Un tour d’horizon
Union européenne
Née le 7 février 1992,
l’Union européenne regroupe
maintenant 27 pays membres.
Le Parlement européen, le Conseil de
l’Union européenne et la Commission
des communautés européennes en
sont les principales institutions.
La Commission des communautés européennes a rendu publique, en octobre 2006, la communication intitulée Éducation et formation des adultes : il n’est jamais trop tard pour apprendre dans laquelle elle exhorte les États membres à faire de la formation des adultes une de leurs priorités1.
Cette communication s’inscrit dans le contexte de l’adoption, par le Parlement européen, d’un programme d’action qui couvre toutes les possibilités d’apprentissage offertes depuis l’enfance jusqu’à la retraite. Le nouveau programme comprend quatre sous-programmes couvrant l’ensemble des systèmes d’éducation et de formation, à savoir :
Afin d’assurer la liaison entre les quatre composantes du programme, on a aussi créé une composante « transversale » pour favoriser la coopération stratégique, faire la promotion de l’enseignement des langues, stimuler l‘innovation et l’utilisation des nouvelles technologies et assurer la diffusion des résultats des actions financées par le programme.
Le programme, qui s’étalera de 2007 à 2013, vise à permettre à la communauté européenne de devenir une société axée sur les connaissances, à assurer le développement économique, à faire en sorte qu’il y ait plus d’emplois et de meilleurs emplois et, enfin, à assurer la cohésion sociale. Doté d’un budget équivalent à 11 milliards de dollars canadiens, le programme permettra d’accorder des bourses et des subventions pour des projets qui stimulent la mobilité transnationale des personnes, favorisent les partenariats bilatéraux et multilatéraux ou améliorent la qualité des systèmes d’éducation et de formation, comme des actions multilatérales encourageant l’innovation.
La Commission estime que l’éducation et la formation sont des facteurs essentiels à l’atteinte des objectifs que l’Union européenne s’est donnés relativement à la croissance économique, à la compétitivité et à l’inclusion sociale.
Ainsi, dans l’économie du savoir, les emplois demandent de plus en plus de compétences et, parmi les nouveaux emplois créés, une part minime seulement pourra être occupée par des travailleurs peu scolarisés. Par ailleurs, l’Union européenne compte actuellement une forte proportion de travailleurs peu qualifiés et un nombre non négligeable de personnes incapables d’utiliser les informations écrites. À cette inadéquation entre l’offre et la demande sur le plan de la qualification s’ajoute le vieillissement de la population, qui se traduira par un nombre croissant de travailleurs qui quitteront le marché du travail. Ces deux facteurs militent en faveur d’une meilleure utilisation du potentiel de tous les travailleurs, d’une part, et d’une meilleure intégration des immigrants sur le marché du travail, d’autre part. La compétitivité et l’inclusion sociale passent donc nécessairement par la formation des adultes.
Définition
La Commission définit l’éducation
et la formation des adultes comme
toutes les formes d’apprentissage
effectué par des adultes ayant quitté
l’éducation et la formation initiales.
À cet égard, il est intéressant de faire un parallèle avec la situation du Canada. Ainsi, dans le cadre de sa stratégie d’innovation de 2002, le gouvernement canadien reconnaissait, lui aussi, que l’économie du savoir et le vieillissement de la population exerçaient des pressions sur la compétitivité à long terme du Canada. Il notait, tout comme l’a fait la Commission des communautés européennes, que la solution passait nécessairement par le renforcement de notre système d’apprentissage2.
Malgré l’importance de la formation des adultes pour la réussite personnelle et économique, la Commission des communautés européennes constate que les États membres ont mené jusqu’à maintenant peu d’actions concrètes : l’éducation est toujours principalement axée sur les jeunes et les systèmes sont mal adaptés aux besoins d’apprentissage tout au long de la vie.
La Commission reconnaît d’emblée que la situation varie grandement dans les États membres tant sur les plans de la législation et de la prestation des services que sur celui de la participation à la formation. Toutefois, au-delà des différences, la Commission identifie cinq grands secteurs où, à des degrés divers, il faudrait apporter des améliorations dans tous les États membres afin qu’ils disposent d’un système d’éducation et de formation des adultes efficace, qui assure aux participants un meilleur accès au marché du travail, renforce leur intégration sociale et les prépare à un vieillissement actif. Ces constats reposent sur l’étude Adult Education Trends and Issues in Europe menée par l’Association européenne pour l’éducation des adultes, une organisation non gouvernementale qui représente 114 associations actives dans le domaine de l’éducation des adultes. Voici les secteurs à améliorer :
La participation : La participation à l’éducation et à la formation des adultes reste limitée et, malgré des écarts importants entre les États membres quant au taux global de participation, on note des similitudes importantes dans la ventilation de la participation. En effet, partout, les personnes les moins susceptibles de participer à la formation sont celles qui ont le plus bas niveau d’éducation initiale.