GUIDE DE
LA COLLECTE DE FONDS
AU MOYEN D'ACTIVITÉS SPÉCIALES
rédigé par
Ken Wyman (CFRE),
directeur de
Ken Wyman and Associates, Inc.
Conseillers en collecte de fonds
366 est, rue Adelaide,
Pièce 321
Toronto (Ontario)
M5A 3X9
(416) 362-2926
publié par
la Direction du soutien aux organismes volontaires
du
Secrétariat d'État du Canada
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Table des matières
A. Introduction - Un récit
édifiant
B. Quelques mots sur l'auteur
C. L'auteur remercier les personnes
D. Les considérations d'ordre moral et les
activités spéciales
E. Les activités spéciales
peuvent vous offrir plus que de l'argent
F. Qu'est-ce qui cause le succès où
l'échec d'une activité spéciale?
G. Quels sont les genres d'activités
spéciales?
H. Le choix des idées : les atouts à
exploiter et les écueils à éviter
I. Obtenir presque tout gratuitement pour
réduire vos frais à zéro ou presque
J. Comment assurer le succès financier de
l'activité avant d'avoir vendu un seul billet
K. Les neuf façons d'accroître votre
efficacité à l'aide d'un programme souvenir
L. Les mises au défi peuvent ajouter un
aspect divertissant
M. Comment collecter des fonds
supplémentaires après l'activité
N. Les enchères encouragent les
principaux donateurs à offrir le maximum
O. Obtenez plus d'argent quelle que soit
l'assistance
P. Comment amener les
célébrités à donner de leur temps et à en
retirer de la satisfaction
Q. Comment obtenir suffisamment de
volontaires compétents
R. Établir l'horaire de façon
à atteindre l'efficacité maximale
S. Les formules gagnantes - Évitez les
surprises
T. Qu'est-ce qui est déductible? Le
Règlement de l'impôt sur le revenu et autres règlements
U. Reprenez les mêmes idées
V. Questionnaire visant à mesurer
vos chances de succès
W. Organisations et publications relatives
à la collecte de fonds
X. L'Agenda des activités permet
d'éviter les conflits
Y. Comment pourrait-on améliorer ce
guide?
Voici une histoire malheureuse qui fait époque dans le domaine de la
collecte de fonds : un organisme de Boston avait réussi ce qui semblait
être un coup d'éclat en obtenant la participation gratuite de Bob
Marley and the Wailers à un concert de bienfaisance.
Tout avait été bien planifié. Environ 400 volontaires
avaient travaillé fort pendant de nombreuses semaines pour organiser ce
concert. Le grand jour arrivé, 13 000 personnes ont pu, pendant sept
heures, écouter ces vedettes de la musique sous un soleil
d'été.
Malheureusement, les responsables n'avaient pas prévu tous les
coûts. Ils avaient dû payer les billets d'avion aller-retour
Jamaïque-Boston de Marley, de ses musiciens et de toute son équipe
technique, qui comprenait même un cuisinier. Il leur fallait
également payer les chambres d'hôtel ainsi que la location de la
salle et une montagne d'équipement.
Le tout s'est soldé par un déficit considérable...de 50
000 dollars.
On peut perdre beaucoup d'argent, même pour la meilleure des causes.
On peut également faire de gros profits. Il suffit de réduire
les coûts et de maximiser les recettes. Si cela semble trop simple, ce
guide vous expliquera bien clairement quelques moyens d'y parvenir.
Ce guide s'adresse-t-il à vous?
Ce guide a été conçu pour servir de documentation
personnelle aux novices. Les spécialistes y puiseront également
de nouvelles idées et redécouvriront les principes de base.
Il vous sera utile pour faire face aux décisions difficiles. Quel
genre d'activités faudrait-il tenir? Comment peut-on maximiser les
profits? De quelles ressources humaines a-t-on besoin?
L'objet de ce manuel est d'aider les organismes volontaires canadiens
à obtenir davantage d'appui et de fonds du public grâce aux
activités spéciales.
Les activités spéciales constituent probablement le moyen le
plus utilisé pour collecter des fonds, obtenir de la publicité et
sensi- biliser le public.
Qu'ils soient de taille importante ou non, qu'ils viennent de la ville ou de
la campagne, les organismes sans but lucratif ont tous recours aux
activités spéciales. Assorties de légères
modifications, elles sont utiles tout aussi bien aux organismes de
charité enregistrés qu'aux organisations sans but lucratif
non-enregistrées. Des idées presque identiques permettent
d'obtenir des fonds pour les francophones, pour les anglophones ou pour tout
autre groupe. Les méthodes utilisées peuvent s'adapter aux
organismes appuyés par des personnes bien nanties ou aux organismes
d'entraide disposant de faibles moyens.
Pour organiser une activité, on peut avoir recours à des
spécialistes qui sont très chers, mais la plupart du temps, les
volontaires parviennent très bien à se tirer d'affaire.
Certaines activités peuvent permettre d'amasser un million de dollars
en "une seule soirée". Bien sûr, il faut des mois de
planification et de travail dans l'ombre.
Les Canadiens vont d'un extrême à l'autre : certains payent 1
500 dollars par personne pour assister à une soirée de gala pour
souligner l'anniversaire de quelqu'un ou pour appuyer un parti politique; par
contre, des organismes ne demandent aucun prix d'entrée et recueillent
moins de 100 dollars en passant le chapeau. Entre ces deux extrêmes, bien
des possibilités existent, notamment les ventes aux enchères, les
soirées au théâtre, les bingos, les jeux de casino, les
soirées cinématographiques. Les exemples ne manquent pas.
Les choses tournent parfois mal, annihilant les heures d'efforts,
entraînant des déficits et mettant dans l'embarras les
organisateurs. Les occasions de se butter contre une difficulté sont
nombreuses. Les concerts par exemple se soldent fréquemment par des
déficits. Un célèbre artiste canadien (acteur et chanteur)
a dû demander des prestations de bien-être social après
avoir perdu tout son argent dans l'organisation d'un concert au profit des
autochtones. Malgré la participation gratuite de Dinah Christie, de
Parachute Club et d'autres artistes bien connus, il n'a même pas pu faire
ses frais.
Plusieurs organismes de charité importants et bien structurés
ont également éprouvé de graves difficultés en
essayant de recueillir des fonds grâce à une tombola où le
gros lot était une maison. Un organisme a ainsi perdu plus d'un demi-
million de dollars.
Même lorsqu'ils font des profits, les organismes se plaignent souvent
que les montants obtenus ne justifient tout simplement pas le nombre d'heures
consacrées par les volontaires.
Par contre, il existe naturellement des réussites dignes de mention.
Vous apprendrez dans ce guide les techniques qui permettent de réduire
le travail, d'augmenter les recettes et de dissiper les plus grosses
incertitudes.
Ce guide examine le sujet d'une façon unique en l'abordant dans une
perspective canadienne. Aux États-Unis, des collecteurs de fonds ont
publié des documents, qui ont cependant une utilité restreinte au
Canada. En matière de marché, il existe des différences
importantes. Les règlements fiscaux régissant la vente de billets
et les dons sont complètement différents. De toute façon,
peu de documents américains s'adressent à la majorité
d'entre nous dans ce domaine.
Ce guide n'épuise pas le sujet de la collecte de fonds au moyen
d'activités spéciales. Cet exercice nécessiterait une ou
deux encyclopédies. Le guide traite des points les plus importants et sa
présentation le rend facile à consulter et à lire.
Quelques mots sur l'auteur
Ken Wyman est un conseiller qui aide les organisations à se
développer grâce à des techniques améliorées
en matière de collecte de fonds, de bénévolat et de
communications.
Des centaines de personnes ont participé à son
séminaire intitulé Making the Most of Special Events, qui
s'est tenu dans huit villes canadiennes, sous l'égide du Canadian Centre
for Philanthropy.
Ken est également le fondateur des Brown Bag Papers and Seminars du
Grass Roots Fund Raising Network. Il est membre de la Canadian
Society of Fund Raising Executives. Le Canadian Centre for Philanthropy et
le Humber College ont tous les deux retenu ses services à titre de
coordonnateur du premier programme de certificat en gestion sur la collecte de
fonds au Canada.
Ce guide constitue le troisième livre rédigé par Ken
Wyman pour le compte du Secrétariat d'État.
La Direction du soutien aux organismes volontaires a également
demandé à Ken de rédiger Everything You Need to Know to
Get Started In Direct Mail Fund Raising. Il est également l'auteur
du Guide du collecteur de fonds à l'usage des associations de
personnes handicapées.
L'AUTEUR SOUHAITE REMERCIER LES PERSONNES SUIVANTES
:
Mary Hancock, associée chez Ken Wyman and Associates, qui a
consacré des heures de travail à la recherche et a
découvert des renseignements intéressants sur les
activités efficaces au Canada.
Alexandra Montgomery, étudiante qui complète sa
maîtrise en Volunteer Administration de l'Université York, qui
s'est portée volontaire pour effectuer les recherches
préliminaires qui ont permis d'entreprendre ce livre.
Lyn McDonell, associée chez Ken Wyman and Associates, qui a
collaboré abondamment à ce volume, particulièrement en ce
qui a trait aux volontaires et à la gestion du temps.
Nancy White, auteure-compositeure, qui a participé à
tant de concerts de bienfaisance qu'elle est devenue une experte en la
matière. Elle nous a apporté sa sagesse dans la partie portant
sur les musiciens.
Barry Baker, de la Société des timbres de Pâques,
qui a proposé les formules relatives à la collecte de fonds et
m'a autorisé à les reproduire dans le chapitre examinant cette
question. Barry est un des meilleurs spécialistes canadiens dans ce
domaine.
Je ne voudrais pas oublier également : Fred Gardiner,
responsable des illustrations, qui a vu à la bonne marche du bureau pour
que je puisse écrire ce volume; Marta Valencia, qui a
dactylographié des parties de ce volume (je suis responsable de toutes
les coquilles); Don McRae du Secrétariat d'État pour ses
idées, son encouragement et sa patience; le Canadian Centre for
Philanthropy, particulièrement Laura Oda, directrice de la
formation et du perfectionnement, qui a organisé la tenue du
séminaire sur les activités spéciales dans
différentes villes canadiennes et m'a ainsi permis de rencontrer bien
des gens importants, ainsi que Rose van Rotterdam, directrice du
Resource Centre, qui a rassemblé la documentation et a répondu
rapidement aux questions les plus étranges;Leueen MacFarlane, qui
m'a apporté ses idées et m'a donné son appui moral;
Greg Burns directeur des Services des loisirs de Cambridge en Ontario et
auteur d'une excellente thèse regorgeant de nombreuses bonnes
idées que je n'ai malheureusement pas pu inclure dans le présent
travail. Je ne voudrais pas terminer sans souligner l'apport des centaines
d'autres personnes, qui m'ont fait part de leurs idées au cours
d'entrevues, de séances de consultation ou de séminaires.
Merci à tous.
Les considérations d'ordre moral
et les activités spéciales
Les considérations d'ordre moral des activités
spéciales méritent une attention particulière. Elles
peuvent se révéler complexes selon l'organisation. Ne vous
laissez pas décourager par la longue énuméra- tion
ci-dessous. Elle ne vise qu'à cerner les problèmes et à
offrir des solutions.
En premier lieu, les fonds collectés doivent servir à la
satisfaction des objectifs de l'organisation sans but lucratif. Le public est
de plus en plus méfiant : de faux organismes de charité
collectent des fonds de donateurs qui ne se doutent de rien et ils utilisent
cet argent à des fins personnelles. Ils ont à plusieurs reprises
abusé de la confiance du public. Le pire exemple est survenu lorsque des
collecteurs de fonds ont vendu par téléphone des billets pour
assister à un spectacle censé être organisé au
profit des enfants handicapés. Apparemment, on avait vendu plus de
billets qu'il n'y avait de places pour le spectacle, peu d'enfants
handicapés y ont assisté et les commissions versées aux
vendeurs ont donné une impression incorrecte de l'organisation sans but
lucratif.
Les organisations sans but lucratif responsables devront prendre des mesures
afin de faire fléchir les coeurs durcis, à juste titre, par ces
mauvaises expériences.
Il est également essentiel de réduire au minimum les
coûts découlant de la collecte de fonds. Une activité
spéciale peut se révéler une entreprise coûteuse. Il
nous incombe tous de restreindre le plus possible les dépenses. Dans
certaines parties des États-Unis, des lois établissent que les
dépenses ne doivent pas excéder 10-15 p. 100 des fonds
collectés. Le Canada envisage de suivre cet exemple. Ce pourcentage
extrêmement bas est une exigence probablement difficile à
respecter. Elle constitue néanmoins une réaction tout à
fait normale, car dans certains cas renommés, 70 p. 100 ou plus avaient
été consacrés aux frais généraux.
Les collecteurs de fonds doivent également se garder de ne pas
accorder un traitement de faveur à certains fournisseurs. Si, par
exemple, un marché est accordé à l'imprimerie d'un membre
du conseil sans appel d'offres, les autres pourraient protester. Il faut faire
preuve de beaucoup de prudence lorsque les fournisseurs constituent un parti
privilégié. Il faut se méfier des conflits
d'intérêts et refuser les commissions, primes ou tout autre
montant offerts par les fournisseurs. Il est même déjà
arrivé que des personnes ont fait l'objet de critiques parce qu'elles
avaient obtenu un rabais sur leurs déplacements personnels en avion en
utilisant les points-cadeaux gagnés lors de voyages en avion
effectués pour le compte de l'organisme sans but lucratif.
Il faut également respecter les valeurs de la collectivité.
Obtenir des fonds au moyen de séances d'effeuillage ou de ventes aux
enchères de célibataires peut sembler amusant, mais ces
activités peuvent nuire à l'image de l'organisme. Fuyez tout ce
qui peut être sexiste ou raciste. Évitez toute attitude de
discrimination à l'égard de l'âge.
Les concours qui consistent à manger à satiété
ou à lancer des tartes sont également devenus moins acceptables
sur le plan moral. Le public étant de plus en plus conscient du
problème de la faim au Canada et dans le monde, il faut éviter ce
gaspillage et cette surconsommation ostentatoire de nourriture.
L'alcool peut également causer des problèmes. Bien des groupes
religieux interdisent tout simplement la consommation d'alcool. Certains autres
groupes, religieux ou non, n'acceptent qu'une consommation
modérée d'alcool.
Ce n'est pas uniquement une question d'ordre moral. Plusieurs poursuites en
justice ont permis d'établir que, si un conducteur en état
d'ébriété se blesse ou blesse quelqu'un, la
responsabilité incombe à la personne qui lui a servi à
boire. Les organisations sans but lucratif qui servent de l'alcool au cours
d'activités spéciales doivent redoubler de prudence. Les concours
où les participants doivent boire beaucoup ne constituent pas une bonne
idée. Les loteries offrant des boissons alcoolisées comme lots
sont maintenant illégales dans bien des endroits. Lorsqu'on sert des
boissons alcoolisées, la tendance actuelle est d'offrir qu'une seule
consommation gratuite, ce que l'on fait d'habitude uniquement au cours des
dîners. Les personnes qui veulent d'autres consommations doivent les
payer au bar.
Les fumeurs aussi posent de plus en plus un problème. Les non-fumeurs
estiment qu'ils ont droit à l'air pur dans toutes les activités
spéciales. S'il est impossible de prévoir des sections de
non-fumeurs, il est peut-être préférable d'interdire de
fumer.
Les jeux d'argent provoquent également la controverse. Encore une
fois, bien des religions les interdisent. Certains considèrent
également que les loteries et les bingos constituent une forme
déguisée d'impôt pour les pauvres. Même si les
participants à ces activités appartiennent à tous les
paliers de revenu, le plus fort taux de participation se retrouve chez ceux qui
en ont le moins les moyens. Réfléchissez-y bien avant
d'entraîner votre organisation dans les jeux d'argent : casinos,
tombolas, bingos, moitié-moitié, loteries etc. Il faut
vérifier et revérifier toutes les lois fédérales et
provinciales ainsi que tous les règlements municipaux à cet
égard.
La question de l'accessibilité est également importante. Elle
ne concerne pas uniquement les associations travaillant avec des personnes qui
ont des besoins spéciaux. Les organisations sans but lucratif ont la
responsabilité d'entraîner des changements sociaux. Les organisa-
tions sensibilisées à cette question se sont attirées
beaucoup d'éloges, que les activités aient lieu dans les
établissements culturels, religieux, scolaires ou communautaires.
Inspectez les lieux que vous songez à utiliser afin de
vérifier s'ils disposent de tout le matériel facilitant
l'accès des personnes en fauteuil roulant (des rampes aux toilettes
spéciales). Il faudrait utiliser le langage gestuel pour traduire,
à l'intention des handicapés auditifs, les propos des
conférenciers et des artistes. Un service de garderie facilite la
participation des parents de familles monoparen- tales. Dans certains cas, il
faut peut-être prévoir des moyens de transport spéciaux.
Certains ont également des besoins diététiques
particuliers. Offrez sur demande de préparer de la nourriture
spéciale aux personnes qui en ont besoin pour des raisons de
santé, de religion ou autres. La plupart des cuisiniers peuvent
satisfaire à ces demandes s'ils disposent de temps suffisant.
Il faudrait également tenir compte des questions de langues et de
cultures. Faudrait-il présenter la documentation en anglais et en
français? Il faudrait peut-être l'offrir dans d'autres langues,
comme l'ojibway ou le cri, le vietnamien, l'italien ou l'ukrainien, pour ne
nommer que quelques-unes des langues parlées au Canada. Faites attention
aux particularités lorsque sont réunis des membres de religions
différentes. Lorsque dans le bénédicité, vous
invoquez Jésus, vous pouvez offenser les Juifs, les Musulmans, les
Sikhs, les Hindous ou les membres de bien d'autres religions ou sectes.
Parallèlement, utiliser le pronom "Il" en parlant de Dieu
irritera les personnes combattant le sexisme. Préparer des repas pendant
le ramadan ou la pâque juive peut se révéler un exercice
des plus compliqués. Les Canadiens anglais oublient parfois que les
bureaux québécois sont fermés le jour de la
Saint-Jean-Baptiste.
Le boycottage constitue un autre problème. Bien des associations ne
veulent pas utiliser les produits provenant de pays répréssifs,
de sociétés dont les employés sont en grève ou
d'entreprises dénoncées dans des campagnes. Par exemple, à
l'époque où une brasserie canadien-ne appartenait partiellement
à des intérêts sud-africains, certains campus
universitaires et syndicats avaient interdit la vente des produits de cette
brasserie. D'autres s'inquiètent des raisins californiens, des produits
chimiques toxiques et des produits fabriqués notamment dans des pays
comme l'URSS, le Chili ou l'Afrique du Sud .
La commandite par les sociétés commerciales pose
également un problème. Par exemple, les associations de personnes
handicapées s'irritent souvent contre les sociétés
pharmaceutiques qui demandent des prix élevés et contre les
compagnies d'assurance qui tardent à payer. Les associations
d'écologistes se préoccupent des activités des compagnies
d'extraction minière et des pollueurs. Des entreprises commerciales
encourent les reproches sévères des féministes, des
autochtones, des parties adverses dans la question de l'avortement et de bien
d'autres groupes. Le tout se transforme souvent en antipathie à
l'égard des propriétaires, des actionnaires ou des
employés de l'entreprise. Au fil de l'histoire, les riches ont fait
l'objet de haine. Choisissez avec prudence.
Les organisateurs d'activités spéciales sont accusés
d'élitisme lorsque le prix est élevé. Selon bien des gens,
les prix d'entrée élevés, les spectacles
réservés à une aristocratie et les privilèges
concédés ne conviennent pas aux associations sans but lucratif,
car on y retrouve d'une part les donateurs bienveillants, et d'autre part les
obligés, dans le plus pur esprit paternaliste. D'autres font valoir par
contre que l'activité vise tout simplement à collecter le plus de
fonds possible et non pas à donner une soirée mondaine pour
l'ensemble de la collectivité.
Les organismes de services sociaux et de santé utilisent le plus
souvent ce mode d'activité, mais les associations d'intérêt
culturel, les organismes sportifs et les partis politiques (Néo-
Démocrates, Progressistes-Conservateurs et les autres) y ont
également recours. Il existe certaines solutions. Il est parfois utile
d'offrir des réductions sur le prix d'entrée aux personnes
âgées, aux chômeurs, aux handicapés ou aux
étudiants. En dernière analyse, l'organisme doit décider
si l'activité s'adressera à tous ou à ceux qui ont la
possibilité de donner le plus.
Si, moralement, il n'est pas possible d'avoir recours aux personnes riches,
faudrait-il collecter les fonds des pauvres? Bon nombre d'organismes sont
convaincus que les personnes qu'ils aident ne peuvent contribuer
financièrement. Ils refusent souvent de demander aux membres, aux
clients, aux patients et aux usagers de faire un don dans le cadre d'une
activité ou d'acheter un billet pour y participer. C'est là
également une forme de paternalisme. Dans bien des cas, les pauvres ont
montré non seulement qu'ils pouvaient contribuer, mais aussi qu'ils
étaient fiers de le faire. Cette universalité aide à
dépouiller l'organisme sans but lucratif de toutes ses tendances
élitistes aliénantes pour la transformer en un outil d'entraide
favorisant la participation de tous.
De plus, les études du Canadian Centre for Philanthropy montrent que
les pauvres sont extrêmement généreux. Par rapport aux
riches, les pauvres donnent aux organismes sans but lucratif une proportion
beaucoup plus importante de leur revenu . Même si les services offerts
aux personnes ne devraient jamais être fonction de leurs dons, il est
raisonnable de leur demander si elles souhaitent participer. Il faut
naturellement éviter de solliciter une personne qui pourrait souffrir de
la divulgation publique de ses relations.
Enfin, les organismes sans but lucratif doivent se respecter mutuellement.
La plupart entretiennent des relations amicales et n'hésitent pas
à partager leurs renseignements. C'est ainsi que les choses devraient se
passer. Cependant, quelques organismes ont déjà essayé de
voler les idées des autres en matière de collecte de fonds. Cette
attitude nuit à tous. Bien qu'il existe peu de techniques vraiment
originales, si tant est qu'il en existe, il est néanmoins dangereux de
les imiter trop rigoureusement. Les nouvelles techniques signalées dans
les médias sont reprises immédiatement par des douzaines
d'associations et deviennent ainsi rapidement à la mode.
Reprendre jusqu'à saturation la même idée la rend
totalement improductive pour tout le monde.
En choisissant l'activité spéciale, il faut tenir compte de
tous ces facteurs. Il peut sembler décourageant de les examiner tous,
mais le public s'attend à des normes de moralité plus
élevées des organismes de charité et des associations sans
but lucratif que de tous autres groupes. Veillez à respecter les normes
raisonnables.
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