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Bulletin bimestriel
d'information des groupes populaires d'alphabétisation de
Trois-Rivières :
Juillet - Août 2003 - Contenu du numéro
LA SIGNATURE DU LIVRE D'OR Je travaille dans un hôtel de ville où les visiteurs signent le livre d'or. Depuis bientôt vingt ans, cent réceptions par années attirent environ vingt invités chacune. Cela fait quarante mille signatures, si je calcule bien. Dans le livre d'or, j'ai donc vu s'aligner quarante mille signatures et je pourrais trouver ça banal, niaiseux, insignifiant. Et pourtant non. Chaque fois, je trouve ça beau et signifiant. Parfois même émouvant. C'est parce que, les gens qui signent, je sais d'où ils viennent ! Même les riches, même les puissants. Historiquement, ils viennent tous de la même misère et de la même ignorance. Un exemple : dans les registres paroissiaux de Trois-Rivières, en 1820, seulement neuf pour cent de signatures! Un peuple analphabète à 91 %, c'est énorme ! Et 1820, c'était avant hier. C'était l'époque où quelques notables très préoccupés par le problème mettaient sur pied des petites « Sociétés d'éducation », pour la création d'écoles. Parmi eux l'abbé Cooke, futur évêque, et Son Honneur le juge Valières de Saint-Réal. Aujourd'hui, avec le ministère de l'Éducation, on peut penser que le problème est réglé. Pas vraiment. On trouve encore chez nous des analphabètes et, heureusement, du monde pour s'en occuper. Quand ils sauront écrire, le maire les recevra à l'hôtel de ville et ils pourront signer le livre d'or. Ce sera beau, signifiant et peut-être même émouvant.
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