Les activités spéciales peuvent
vous offrir plus que de l'argent
Une bonne campagne de collecte de fonds ne doit pas vous apporter que de
l'argent. En fait, si vous n'obtenez que ça, elle ne se
révélera peut-être pas vraiment un succès à
long terme.
Les fonds obtenus peuvent permettre de financer des travaux importants, mais
bientôt, les ressources sont épuisées même si l'on en
a encore besoin. Les ressources financières sont tellement restreintes
et les besoins, tellement illimités.
Heureusement, les activités spéciales ne rapportent pas
uniquement de l'argent.
Elles permettent de refléter l'image de l'organisme et de
véhiculer à l'intention du public des renseignements sur lui et
sur ses projets. On les appelle les outils de promotion. Ils sont abstraits,
mais ils ont un pouvoir effectif. Employés d'une façon
appropriée, ils facilitent la prochaine collecte de fonds. Ils ne sont
pas synonymes de relations publiques. A la fin du présent chapitre, vous
en trouverez une énumération.
Cependant, ils servent trop souvent d'excuses. Après la tenue d'une
activité qui n'a pas rapporté beaucoup d'argent, les
organisateurs pourraient se consoler et essayer de calmer les membres du
conseil en leur faisant valoir les résultats que les outils de promotion
entraîneront. Ce faisant, ils surestiment peut-être la
réalité.
Les outils de promotion ne sont pas fortuits. Il faut penser à leur
planification dès le début.
Il est également facile d'en mesurer les résultats.
Supposons que vous avez un diaporama sur les projets de votre organisme. Les
participants y apprendront-ils du nouveau? Vous adressez-vous à des
convertis?
Vous pouvez essayer un test très simple avant et après la
projection. Déterminez préalablement cinq ou dix points que vous
voulez faire connaître à votre auditoire. Avant la projection,
demandez à votre auditoire de remplir un très bref questionnaire
à choix multiples. Répétez l'exercice après la
séance.
Si les participants ont obtenu de très fortes notes avant la pro-
jection, le contenu était alors trop simple. Si les notes ont
augmenté, vous avez obtenu l'effet escompté. Si elles ont
baissé, et cela arrive vraiment, vous avez embrouillé les
participants.
Une autre erreur commune consiste à surestimer la couverture
assurée par les médias. Ces derniers ont peut-être
mentionné le nom de votre organisme, mais les gens s'en
souviendront-ils? L'associe-t-on à des valeurs positives qui
améliorent votre image ou précisent vos objectifs? Les
médias figurent-ils parmi ceux que respectent vos donateurs les plus
importants? Il ne s'agit pas uniquement de mesurer le nombre de colonnes ou de
lignes dans un journal ou encore le nombre de secondes de diffusion. La
qualité est plus importante que la quantité.
Les stimulants sont encore plus importants que les outils de promotion, car
ils permettent d'améliorer la capacité de collecter plus d'argent
à long terme.
Une activité vaut plus que l'argent qu'elle permet de recueillir, si
elle facilite la collecte ultérieure de fonds. Par exemple, les
personnes accepteront-elles de participer de nouveau? Avez-vous pris en note
les noms et adresses? Avez-vous prévu des moyens afin de les contacter
sous peu?
Après une activité spéciale réussie, les
donateurs et même les volontaires peuvent se sentir stimulés. Au
lieu d'appréhender la tenue de la prochaine activité, ils sont
impatients de l'entreprendre. Les organisateurs ont acquis de nouvelles
compétences, ils ont établi de nouveaux contacts et ils se
sentent récompensés de leurs efforts.
Vos collaborateurs doivent avoir le sentiment que vous tirez profit de leur
participation et que vous ne gaspillez pas leurs talents.
Voici les différentes possibilités réparties en trois
catégories :
L'argent (ressource non renouvelable)
[] argent comptant
[] chèques
[] mandats
[] dons par carte de crédit
[] dons de biens et de services
[] dons postdatés
[] engagements
Les outils de promotion (qui vous ouvriront des portes demain)
[] publicité
[] image de marque
[] contacts établis avec les gens
[] crédibilité
[] sensibilisation
[] motivation
[] adhésions à votre groupe
[] bonnes relations communautaires
Les stimulants (qui vous permettront à long terme de collecter
davantage)
[] possibilités de reprendre les bonnes idées
[] formation de leaders
[] nouveaux volontaires
[] volontaires et personnel regaillardis
[] noms et adresses des nouveaux donateurs à revoir
[] diversification des sources de financemen
Qu'est-ce qui cause le succès
ou l'échec d'une activité spéciale?
Il existe des milliers d'idées différentes, mais elles se
résument toutes à ceci : apporter aux donateurs quelque chose en
retour de leur argent.
L'avantage le plus important d'une activité spéciale, c'est
qu'elle facilite la tâche à ceux qui craignent de demander de
l'argent. Elle peut donner l'occasion de sensibiliser le public, de faire de la
publicité et de trouver de nouveaux alliés.
Quels sont les problèmes?
En fait, il y a énormément de ressemblances entre
l'organisation d'une activité spéciale et le démarrage
d'une entreprise commerciale. Bien des organismes sans but lucratif
répugnent à penser qu'ils ont des points communs avec le monde
des affaires. Les similitudes sont pourtant frappantes.
Donnez un souper et vous ouvrez un restaurant pour un soir. Organisez un
concert et vous vous lancez dans le monde du spectacle. Concevez et vendez vos
cartes de Noël et vous vous trouvez dans le secteur de la fabrication et
du commerce de détail.
Dans n'importe laquelle de ces entreprises, les profits peuvent être
minces, même si elles sont dirigées par des spécialistes
à longueur d'année. Des restaurants font faillite tous les ans.
Exception faite d'une poignée de vedettes, les musiciens sont d'une
pauvreté légendaire. Les ventes des magasins de cartes de voeux
chutent au fur et à mesure que les tarifs postaux augmentent. La plupart
des petites entreprises s'attendent à tirer le diable par la queue
pendant trois à cinq ans avant d'atteindre le seuil de la
rentabilité.
Est-il beaucoup plus difficile à des amateurs de bien s'en tirer?
Demande-t-on à quelqu'un d'ouvrir une entreprise, de l'exploiter pendant
une seule soirée et d'obtenir sur-le-champ des profits
considérables? La chose est possible pourtant.
Les profits peuvent toutefois provenir de sources surprenantes. Dans un
cinéma par exemple, les ventes de maïs soufflé et de
boissons peuvent rapporter davantage que la vente de billets.
Les principaux musiciens et chanteurs ne font souvent pas leurs frais
lorsqu'ils effectuent des tournées. Le prix élevé des
billets achetés par les nombreux spectateurs ainsi que la vente massive
de souvenirs ne produisent peut-être pas suffisamment de recettes. Les
gouvernements doivent fréquemment subventionner ces tournées.
Même les concerts des plus grandes vedettes sont commandités
également par des producteurs de boissons gazeuses, des brasseries ou
des fabricants d'automobiles. En fin de compte, la valeur d'une tournée
réside dans la publicité qu'elle génère et qui fait
augmenter les ventes de disques dans les magasins.
En dépit des nombreuses heures de dur labeur, il n'est pas
étonnant que les associations perdent parfois de l'argent. Il est
toutefois surprenant de constater que ces activités sont souvent
couronnées de succès.
Qu'est-ce qui cause l'échec d'une activité spéciale?
- Les coûts sont trop ÉLEVÉS
- Les prix sont trop BAS
- Les BILLETS ne se vendent pas assez
- Les objectifs ne sont PAS RÉALISTES
Voici quelques-uns des problèmes les plus négligés.
No 1 Il faut prévoir certains montants pour acquitter
les factures avant les rentrées de fonds. Bon nombre d'organismes ne
possèdent pas les capitaux pour payer les frais de démarrage.
S'ils utilisent le fonds de fonctionnement, il pourrait survenir une perte ou
même un retard dans les paiements, ce qui pourrait nuire aux programmes.
Certains membres du conseil consentiront un prêt ou s'en porteront
garants. C'est parfois la seule solution, même si elle peut se
révéler hasardeuse.
No 2 Les prix inférieurs à ce que pourraient
donner les donateurs font diminuer les recettes. Les organismes sans but
lucratif fixent fréquemment les prix en fonction du plus petit
dénominateur commun. Ils ne veulent pas exclure les personnes incapables
de payer des prix élevés. C'est ainsi qu'une activité
tenue pour collecter des fonds se transforme en soirée communautaire qui
fait à peine ses frais ou, ce qui est pire, entraîne des pertes.
Les prix élevés ne rebutent pas certains qui pourraient
même donner davantage, si vous le leur demandiez correctement. Que le
billet se vende 15 $ ou 150 $, rares sont ceux qui vous offriront de payer
davantage. Pourtant, certains d'entre eux pourraient payer 25 $ ou 250 $, si
vous le leur demandiez. Ils ont souvent à coeur les objectifs de
l'organisme et non pas l'activité en tant que telle.
Ils seraient même peut-être plus heureux de vous donner l'argent
pour ne pas assister à l'activité. Pourtant, vous engagez des
dépenses et obtenez moins que ce qu'ils auraient pu vous donner.
No 3 Les donateurs se tranforment parfois en consommateurs
avertis et hésitent à acheter des billets. Si vous vendez 15
$ les billets pour un souper qui vaut 10 $, ils contesteront le prix. Ils
oublieront peut-être que vous n'organisez pas l'activité pour leur
offrir une bonne affaire, mais pour collecter des fonds. En outre, ils ont
l'impression de donner à votre organisme 15 $ et non 5 $, puisque c'est
ce qu'ils déboursent. Les dépenses ne sont pas toujours
apparentes aux yeux des donateurs.
Le problème devient plus épineux lorsqu'il faut vendre des
produits. Le sweat-shirt souvenir que vous vendez 15 $ vous a peut- être
coûté 10 $. Les donateurs pourront alors comparer ces 15 $ aux 5 $
demandés dans les magasins de vente au rabais pour un produit analogue.
No 4 Les organisateurs négligent trop souvent de
prévoir le pire. La loi de la guigne maximum ou loi de Murphy
s'applique aux activités de collecte de fonds. Il est vrai que tout ce
qui risque de mal tourner finit immanquablement par mal tourner.
Voulant tenir une activité à l'extérieur, un organisme
avait même examiné toute la chronologie
météorologique concernant son aggloméra- tion avant de
déterminer la journée où les probabilités de
précipita- tions étaient les plus faibles. Naturellement, il a
plu cette journée-là.
Il est essentiel de louer une tente ou de prévoir d'autres dates en
cas de pluie.
Dans la même veine, il faut établir des plans d'urgence pour
pouvoir parer à toute éventualité. Examinez tous les
problèmes susceptibles de survenir et prévoyez les solutions.
Que faisons-nous si l'on ne vend pas assez de billets? Que faisons-nous si
le conférencier ou l'artiste invité se désiste au dernier
moment? Que faisons-nous si une bataille éclate? Que faisons-nous si une
personne en état d'ébriété veut conduire pour
retourner chez elle? Il faut pouvoir répondre à toutes ces
questions et à bien d'autres encore.
Quels sont les genres d'activités
spéciales?
Il y a tant d'activités différentes qu'il est difficile de
choisir la bonne. Pour vous aider, nous vous proposons les grandes
catégories suivantes. Servez-vous de cette liste pour trouver d'autres
idées.
No 1 QUELQUES EXTRAVAGANCES
Vous pouvez par exemple organiser un bal ou un dîner de gala, un
concert-bénéfice, une croisière ou une grande rencontre
sportive.
Dans la même veine, vous pouvez organiser des activités moins
coûteuses et fixer un prix d'entrée moins élevé :
une soirée à la bière au centre communautaire, une
célébration religieuse ou un pique-nique mettant en valeur la
cuisine d'un pays.
On assiste à ces activités autant pour s'amuser que pour
appuyer votre cause. On y vient pour faire partie du beau monde: pour voir les
hommes et les femmes du jour et pour être vu par eux. En passant, il ne
s'agit pas toujours des gens les plus riches ou les plus à la mode. On
veut côtoyer les personnes les plus en vue sur le plan politique, les
plus drôles ou les plus sympathiques.
Cette catégorie regroupe les activités pour lesquelles on peut
exiger un prix d'entrée élevé ou qui attirent un grand
nombre de personnes. Elles sont aussi très risquées, et certaines
associations y ont englouti des fortunes.
Jusqu'à tout récemment, le record canadien pour le prix d'un
billet était de 2 500 $ par personne à l'occasion d'une
rencontre entre les Oilers d'Edmonton et les Canadiens de Montréal,
suivie d'une réception à la résidence du premier ministre
et un dîner avec le Gouverneur-général. Organisée
par Mila Mulroney et Peter Pocklington, cette activité a permis de
recueillir 1,5 millions de dollars pour la recherche sur la fibrose kystique.
L'Orchestre symphonique de Toronto a également demandé 1 000
dollars le couvert lors d'un dîner en l'honneur de Walter Homberger.
Le nouveau record, en l'occurence 1 500 dollars par personne et 3000 dollars
par couple, a été établi à l'occasion de la
soirée donnée pour l'anniversaire du promoteur immobilier Elvio
DelZotto. Les profits de cette soirée ont été
versés à la caisse du Parti libéral fédéral,
dont le président de l'aile ontarienne est M. DelZotto. Il est
intéressant de remarquer que vers la même époque, on
demandait uniquement 300 dollars le couvert pour assister au dîner de
collecte de fonds, auquel le conférencier invité était le
chef libéral John Turner. Pour celui auquel le premier ministre Brian
Mulroney a participé, on n'a pu demander que 400 $ le couvert. Il est
tout aussi intéressant de noter que la liste des invités
comprenait plusieurs membres influents du Parti progressiste-conservateur. Ils
ne voulaient peut-être pas manquer l'occasion exceptionnelle de voir
cette splendide résidence.
Aux États-Unis, on a payé jusqu'à 10 000 dollars le
billet.
Les responsables se dévouent souvent corps et âme pour donner
une soirée mémorable, ce qui n'est pas toujours
nécessaire.
Pourquoi ne pas laisser quelqu'un d'autre organiser le tout? Consacrez vos
énergies à l'aspect le plus important, en l'occurence la vente
des billets.
Voyons l'exemple des premières de films, des soirées au
théâtre ou des rencontres sportives.
Bien des compagnies théâtrales et des équipes sportives
sont heureuses de vendre des billets au rabais. L'organisme revend les billets
plus cher qu'il ne les a achetés. Des majorations de 20 à 40 p.
100 sont choses communes.
Lorsque l'organisme n'obtient aucun rabais, il peut payer le prix
intégral des billets, le majorer pour ensuite les revendre en offrant en
prime une réception, un dîner ou le transport en autobus
nolisé, ce qui peut justifier cette majoration.
Les billets invendus peuvent habituellement être remboursés
s'ils sont retournés à temps. Si cela n'est pas possible,
l'organisme doit bien tout planifier pour ne pas se retrouver avec des
invendus, ce qui coûte cher.
No 2 LES CHASSES AUX AUBAINES ET LES JEUX DE HASARD
Cette catégorie comprend notamment les bingos, les tombolas, les
casinos, les ventes- débarras, les ventes de bric-à-brac, les
ventes aux enchères, les marchés aux puces et les ventes de
pâtisseries.
Les gens y participent à cause des aubaines. Ils ne savent
peut-être même pas quel organisme sans but lucratif est en cause.
Vous pouvez le faire modestement ou en grande pompe.
- Les orchestres symphoniques et les sociétés de bienfaisance
ont tenu des ventes aux enchères en annonçant plus de mille
articles dans des encarts du quotidien local.
- On peut offrir en prix un voyage autour du monde, une maison ou une
Rolls-Royce, avec comme prix de consolation deux Porsche aux couleurs
assorties.
- Un hôpital a déjà fermé son terrain de
stationnement de onze étages pendant une journée afin de pouvoir
tenir la plus grande vente-débarras au monde.
Les organisateurs des activités les plus réussies ont obtenu
gratuitement les prix à gagner ou les articles à acheter. Les
billets de tombola peuvent coûter à peine 50 cennes ou atteindre
250 dollars.
No 3 ACTIVITÉS ÉDUCATIVES
Les exemples varient entre une conférence donnée par une
personnalité de réputation internationale et une projection de
diapositives dans le sous-sol d'un centre communautaire.
Les gens y participent pour apprendre, se ressourcer ou se rassurer.
Les associations sans but lucratif cherchent constamment à parler de
leur travail aux gens et, après coup, elles passent le chapeau. Les
résultats peuvent se révéler lamentables.
Certains organismes ont découvert que les gens paieront pour assister
à une activité éducative si on le leur demande
correctement. Ils peuvent ainsi faire un profit sur le prix d'entrée et
attirer des personnes qu'elles pourront par la suite gagner à leur
cause.
Les auteurs qui viennent de publier un livre offrent des perspectives
particulièrement intéressantes. Les éditeurs peuvent
accepter de payer partiellement ou intégralement les frais de
déplacement. Ces auteurs attirent généralement les
médias, ce qui offrira de la publicité à
l'activité.
Un séminaire gratuit portant sur les fonds d'investissement
responsable pourra attirer les personnes sensibilisées aux
problèmes communautaires et capables de consentir des dons importants.
Un atelier sur la planification successorale pourrait amener les gens à
laisser de l'argent à votre organisme par testament.
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