• Malgré l'étroitesse du lien entre l'éducation et les compétences, ce lien est imparfait. On peut en déduire que le recours à des mesures du niveau de scolarité pour prévoir les compétences des adultes entraîne une erreur de mesure considérable. On peut aussi en déduire que le perfectionnement et le maintien des aptitudes cognitives ne se limitent pas à la fréquentation de l'école ou à l'obtention d'un certificat d'achèvement et que l'éducation ne « fixe » pas les niveaux de compétence pour la vie. D'autres facteurs jouent un rôle important dans l'acquisition, le perfectionnement, le maintien et la perte des compétences au cours de la vie.
  • Les écarts individuels dans la situation par rapport au deuxième cycle du secondaire sont étroitement liés aux écarts dans les compétences observées. Dans tous les pays, les jeunes ayant abandonné leurs études prématurément sont les plus portés à se classer au niveau 1 ou 2 par rapport aux personnes qui ont poursuivi leurs études ou qui ont terminé au moins le deuxième cycle du secondaire.
  • Dans tous les pays, les jeunes et les jeunes adultes de 16 à 35 ans comptant en moyenne plus d'années d'études postsecondaires affichent systématiquement des compétences supérieures à celles des personnes comptant moins ou pas du tout d'années d'études postsecondaires.
  • Par rapport aux autres pays, la Norvège et la Suisse affichent, en moyenne, les compétences les plus élevées par année supplémentaire de scolarité au-delà du deuxième cycle du secondaire. En matière de compétences, la Suisse présente également les écarts moyens les plus marqués par année supplémentaire d'études.

3.2 Le lien entre l'éducation et les aptitudes cognitives

Selon des études antérieures, le niveau de scolarité constitue un déterminant essentiel des aptitudes cognitives des adultes, dont les capacités d'écrire et de compter (Kirsch et al., 1993; OCDE et Statistique Canada, 2000; Boudard, 2001; Desjardins, 2004). Il n'y a là rien d'étonnant puisque, dans la plupart des sociétés, le système éducatif a pour but principal et consensuel d'amener la population à lire, à écrire et à compter. Or, malgré l'étroitesse de ce lien, ce dernier est imparfait, ce qui semble confirmer que le perfectionnement et le maintien des aptitudes cognitives ne se limitent pas à la fréquentation de l'école ou à l'obtention d'un certificat d'achèvement.

Les figures 3.1a et b montrent le lien positif étroit entre l'éducation et les compétences. Dans tous les pays étudiés, les niveaux de scolarité élevés correspondent à des résultats moyens élevés en matière de compétences. Au-delà des résultats moyens, toutefois, un niveau de scolarité élevé ne suppose pas nécessairement des compétences élevées pour tous. Comme le montrent les barres de gradation des figures 3.1a et b, des proportions appréciables de personnes possédant un niveau de scolarité élevé obtiennent des résultats inférieurs à ceux de personnes moins instruites. Par exemple, au Canada, en Italie, et en Suisse, 25 % des personnes (en deçà du 25e centile) ayant terminé des études supérieures obtiennent des résultats moins élevés que plus de 25 % des personnes (au-delà du 75e centile) qui n'ont pas terminé le deuxième cycle de l'enseignement secondaire.