Collecte de fonds par les
organismes communautaires :
des idées qui ont fait leurs preuves!
Ken Wyman, SACF*
directeur de
Ken Wyman and Associates Inc
Conseillers en collecte de fonds, bénévolat et communications
64b, rue Shuter
Toronto (Ontario)
M5B 1B1
(416) 362-2926
* Spécialiste accrédité en collecte de fonds
Programme de soutien aux organismes volontaires
Patrimoine canadien
Ottawa
1994
Ce guide est une version mise à jour, élargie et largement
modifiée de l'ouvrage intitulé Guide du collecteur de fonds
à l'usage des associations de personnes handicapées,
publié en 1988 par le Programme de participation des personnes
handicapées du Secrétariat d'État du Canada.
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Table des matières
Comment utiliser ce guide
Documents de référence sur
la collecte de fonds
Quelques mots sur les
collaborateurs
Comment utiliser ce guide
Savoir adapter au lieu de tout adopter
Le présent ouvrage n'est pas un guide sur la collecte de fonds
renfermant des recettes faciles et infaillibles pouvant vous assurer que vous
allez obtenir de l'argent chaque fois que vous en demanderez. Non, de tels
guides n'existent pas, car chaque organisme est particulier et doit adapter les
idées à sa réalité propre.
Nous espérons que le style détendu de l'auteur rendra le guide
plus facile à utiliser et que vous pourrez en tirer l'information dont
vous avez besoin dès les premières pages. Nous avons
littéralement voulu en faire un «guide», dans lequel nous
donnons des orientations à suivre et proposons des choix. Certaines
questions ne sont toutefois abordées que très brièvement,
alors que d'autres, qui sont laissées de côté, pourraient
constituer la base d'un ouvrage ultérieur. Chaque fois que cela a
été possible, nous avons proposé des ouvrages de
référence afin de vous aider à aller un peu plus loin.
Voici ce que nous vous proposons :
- De judicieux conseils sur de bonnes façons de collecter des fonds
ainsi que sur les moyens d'éviter de commettre de graves erreurs.
- Des suggestions de sources d'aide sur la plupart des questions, qui vous
aideront à faire des recherches supplémentaires si
nécessaire.
- La description de certaines techniques mises au point à l'intention
des organismes communautaires et des organismes d'entraide pour les personnes
handicapées. Les méthodes ont été adaptées
pour vous aider à collecter des fonds que vous soyez dans une petite
collectivité, loin des sièges des grandes sociétés
et des fondations, ou au coeur d'une métropole et que vous vous sentiez
incapables d'entrer en concurrence avec les méga-campagnes d'autres
organismes de bienfaisance.
- Les expériences de collecteurs de fonds professionnels (et de
donateurs professionnels) qui travaillent régulièrement
avec les organismes communautaires qui prônent l'entraide et les
changements sociaux.
- Des façons de vous faciliter la tâche, mais rappelez-vous que
ce n'est jamais facile. Les auteurs connaissent très bien les
frustrations inhérentes à la collecte de fonds. Les longues
heures de travail infructueuses leur ont permis de bien saisir l'ampleur des
difficultés. Le fait de constater que de nombreuses causes
étaient appuyées financièrement leur donne optimisme et
assurance. Il faut avoir de l'espoir, mais la prudence est quand même de
mise.
Si vous avez des questions ou des suggestions permettant d'améliorer
la présente édition, ou si vous avez des idées sur la
façon d'aider les organismes communautaires à améliorer
leur collecte de fonds, veuillez écrire à :
Monsieur Ken Wyman
Directeur
Ken Wyman and Associates Inc
Conseillers en collecte de fonds, bénévolat et communications
Bureau 200
64B, rue Shuter
Toronto (Ontario)
M5B 1B1 (416) 362-2926
Questions omises volontairement
Manifestement, nous ne pouvions aborder toutes les questions dans le
présent ouvrage. Nous nous sommes donc concentrés sur
l'information essentielle que l'on ne peut trouver facilement ailleurs. Lorsque
nous connaissions d'autres ouvrages très utiles sur la question, nous
avons préféré en signaler la référence
plutôt que d'en reproduire le contenu.
Voici les questions qui ont été omises volontairement :
Comment obtenir une subvention d'une fondation
En 1993, les fondations ont donné environ 305 millions de dollars,
exclusivement à des organismes de charité enregistrés.
À maints égards, l'ABC de la sollicitation auprès des
fondations est sensiblement le même que celui utilisé pour les
entreprises, que nous avons décrit en détail. Cependant, il y a
des différences importantes. On trouve dans Le Répertoire
canadien des fondations et organismes subventionnaires un excellent article
non, un article essentiel publié par le Centre canadien
pour la philanthropie. (Voir la liste des ouvrages de référence
à la fin du guide pour de plus amples renseignements). Ne songez
même pas à faire une demande de subvention à une fondation
avant d'avoir lu cet article.
Comment lancer une campagne de publipostage
Un guide complet a été écrit sur la question par Ken
Wyman, guide que l'on peut se procurer auprès de la Direction du soutien
aux organismes volontaires de Patrimoine canadien. (Voir la liste des ouvrages
de référence à la fin du guide pour de plus amples
renseignements sur ce guide et d'autres documents).
Comment obtenir des dotations et des legs
Cette démarche, que l'on appelle habituellement la donation
planifiée, est importante, mais dépasse la portée du
présent ouvrage.
Trop de novices en matière de collecte de fonds s'imaginent pouvoir
trouver un bienfaiteur qui va leur constituer un capital énorme, de
façon que l'organisme puisse vivre des intérêts. En
réalité, cela ne se produit que très rarement. Presque
aucun donateur institutionnel (entreprise, fondation ou gouvernement) ne prend
de telles dispositions, peu importe l'importance de la cause ou la
respectabilité du groupe.
Lorsqu'une personne amie du groupe ou de l'organisme prévoit une
dotation, elle lègue normalement l'argent dans son testament.
Habituellement, cette personne a déjà fait des dons importants au
cours de sa vie et cherche par son testament une façon de continuer
d'apporter son aide après sa mort.
Comment investir son argent pour en retirer le maximum
En tant que collecteurs de fonds, vous souhaiterez peut-être
étudier les possibilités offertes par les nombreux «fonds de
placement responsables» qui existent. Chacun a ses restrictions quant aux
entreprises et aux pays dans lesquels on peut (ou ne peut pas) investir, et ce,
en fonction de facteurs comme les conditions de travail, le racisme, le
sexisme, la protection de l'environnement ou la production d'armements.
Pour de plus amples renseignements, prière de communiquer avec la :
Social Investment Organization
Bureau 443
366, rue Adelaide Est
Toronto (Ontario)
M5A 3X9 (416) 360-6047
Comment un organisme sans but lucratif peut lancer sa propre
entreprise
Voici, en bref, quelques idées sur la question excessivement complexe
du développement économique communautaire. Cette question devra
être abordée plus en détail dans un autre ouvrage.
La collecte de fonds :
Qu'en est-il au Canada actuellement?
Les gens vont-ils augmenter leurs dons pour
satisfaire à la demande croissante?
D'abord, les mauvaises nouvelles
La collecte de fonds comporte bien des difficultés. Le gouvernement
réduit actuellement ses subventions. Les sociétés et les
fondations ne prennent pas la relève et les grandes campagnes de
souscription auprès du public sont coûteuses.
Il semble y avoir également beaucoup de concurrence. Au milieu de
1994, on comptait plus de 70 000 organismes de charité
enregistrés au Canada, et 20 à 25 sont créés tous
les jours, ce qui augmente leur nombre de 10 p. 100 chaque année. Les
grandes organisations comme les universités, les hôpitaux et les
associations de recherche en matière de santé utilisent des
techniques très sophistiquées pour recueillir des millions de
dollars.
La diminution des subventions a amené de plus en plus d'organismes
sans but lucratif indépendants à assurer les services qui
étaient auparavant offerts par les organismes gouvernementaux.
Face à ce problème, les petits organismes, plus
particulièrement les organismes d'entraide, peuvent se sentir
découragés.
Les sociétés n'augmentent pas leurs dons pour combler le
manque à gagner imputable à la diminution des contributions
gouvernementales. Dans la plupart des cas, les sociétés ont
réduit leurs dons par suite de la récession qui a rongé
leurs profits. On note toutefois quelques exceptions, particulièrement
chez les entreprises dont l'appui à une cause populaire s'accompagne de
stratégies de commercialisation. On trouvera plus de détails sur
cette question dans le chapitre portant sur les dons des
sociétés.
Les fondations ont elles aussi réduit leurs donations. Les taux
d'intérêt étant moins élevés, elles doivent
donner moins généreusement si elles veulent protéger leur
capital.
Depuis la première édition du présent ouvrage, soit
depuis six ans, la collecte de fonds traditionnelle a elle aussi changé.
Le publipostage, qui s'avérait auparavant une méthode peu
risquée, est de plus en plus difficile, le public étant
submergé de demandes. Bien qu'il s'agisse toujours d'une technique
efficace, les organismes communautaires ont plus de difficulté que
jamais à en récolter les fruits.
Les manifestations spéciales sont aussi une source importante de
revenus qui est moins fiable qu'elle ne l'était auparavant pour nombre
d'organismes. Avant, le prix des billets des bals et des dîners de gala
augmentait d'année en année sans que les gens semblent s'y
opposer véritablement. En 1994, ce n'était plus la même
chose. Les coûts et le travail bénévole qu'exige la
production d'une manifestation peuvent être si élevés que
les résultats financiers sont pratiquement insignifiants, ou même
la manifestation peut se traduire par une perte. Mais les manifestations
spéciales peuvent toujours constituer un moyen utile d'obtenir de la
publicité, de trouver de nouveaux appuis ou de renforcer les appuis
déjà acquis, qu'elles constituent ou non un succès
immédiat.
Et maintenant, les bonnes nouvelles
La contribution des Canadiens aux organismes de bienfaisance continue
d'augmenter, après le recul enregistré au milieu des
années 1970. Même durant la récession, les dons individuels
augmentaient plus vite que l'inflation.
Selon Revenu Canada, en 1992, les Canadiens ont donné environ 96
millions de dollars de plus aux organismes de bienfaisance que
l'année précédente, et ce, en dépit de la situation
économique. Ces données ne tiennent compte que des crédits
d'impôt réclamés par les contribuables dans leur
déclaration de revenus. Le total réel est incommensurablement
plus élevé. Cela est particulièrement remarquable, compte
tenu du fait que 22 000 contribuables de moins ont réclamé leur
crédit d'impôt pour dons.
Les particuliers donnent 87 p. 100 de tout l'argent recueilli par les
organismes de bienfaisance, tandis que les sociétés donnent
approximativement 8 p. 100, et les fondations, 5 p. 100.
Mis à part les campagnes de souscription menées par les
hôpitaux et les universités, les gens riches ne sont pas aussi
souvent sollicités qu'ils pourraient l'être. Il y a donc place
pour l'amélioration dans ce secteur.
Prendre un morceau du gâteau ou changer la recette?
Le présent guide porte principalement sur les moyens que vous pouvez
utiliser pour obtenir votre part des 3 milliards de dollars ou plus que versent
les Canadiens aux organismes de bienfaisance chaque année. Il s'agit
d'un gros gâteau, et même un petit morceau pourrait vous aider
beaucoup.
Cela ne veut toutefois pas dire que vous devez vous battre avec d'autres
organismes qui défendent une cause tout aussi valable que la vôtre
pour obtenir une partie de ressources déjà restreintes. Au
contraire, la plupart des spécialistes estiment que la taille du
gâteau peut augmenter, ce qui veut dire plus d'argent pour tout le monde.
Les dons aux organismes de bienfaisance constituent un secteur
élastique de l'économie. En réalité, vous ne vous
attaquez pas tant à d'autres organismes sans but lucratif qu'à
d'autres sources de gratification, comme la bière et le gâteau au
fromage. En fait, le programme Imagine a obtenu un succès mesurable en
ce qu'il a encouragé tous les Canadiens à donner plus d'argent et
à faire plus de bénévolat.
Or, vous ne serez peut-être pas satisfaits d'obtenir un morceau du
gâteau, même s'il est plus gros. Selon le Comité canadien
d'action sur le statut de la femme, il est temps de «changer la
recette». Non contents de dépendre de la
générosité du public, nombreux sont ceux qui
réclament que le gouvernement accorde des crédits plus
généreux à un plus grand nombre d'organismes.
C'est ce que pensent également de nombreux petits organismes, comme
les refuges pour femmes victimes de violence conjugale et les centres de
défense des droits de la personne. À leur grand
étonnement, ils se retrouvent du même côté que les
grands hôpitaux et les universités dans cette bataille.
Grâce à des démarches efficaces, on a réussi
à faire changer le gouvernement d'opinion sur la façon dont les
deniers publics devraient être dépensés. Revenu Canada
reconnaît qu'un recours restreint à l'intervention gouvernementale
constitue un élément légitime du mandat d'un organisme de
bienfaisance. Bien que le présent ouvrage ne porte pas directement sur
les techniques utilisées pour effectuer des changements aussi radicaux,
l'auteur se réjouit de ces initiatives essentielles.
Paradoxalement, une campagne de collecte de fonds rentable peut faire
beaucoup pour éliminer la nécessité de recueillir de
nouveau des fonds. Mais on a d'abord besoin d'argent, bien sûr, pour
financer la bataille. Et peut-être plus important encore, si vous arrivez
à vous constituer un vaste réseau d'appuis, vous serez alors en
mesure de montrer aux dirigeants gouvernementaux à quel point le public
accorde de l'importance à votre organisme. Et on en a encore davantage
la preuve lorsque les Canadiens accordent non seulement leur appui verbal
à une cause, mais leur appui financier.
Cependant, à moins de disposer d'un financement gouvernemental
illimité, la plupart des organismes vont devoir trouver d'autres sources
de financement, que cela leur plaise ou non. Le présent guide porte
justement sur les moyens à prendre pour atteindre cet objectif.
Feriez-vous toujours de la collecte de fonds si le gouvernement
offrait des crédits illimités?
Si le gouvernement finançait votre organisme à 100 p. 100,
est-ce que vous voudriez toujours collecter des fonds?
La réponse pourrait être «oui». Outre l'argent
recueilli, la collecte de fonds offre divers avantages, entre autres :
- La sécurité, au cas où les subventions seraient
annulées.
- La liberté de s'adresser à des sources de financement
extérieures, peu importe les restrictions que les donateurs puissent
avoir, sans se sentir attachés à qui que ce soit.
- La réaction du public sur la façon dont vous
réussissez à transmettre votre message.
- Un sentiment d'appartenance pour les participants qui aident à
financer leur propre organisme, au lieu de compter sur la charité (dans
tous les mauvais sens du terme).
- Une occasion d'influencer l'opinion publique.
- La création de liens plus solides avec les personnes qui vous
appuient.
- Le pouvoir financier de réaliser des projets qui dépassent
même les vastes ressources gouvernementales.
- La preuve faite au gouvernement que le public croit en ce que vous faites
(et que vous pouvez compter sur la réaction des électeurs s'il
réduit vos subventions ou les augmente).
Cela ne veut pas dire qu'il n'est pas nécessaire d'obtenir plus de
crédits du gouvernement. Avec les années, le public n'a plus la
même notion de ce qui constitue un service essentiel. Et cette notion va
continuer d'évoluer.
Évitez de miser sur le misérabilisme
De nombreux organismes sont irrités à juste titre par les
campagnes de souscription présentant les gens comme des êtres
démunis, inférieurs ou à plaindre. Les groupes de
défense des personnes handicapées ont été les
premiers à contester cette façon de procéder.
Il n'est jamais nécessaire d'utiliser cette approche pour
réussir une collecte de fonds.
Nombre de personnes répondent bien aux appels pour les projets
d'entraide. Les exemples de campagnes réussies mettant l'accent sur ce
qui peut être fait et non ce qui ne peut pas être fait
donnent de bons résultats. Dans notre ouvrage, nous
préconisons l'approche positive.
À l'autre extrême, il arrive que des associations de
consommateurs envisagent de lancer des campagnes purement rationnelles, en
opposition directe avec les campagnes empreintes d'émotivité
qu'elles réprouvent. Cette approche peut être source de
rigidité, de confrontation et de colère.
À l'instar des gens qui inventent un petit rien et qui s'attendent
à ce que le monde tombe à leurs genoux, ces associations sont
habituellement déçues des résultats. Elles peuvent
même en arriver à douter de la volonté du public d'aider
les causes essentiellement valables.
Les organisateurs de campagnes rentables reconnaissent que les gens donnent
avec le coeur et la raison. N'allez pas croire que vous allez
réussir votre campagne si vous ne comptez que sur l'approche
intellectuelle. Les émotions sont aussi très présentes
chez tout le monde.
- Évitez les approches négatives qui mettent l'accent sur la
culpabilité, la pitié ou la crainte.
- Insistez sur les sentiments positifs d'espoir, de bienveillance, de
vision partagée et de fierté du résultat.
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