Un tour d’horizon
par Roch Harvey (CECI-Uniterra)
D’après une communication de Madame Hima Hadiza, Secrétaire générale de la Conférence des ministres de l’Éducation nationale des pays ayant le français en partage, présentée au FORIENF, à Niamey, au Niger, en janvier 2002
La Déclaration mondiale sur l’Education pour tous souligne que l’objectif fondamental de l’éducation de toute personne, enfant, adolescent ou adulte, est de répondre à ses besoins éducatifs fondamentaux.
Que ce soit avec les outils d’apprentissage de base comme la lecture, l’écriture ou le calcul, ou grâce aux contenus éducatifs fondamentaux comme les connaissances, les aptitudes et les valeurs, le droit à l’éducation doit permettre à tout être humain d’améliorer la qualité de son existence et de participer pleinement au développement de sa communauté.

Dans un contexte comme celui des pays africains, l’éducation joue un rôle majeur dans le processus de développement économique et social. En conséquence, le droit à l’éducation relève d’une question non seulement d’équité et de justice mais également de développement économique et de lutte à la pauvreté. Ne pas créer les conditions de l’exercice du droit à l’éducation, c’est restreindre de facto la capacité des individus à produire, donc à pourvoir à leurs besoins et à ceux de leurs familles. Cela suppose en défi nitive hypothéquer le progrès économique, démocratique et social et par conséquent la paix et la sécurité internationales.
Le droit à l’éducation est-il effectif en Afrique de l’Ouest ? Son exercice est-il équitable ? Quelles sont les contraintes liées à l’exercice de ce droit ?
Le droit à l’éducation et son application dans l’espace ouest africain.
L’Afrique de l’Ouest regroupe un grand nombre de pays francophones où le droit à l’éducation est garanti par des instruments juridiques qui vont des conventions et déclarations internationales aux lois internes des États. Ces outils représentent un pas certes important mais qui ne suffi t pas à garantir aux citoyens la jouissance pleine et entière du droit à l’éducation.
Il est évident que la volonté des gouvernements africains est bien loin des moyens réels dont ils disposent et qu’il reste encore beaucoup à faire. L’Afrique de l’Ouest a un des taux d’alphabétisation les plus faibles au monde : seulement 44% de la population âgée de 15 ans et plus sait lire et écrire. En parallèle, l’Afrique de l’Ouest est caractérisée par un bas niveau de développement humain et l’espérance de vie ne dépasse pas 50 ans dans plus de la moitié des pays de la région.
Malgré la volonté politique clairement affi - chée à travers la ratifi cation de conventions internationales et l’adoption de lois d’orientation du secteur éducatif, les États africains ne peuvent visiblement, sans un appui conséquent des bailleurs de fonds, remplir leurs engagements. L’extrême pauvreté, conjuguée au poids écrasant de la dette extérieure, rétrécit considérablement leur marge de manoeuvre.
Le droit à l’éducation et l’impératif de la survie
Assurer la survie occupe tellement de temps et d’énergie dans leur quotidien qu’il est pratiquement impossible pour beaucoup de familles africaines de se consacrer à autre chose qu’au travail rémunérateur. Dans la plupart des pays africains, la majorité de la population vit dans une situation très diffi cile. La lutte quotidienne pour la survie, particulièrement en milieu rural, et l’extrême pauvreté trop répandue restent en défi nitive les contraintes majeures au respect du droit à l’éducation.
Des contraintes particulières : conflits et épidémies
D’autres facteurs non moins importants méritent cependant d’être soulignés. Il s’agit des confl its armés au cours desquels, aussi bien le personnel enseignant que les populations scolarisables, se voient obligés de fuir leurs zones de résidence, quand ils ne sont pas simplement massacrés ou enrôlés de force.
Il y a aussi les maladies cycliques ou endémiques dont les effets sur le système éducatif sont dévastateurs. Ainsi, le SIDA est en train, d’une manière sournoise mais sure, de devenir une grave menace à l’éducation en Afrique.
Enfi n, des facteurs sociaux et culturels peuvent aussi être contraignants. Le cas des fi lles en particulier est digne d’attention, pour la simple raison qu’elles sont les victimes principales de préjugés sociaux défavorables. Du fait de leurs conditions sociales, des millions de gens sont donc victimes de l’analphabétisme en Afrique de l’Ouest.
L’avenir est à la coopération internationale
Malgré les efforts déployés, l’Afrique de l’Ouest est encore loin d’espérer remplir ses engagements de parvenir à une alphabétisation universelle en 2015. Pour y arriver, seule la mise en synergie des efforts de l’ensemble des acteurs, à quelque niveau que ce soit, est susceptible d’apporter les réponses appropriées aux défi s actuels.
Avec l’appui de partenaires des pays du Nord comme le Canada, par le biais de programmes et de projets d’organismes de coopération internationale et avec la collaboration de partenaires de la société civile, les pays d’Afrique de l’Ouest pourront à coup sûr accomplir un grand pas vers la réalisation, non seulement d’une éducation pour tous, mais surtout une éducation de qualité pour tous.