par Christine Larose
Au coeur du mouvement de l’éducation des adultes chez les francophones du Canada, un organisme regroupe les divers acteurs dans ce domaine, encourageant, défendant, représentant et promouvant le droit à l’éducation.
L’année dernière, l’Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICÉA) célébrait ses 60 ans. L’organisme a su s’adapter continuellement à l’évolution de son milieu. L’ICÉA continue de se rajeunir, comme en témoignent deux réalisations actuelles : la Semaine nationale des adultes en formation et le tout nouveau programme Accès formation pour les adultes.
Le 10 septembre 1946, le Comité français de la Canadian Association for Adult Education (CAAE), fondé en 1935, se réorganise en société autonome, acquérant ainsi son indépendance et se voulant représentatif de tout le secteur français de l’éducation des adultes au Canada. Il a pour objectifs d’organiser et de représenter, au pays et à l’étranger, le mouvement canadien-français d’éducation des adultes, d’encourager la recherche en éducation des adultes et de diffuser l’information pertinente. Outre les membres individuels, il regroupe des représentants des établissements d’enseignement, des gouvernements provinciaux et des mouvements bénévoles. Le faible nombre de membres risque cependant de compromettre sa survie. En 1951, on révise sa constitution de façon à admettre dans ses rangs les sociétés provinciales de coordination, les organismes nationaux, ainsi que les services privés et publics tant fédéraux que provinciaux. L’organisme se transforme ainsi en une fédération des sociétés provinciales. Son intérêt pour la promotion de l’éducation populaire sous toutes ses formes, notamment le cinéma, la radio et la télévision, constitue le trait marquant de la période de 1946 à 1960, au cours de laquelle il prendra le nom d’Institut canadien d’éducation des adultes (ICÉA). Il joue un rôle important à la Conférence mondiale de l’UNESCO sur l’éducation des adultes qui se tient à Montréal en 1960, ce qui entraîne une redéfinition de ses priorités. L’Institut centre ses préoccupations, pendant les huit années suivantes, sur la promotion de l’éducation des adultes dans les établissements publics. À compter de 1968, l’ICÉA est amené à exercer un rôle critique face aux limites des réformes des années soixante et s’oriente ainsi vers une intervention plus politique et structurelle. Avec le temps, il consacre de plus en plus d’efforts à l’éducation des adultes vivant en milieu défavorisé. À partir de 1975, il vise la promotion de l’éducation populaire autonome, la démocratisation des grands appareils d’éducation et de culture, ainsi que la création des médias communautaires. Parallèlement, le dossier de la formation professionnelle prend de l’ampleur.

Sur la photo, de gauche à droite : M. Victor Lapalme, président de l’ICÉA, Mme Ollivier, épouse de feu Émile Ollivier, Mme Ryan-Blanchard et Mme Michèle S. Jean, présidente de la Commission.
L’ICÉA rend hommage à Claude Ryan
À l’occasion de son 60e anniversaire, l’Institut de coopération pour l’éducation des adultes (ICÉA) a lancé le prix Émile-Ollivier en partenariat avec la Commission canadienne pour l‘UNESCO. Le 26 octobre dernier, le premier prix Émile-Ollivier a été remis à Claude Ryan, à titre posthume pour sa contribution exceptionnelle tout au long de sa vie à l’éducation des adultes au Québec.
L’événement s’est déroulé en présence de plus d’une centaine de personnes engagées en éducation des adultes, dont M.Victor Lapalme, président de l’ICÉA et Mme Michèle S. Jean, présidente de la Commission canadienne pour l’UNESCO. C’est Mme Ryan-Blanchard qui a reçu l’hommage fait à son père.