• On peut en déduire que des facteurs importants interviennent dans certaines formes d'apprentissage informel. En particulier, les niveaux de formation scolaire et les compétences des adultes comme celles qui sont mesurées par l'ELCA sont étroitement liés à l'intensité de la participation active à l'apprentissage informel.
  • Dans tous les pays, l'employeur joue un rôle capital dans le financement des possibilités de participer à l'apprentissage continu, mais les pays diffèrent de façon marquée quant à la part de l'apprentissage des adultes qui est financée par l'employeur. En outre, les niveaux de la pratique d'activités de littératie et de numératie au travail sont étroitement liés à la probabilité de bénéficier du soutien de l'employeur à l'éducation et à la formation des adultes.

4.2 La participation à des formes structurées d'éducation et de formation des adultes1

Au cours de la dernière décennie, l'apprentissage des adultes a cessé d'être un voeu pieux formulé par des organismes intergouvernementaux et est devenu un enjeu capital des politiques nationales en matière d'éducation, d'économie et de bien-être. En 1996, la conférence des ministres de l'Éducation de l'OCDE a proposé aux pays membres d'adopter la politique consistant à « faire de la formation tout au long de la vie une réalité pour tous » et d'y accorder la priorité pendant les cinq années suivantes (OCDE, 1996). En 2000, la Commission européenne a préconisé une politique semblable en faisant de l'éducation et de la formation tout au long de la vie une composante de base du modèle social européen. Cette politique se reflète notamment dans la stratégie européenne de l'emploi, le programme social européen, le plan d'action sur les compétences et la mobilité, ainsi que l'initiative d'apprentissage en ligne. Plus récemment, les documents de politique nationale font de plus en plus état de mesures concrètes visant à promouvoir une culture de l'apprentissage continu (voir Union européenne, 2001; OCDE, 2003). À partir des données de l'ELCA et de l'EIAA, la présente section examine la mesure dans laquelle ces politiques se sont traduites par une participation accrue à l'apprentissage des adultes.

À l'instar de l'EIAA, l'ELCA a recueilli des données sur la participation à l'éducation et à la formation des adultes qui sont représentatives de la population âgée de 16 à 65 ans et qui sont comparables d'un pays à l'autre. La figure 4.1 montre qu'à l'exception de Italie, les résultats reflètent une adhésion généralisée aux principes de l'apprentissage continu. Autour de la moitié de la population adulte était inscrite à une forme structurée d'éducation ou de formation des adultes pendant l'année précédant l'interview. En Italie, toutefois, la proportion était inférieure à 20 %.

La figure 4.1 fait en outre une distinction selon qu'on participe à des cours, à des programmes ou à d'autres formes de formation (dont les ateliers). À l'exception de l'Italie, le taux de participation à des programmes varie peu d'un pays à l'autre - il s'échelonne de 16 % au Canada à 20 % en Norvège. Les disparités dans les taux de participation globaux des pays semblent donc découler du taux de participation à des cours et à d'autres formes de formation. La participation à des cours varie entre environ 21 % aux États-Unis et 40 % en Suisse. Dans le cas des États-Unis, le taux de participation relativement faible à des cours est peutêtre lié au fait que les Américains déclarent un taux de participation élevé (17 %) à d'autres formes de formation (dont les ateliers).