La demande de compétences est soumise à deux types de variation : celles qui sont imposées de l'extérieur et celles qui sont imposées de l'intérieur. Les variations imposées de l'extérieur résultent de l'évolution de la technologie et de l'organisation du travail, des marchés de consommation et des institutions sociales. Si l'on s'accorde à reconnaître que la demande de compétences augmente dans tous les contextes de vie - au travail, au foyer et dans la collectivité -, elle est aussi tributaire du vécu individuel. Les variations de la demande de compétences qui sont imposées de l'intérieur découlent de deux sources : la modification des aspirations individuelles et collectives et le passage naturel à travers les étapes de la vie.

Les variations de l'offre de compétences sont attribuables aux mutations démographiques et aux tendances des systèmes sociaux qui soutiennent l'acquisition et la maintien des compétences. La réforme de l'éducation est le facteur le plus évident qui contribue aux variations de l'offre de compétences, mais d'autres facteurs jouent aussi un rôle important (OCDE et DRHC, 1997). Ces derniers comprennent le développement socioéconomique, la participation à l'enseignement tertiaire et sa qualité, ainsi que l'éducation et la formation des adultes. Tous ces facteurs ont une forte incidence sur la qualité de l'offre de compétences.

L'approche de l'ELCA permet d'évaluer l'efficacité des marchés, qui apparient l'offre et la demande de compétences. La notion de marché exprimée dans l'étude ne se limite pas aux biens, aux services et à la main-d'oeuvre. Elle comprend également la prestation des soins de santé et l'échange de biens et de services sociaux, comme le travail non rémunéré au sein de la famille et de la collectivité. Les données dont on dispose laissent entrevoir que les marchés des compétences sont raisonnablement efficaces lorsqu'il s'agit de reconnaître et de rétribuer les compétences. Toutefois, la mesure dans laquelle les compétences influent sur les résultats peut varier selon le pays.

La perte des compétences est également une réalité observée. On suppose que cette perte est liée aux variations de l'utilisation des compétences dans différents contextes de vie. Les choix individuels et collectifs peuvent aussi jouer un rôle, du fait, par exemple, des façons dont les pays encouragent l'acquisition continue du savoir. La perte des compétences suppose des coûts de renonciation au titre de l'éducation et incite à réfléchir à la nécessité d'équilibrer l'intervention du côté de l'offre par des mesures visant à accroître la demande de compétences. Le phénomène de la perte des compétences justifie la nécessité de mesurer périodiquement les compétences des adultes. Si les études régulières fixaient les compétences pour la vie, il suffirait de mener des évaluations des étudiants comme celle organisée sous les auspices du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA).

Les décideurs veulent comprendre la nature des déficits de compétences et formuler des stratégies compensatoires. L'omniprésence du changement oblige les décideurs à mieux évaluer le rythme de l'évolution des compétences, les forces qui sous-tendent le changement et l'incidence du changement sur les résultats essentiels. En résumé, l'ELCA a pour objet d'enrichir la connaissance sur les moyens dont les politiques publiques peuvent influencer le niveau et la répartition des compétences au sein de la société.

Bibliographie

OCDE et DRHC (1997), Littératie et société du savoir : Nouveaux résultats de l'Enquête internationale sur les capacités de lecture et d'écriture des adultes, Paris et Hull.

Rychen D.S. et Salganik L.H. (dir. publ.) (2001), Defining and Selecting Key Competencies, Hogrefe and Huber Publishers, Göttingen.

Rychen D.S. et Salganik L.H. (dir. publ.) (2003), Key Competencies for a Successful Life and a Well-functioning Society, Hogrefe and Huber Publishers, Göttingen.

Statistique Canada (2005), Mesurer la littératie et les competences des adultes: des nouveaux cadres d'évaluation, Ottawa.


Collaborateur

T. Scott Murray, Statistique Canada