2.4 Les compétences des adultes et l'âge

Au cours de la vie, on acquiert, on perfectionne, on maintient et on perd des compétences, d'où la complexité du lien entre les compétences et l'âge. À part les effets possibles du vieillissement, l'influence de l'âge sur les compétences ne s'exerce pas isolément, mais plutôt dans la mesure où l'âge dénote les expériences courantes qui surviennent à diverses étapes de la vie, notamment la petite enfance, la scolarité et la transition au marché du travail, la vie professionnelle et d'autres activités courantes. Les caractéristiques des expériences de vie qui influencent le perfectionnement des compétences, positivement ou négativement, ne sont pas encore bien comprises. Cette section présente des résultats empiriques sur le lien entre l'âge et les compétences, de même que certaines interactions qui pourraient expliquer les tendances observées.

Les figures 2.7a et b montrent que par rapport aux cohortes âgées, les jeunes cohortes ont tendance à obtenir des résultats supérieurs et à se classer dans une plus grande proportion aux niveaux élevés de compétences sur l'échelle des textes schématiques. Ce résultat concorde avec les résultatss déjà publiées de l'EIAA (OCDE et Statistique Canada, 2000, p. 34; OCDE et DRHC, 1997, p. 30). On observe la même tendance pour les échelles des textes suivis, de la numératie et de la résolution de problèmes, dont nous ne faisons pas état ici. L'âge constitue donc un facteur important à prendre en compte lorsqu'il s'agit de tirer des conclusions au sujet des profils de compétences d'une région ou d'un pays et d'établir des stratégies visant à améliorer les compétences.

Dans chaque pays, le lien entre l'âge et la compréhension de textes schématiques est négatif, comme l'indiquent les lignes de tendance en pente descendante de la figure 2.7a. De plus, une comparaison des barres de gradation de différentes cohortes d'âge révèle que l'écart entre les personnes aux résultats les plus faibles et celles aux résultats les plus élevés a tendance à être plus marqué chez les adultes âgés de 46 à 65 ans. Ce résultat suppose une plus grande variabilité du rendement des personnes âgées. À cet égard, l'accumulation d'expériences de vie différentes constitue probablement un facteur important.

Abstraction faite de l'influence d'autres facteurs, les résultats montrent un lien négatif entre l'âge et les aptitudes cognitives. Selon une explication proposée par les spécialistes, les adultes peuvent subir avec le temps une réduction de leur rendement cognitif qui est attribuable aux effets du vieillissement ou, en d'autres termes, au recul de mécanismes cognitifs comme la capacité d'attention, la rapidité de traitement, le raisonnement, la capacité de la mémoire de travail et l'aptitude spatiale (Smith et Marsiske, 1997).

En revanche, d'autres travaux de recherche révèlent que, selon les expériences de vie, le rendement cognitif peut s'améliorer avec le temps (Baltes, 1987). En effet, un certain nombre d'études semblent indiquer que les expériences de vie permettent d'accumuler des connaissances et des compétences jusqu'à un âge avancé, où elles peuvent atteindre un palier (Horn et Hofer, 1992; Schaie, 1994; Marsiske et Smith, 1998). C'est ce qu'on appelle les effets de la pratique. Le résultat de l'interaction entre l'effet du vieillissement et celui de la pratique dépend invariablement de l'ampleur et de la nature des expériences de vie.