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Les jeunes Franco-Ontariens et l'alphabétisation
Les jeunes Franco-Ontariens peu alphabétisés posent un défi particulier à la communauté franco-ontarienne, puisqu’ils sont la relève dont elle a tant besoin. Une étude de l’Université d’Ottawa s’est penchée sur la question de l’alphabétisation et les jeunes Franco-Ontariens en 1994. Dix ans plus tard, la question mérite toujours une réflexion. Les jeunes Franco-Ontariens sans diplôme d’études secondaires sont souvent des analphabètes fonctionnels. Pacom et Thibault, dans « L’analphabétisme chez les jeunes Le spectre d’une double tragédie apparaît alors : tragédie pour la communauté franco-ontarienne, qui perd une partie de sa relève à l’assimilation et à l’analphabétisme, et tragédie personnelle pour ces jeunes, voués trop souvent à une vie marginale. Il y avait, en 2001, 134 595 francophones de moins de 25 ans en Ontario, selon l’Office des affaires francophones. Dans la même année, on constate que 118 847 des francophones âgés de 20 à 24 ans (soit 88,3 %) détenaient un diplôme d’études secondaires. Reste que 15 748 des jeunes non diplômés (soit 11,7 %) pourraient vraisemblablement bénéficier des services d’alphabétisation et de formation de base (1). Le raccrochage au système scolaire pour ces jeunes demeure difficile. Les auteurs remarquent que le retour aux études ne se produit qu’après un assez long délai : ils seraient prêts à poursuivre leur formation lorsqu’ilssont dans la vingtaine avancée, après avoir décroché à l’âge de treize à dix-sept ans. Ce retour aux études peut se faire par le biais d’un centre d’alphabétisation. Le rapport des activités d’AFB pour l’année 2004-2005 du MFCU indique que 109 personnes apprenantes étaient âgées de 16 à 18 ans et 403 étaient âgées de 19 à 24 ans. Si on suppose que le nombre de jeunes francophones dans la province et les taux de diplomation n’ont pas sensiblement changé depuis 2001, on peut calculer que les centres rejoignent 3,3 % des jeunes qui pourraient potentiellement bénéficier de services en alphabétisation et en formation de base. On peut donc conclure qu’ils réussissent donc à attirer une partie de ces jeunes, même s’il existe beaucoup de personnes apprenantes potentielles non rejointes. Il faut souligner la nature très différente des besoins d’alphabétisation des jeunes. Par exemple, la clientèle adulte qui choisit d’étudier dans un centre d’alphabétisation de langue française recherche souvent un retour aux sources et aux traditions franco-ontariennes, tandis que pour les jeunes, la préservation et l’épanouissement de la langue et de la tradition qu’elle représente ont peu de sens, dans bien des cas. De plus, les jeunes ont baigné dans une culture où la télévisionet les autres médias technologiques dominent, technologies qui utilisent le plus souvent l’anglais et véhiculent des valeurs et traditions américaines. Voilà donc deux clientèles très distinctes. Le rôle que peuvent jouer les fournisseurs de services d’alphabétisation et de formation de base mérite d’être étudié plus en profondeur. À défaut de savoir comment les centres réussissent à attirer ces jeunes apprenants potentiels et à combler leurs besoins, nous pouvons appeler à une réflexion accrue sur cette problématique. Pacom, D. Et A. Thibault (1994). « L’analphabétisme chez les jeunes Franco-Ontariens; une aberration tragique », Sociologie et sociétés, vol. XXVI, no 1, p. 117-131. Office des affaires francophones (2001). Profil statistique : les jeunes francophones en Ontario. En ligne : www.oaf.gouv.on.ca Ministère de la Formation et des Collèges et Universités (28 avril 2005). Rapport des activités d’AFB, segment francophone. 1. Ce calcul est basé sur l’hypothèse qu’il existe une forte corrélation entre le niveau d’alphabétisme et l’obtention d’un diplôme d’études secondaire, c’est-àdire que ceux qui quittent l’école sans diplôme risquent d’avoir un niveau d’alphabétisme plus bas. |
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