Bulletin bimestriel d'information
des groupes populaires d'alphabétisation de Trois-Rivières :
Le Centre d'éducation populaire de Pointe-du-Lac, Ebyôn
et
le Centre d'organisation mauricien de services et d'éducation
populaire (COMSEP)
Super Alpha est le super justicier du comité des participants et participantes du Regroupement des groupes populaires en alphabétisation du Québec (RGPAQ). Il défend les personnes exploitées et dont les droits sont bafoués, particulièrement celles qui ont des difficultés de lecture et d'écriture.
Le 13 avril dernier, il était de passage à Trois-Rivières pour appuyer les apprenants et apprenantes des groupes populaires d'alphabétisation de la cité trifluvienne (Centre d'éducation populaire de Pointe-du-Lac, COMSEP et Ebyôn) qui manifestaient contre la décision de Postes Canada de fermer son unique bureau de poste du secteur Cap-de-la-Madeleine. La fermeture d'un bureau de poste pour des personnes qui éprouvent des difficultés de lecture, d'écriture et de calcul, représente pour elles des difficultés supplémentaires lorsqu'elles doivent envoyer un colis, un mandat-poste, une lettre recommandée, une mise en demeure, etc. Dans un dépanneur ou une pharmacie, elles n'auront plus la tranquillité, la confidentialité, le temps, ni l'aide nécessaires pour remplir les formulaires requis, surtout au milieu de clients pressés de payer leurs croustilles, leur lait, leurs cigarettes ou leur billet de loto. La fermeture d'un bureau de poste signifie aussi la détérioration du service, du personnel moins compétent et expérimenté, la détérioration de la vie de quartier.
Postes Canada a fait des profits de 253 millions de dollars en 2003 et de 147 millions en 2004. Il est scandaleux qu'une partie de ces profits provienne de la diminution et de la détérioration du service postal à la population. Comme disait Patrice Rocheleau du RGPAQ : « Postes Canada ne doit pas être une machine à profits, mais doit être là pour assurer un service de qualité à la population ». Et du côté du gouvernement du Canada, on ne s'offusque pas de la fermeture du bureau de poste. Mais il faut savoir que le gouvernement étant le seul actionnaire de Postes Canada, il en a retiré des dividendes de 63 millions de dollars en 2003 et de 59 millions en 2004. Donc, pour le gouvernement aussi, les profits passent avant le service, peu importe les inconvénients causés à la population.