Facteurs qui influent sur la demande
Points à prendre en considération en ce qui a trait à l’expression de la demande :
Conclusions : enjeux, recommandations et pertinence
Cette étude souligne l’importance d’inscrire l’expression de la demande de la nouvelle politique québécoise dans une démarche vers la proclamation d’un droit à une formation générale pour tous les adultes. Elle indique aussi qu’il faut s’assurer de fournir du soutien par des règles claires. Au Québec, il existe un droit moral à la formation de base, mais non un droit de nature juridique. Il existe plusieurs moyens pour permettre aux adultes d’exprimer leurs besoins: il est important de valoriser les structures de représentation des étudiants adultes pour permettre l’expression de la demande.
par Danny Joncas
Les adultes qui choisissent de s’inscrire à des cours ou à des ateliers de formation en tirent non seulement des bénéfices sur le plan personnel, mais aussi des connaissances qui peuvent être mises en application sur une base quotidienne au travail.
Puisque les entreprises canadiennes doivent oeuvrer dans un monde de plus en plus concurrentiel, elles exigent de leurs employés qu’ils offrent le meilleur rendement possible. Pour ce faire, ces mêmes employés décident de plus en plus, de leur propre gré, d’accroître leurs connaissances en s’inscrivant à diverses formations.
À en juger par les résultats de l’Enquête sur les attitudes des Canadiens à l’égard de l’apprentissage (EACA), rendus publics à l’automne 2006, c’est en grande partie pour offrir un meilleur rendement au travail que les Canadiens décident de participer à des activités de formation. Parmi les autres raisons énumérées, on note que l’objectif est de toucher un salaire plus élevé, de répondre aux exigences de l’employeur, d’obtenir un meilleur emploi ou de terminer des études inachevées.
En contrepartie, ceux qui n’ont pas suivi de formation liée à leur emploi estiment, notamment, qu’ils n’en ont pas senti le besoin, qu’ils ne disposaient pas du temps nécessaire en raison d’obligations professionnelles ou familiales, ou encore que les coûts reliés à ces formations étaient trop élevés.
Une autre constatation intéressante révèle que les gens moins âgés sur le marché du travail sont plus nombreux que les gens plus âgés à suivre une formation liée à leur travail, tout comme c’est le cas pour les employés dont le degré de scolarité est plus élevé.
Cette enquête a été conçue conjointement par le Conseil canadien sur l’apprentissage et Statistique Canada et administrée par celle-ci.
La question de la langue
Le 19 décembre dernier, Statistique Canada a publié une autre étude qui donne des données sur la participation des adultes à des activités de formation selon les langues officielles du Canada, à savoir le français et l’anglais. Cette étude sur l’état de l’alphabétisme chez les minorités de langue officielle se fonde sur les données recueillies par le truchement de l’Enquête internationale sur l’alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA) de 2003. Elle démontre que les francophones qui suivent divers types de formation le font dans une proportion moins élevée que les anglophones.
« Ainsi, un peu plus de 54 % des anglophones indiquent suivre une telle formation comparativement à près de 43 % des francophones », peut-on lire dans le rapport de l’EIACA.
Le rapport constate aussi qu’il y a des différences régionales entre les diverses communautés francophones au Canada. Les francophones de l’Ontario sont proportionnellement plus nombreux à suivre des formations que ceux du Nouveau- Brunswick et du Québec.
Ce rapport indique qu’il y a six fois plus de personnes qui se situent dans les groupes dont le niveau d’alphabétisme est le plus élevé que parmi ceux qui se situent dans les groupes le plus faiblement alphabétisés. Ces écarts entre les taux de participation des groupes francophone et anglophone sont les mêmes, peu importe le type de formation. L’étude de Statistique Canada a examiné la participation des groupes linguistiques par rapport à divers types de formation : la formation structurée, l’autoapprentissage ou l’apprentissage informel par observation.
Danny Joncas est coordonnateur du Service des nouvelles de l’Association de la presse francophone à Ottawa.