Patrimoine canadien

Le choix des idées :
les atouts à exploiter
et les écueils à éviter


Il existe des milliers d'idées d'activités, mais il est essentiel de trouver laquelle convient à votre organisme. Vous trouverez ci-dessous les principaux facteurs dont vous devrez tenir compte. Vous pourrez en ajouter d'autres.

La bonne idée ira de pair avec :

  • Les ressources humaines (les volontaires et le personnel)
    • Talents
    • Temps dont on dispose
    • Intérêts
    • Contacts
  • Les ressources financières
    • Argent nécessaire pour payer les frais de démarrage
    • Objectifs visés à l'égard des recettes nettes
  • L'image que reflète l'organisme
    • Attitude que l'on veut adopter
    • Restrictions d'ordre moral
    • Message précis que l'on veut communiquer
    • Caractère (sérieux ou léger)
  • L'assistance visée
    • Intérêts
    • Disponibilité
    • Capacité de payer ou de donner
    • Relations à long terme
    • Considérations d'ordre démographique (âge, sexe et revenu)
  • Le moment choisi
    • Période de planification
    • Activités concurrentielles
    • Saison propice

QUELLE BONNE IDÉE VOUS AVEZ LA!

Trop d'organismes gaspillent leurs énergies créatrices à chercher de nouvelles idées qui peuvent très bien ne donner aucun résultat. Dans le domaine de la collecte de fonds, ce n'est pas l'originalité qui importe, c'est la productivité.

Certaines idées perdent tous leurs effets parce qu'on en abuse, mais cela ne se produit pas aussi souvent que la plupart le pense. Il vaut mieux réussir avec une idée ayant fait ses preuves qu'échouer avec une nouveauté.

Ne volez cependant pas les idées des autres organismes. Cette façon de procéder est immorale et l'activité reprise se révélera peut- être improductive. L'activité qui marche bien dans votre collectivité pourrait ne rien donner si vous la repreniez une deuxième fois au cours de l'année. Les deux organismes pourraient en souffrir.

Vous pourrez peut-être emprunter l'idée d'un organisme d'une autre ville et y apporter des modifications. Auparavant, il convient de demander à cet organisme s'il prévoit l'utiliser dans votre ville. Cet organisme peut probablement mieux exploiter cette idée puisqu'il y a pensé en premier. Par contre, s'il ne vous considère pas comme un concurrent, il voudra peut-être vous faire partager les méthodes utilisées.

Envisagez d'adapter une activité qui a déjà fait ses preuves. En voici quelques-unes :

1. "Restez chez-vous"

Les gens achètent un billet pour qu'il ne se passe rien, ce qui leur permet de rester tranquillement à la maison. Comme la plupart des gens achètent un billet parce qu'un ami leur a demandé, il est peut-être parfaitement inutile de leur offrir quoi que ce soit en retour.

Expliquez-leur combien d'argent votre association économise en ne réservant pas de salle, en n'achetant pas de nourriture et en n'organisant pas de spectacle. Faites-leur valoir ce qu'ils économisent, en n'allant pas chez le coiffeur, en ne payant pas la gardienne, ni le stationnement, ni l'essence, ni la location d'un smoking, etc.

Cette activité est particulièrement intéressante aux yeux des personnes qui ont toujours quelque sortie à faire et qui rêvent d'une soirée à la maison. Cette idée n'est peut-être pas la bonne, si vos donateurs éventuels aiment les mondanités et sont à l'affût d'occasions de rencontrer du monde.

Vous ferez d'une pierre deux coups si cette "activité singulière" a lieu le soir de la diffusion d'une émission télévisée sur la cause que vous défendez. Il pourrait s'agir d'une enquête-reportage ou encore d'un film sur le sujet. Si votre association cherche à appuyer financièrement des artistes ou une équipe, l'émission télévisée pourrait être un concert mettant en vedette vos artistes ou un match disputé par votre équipe. Insistez pour que vos donateurs regardent l'émission : ils en apprendront davantage sur ce que vous faites.

Vous pouvez remettre (gratuitement) aux donateurs un sachet de thé avec le billet en les encourageant à inviter des amis à venir prendre le thé le même soir.

Le tout peut se transformer en douzaine de mini-activités le même soir, chaque groupe collectant, à peu de frais, des petits montants qu'ils vous feront parvenir. On pourra même décerner des prix symboliques dans différentes catégories : "Le plus d'argent collecté", "La soirée la plus amusante" ou "La soirée la plus innovatrice".

2. La remise d'une récompense

Les amis, parents et admirateurs de la personne à qui l'on remet une récompense achètent des billets pour assister à la cérémonie. Si la récompense est décernée à un homme ou une femme d'affaires, la soirée attirera les collègues, les clients, les fournisseurs et toutes les personnes qui souhaitent faire partie de sa suite. Les concurrents peuvent même y assister. C'est pourquoi une des activités les plus fructueuses consiste à donner un dîner en l'honneur des dirigeants de grandes entreprises. Beaucoup de gens se sentent obligés d'y assister.

La composition de l'assistance et le nombre de billets vendus sont fonction du récipiendaire.

Une association a déjà présenté des récompenses à deux dirigeants religieux et à un ambassadeur au cours de la même cérémonie. Les organisateurs étaient déçus de la faible vente de billets. Au cours des années précédentes, les récompenses avaient été accordées à des hommes d'affaires qui avaient attiré beaucoup plus de monde.

Ces chefs religieux étaient des personnes méritantes et bien en vue; ils étaient des chefs de file dans leur domaine.

Brillants orateurs, ils s'étaient montrés à la fois émouvants et amusants. Malgré tout cela, ils n'avaient pu attirer beaucoup de monde.

Les hommes d'affaires possédaient quelques-unes de leurs qualités. Pourtant, des centaines de personnes sont venues, considérant ce dîner comme une occasion d'établir des relations et de faire avancer leur carrière.

Les groupes de pression, qui souvent ne craignent pas les affron- tements, ne voudront peut-être pas donner ce genre de soirée. Des circonstances exceptionnelles peuvent néanmoins les faire changer d'avis. Un homme d'affaire important peut avoir été l'artisan d'un progrès social, si petit soit-il. Le reconnaître publiquement peut contribuer efficacement à favoriser le changement social.

Une "mise en boîte" peut offrir l'occasion de se moquer des petites manies de quelqu'un et de recueillir de l'argent auprès de ses amis et connaissances. Faites cependant attention : dans ce genre de soirée, la différence entre se moquer intelligemment de quelqu'un et le jeter dans l'embarras est très ténue. Une mise en boîte-surprise est rarement une bonne idée.

3. Dîner copieux/dîner frugal ou festin du Tiers-Monde

Au cours de votre dîner où tous paient le même prix, servez à certains invités un repas gastronomique : viande, vin et dessert. Surprenez les autres en leur donnant du riz et des fèves au lard, ou encore un sandwich au saucisson et un verre d'eau.

Cette disproportion dans les repas servis permet de véhiculer un message à l'intention de tous les participants. Un exposé permettra peut-être d'expliquer le problème de la faim dans le monde.

La répartition des repas pourrait se faire au hasard, montrant ainsi l'influence que la chance exerce sur notre sort.

Si vous voulez sensibiliser les participants au racisme ou au sexisme, exercez de la discrimination contre un groupe en prenant quelque chose de surprenant et d'original comme objet de discrimina- tion : porter des lunettes ou avoir de grandes oreilles.

Il appartient parfois aux convives de prévoir la meilleure répartition des ressources peu abondantes. Il peut également arriver que l'on serve un repas copieux une fois que l'assistance a été sensibilisée au problème.

4. Les dégustations

Pour réduire les coûts au minimum, l'idéal est d'obtenir la nourriture et les consommations gratuitement. Les restaurants et les fournisseurs ne peuvent pas toujours faire don de toute la nourriture, mais ils peuvent habituellement en fournir une partie.

Des chefs cuisiniers de différents restaurants, hôtels et traiteurs pourraient préparer un plat spécial pour un buffet de gala. Le restaurant, l'hôtel ou le traiteur y gagnent de la publicité, et les invités, un repas de gourmet.

Vous vendez les billets de la même manière que pour tout autre dîner. Le prix des billets peut être très élevé pour les buffets où l'on mange tout ce que l'on peut. La qualité doit cependant être là.

Il existe bien des variations :

  • Les producteurs de vin, les fromageries et les importateurs pourraient donner du vin et des fromages.
  • Les brasseries pourraient faire goûter à des bières importées de différents pays.
  • Des pizzerias pourraient servir plusieurs pizzas, les convives goûtant et comparant les plats de chaque restaurant.
  • On s'est servi du chocolat comme thème dans des activités ayant des noms tous aussi évocateurs les uns que les autres. On y déguste des tablettes de chocolat, de la crème glacée, des gâteaux, du chocolat chaud, etc.

Les dégustations peuvent également mettre en vedette des chefs cuisiniers amateurs. Habituellement, ils acceptent de payer tous les ingrédients. L'association sans but lucratif peut parfois les obtenir gratuitement. Évitez cependant de les payer.

En voici quelques exemples :

  • Des célébrités comme des vedettes des médias, des hommes politiques, des écrivains, des hommes ou des femmes d'affaires ou encore des membres du clergé peuvent faire office de chef et préparer un plat.
  • Les as de la cuisine familiale peuvent apprêter leurs spécialités.
  • Les bons vieux concours de dégustation de tartes dans les foires d'automne peuvent encore attirer beaucoup de monde.
  • Les hommes qui ne font pas la cuisine peuvent concourir pour être couronnés roi du barbecue ou champion du chili.
  • On peut vendre aux enchères des paniers-repas de gourmet à l'intention des employés d'une tour du centre-ville.

Trouvez un thème original. Il s'agit essentiellement d'une vente de pâtisseries que l'on a modifiée pour obtenir plus de recettes et utiliser moins de main-d'oeuvre.

5. Les télégrammes-surprises

Les donateurs vous paient pour envoyer un message original à leurs amis.

Pour l'Halloween, cachez un message à l'intérieur d'une citrouille ayant un visage triste, content ou choqué. Inscrivez- le sur le glaçage d'un biscuit géant pour la fête des Mères ou sur un ballon pour la Saint-Valentin. Ä l'occasion d'une fête, faites-le livrer par un messager costumé. Certains messages ont déjà été livrés par des danseuses du ventre, des clowns, des effeuilleurs ou des effeuilleuses; ne dépassez toutefois pas les bornes. D'autres ont fait chanter le message par des chanteurs de cantiques de Noël. Quelqu'un a même déjà offert un bouquet de fleurs mortes à une personne qu'il n'aimait pas : cette idée n'a pas très bien marché. Le message peut être anonyme, signé ou personnalisé. Servez-vous de votre créativité.

Voici certains exemples de messages :

"Patron, je démissionne!"

"Joyeuse fête des Mères de la part de tous les enfants."
"Marie-Louise, je t'aime! Veux-tu m'épouser?"
"Même tes meilleurs amis ne veulent pas te le dire mais...voici un bon gargarisme."
"Joyeux anniversaire, tu es le meilleur des pères."

Vendez ce service à prix raisonnable dans les centres commerciaux, les bureaux, les écoles, les clubs ou les édifices religieux. Constituez des équipes de volontaires chargées de la publicité, des ventes, de la rédaction et de la livraison.

6. Trois billets pour le prix d'un

Au lieu d'un seul billet, vendez trois billets pour 2 dollars, mais n'en vendez jamais moins de trois à la fois. Vos acheteurs auront l'impression de faire une bonne aubaine et, s'il y a plus d'un prix, ils auront réellement plus de chances de gagner.

Il est probablement préférable de ne pas offrir un rabais à ceux qui en achètent beaucoup. Bien des associations ont essayé de les vendre 2 dollars l'unité ou 5 dollars pour trois billets. Dans bien des provinces, cette pratique est illégale. Même si la loi le permet, ces réductions compliquent inutilement la comptabilité.

7. Vendez n'importe quoi

En y réfléchissant bien, on peut trouver beaucoup d'autres sources de revenu dans une activité. Les organisateurs ont l'habitude de demander un supplément au bar payant. Pourquoi s'arrêter là?

LES MILIEUX DE TABLE FLORAUX

Si vous avez des fleurs à votre activité, quelqu'un les ramènera à la maison. Pourquoi ne pas les vendre? Cela est d'autant plus intéressant s'il s'agit de fleurs séchées, car elles durent longtemps.

Bien sûr, essayez au préalable d'obtenir les fleurs gratuitement, auprès de fleuristes, de clubs d'horticulture ou d'une école donnant des cours de composition florale. Une association avait même obtenu des fleurs ayant déjà servi dans un salon funéraire. Ne le mentionnez cependant jamais!

LA SÉANCE DE PHOTO

Si votre invité spécial est une personnalité, demandez à quelqu'un de prendre des photos des participants avec cet invité, et vendez-les.

Avec un simple cadre en carton que vous trouverez dans la plupart des magasins d'appareils photographiques, vous obtiendrez un souvenir personnalisé. Vous pouvez y ajouter également un motif, un autocollant, une étiquette ou une carte d'affaires.

Utilisez un appareil photo à développement instantanné. Le fait de pouvoir obtenir immédiatement la photo incite les gens à participer. La personnalité pourra autographier chaque photo. De plus, les négatifs permettront à certains de se procurer plusieurs photos.

Obtenez préalablement le consentement de l'invité. Il faut prévoir un nombre limité de photos. Servez-vous en comme outil de promotion et annoncez que le nombre de photos est limité.

Les prix peuvent varier entre 5 et 50 dollars la photo. Si l'invité d'honneur possède le sens de l'humour, vous pouvez même demander davantage aux participants pour qu'ils ne soient pas photographiés en compagnie de cette personnalité.

LA MISE AUX ENCHERES DES RAPPELS

S'il s'agit d'un concert de bienfaisance, l'artiste peut mettre aux enchères un choix de pièces qu'il pourra répéter. L'assistance décide par ses enchères. Le pianiste classique Anton Kuerti a ainsi permis de collecter des milliers de dollars. Il avait mis aux enchères trois rappels à plusieurs centaines de dollars chaque.

8. La course aux étreintes

Des amis parrainent un "coureur" qui serrera dans ses bras autant de personnes qu'il le peut dans un temps donné, et recueillera un certain montant pour chaque étreinte. Un groupe de gens, (en l'occurence des couples) peuvent également verser un certain montant pour participer à une "étreinte collective" (tous en même temps).

En plus de ramasser de l'argent, cette activité permet de réaffirmer la valeur de la solidarité humaine. Les dons sont recueillis selon les mêmes modalités qu'un bercethon, un téléthon et autres marathons du même ton.

Il s'agit d'un excellent choix si l'association sans but lucratif s'occupe des enfants ou de la santé mentale.

9. La cure d'amaigrissement ou la cure anti-tabac

On parraine ses amis qui veulent cesser de fumer. Ils font un don pour chaque jour sans cigarette ou même pour chaque cigarette de moins que d'habitude. On peut également parrainer des amis qui veulent perdre du poids : quelques cennes ou quelques dollars pour chaque gramme ou once perdu au cours de l'activité, qui peut se prolonger des semaines ou des mois.

CONSEILS SUR LA FAÇON
DE PERCEVOIR LES DONS PROMIS
DANS LE CADRE DE MARATHONS
ET AUTRES ACTIVITÉS ANALOGUES

La perception des dons promis constituent la partie la plus ardue de la plupart de ces activités, qu'il s'agisse d'un marathon, d'un bercethon, d'un téléthon ou de toute autre activité analogue.

La meilleure façon consiste à les percevoir à l'avance. Demandez à chaque volontaire de percevoir le montant dès qu'un parrain s'engage à contribuer. Veillez à ce qu'il obtienne également le nom et l'adresse du donateur. Vous pourrez ainsi lui faire parvenir un reçu d'impôt et le solliciter de nouveau ultérieurement.

Cette méthode permet de collecter le plus d'argent. En percevant après la tenue de l'activité, vous n'obtenez qu'entre 50 et 90 p. 100 des dons promis.

La deuxième meilleure façon consiste à envoyer directement à chaque parrain une lettre et une enveloppe-réponse. Faites-le le jour même de l'activité pour battre le fer pendant qu'il est chaud.

La méthode la moins efficace consiste à demander aux participants de l'activité ou de l'épreuve d'aller percevoir les dons et de vous les faire parvenir. Cela déplaira à un trop grand nombre.

10. Les corvées de bienfaisance

Beaucoup trop d'activités se terminant en thon permettent de collecter des fonds et de brûler des calories sans toutefois entraîner des retombées utiles sur le plan social. On peut parrainer plutôt des opérations de nettoyage le long d'un cours d'eau ou de la route, la construction de rampes pour fauteuils roulants ou encore la rénovation d'un centre communautaire ou d'un foyer pour personnes âgées.

Certaines associations ont même réussi à construire une église en quelques jours, ce qui n'est pas sans nous rappeler l'époque où l'on construisait ainsi les étables au Canada.

Les donateurs parrainent cette activité en contribuant un certain montant par heure de travail ou par mètre parcouru.

QUELLE MAUVAISE IDÉE VOUS AVEZ LA!

Les idées ne sont pas toutes bonnes. Il est probablement très sage d'en éviter certaines.

Même si certaines idées sont fondamentalement valables, elles échouent en raison d'une planification et d'une organisation inappropriées. D'autres donnent difficilement de bons résultats, quelles que soient les circonstances.

Néanmoins, il y a toujours des exceptions, car des associations ont obtenu de bons résultats avec les activités ci- dessous. Agissez cependant avec prudence.

1. Les lavages d'autos ne rapportent pas beaucoup d'argent

Bon nombre d'étudiants entreprennent une carrière de collecteur de fonds en organisant, un beau jour, un lavage d'autos. Bien des carrières prennent fin le même jour. Il est difficile de faire beaucoup d'argent au cours d'un lavage d'autos. Les prix exigés par les entreprises commerciales pour la location d'espace réduisent au minimum les profits. Les clients peuvent être rares. Les volontaires sont trempés et se salissent. Enfin, la mauvaise température peut tout faire tomber à l'eau.

2. Les ventes aux enchères de célibataires et d'esclaves peuvent se révéler embarrassantes

Tous les deux ou trois ans, les ventes aux enchères de célibataires reviennent à la mode dans la collecte de fonds. Les associations découvrent ensuite les problèmes découlant de ces ventes, et leur popularité décline. Évitez-les.

Dans une vente aux enchères de célibataires, un ou plusieurs hommes offrent d'escorter les enchérisseuses les plus offrantes: repas dans un grand restaurant, limousine, billets de théâtre ou d'opéra ou encore invitation à une soirée spéciale.

Les médias ont signalé récemment qu'une vente aux enchères de célibataires a rapporté au Canada 200 000 dollars. Le responsable a admis par la suite que les profits étaient beaucoup moins considérables. Il a ajouté que des questions d'ordre moral avaient provoqué une vive controverse au sein du conseil, créant pratiquement une scission.

D'autres associations sans but lucratif ont éprouvé des problèmes analogues.

Selon une association, sa vente aux enchères ressemblait à un strip-tease, tant le comportement de l'assistance était tapageur. En fait, un député par ailleurs sérieux avait même commencé à se déshabiller sur la scène, situation fort embarrassante.

Lors d'une vente aux enchères, une autre situation embarrassante est survenue lorsqu'un des célibataires a fait des propositions à une femme qui avait retenu sa compagnie pour la soirée. L'homme et la femme n'avaient manifestement pas les mêmes plaisirs en tête.

Une autre association avait choisi les hommes qui, d'après elle, amèneraient des soumissions élevées. Naturellement, les soumissions furent basses, surtout celles à l'égard de certains absents. Les hommes se sont sentis insultés de ce manque d'appréciation.

D'autres solutions sont possibles. Les personnes intéressées pourraient soumissionner un repas pour six chez une célébrité. Quatre couples pourraient aussi prendre le dîner avec un couple célèbre. Une personne pourrait accompagner un chroniqueur gastronomique dans l'exercice de ses fonctions. Cette activité peut se révéler divertis-sante sans comporter les répercussions négatives de la vente aux enchères de célibataires.

3. Des loteries ayant comme lot une maison ont englouti beaucoup d'argent

Une maison ou un chalet peut sembler un gros lot excitant. Pourtant, un organisme sans but lucratif a déjà perdu plus de 600 000 dollars en donnant comme gros lot une maison. Bien d'autres organismes ont également éprouvé des difficultés.

Dans certaines provinces, ce genre de loterie serait illégal. Le gouvernement ontarien conseille sans cesse aux requérants d'éviter ces loteries. Nous reproduisons ci-dessous la lettre que fait parvenir aux requérants le directeur des Normes en matière d'amusement, de la Division des pratiques commerciales, au ministère de la Consommation et du Commerce.

  1. Plusieurs loteries d'envergure ayant comme lot une maison ont connu des difficultés. Les organisateurs de l'une d'entre elles ont même signalé un déficit de 600 000 dollars.
  2. Une fois que la loterie est instituée, l'organisme est tenu, en vertu de la loi ontarienne, de respecter toutes les conditions assorties au permis accordé. Si vous vous inquiétez au sujet de la viabilité de votre loterie ou de votre capacité de satisfaire aux conditions susmentionnées, je vous conseillerais vivement de ne pas vous lancer dans cette aventure. Nous annulerons le permis et nous vous rembourserons les frais déboursés pour l'obtenir.
  3. Nous n'étudierons aucune demande visant à retarder les dates du tirage d'une loterie pour laquelle on a obtenu un permis.

Veuillez bien réfléchir et, si vous décidiez malgré tout de vous lancer dans cette aventure, je vous souhaite beaucoup de succès.

Il existe plusieurs problèmes importants. En premier lieu, les lots des petites loteries ne sont pas aussi intéressants que ceux des grosses loteries gérées par l'administration publique. La concurrence est difficile lorsque le gros lot s'élève à plusieurs millions de dollars. Certaines associations sans but lucratif ont essayé de rendre leur loterie plus intéressante en ne vendant qu'un nombre restreint de billets. Ce procédé fait augmenter les chances de gagner, mais exige en contrepartie une forte majoration du prix du billet.

En deuxième lieu, le prix du billet de loterie n'est pas, selon Revenu Canada, un don déductible. Il n'y a donc pas d'incitation fiscale à acheter des billets de loterie d'un organisme de bienfaisance.

La plupart des gens ont une idée bien arrêtée de l'endroit où ils veulent demeurer et de la maison de leur rêve. Ils sont très exigeants en ce qui concerne le quartier, les trajets à parcourir régulièrement, les écoles, etc. Ils ne sont guère impressionnés à l'idée d'obtenir une propriété qui correspondra peut-être à leurs aspirations. La possibilité de vendre la maison s'ils la gagnaient ne leur plaît guère, car une telle vente leur demanderait, selon eux, trop de travail.

Il y a pire encore : bien des organismes doivent acheter la maison, qui peut leur coûter des milliers de dollars. Il est difficile de vendre assez de billets pour rentrer dans ses frais. Des donateurs ont déjà cédé gratuitement des maisons ou des terrains. Habituellement, il s'agit d'un promoteur immobilier qui veut faire connaître un nouveau lotissement qui ne se vend pas très bien. Par conséquent, cette propriété ne favorisera peut-être pas la vente de billets.

En dernier lieu, les jeux de hasard en général posent des problèmes d'ordre moral à bien des personnes. On se refuse à encourager toute forme de jeu de hasard. Cette attitude peut semer la confusion au sein de votre organisme et engendrer également des problèmes en matière de relations publiques.

Pour toutes ces raisons, notamment les expériences négatives vécues par plusieurs organismes, les loteries offrant une maison en lot ne sont pas particulièrement recommandées.

4. La vente de produits entraîne bien des problèmes

Bien des organismes espèrent ramasser des fonds en vendant un produit, notamment des tablettes de chocolat, des fruits ou des épices, des macarons, des tee-shirts, des sweat-shirts ou des chapeaux ou encore des coupons offrant des rabais dans les restaurants, les hôtels et les magasins de détail. Tous les produits y sont passés.

Cette activité est intéressante parce que les acheteurs obtiennent quelque chose en retour de leur argent tout en appuyant l'organisme sans but lucratif. Il faut, semble-t-il, moins d'efforts pour persuader quelqu'un d'acheter un produit que pour lui expliquer votre cause.

La plupart des organismes qui ont essayé la vente de produits ne sont pas satisfaits des résultats, mais il existe quelques exceptions dignes de mention.

Les guides, ou leurs parents, vendent encore des biscuits et des calendriers. Les scouts tiennent encore leur journée de la pomme. L'UNICEF continue de vendre non seulement des cartes et des calendriers de Noël, mais également d'autres articles. Aux États-Unis, certains organismes possèdent des catalogues complets annonçant leurs produits.

Le principal problème de l'organisme consiste à trouver les fonds pour acheter préalablement ces produits. Il faudra peut- être un mon- tant considérable. Une mauvaise évaluation des quantités dont vous avez besoin peut vous laisser avec un stock excédentaire coûteux sur les bras. Si le produit porte le nom de votre organisme, vous ne pourrez peut-être même pas le revendre à d'autres après la tenue de votre activité.

La solution la plus acceptable réside dans la consignation : le grossiste ou le fabricant devrait accepter de reprendre les invendus sans pénalité.

Bien des sociétés commerciales s'adressent à des organismes sans but lucratif en leur faisant valoir que leurs produits conviennent parfaitement à la collecte de fonds. Elles offrent habituellement de laisser à l'organisme environ 40 p. 100 du prix d'achat et elles encaissent le reste. Cette offre est peut-être parfaitement équitable, mais elle n'a rien d'une offre spéciale, car elle équivaut au taux de marge commerciale habituel. L'organisme pourrait probablement obtenir la même offre pour tout autre produit qu'il pourrait souhaiter vendre.

La livraison des articles aux acheteurs pose un autre problème. L'expédier par courrier coûte cher et les résultats ne sont pas toujours heureux. Les colis qui arrivent en retard ou endommagés peuvent entraîner de sérieuses récriminations. Envelopper les articles comme les sweat-shirts et les macarons peut entraîner des difficultés, en raison de leur taille. Faire livrer les articles directement par des volontaires demande du temps, de l'essence et de la patience. Dans votre budget, prévoyez les frais relatifs à l'emballage, à l'expédition et aux retours.

En dernier lieu, l'enthousiasme nous porte facilement à croire que la vente des produits est un jeu d'enfant. Les vendeurs bénévoles n'aiment pas beaucoup l'idée de faire du porte à porte, de solliciter les amis et les parents ou encore de s'asseoir dans un kiosque d'un centre commercial ou d'un centre sportif. Les clients éventuels compareront également vos produits à ceux vendus dans les magasins avoisinants. La concurrence peut être féroce.

Bien des organismes sans but lucratif ont très bien réussi dans la vente de produits. Il faut préalablement étudier avec soin tous les problèmes susceptibles de survenir.

5. Gare aux calendriers, aux produits datés et aux biens périssables

Parmi tous les produits vendus par les organismes sans but lucratif, ceux qu'il faut écouler en peu de temps présentent le plus de risques.

Les calendriers, en particulier, ont causé des ennuis à bien des organismes. Habituellement, l'idée est soumise en septembre ou en octobre. Lorsqu'elle est approuvée et que l'impression est terminée, on se retrouve en novembre, en décembre ou même en janvier. Au mieux, les acheteurs éventuels seront affairés à acheter les cadeaux de Noël. Au pire, tous les magasins auront déjà commencé à solder leurs propres calendriers invendus. A la mi-janvier, les invendus sont parfois donnés gratuitement ou vendus à des entreprises de récupération du papier.

Dans les rares cas où la vente de calendriers est fructueuse, l'étape de la création et de la conception du produit commence au plus tard en février et le produit fini est mis en vente en juin ou en juillet.

Un organisme international avait décidé de représenter chaque mois par une carte postale en couleurs illustrant des scènes de la vie dans le Tiers-Monde. Les acheteurs pouvaient les détacher du calendrier et les envoyer à leurs amis. Même si la production ne laissait rien à désirer, les ventes ont été médiocres. Heureusement, l'organisme a pensé à détacher les cartes postales pour les vendre à l'unité ou en paquets. Quelques années plus tard, il en possédait encore un stock abondant.

Un autre organisme a décidé que ses calendriers permettraient aux acheteurs de penser à sa mission chaque jour de l'année. Au lieu de vendre ce calendrier, il l'avait offert gratuitement avec le numéro de novembre de son périodique. Chaque mois y était illustré d'une photo. En comptant la couverture, le calendrier n'ajoutait que 14 pages au mensuel. Cette initiative n'a entraîné aucune recette directe, mais elle s'est révélée un succès sur le plan des relations publiques.

En apposant la date, voire uniquement l'année, on peut réduire la durée de vie d'un produit. Certains organismes prospèrent en vendant chaque année des souvenirs différents à des collectionneurs. Mais d'autres trouvent qu'il est plus facile de vendre un produit non daté; ils peuvent ainsi écouler leur stock.

Au cours d'un festival, un centre communautaire avait décidé de vendre des tee-shirts pour collecter des fonds. A la fin du festival, il n'avait vendu qu'une partie du stock. S'il n'avait pas apposé la date sur le motif, il aurait peut-être pu les vendre au cours des années ultérieures. Il lui a fallu se contenter de donner les invendus au personnel et aux passants.

Les produits périssables nécessitant une réfrigération comportent le plus de risques. Deux importants organismes de bienfaisance oeuvrant dans le domaine de la santé vendent des fleurs tous les printemps. Les fleurs nécessitant une expédition rapide, un entreposage dans un local réfrigéré et une vente rapide, il faut donc prendre des mesures à cet égard. Chaque organisme a commencé à vendre également des fleurs artificielles et des insignes en plastique ou des rubans. Même si les plantes d'appartement, les bulbes et les graines sont assez faciles à manipuler, ils peuvent néanmoins présenter certaines difficultés. L'hiver permet d'amenuiser légèrement ces difficultés et facilite la tâche des organismes qui vendent du houx, des poinsettias et des arbres de Noël naturels.

Les fruits et les autres aliments présentent davantage de difficultés. Ils doivent non seulement conserver leur fraîcheur et être protégés des parasites, mais également subir des inspections sanitaires. Ils doivent être intacts et goûter bon.

Même s'il existe des exceptions, il y a probablement des moyens plus faciles de collecter des fonds.

6. Évitez les sociétés de collecte de fonds qui demandent une commission

Au Canada, certaines sociétés offrent à des organismes sans but lucratif de collecter des fonds en retour d'une commission. Elles leur promettent qu'ils ne subiront pas de pertes si elles ne recueillent pas d'argent. C'est trop beau pour être vrai.

Le paiement à la commission va à l'encontre du code de déontolo- gie de la Canadian Society of Fund Raising Executives et de plusieurs autres organismes analogues aux États-Unis. Ces sociétés prennent, pense-t-on, injustement avantage des organismes sans but lucratif, et les commissions versées réduisent en fait les montants collectés.

Ces sociétés mettent le paquet sur les sources immédiates de revenus. Les commissions ne les incitent pas à cultiver les personnes qui ne sont pas prêtes à contribuer immédiatement à l'oeuvre de charité et qui, dans certains cas, pourraient consentir un don plus important à une date ultérieure. Afin de pouvoir toucher leur commission, elles pourront talonner ces donateurs pour qu'ils fassent leur don au cours de la campagne de financement, et les fonds collectés diminueront d'autant.

Les commissions ne les incitent pas également à former les volon- taires de l'organisme à l'art de la collecte de fonds, car il est difficile de percevoir des commissions sur les montants que ces volontaires recueillent. Ces sociétés ont davantage recours à des solliciteurs payés, ce qui fait augmenter les coûts de la campagne de financement.

Dans certains cas, ces sociétés perçoivent leurs commissions sur le montant net encaissé (après déduction des frais). Selon certaines allégations, les collecteurs de fonds transmettraient par la suite la majorité des coûts de production aux sociétés qui leur appartiennent, dans lesquelles ils ont des intérêts ou desquelles ils touchent un pourcentage. Ils peuvent ainsi toucher une commission qui semble relativement peu élevé tout en recevant des montants importants sans reçu officiel.

Une des méthodes habituellement employées consiste à offrir d'organiser un spectacle au profit de l'organisme sans but lucratif et d'en vendre les billets. Au cours d'une enquête- reportage, des journalistes ont accusé au moins une société d'utiliser certaines tactiques et de talonner les donateurs pour qu'ils achètent un ou plusieurs billets afin de permettre aux enfants handicapés d'assister au spectacle. Selon les journalistes, peu d'enfants handicapés ont vu le spectacle, le nombre des billets était supérieur au nombre de places et enfin, la société a donné aux donateurs éventuels une impression incorrecte de l'organisme de bienfaisance.

La société mise en cause par les journalistes a blâmé quelques anciens employés sans scrupules. La société a décliné toute responsabilité, mais elle a ajouté qu'elle avait pris les mesures qui s'imposaient. Beaucoup de gens sont encore sceptiques.

D'autres sociétés offrent aux organismes sans but lucratif de publier leurs annuaires ou leurs programmes. Elles promettent de vendre tous les espaces réservés aux annonces et de payer tous les coûts d'imprimerie. Les petites entreprises se sentent souvent obligées de payer une annonce dans ces publications, même si elles en retirent peu.

La collecte de fonds à la commission peut se révéler coûteuse même lorsqu'elle n'est entachée d'aucune manoeuvre louche. Dans bien des cas, les organismes de bienfaisance ont perçu moins de 30 p. 100 des fonds collectés, tandis que les collecteurs réclamaient le reste à titre de dépenses. Ces cas d'abus sont documentés plus exhaustivement aux États-Unis, mais il n'en demeure pas moins qu'il en existe également au Canada.

N'ayant reçu qu'un faible pourcentage des fonds collectés à son profit, un petit organisme de bienfaisance canadien avait dû également se débattre pour obtenir de la société collectrice la liste des noms et des adresses des donateurs. Il a finalement obtenu les reçus émis par la société à l'égard des dons de charité. Il a découvert que son nom était constamment mal écrit.

A la décharge de ces sociétés collectrices, il convient de reconnaître que les coûts relatifs à l'organisation d'un spectacle et à l'exécution d'une campagne de sollicitation par téléphone ou par la poste peuvent être élevés. Si une vedette rock offrait de donner à un organisme sans but lucratif 30 p. 100 des recettes d'un concert, elle aurait droit à nos éloges, et personne ne lui poserait des questions au sujet des autres 70 p. 100. Il est également vrai que bon nombre d'organismes sans but lucratif ont ainsi reçu des milliers de dollars qu'ils n'auraient pas pu obtenir autrement.

Les sociétés exigeant une commission s'attaquent particulièrement aux organismes s'occupant des enfants, des questions de santé ou des handicapés. Les petits organismes d'entraide sont particulièrement vulnérables.

Même si cette façon de collecter les fonds peut sembler intéressante a priori, nous vous recommandons la plus grande prudence. La plupart des organismes sans but lucratif devraient l'éviter.

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      Dernière révision : 1998/10/27
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