Mot de la présidente

L’éducation des adultes : un élément essentiel à l’épanouissement des personnes dans nos communautés

photo: Suzanne BenoitIl y a dix ans, des délégations de la plupart des pays du monde se réunissaient à Hambourg, en Allemagne, pour participer à la Cinquième Conférence internationale sur l’éducation des adultes de l’UNESCO (CONFINTEA V).

Cette conférence s’est avérée très importante. On y a adopté une déclaration sur le droit à l’éducation tout au long de la vie et affirmé que toute personne a droit à une formation de base, quel que soit son âge. De plus, les délégués ont adopté tout un programme d’action pour les années à venir, L’Agenda pour le futur, un plan ambitieux rempli de bonnes intentions. Le Canada s’est engagé à le mettre en oeuvre.

En septembre 2003, l’UNESCO organisait une autre conférence, à Bangkok cette fois, pour faire le bilan des réalisations par rapport aux promesses faites à Hambourg. J’y ai assisté en tant que membre de la délégation canadienne à titre de vice-présidente de la FCAF. Comme Canadiens, nous avons pu faire état de certaines réalisations, qu’on retrouve dans le Rapport du Canada pour le Bilan de mi-parcours CONFINTEA V. Ce document rapporte, entre autres, que le Québec avait adopté, un an plus tôt, une politique fortement inspirée des principes énoncés à la Conférence de Hambourg. Il énumère également les nombreuses initiatives et réalisations du Secrétariat national à l’alphabétisation.

Dans deux ans, en 2009, des délégations du monde entier se réuniront à nouveau pour la Sixième Conférence. La FCAF, de concert avec d’autres organisations oeuvrant dans le domaine de l’éducation des adultes au Canada, a déjà commencé à préparer cet événement. Ce numéro de la revue À lire est une modeste contribution à ce travail.

L’éducation des adultes constitue un vaste domaine. Un seul numéro de revue ne permet pas de faire le tour de la question, même en se concentrant uniquement sur les aspects de la politique sociale et économique, sur les plans tant communautaire, provincial, fédéral qu’international.

Un constat s’impose, toutefois : dix ans après Hambourg, l’éducation des adultes demeure le parent pauvre de l’ensemble du secteur de l’éducation. Pour trop de gens, l’éducation se termine le jour où l’on quitte l’école. Pourtant, il faut reconnaître que l’éducation commence à la naissance et qu’elle se poursuit, de façon formelle ou non, tout au long de la vie.

Il suffit de regarder autour de nous : comprendre notre monde et répondre aux exigences de notre société exige un niveau de formation de plus en plus élevé.

Pour les minorités francophones et acadiennes du Canada, c’est un domaine auquel il faudrait accorder beaucoup plus d’attention. Bien sûr, nous avons dû par le passé concentrer nos énergies à consolider le secteur de l’éducation primaire et secondaire en français. Nous avons par la suite commencé à créer les bases d’un système postsecondaire en français et nous sommes les premiers à savoir que nous devons continuer à nous intéresser au secteur préscolaire. Mais il est grand temps que nous prenions aussi conscience des besoins en éducation des adultes dans nos communautés.

Les communautés francophones minoritaires devraient adopter la vision de l’éducation définie dans la Déclaration de Hambourg et agir en conséquence. Selon cette perspective, l’éducation des adultes constitue un élément essentiel à l’épanouissement de nos communautés. Il est impossible de hausser le niveau moyen de l’alphabétisme sans y consacrer plus d’effort que nous l’avons fait jusqu’à maintenant.

Suzanne Benoit

Suzanne Benoit
Présidente de la FCAF