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Bulletin de la Coalition francophone pour l'alphabétisation et la formation de base en Ontario

Volume 8 Numéro 2 Avril 2006


Les services en Ontario fêtent leurs 20 ans !

Bernard Grandmaître raconte...

Propos recueillis par André Dumont, Le Droit, Édition week-end 25 et 26 mars 2006

photo de Bernard GrandmâitreVingt ans après avoir réussi à la faire adopter, l’ancien député libéral Bernard Grandmaître assume encore fièrement la paternité de la loi 8. Voici le récit de son adoption, tel que recueilli par Le Droit.

« Le député (libéral) Albert Roy avait entrepris des démarches en 1979, mais à la deuxième lecture, le premier ministre (conservateur) Bill Davis a dit ‘non’. À mon arrivée à Queen’s Park, en 1984, j’ai pris connaissance de son projet de loi. J’ai voulu aller plus loin pour obtenir plus de services.

En 1985, surprise! Après 43 ans d’obscurité, nous (le Parti libéral de l’Ontario) avons formé le gouvernement. J’avais parlé de mon projet de loi avec David Peterson avant son arrivée à Queen’s Park. Devenu premier ministre, il était tout à fait d’accord qu’il fallait aller plus loin.

Je suis devenu ministre des Affaires municipales et responsable des Affaires francophones. J’en ai profité pour aller de l’avant. Le premier ministre m’a demandé d’aller rencontrer les deux autres caucus. Il fallait que je puisse revenir au caucus libéral et annoncer que le vote serait unanime.

Chez les conservateurs, il n’y avait que deux francophones et deux ou trois anglophones qui appuyaient le projet. Au Nouveau parti démocratique, tout le monde était d’accord. Le jour du vote final, ce fut un vote unanime. Du côté des conservateurs, il y en avait plusieurs qui avaient pris l’aprèsmidi de congé. Au moins, les autres ne se sont pas levés pour protester.

Nous avons fait des compromis de tous bords et tous côtés. Bob Rae aurait voulu qu’on inclut les hôpitaux et les centres de soins psychiatriques. On ne pouvait pas tout faire d’une seule bouchée. On aurait failli à la tâche.

Ça n'a pas fait le bonheur de toute la communauté francophone. communauté francophone. On voulait inclure les municipalités. J’avais 850 maires qui criaient, poussés par des organisations comme l’Alliance for the Preservation of English in Canada (APEC). Les francophones voulaient aussi que
la province soit déclarée bilingue. Avec 5 % de la population, ça ne pouvait pas se faire du jour au lendemain. Même en 2001, la Ville d’Ottawa n’a pas réussi à ce que la province déclare bilingue la Capitale nationale. Suite à la page 4