Photo Témoignage d'un apprenant

Nous vous présentons un témoignage de Leslie St-Onge, de Victoria, en Colombie-Britannique. Leslie est le plus jeune d’une famille de six enfants. Son père est un Montréalais français et il était un chauffeur de taxi pendant trente-cinq ans. Sa mère est Acadienne anglaise de la Nouvelle-Écosse et elle a travaillé comme domestique. Depuis trois ans, il suit des cours en alphabétisation en français. Il a toujours rêvé d’apprendre sa langue paternelle et c’est maintenant devenu une réalité.

Réapprendre ma langue paternelle
par Leslie St-Onge

Bonjour tout le monde. Laissez-moi m’introduire comme un Québecois français, en quarante-deux ans qui n’a guère connu la langue française. Étrange pour ainsi dire, mais vrai. J’ai appris le français, pourtant pas assez.

Mon père a parlé à sa famille beaucoup plus en anglais qu’en français à cause de ma mère qui est une anglophone. Quelques fois mon frère, mon père et moi, nous avions beaucoup de plaisir à parler en français. Mon père sait bien parler et on apprenait ce qui était important de la langue. Cependant, l’école anglaise au Québec, la télévision en anglais et bien sûr les conversations en anglais ensuite m’ont fait un anglophone. À ce temps-là, je ne savais pas ce que seraient les résultats. J’ai toujours essayé de faire du sens de ma langue paternelle, mais je ne pensais pas que c’était nécessaire. Ma mère a toujours eu besoin de nous pour savoir les événements reliés à sa famille, les émissions qui jouaient à la télévision ou juste avoir une conversation. Je ne pouvais pas lui parler en français parce qu’elle venait de la campagne de la Nouvelle-Écosse où plus de gens sont anglais. Donc, voilà un jour j’étaits prêt pour aller dans l’ouest canadien. C’était mon rêve. À quinze ans, je suis devenu un voyageur. J’ai été loin de chez moi et de la langue française, pendant vingt ans en tout.

C’est donc dans l’ouest canadien que j’ai commencé à me rendre compte de qui j’étais. Il y a beaucoup de différences entre la culture Québécoise et celle de l’ouest canadien. Lorsque j’ai rencontré des Canadiens et Canadiennes dans l’ouest canadien, ils avaient détecté que je venais du Québec. Il y avait beaucoup de critique et d’hypocrisie contre moi, mais aussi beaucoup d’enthousiasme qui m’a aidé le long du chemin. J’ai appris la culture de l’ouest canadien en y habitant. Alors je suis devenu un Canadien de l’ouest. Il n’était pas question qu’à quarante ans, je devienne dépassé par la vie.

C’est alors que j’ai découvert Éducacentre à Victoria, en Colombie-Britannique. J’en ai entendu parlé pendant un trimestre et j’ai décidé d’aller vérifier. Je suis allé à un café-rencontre et une personne m’a dit que c’est bien l’endroit pour apprendre le français. Je pouvais commencer un cours de français immédiatement. J’étais heureux donc je l’ai fait, comme je pensais retourner au Québec un jour. C’est arrivé au bon moment, car j’étais très isolé, sans ma famille. Bien sûr, je voulais retourner au Québec mais cependant, il faudra d’abord réapprendre ma langue paternelle. Donc, j’ai commancé des classes comme apprenant en alphabétisation, deux fois par semaine. Alors, la misère avec le français a commencé. J’étais comme un petit enfant apprenant à parler, à lire et à écrire.

Maintenant, rien ne peut m’arrêter à améliorer ma langue française. C’est dans mon coeur depuis ma naissance, et j’ai surmonté toutes les peines que j’ai cru importantes reliées à la culture de l’ouest canadien. Au lieu de cela, je me suis concentré comme un apprenant en alphabétisation. Depuis, mes valeurs ont changées et je me suis découvert.


Félicitations aux lauréats

Le combat international contre l’analphabétisme se livre trop souvent dans l’ombre. C’est une des raisons qui amène la BDAA à publier régulièrement dans son bulletin une liste des personnes, programmes et organisations dont le travail exemplaire dans le domaine de l’alphabétisation a été reconnu à l’échelle internationale, nationale ou provinciale.

National

Prix de la francophonie - Domaine de l’alphabétisation, parrainé par la Fédération canadienne pour l’alphabétisation en français et l’Association canadienne d’éducation de langue française
Récipiendaire 1998 : Manon Veillette, de Dubreuilville, en Ontario; apprenante au Centre d’alphabétisation Le Carrefour des mots

Prix annuel pour la sensibilisation du public à l’alphabétisation de l’Honorable Joyce Fairbairn, C.P. , parrainé par la Fondation d’alphabétisation de ABC CANADA
Récipiendaire 1997: La firme de radio- et télédiffusion Baton Broadcast System

Provincial

Alberta
Le Prix en alphabétisation Germain Desaulniers Ce prix rend hommage à une ou deux personne(s) dans la région desservie par le Centre éducatif communautaire de l’Alberta (CECA), Centre du Nord-est.
Récipiendaires 1997 : Adèle Hétu-Dallaire, Angelina Pelchat


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