprises ont-elles des lignes directrices ou un formulaire de demande? Les donateurs importants vous enverront un dépliant ou une brochure contenant des renseignements détaillés sur les causes qu'ils appuient et n'appuient pas et sur la façon de présenter une demande. La Banque Royale, par exemple, publie une brochure de plusieurs pages énumérant tous les organismes sans but lucratif à qui elle a donné plus de 500 $. On pourra se procurer des documents utiles auprès des sociétés Shell, Esso, Ressources Gulf Canada, la Fondation John Labatt et de nombreuses autres organisations.

Bon nombre d'entreprises ont des lignes directrices internes, mais n'aiment pas les divulguer. Elles craignent que les organismes sans but lucratif n'essaient d'adapter leurs demandes de façon à les rendre conformes à ces lignes directrices, ce qui leur compliquera la tâche lorsqu'il s'agira d'éliminer les demandes non appropriées. Quelques sociétés acceptent que leurs responsables donnent leurs lignes directrices au téléphone ou en personne, mais pas sous forme écrite.

Quels sont les orientations ou les domaines d'intérêt particuliers des sociétés? La plupart n'en ont pas. Si elles ne s'intéressent qu'aux arts, et que vous n'avez pas un projet artistique, vous feriez mieux de ne pas insister à moins que vous ne disposiez d'un autre avantage marqué.

La Société canadienne des postes, par exemple, reconnaît la valeur de l'alphabétisation pour les individus et la société. Plus de 50 p. 100 de son budget d'aide est consacré à l'alphabétisation.

Levi Strauss & Co (Canada) est très intéressée par les questions liées à l'emploi et à la qualité de vie.

Certaines sociétés pourront ne financer que des projets; d'autres ne donner qu'à des campagnes de souscription; d'autres encore faire seulement des dons uniques. Souvent, les banques donnent un pourcentage du budget des organismes. Certaines sociétés peuvent ne préférer que les projets nationaux et d'autres que les projets d'envergure régionale.

De quelle importance en général sont les subventions? Si vous demandez 500 $ et que la subvention moyenne est de 8 000 $, vous ratez une occasion en or. Il ne sert à rien non plus de demander beaucoup plus que la société n'a l'habitude de donner. Indiquez le montant que vous espérez obtenir. Il est tentant de ne pas le faire, par crainte de commettre une erreur. Toutefois, il vaut mieux indiquer un montant.

Quelle est l'échelle des dons? La subvention moyenne peut être de 8 000 $, mais la société peut donner entre 500 $ et 50 000 $. Dans quelles circonstances la société accorde-t-elle d'importantes subventions?

Quelle est la meilleure approche à adopter? La société va-t-elle vous permettre de présenter un exposé en personne ou n'accepte-t-elle que les demandes écrites? Y a-t-il des renseignements particuliers qu'elle souhaite obtenir?

À quel moment faut-il solliciter une entreprise? Donne-t-elle presque tous les fonds au début de l'année financière (habituellement avril ou mai) de sorte que vous devez présenter votre demande en mars, ou devez-vous présenter votre demande en janvier pour qu'elle soit traitée à temps? Certaines sociétés divisent le budget en quatre et effectuent des dons chaque trimestre. Certaines sociétés donnent tout au long de l'année.

En cas de doute, présentez votre demande à l'automne ou au début de l'hiver. Les entreprises dotées d'un budget d'aide établissent souvent l'affectation des fonds plusieurs mois avant le début de l'année financière. Renseignez-vous donc tôt. Mieux encore, renseignez-vous au moins une année à l'avance.

Pouvez-vous obtenir une aide autre que financière même si vous n'êtes pas admissibles à une subvention en argent? On pourrait vous aider par exemple au moyen de produits, d'équipement ou de matériel excédentaire, de détachements d'employés, de services d'impression, etc.

L'entreprise encourage-t-elle ses employés à travailler bénévolement? Plus de la moitié des entreprises ayant répondu au sondage effectué par l'IRDAP en 1992 sont dotées de politiques précises à cet égard.

La Royale du Canada, Compagnie d'assurance, par exemple, a invité son personnel à une démonstration donnée par La Popote Roulante au centre-ville de Toronto. Environ 80 employés se sont portés volontaires pour livrer des repas durant leur heure de lunch, et l'entreprise continue d'encourager ce type d'activité bénévole.

La Fondation John Labatt est allée un peu plus loin avec son programme Tous à l'oeuvre qui aide les organismes de bienfaisance à engager des étudiants dans le cadre de projets d'été qui «bénéficient aux démunis et à la collectivité canadienne». À l'été de 1992, 140 emplois étaient créés dans le cadre du programme auprès d'organisations comme l'Association canadienne pour l'intégration communautaire, Canards Illimités, l'Association canadienne pour la santé mentale, Pollution Probe et l'Institut national canadien pour les aveugles, pour n'en nommer que quelques-unes. Les sommes accordées par la Fondation au programme Tous à l'oeuvre sont appariées par le gouvernement fédéral du Canada».

Les entreprises vont-elles donner une liste des organismes subventionnés, même partielle? La plupart des entreprises ne le font pas, mais elles pourront vous citer un ou deux noms.

Vous pourriez aussi obtenir cette information indirectement en demandant à d'autres organismes sans but lucratif de vous dire de qui ils ont obtenu leurs subventions, en surveillant les médias, et même en lisant les rapports annuels des organismes de bienfaisance, les programmes-souvenir des concerts et les plaques sur les murs des édifices des organismes sans but lucratif. Si vous savez à qui une société a donné de l'argent, vous pourrez parler aux personnes responsables et vous renseigner sur les particularités et les méthodes d'approche spéciales.

Vous serez peut-être surpris de constater la facilité avec laquelle les collecteurs de fonds d'autres organismes acceptent de partager l'information qu'ils détiennent. Fournir les noms de donateurs de qui vous avez reçu de l'appui peut sembler inquiétant : s'il fallait qu'un autre organisme présente une demande de subvention plus intéressante et que vous soyez exclus? En fait, la coopération entre les organismes de même type est la meilleure façon de renforcer tout le monde. Vous pourriez peut-être perdre à l'occasion mais vous gagneriez sans doute plus souvent.

Existe-t-il dans l'entreprise des programmes d'aide distincts pour celle-ci et le personnel? Souvent il existe un programme financé par les profits de l'entreprise et un autre par les contributions des employés. Vous pourriez obtenir des fonds des deux parties. Vous pourriez aussi obtenir de l'aide des syndicats et des personnes.

Les sociétés qui n'ont pas de systèmes officiels de subventions

Même si l'entreprise n'a pas de programme de subvention précis, ne perdez pas espoir, vous pourriez quand même obtenir une contribution. Voici les indicateurs à rechercher :

Est-ce que l'entreprise a un programme d'action positive, ou des programmes spéciaux d'embauche des handicapés ou des programmes d'équité en matière d'emploi?

A-t-elle financé des manifestations dans la collectivité qui sont liées à votre cause?

A-t-elle reçu des prix parce qu'elle était une société responsable?

Les organismes de bienfaisance et les sociétés ont un point de vue différent sur ce qui motive à donner

Les organismes sans but lucratif voient souvent d'un mauvais oeil les entreprises donatrices. Les organismes communautaires peuvent être méfiants à l'égard des sociétés, voire leur être hostiles. Une étude effectuée sur les organismes artistiques fournit des données intéressantes sur ce phénomène. Les organismes artistiques ne sont peut-être pas typiques de tous les organismes sans but lucratif, mais leur attitude l'est probablement.

«Les organismes artistiques croient que les entreprises soutiennent les arts principalement parce que cela leur rapporte, bien que la plupart des dirigeants d'entreprises disent que cela est faux - ils appuient les arts principalement pour le bénéfice de la société». Ces opinions conflictuelles ont été révélées dans une étude effectuée pour le Conseil pour le monde des affaires et des arts du Canada par le groupe Angus Reid, en septembre 1992.

Perception des organismes artistiques quant aux raisons pour lesquelles les entreprises appuient les arts

Avantages pour l'entreprise

92 %

Avantages pour la société

64 %

Permanence des relations

48 %

Plus grande diffusion des arts

48 %

Établissement de liens

44 %

Relations avec les conseil d'administration
ou les chefs de direction

36 %

Éducation du monde des affaires et des arts

16 %

Raisons pour lesquelles les entreprises appuient les arts

Responsable
des dons

Directeur
du marketing

Avantages pour la société

85 %

65 %

Plus grande diffusion des arts

69 %

59 %

Permanence des relations

51 %

65 %

Avantages pour l'entreprise

48 %

48 %

Éducation du monde des affaires et des arts

42 %

43 %

Établissement de liens

36 %

19 %

Relations avec les conseils d'administration
ou les chefs de direction

33 %

38 %

L'extrait suivant d'une entrevue avec un cadre principal de Xerox résume assez bien l'attitude de nombreuses entreprises en ce qui concerne les dons aux organismes sans but lucratif :

«Les dons des entreprises aux organismes de bienfaisance sont bons pour les affaires», de dire un cadre.

La philanthropie ne permet pas seulement aux entreprises de se sentir bien, elle les aide à faire marcher les affaires... M. Harry Cogill, directeur des Relations publiques à la société Xerox Canada Ltée, dit que les entreprises doivent s'efforcer d'être conscientes de leurs responsabilités sociales afin d'éviter les réactions négatives possibles des parties intéressées.

«De nos jours, les entreprises prospères savent que les actionnaires ne représentent pas le seul groupe devant lequel elles doivent répondre de leurs actes, de dire M. Cogill. Elles se rendent compte que leurs affaires sont suivies de très près par bon nombre de personnes, notamment les employés, les fournisseurs, les clients et le public en général».

Mais, selon M. Cogill, en se taillant une bonne réputation, les entreprises peuvent également s'attirer des récompenses financières tangibles.

«À court terme, vous vous attirez le respect et la loyauté de la collectivité, donc de nombreux clients actuels et éventuels, de dire M. Cogill. En outre, puisque de nos jours les gens fondent plus que jamais leurs décisions d'affaires sur des questions d'éthique, votre réputation à titre d'entité humanitaire, engagée et morale est un grand avantage».

- écrit par M. Bob Papoe

The Toronto Star, le 23 mai 1991

Qui connaît qui : à la recherche des relations

Avez-vous des liens personnels avec l'entreprise? Il n'est pas toujours nécessaire d'user de votre influence pour obtenir une subvention; cette façon d'agir pourrait même se retourner contre vous, sauf que le plus souvent, elle vous sera d'un grand secours. Si l'entreprise n'offre aucun programme officiel de subvention, il peut être essentiel de connaître quelqu'un à la tête de l'entreprise.

N'oubliez pas que les gens donnent pour les gens. Ce ne sont pas les sociétés qui font des dons en argent, mais bien les gens qui en font partie. Il se pourrait que vous deviez cultiver vos relations.

Bon nombre d'organismes supposent qu'ils ne connaissent aucune personne parmi les gros bonnets et abandonnent la partie trop vite. Ne sous-estimez pas l'importance des relations qui ont été nouées avec des «petits bonnets». Ne soyez pas surpris si des membres de votre organisme ont des relations (ténues parfois) dont vous ne vous doutiez même pas.

Les personnes oeuvrant au sein de petites collectivités, loin des sièges sociaux des entreprises, ou dans des groupes d'handicapés ou de personnes placées dans des établissements, ou encore dans des groupes d'entraide, ont souvent l'impression de ne connaître personne. Des obstacles sociétaux les coupent trop souvent des cercles influents.

Avec les années, on s'est rendu compte que la plupart des organismes ont déjà (ou peuvent établir) un réseau plus étendu que celui qu'ils s'imaginaient avoir au départ.

Une méthode a été mise au point et utilisée souvent pour aider les gens à se rappeler les relations qu'ils avaient établies, mais qu'ils avaient oubliées. Grâce à un sondage minutieux auprès du conseil d'administration, des membres, des amis et de la famille, il est possible de mettre à jour un réseau étonnant de connaissances.

Pour maximiser les résultats du processus, il est préférable de s'adresser d'abord à chacun dans le cadre d'un entretien particulier, puisque les gens peuvent hésiter à révéler publiquement le nom de leurs relations. Par la suite, une séance de remue-méninges en groupe peut leur permettre de se rappeler certaines relations oubliées.

Il n'est pas nécessaire que tous sollicitent personnellement les personnes qu'ils connaissent (bien que ce soit préférable); rassurez-les à ce sujet. Il n'est même pas nécessaire de mentionner leur nom au donateur éventuel, s'ils ne le souhaitent pas.

Demandez-leur s'ils connaissent des personnes au sein des sociétés que vous mentionnez, que ce soit de près ou de loin, ou peu importe à quel niveau de l'échelle administrative.

Il est préférable d'axer vos efforts sur un nombre restreint de secteurs en demandant aux membres de votre équipe s'ils connaissent des gens dans des catégories précises comme le domaine bancaire (la majorité des gens ont un compte en banque) ou celui des produits pétroliers (la majorité des Canadiens possèdent une automobile), ou s'ils connaissent des avocats, des professeurs, des gens dans le domaine de la restauration rapide, etc. Il faut leur rafraîchir la mémoire en leur demandant de penser aux endroits où ils ont rencontré des gens : à l'école, à des conférences ou en vacances, à la garderie (d'autres parents) et ainsi de suite. N'oubliez pas la parenté et les voisins.

Pour de plus amples renseignements sur la façon de diriger une séance destinée à tisser un réseau, reportez-vous au répertoire des références, et demandez un exemplaire gratuit de Face à Face auprès de la Direction du soutien aux organismes volontaires.

Certains employés de la société font-ils du bénévolat au sein de votre organisme? Comptent-ils parmi vos clients? Les sociétés sont davantage poussées à appuyer les organismes pour lesquels leurs employés ont manifesté un intérêt. Bon nombre de sociétés ont élaboré des politiques précises selon lesquelles elles fourniront un appui si un tel intérêt existe. Parmi celles-ci, mentionnons : Compagnie des pétroles Amoco Canada Ltée, Compagnie canadienne d'oxygène Ltée, Canadien Pacifique Ltée, Ressources Gulf Canada Limitée, Hewlett-Packard (Canada) Ltée, Banque Nationale du Canada, Nestlé Canada Inc. ainsi que Suncor Inc.

Comme bon nombre de sociétés, The Investors Group Inc., établi à Winnipeg, a mis au point un programme de dons de contrepartie. «Tous les employés à temps plein et permanents à temps partiel ainsi que les représentants des ventes et les retraités peuvent y participer... La société fera un don dont la somme sera égale à celle que les employés et les administrateurs auront versée, jusqu'à concurrence de 500 $ par année pour chaque employé ou administrateur. Le montant minimum applicable est de 50 $... Si un employé occupe un poste de responsable au sein de l'organisme en cause, la Société pourra considérer la possibilité d'augmenter la somme pour la porter à un maximum de 1 000 $». Elle pourra également offrir jusqu'à 2 000 $ en subventions à un organisme au sein duquel un de ses employés ou un membre de sa famille immédiate fait du bénévolat depuis au moins six mois. Si trois employés ou plus font du bénévolat au sein de l'organisme, le montant de la subvention peut atteindre 3 500 $.

Les organismes de santé et de services sociaux doivent faire preuve de prudence afin de ne pas violer les règles de la confidentialité en révélant à la Société le nom des employés qu'ils ont aidés, mais ils pourraient en parler en termes généraux.

Est-ce que des personnes au sein d'une société se sentent visées par votre cause pour des raisons personnelles? Ces faits ne sont peut-être pas très connus, mais ils peuvent vous mettre sur la piste de donateurs éventuels.

Un membre de la famille Eaton, par exemple, a souffert d'une perte d'audition et, depuis, M. John Craig Eaton est président du conseil de la Société canadienne de l'ouïe au sein de laquelle il fait activement du bénévolat.

La chaîne d'hôtels Le Quatre Saisons est dotée d'un programme de dons bien établi. Mais, en outre, son président fondateur, M. Issy Sharp, a perdu un fils qui est mort du cancer, et a fait bon nombre de dons personnels à des organismes qui luttent contre cette maladie (voir le Toronto Life, mai 1986, page 25, pour une description intéressante).

Connaissez-vous un des principaux fournisseurs ou clients d'une société? Ils peuvent user de leur influence auprès de celle-ci en votre faveur. Cette façon de procéder peut s'avérer particulièrement efficace si la société n'a pas élaboré une politique précise en matière de dons. Un jour, un cadre supérieur travaillant au sein d'une société de renom mondial a souligné que, puisque McDonald était le client le plus important de sa société, il faisait des dons à tous les organismes de bienfaisance parrainés par la direction de McDonald avant d'étudier les autres demandes de don.

À l'heure actuelle, si vous comptez des alliés dans le secteur privé (des entreprises, des fondations ou des personnes bien en vue), demandez-leur s'ils veulent jouer un rôle actif au sein de votre organisme et vous aider à obtenir davantage de dons. Il se peut très bien qu'ils connaissent d'autres fournisseurs de fonds. Ils pourraient vous faire part de ces renseignements ou faire des appels en votre nom.

Les personnes qui sont prêtes à jouer ce rôle vous aideront davantage si elles agissent comme «courtier» pour vous. Faites parvenir une demande de don sur leur papier à en-tête est une bonne façon de s'y prendre, mais il est préférable qu'elles communiquent par téléphone avec leurs connaissances ou qu'elles leur rendent visite.

Après tout ce travail, si vous avez toujours l'impression que vous êtes dépourvus de relations à qui vous pourriez vous adresser, il est encore possible d'en établir. Adressez-vous à des personnes sympathiques à votre cause et qui pourraient établir des relations pour vous, comme un journaliste, un politicien de votre région, un médecin ou un avocat. Communiquez également avec des professeurs du collège de votre région ainsi qu'avec les collecteurs de fonds (membres du personnel ou bénévoles) d'un organisme de bienfaisance ou d'un club philanthropique de votre région. Donnez-leur un coup de fil et demandez-leur de vous laisser la possibilité de décrire votre cause et de vous aider à trouver des appuis éventuels.

Est-ce que des personnes de l'extérieur pourraient prendre le pouvoir au sein de l'organisme?

Souvent, les groupes d'entraide dirigés par les consommateurs réfléchissent longuement avant de donner trop de pouvoir à des alliés de l'extérieur. Il faut trouver le juste milieu entre l'indépendance et une association appropriée avec des gens qui peuvent user de leur influence en votre faveur.

Vous pouvez tirer parti des deux formules. Une bonne façon de s'y prendre est de former une équipe de travail spéciale, comme un comité honoraire, un comité d'amis ou même une fondation juridiquement distincte.

Ceci permet aux gens de vous aider à amasser de l'argent et de prendre part à d'autres tâches importantes. Le pouvoir réel permettant de diriger l'organisme peut demeurer entre des mains distinctes. Le groupe spécial relève du conseil d'administration duquel il est comptable.

Ce processus pourrait-il être trop long? Il faudra peut-être compter plusieurs années avant d'arriver à véritablement former un comité honoraire efficace, composé des personnes qui vous intéressent le plus. Chaque année, de nouveaux membres peuvent vous introduire dans des cercles influents, ce qui vous permettra de monter dans l'échelle, un barreau à la fois. En attendant, cette démarche peut toujours s'avérer très utile.

Les problèmes sociaux auxquels font actuellement face les organismes communautaires et les personnes handicapées ne sont sans doute pas à la veille d'être réglés. Les membres actuels, le personnel et les administrateurs pourront épouser d'autres causes, mais l'organisme survivra pour aider de nouvelles générations. Le fait de commencer dès maintenant à établir des relations au sein de groupes entraînera des répercussions immédiates sur les recettes. En même temps, vous poserez les fondations de votre organisme pour l'avenir.

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      Dernière révision : 1998/10/27
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